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Chers Focaliens,

 

C'est avec joie, et un peu de honte aussi que je reprends la suite d'articles sur la série SAN KU KAÏ dont vous n'aviez plus de nouvelles depuis le 17 Juillet 2006, soit il y a un an et une semaine ! Rappelons le principe. Devant l'importance de cette série - qui est la première et la seule à destination des enfants qui soit ouvertement expérimentale, et qui, en plus traite du délicat problème du totalitarisme, ce qui est remarquable car, c'est bien connu, tout se joue à cet âge-là chez un individu - nous nous devions de lui consacrer une rétrospective. Nous consacrons donc un article par épisode, long en général. Et nous procédons ainsi : le Marquis s'occupe des épisodes impairs, et moi des pairs. Et aujourd'hui c'est la joie, car j'ai le plaisir de chroniquer un épisode parmi les plus glorieux, à savoir le N°16, intitulé sobrement mais de manière bougrement anxiogène, LE PIEGE. [Ceux qui veulent approfondir le sujet pourront aller voir à la fin de cet article l'index de tous les épisodes déjà chroniqués !]

 


Et comme d'habitude, ça va mal, très mal même, dans le Quinzième Système Solaire, et pas qu'un peu, car sur le vaisseau-mère des Stressos, l'ambiance est particulièrement grave. Komenor, général en chef de l'armée stressos a réuni un cabinet de crise. Il a en effet convoqué la fine fleur de la garde ninjosse (pour une fois bien prononcé par la VF, c'est à dire "ninja", pas ninjaze, ni ninjoze, bravo!). Parce que c'est vrai, y en a marre ! Komenor est formel : la veille, une bonne tripatouillée de soldats stressos a été lâchement assassinée par la Résistance. Or les ninjosses sont les troupes d'élite qui font régner la terreur sur toutes les planètes de l'Univers. Ce curieux paradoxe amène Koménor à appeler un volontaire pour mettre fin aux conneries et aux actions de Guerillaze. Il s'agit d'éliminer, une bonne fois pour toutes, Staros et le Fantôme qui massacrent du Stressos à brûle-pourpoint. Je rappelle, car on a eu le temps d'oublier, que Staros et le Fantôme sont l'identité respective, secrète et super-puissante d'Ayato et Ryu, nos doux héros. Ce que relève Furya, douce furie, avec justessse : si on ne sait pas où sont Staros et Casper, on remarque qu'ils protègent Ryu et Ayato, ce qui veut dire qu'en poursuivant les seconds on trouvera les premiers. Intelligente, en plus!



Le ton est donné, et la mise en scène des plans suivants révèle que nous sommes en présence d'un épisode de tout premier ordre sur le plan cinématographique. Komenor demande un volontaire, et cut, contrechamp sur les ninjosses et Furya. Les ninjosses étant tous masqués, on se dit que c'est la furieusement sexy Furya qui va s'y coller! Et là coup de théâtre: un projecteur s'allume dans le hors champs bas, et au fond du plan s'il vous plait, et vient éclairer, en contre-plongée, c'est assez beau et un peu effrayant, une mystérieuse Invitée Mystère. Elle ne tarde pas à dévoiler son identité et à dévoiler sa fréquence. Pour ça, on acceuille Tarentula de la planète Araignée (où vont-ils chercher tout ça?), méchante de l'épisode donc, et qu'on peut décrire ainsi...

Brushing de cheveux secs assez joli, classique, mais sur le front une grosse araignée jaune en plastique. Maquillage ziggystardustien, vaguement quand même, sur le visage. Et surtout ce regard, ce regard braves gens, qui montre une détermination et des abîmes de ténèbres bien impressionnantes. Brrrr... En tout cas, après le plan-séquence fixe sur Komenor, cet effet de mise en scène, tragique et effrayant, est tout bonnement sublime. Mais ne nous égarons pas, la route est longue jusque Analysse (qui n'est pas, contrairement à la légende, la planète natale de Freud!).

 

 

[Un grand suspens règne, car Komenor annonce à ses soldats, afin de bien les encourager (?), que le volontaire pour la mission suicide, s'il en réchappe (paradoxe), sera executé par les mains de Koménor lui-même!]

 

 

Sur Analysse, c'est la routine. Une petite mijorée, assez croquignolette dans son vêtement syncrétiste mélangeant la chemise style Mao (référence!) au kimono japonais, avec moults fleurs (re-régénérescence) et avec le brushing-casque à l'avenant, a trouvé un mégaphone et fait une manif en pleine rue! En pleine rue! Alors que la planète est sous contrôle stressant! "Nous sommes peu aujourdh'ui mais nous devons résister, car [prenez des notes!] nous sommes les premières gouttes du fleuve qui emportera la dictature stressos!". Un comportement bien imprudent en temps de fascisme que ce petit impromptu manifestatoire. Et hop, contrechamp, on découvre que la petite Anna (lire les articles précédents), 13 ans, belle à mourir pour le Marquis, et complètement boudin et insupportable pour le reste de l'humanité, est dans la foule de 12 personnes, et justement c'est là qu'un quidam essaie de raisonner ses frères du peuple. Il signale, en effet, qu'il est très imprudent de se révolter! En général, la répression est terrible, et passible de mort! Sage parole! Mais la petite Anna, à qui on a rien demandé, intervient, l'effrontée, en donnant raison à l'agitatrice au mégaphone, et rappelant qu'elle a quand même vu sa famille se faire massacrer quasiment devant ses yeux. Chantage à l'émotion de la part des scènaristes ? Peut-être pas... En tout cas, à la faveur d'un petit zoom, Anna annonce qu'elle ira participer à la lutte armée et elle enjoint tout le monde à rejoindre la Résistance. "Ca ne peut pas continuer comme ça", satirise-t-elle. Assez logiquement, un peloton stressos débarque avec un char de combat anti-émeute et disperse la foule avant de les massacrer, comme il se doit, dans une impasse, joli symbole. Anna et Mijorée la révolutionnaire tentent de s'échapper dans les coins les plus reculés des studios Toei. Là, surprise, elles tombent sur un gang de voyous, reconnaissables à leur bandana jaune.

[Pour les plus jeunes, je rappelle que le bandana était dans les années 80 un signe de délinquance approfondie. Tout mafieux, tout membre de gang en porte un. On peut le vérifier dans le film passionnant du point de vue vestimentaire LES GUERRIERS DU BRONX 2, ou dans tout autres films italiens d'exploitation des années 70, ou encore dans les films du regretté Charles Bronson.]



Mijorée implore le coolisme de ses agresseurs. Vous devez nous laissez passer, on est poursuivi par les stressos, tu dois bien comprendre car tu es de notre planète, "tu es de notre race". Le gang n'est pas de cet avis. Faire preuve de laxisme dans leur travail, céder à des faveurs, c'est un peu tuer le bizness, sans doute, fut-il chaud. D'autant plus que le leader des sauvageons soulève le pan de sa veste de marque Baboo, pour dévoiler un superbe écusson stressos ! Ce sont des collaborateurs, des mercenaires n'hésitant pas à jouer le jeu de la dénonciation! A ce moment, on se dit que cette fois, c'en est fini de Anna, qu'enfin elle va se faire massacrer comme tout le monde, et que sa petite bouille d'ange ou de monstre cessera d'alimenter la controverse focalienne. Evidement, Ryu arrive sans prévenir et empêche Anna de se faire tuer. Le gang proteste : "T'as pas le droit de faire ça ! C'est notre gagne-pain, faut bien qu'on bosse". Ryu fait une déclaration d'usage, comme d'hab, avec moult irono-humour et phrasé ampoulé. Je l'aime bien Ryu, mais si près du but, il nous prive de la lente agonie de Anna, et ça m'énerve un peu. Alors ça y va dans le déclamatoire, il ne se prive pas, Ryu. Je n'aime pas les traîtres dans ton genre, tu oses travailler pour les stressos, c'est pas joli-joli ça, hahaha, etc... Il finit sur un follement gay : "Je vais te dresser", et là (effet de mise en scène par le dialogue c'est plutôt bien vu), un plan moyen me fait remarquer qu'effectivement le gang est habillé comme une bande de folles hippies, avec blouse de cuisine, et petit boléro de cow-boy à franges  notamment!  Pas de temps, ceci dit, pour causer chiffon, et en guise de dressage c'est une bonne bagarre à laquelle vont avoir droit les traîtres gays de la police secrète stressos, ces félons ! Ryu y va sobrement mais avec style. Clé de bras puis tourbillon, évitement et parade, sauts de cabris trampolinés hors-champ, mais avec modestie. Pendant ce temps-là, Mijorée l'agitatrice qui avait, dans la bataille, préféré se faire capturer et permettre ainsi de ralentir les membres du gang, et donc donner à Anna, par rebond, une chance d'en réchapper (ça c'est de la construction, c'est du style: ampoulage, précision, création de forme originale ; "trampolinés hors champs" aussi, c'est mon style "Ryu embuscade"), Mijorée donc a réussi son coup dans le sens où elle a été capturée et même ligotée (toujours ce sous-texte sexuel chez les personnages adultes de la série). Les carottes sont-elles cuites ? Non, car Ayato, dans un saut de cabris pas piqué du hanneton, et même impressionnant (remarquez la hauteur du saut ; moi je l'aurais pas fait, et là le plan n'est pas truqué !), débarque pour délivrer Sa Sédition, Impératrice des Fleurs de Rébellion. Beau dialogue à suivre entre Ayato et le chef du gang. Accrochez-vous...

"-A quatre contre une fille, c'est du joli.

-Tu ne crois pas que tu nous arrêteras tout seul.

-Je ne crois peut-être pas mais je vous conseille de la laisser ! "

La poésie, c'est beau comme ça. Gweenie, mon petit chou, appelez-moi le département traduction, voulez-vous ?

 


Bien entendu, à suivre, bataille de rue sur le même mode que la précédente avec Ryu, mais cette fois avec ces petits glaives-tournevis que le réalisateur de SKK affectionne tant. Beau geste fordien d'Ayato, une fois le dernier enemi mis en déroute: jeté du glaive dans un geste authentiquement furieux mais calme, avec une pointe de mépris pour les Tiédes. Puis, tout sourire, il se tourne vers Mijorée. Là, le réalisateur coupe judicieusement, change de plan, et renverse l'axe pour un plan rapproché pas trop serré où Mijorée est à gauche du champs, ligotée, et Ayato à droite, elle lui tournant le dos dans une attente de délivrance, et lui radieux de sourire. Un plan très doux, complice, tendre qui montre une complicité immédiate (loin de la théorie du discours de Mijorée à la foule auquel, donc, j'opposerais ce plan), celle du terrain, celle de la lutte terre à terre. C'est beau, et ce d'autant plus que les cordes qui bondagent Mijorée sont bien mises en valeur et donne une aura ouvertement sensuelle et même sexuelle (mais douce, pas agressive, sans l'excitation forcenée) à la rencontre de ces deux jeunes personnages qui ont visiblement le même âge et le même profil : idéalistes, un peu trop fonceurs et frondeurs, un peu jeunes. Complicité donc. Pour le marquer le coup, le réalisateur diffère de deux secondes le coupages des liens et la délivrance : c'est le désir qui s'exprime, sans en rajouter (juste deux petites secondes), désir tout court et désir de cinéma.

 

 

 

Anna, Mijorée, Ryu et Ayato décident de rentrer, mais ils croisent Kamégie que, curieusement, Ayato appellera Kamijy. Subtilité de doublage oblige, sans doute. Le fier bédouin résistant, personnage lié à celui de la petite Anna, n'a pas l'air dans son assiette et marche comme un zombie. Ignorant les trois autres, il s'adresse à Mijorée : "Ecoute Irisa..." Ainsi, elle s'appelle Irisa ! Mais laissons parler Gabégie : "Si tu refuses de travailler pour les stressos, nous tuerons ton père. Tu as bien entendu, nous avons enlevé ton père". Phrases lourdes de sens. La technique du chantage et de l'enlèvement est une méthode stressos très au point, qui revient tous les deux épisodes. Et remarquez que, sémantiquement, Kamégie le résistant s'inclut dans le camp stressos. Sa démarche de zombie télécommandé fait le reste : il n'est pas dans son état normal. Visiblement, il est drogué ou hypnotisé ! Ayato réveille Kamégie de sa transe et il ne souvient de rien, sinon d'une araignée qui tombait sur ses genoux ( ?), puis le black-out. Le père d'Irisa est quand même le général en chef du "système de défense" (encore une périphrase !), et Ayato et Irisa trouvent l'hypothèse du rapt possible. Ils décident d'aller voir si le paternel  de la jeune fille va bien (paradoxe) provoquant une séparation du groupe qui ne manquera pas de constituer un intrigue en montage alternée dans la deuxième partie qui est en train de s'enclencher.

 

 

 

Changement de décor (un magnifique jardin) et musique douce. Furya toute sourire, récompense les collaborateurs au service des stressos qui ont essayé de capturer Irisa. "Tenez, voici de pièces d'or de Golem XIII. Et voici une bouteille de ma réserve personnelle". Les félons sont troublés par tant de gentillesse. Le sourire de satisfaction presque sexuelle de Furya veut dire autre chose, nous disons nous in peto, surtout que le chef des félons dit humblement: "en plus nous avions échoué", ce à quoi la Furie Erotique de l'espace répond : "On ne pouvait pas savoir...". Voilà une dialectique foncièrement à l'opposé de Furya et, encore plus, de l'idéologie stressos, en général exemplaire et sans pitié avec l'échec. L'inquiétude, chez nous, spectateurs, monte en conséquence d'un cran. Ils ouvrent la bouteille et boivent. Quelques secondes plus tard,  Ayato et Irisa arrivent dans le jardin et découvrent les félons en train de se tordre de douleur sur le sol, visiblement empoissonnés par Furya la machiavélique.

 

 

 

 

Je sens qu'à ce point du récit, vous avez besoin de prendre une respiration...

 

 

 

 

   

 

 

 

[25 juin 2009... Je glisse avec émotion la galette dans le mange-dividi...]

 

 

Et j'entame la quatrième page... Hop !

 

Est-ce le temps qui a passé ? Est-ce cette ellipse d'un an entre la rédaction des deux parties de cet article ? Me serais-je trompé d'épisode ?

 

Mais non... C'est bien le vaisseau d'Eolia, la princesse ex-machina. Un superbe vaisseau spatial en forme de bateau à voiles et à trois mats, et hop un petit zeugma ! Le deuxième plan est tout aussi surréaliste : un doigt délicat et royal, celui de la Princesse. Car je vous le rappelle, ce vaisseau se pilote grâce à un mini-synthétiseur Casio. Le vaisseau avance majestueusement dans l'espace bleutée, musicopiloté par le jeu de clavier de Eolia, comme nous le prouve la musique qui traditionnellement l'accompagne. Pour un retour dans la série, je suis servi : on est plein délire kitscho-crypté. Et ce n'est pas fini ! Un bras mécanisé au bout duquel se trouve une espèce de boule de cristal descend devant le visage d'Eolia. Aussi tôt, le soleil vient se refléter dans la boule, et par un jeu subtil d'utilisation des propriétés de propagation de la lumière, l'image de la princesse apparaît au-dessus de la mer...

 

...et ça tombe très bien, car dans le contrechamp, on aperçoit Ryu, accompagné de Siman, le chimpanzé de l'espace, et de Sidéro, le petit robot sidérant ("de l'espace", lui aussi tant qu'à faire !). Le trio d'amis était justement en train de se détendre dans cette calanque abandonnée. Les voilà bien surpris par l'apparition d'Eolia qui, comme souvent n'est pas là pour rigoler, mais pour délivrer un message clair et précis de la plus haute importance, et je cite : «Ryu, une ombre plan au-dessus d'Ayato... »

Ryu est surpris, mais psa inquiet. Bah Ayato se bat bien, il peut se débrouiller tout seul. Ce à quoi Eolia répond : "Oui oui, c'est possible", et rajoute, accrochez-vous : "...mais Ayato est jeune et il peut commettre des fautes de jeunesse !" C'est beau. C'est simple, mais c'est beau. Ryu répond qu'il va s'occuper de tout ça, et le vaisseau stellaire d'Eolia effectue un demi-tour avant de repartir. Ca valait bien le coup de faire une scène pour ça ! Je pense qu'un petit "je suis inquiet à propos d'Ayato, allons voir ce qui lui arrive..." par de Ryu m'aurait permis de sauver cinq minutes précieuses de ma vie et un paragraphe de cet article, mais que voulez-vous, c'est ça aussi la Poésie...

 


Pendant ce temps-là, c'est la nuit brusquement. Ayato, accompagné de Anna et de Irisa vont faire un tour chez cette dernière à la recherche du père de celle-ci, et n'hésitez pas à relire cette phrase si ça ne vous semble pas clair. Et c'est très joli, chez eux ! Dans un coin une armure médiévale... Oui, une armure du XVéme terrienne, dans une série se déroulant 4000 ans plus tard dans une autre galaxie. Mais, plus étonnant encore, je remarque une reproduction géante du Lion d'Or (totalement véridique !), la fameuse récompense du festival de Venise. Le doute n'est plus permis : le réalisateur considère qu'il ne fait pas de la télé, mais du cinéma. CQFD. Cette quête fait droit...



Accessoirement, le trio ne trouve pas le père d'Irisa. Il a donc été enlevé par les stressos, comme prévu. Anna essaie de la consoler de manière lèche-botte et irritante, en ramenant tout à son propre cas, car elle est aussi orpheline de guerre... Je passe. Se faisant, et là on plonge dans le surréalisme belge le plus extrême, Anna, du haut de ses 13 ans dit : "Irisa, il faut continuer de turluter et de résister! Etpour ça, il faut te trouver une tenue qui impressionne." Joignant le geste à la parole, l'adolescente qui cachait son visage derrière la casquette de général du père d'Irisa, dévoile alors une moustache chaplino-hitlérienne (encore une fois, c'est totalement véridique!), histoire la faire sourire et de la détendre un peu, je suppose. L'effet sur le spectateur est absolument effrayant en tout cas ! Surtout que le réalisateur balance un contrechamp glaçant où sont de profils Irisa et Anna-Adolf, et en arrière plan Ayato, assis sur un superbe sofa 70's. Derrière ce dernier, sur le mur, est peint une espèce de frise, et c'est elle qui est mise en valeur dans la construction du plan, une frise en forme de V. V pour Victoire, pour Vendetta, pour Venise, pour Venus-in-fur... "On va finir par s'étrangler de rires", ajoute Ayato. Le spectateur est, lui, glacé d'effroi.

 


Là, c'est la confusion qui l'emporte. Que veux nous dire le réalisateur ?

  • 1- la série, comme on vous le dit depuis 16 articles et 82 pages, traite du totalitarisme.
  • 2- Le Festival de Venise, c'est un peu un regroupement de fachos en culottes courtes.
  • 3- On peut rire de Hitler, mais attention pas avec tout le monde.
  • 4- Freud avait raison. Les enfants, et donc les adolescents, sont des pervers polymorphes.
  • 5- Chaplin, c'est Hitler! (Fichtre...)
  • 6- Les hommes aiment regarder deux femmes bisexuelles qui s'habillent en militaire.

 

Irisa, dans un gros plan très laid, voit son propre rire se faner. Elle explique qu'elle aussi avait une petite sœur (?) et qui était très drôle, mais elle s'est tuée ! Fichtre, c'est une avalanche de paradoxe, cet épisode. Alors, ho, sans sourciller, on te balance un flashback.

Une petite fille cueille effectivement des fleurs en haut de la falaise... RIRES !

"-T'approche pas du bord !

-Non, je cueille une fleur ! Haaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa.

-PLONG !»

Punaise !

Retour au présent de narration. Anna, toujours perspicace : "Elle est tombée dans le ravin ?" Là, vous comprendrez que j'avais envie de pleurer. Décision est prise de se mettre à la recherche du Père. Irisa en profite pour aller aux cabinets, quand elle aperçoit, mazette, une araignée en plastique sur la vitre. Hypnotisée, elle ne peut rien faire !

 

 

Cut. Un autre endroit. Tarantula en sortant d'une trappe dans le sol (sic), vient rendre des comptes à Volcor. Et là, ce n'est plus le petit pathos larmoyant des résistants. Chez les stressos, on va droit au but.

« -Volcor, je te fais un résumé : ils ont marché !

-Je sais... Quand je fais un plan, il n'échoue jamais. »

C'est loin d'être vrai, et je vous assure qu'après avoir passé 30/35 heures de ma vie à rédiger des articles sur SAN KU KAI, j'en ai vu, des plans de Volcor, se casser la binette. Mais pas le temps de se plaindre, car on découvre en fait qu'on était pas dans un autre endroit, comme je le disais en tête de paragraphe, mais toujours chez Irisa. Volcor et Tanratula, perce un trou dans le sol. En contrebas, on aperçoit Ayato et Anna dans le salon en train de dormir. Tarantula n'a plus qu'à faire tomber sur la fillette, via le nouvel orifice, un araignée en plastique attachée à un fil que le réalisateur montre courageusement en gros plan. Dieu merci, la scripte avait retiré l'étiquette du prix de l'attrape. Quelques secondes plus tard, l'araignée est à la hauteur du visage nubile. Deux leds judicieusement placées à la place des yeux de l'animal plastique se mettent à clignoter, et là, grandiose moment erotico-psychanalatique : la fillette ouvre les yeux, hypnotisés, et Tarantula lui parle à travers l'araignée : "Je suis ta mère !!!! "

 

Bon, faisons une pause. Je vais prendre une cigarette, moi... Pffff ! Quel épisode, les amis !

 

 

Reprenons. Tarantula hypnotise Anna, se fait passer pour sa mère via un araignée plastique, jusque là, rien de très anormal. Mai,s plus surprenant, elle ordonne à l'énervante enfant de tuer Ayato. Quel plan machiavélique ! Ca roule tout seul, c'est du billard, c'est du Shakespeare à la sauce saké. Et ce n'est pas fini. Anna s'empare d'un sabre et s'apprête à tuer Ayato qui se réveille, in extremis. Il désarme fermement la fillette qui reprend ses esprits. Là, dans le contrechamps qui suit, l'ombre de l'araignée se reflétant dans le carreau d'une porte-fenêtre en forme de triangle, confirme l'incroyable métaphore sexuelle de la séquence. Ayato franchit courageusement la porte-pubis en criant : "C'est Alizéa !". [Oui, cher lecteur, la méchante a changé de prénom au cours de l'épisode : Elizéa, Tarantula, puis de nouveau Elizéa, à moins que le doubleur ne confonde avec Irisa qui, on l'a vu, vient de se faire hypnotiser en allant aux waters. On verra par la suite, que les scénaristes eux-même ne savent plus très bien ce qu'ils font. En tout cas, cette structure ternaire démontre que dans chaque femme, il y a un monstre poilu qui sommeille, enfermé dans cette identité double, qu'on retrouve dans le signe du « V » repéré plus haut : la convergence d'un double élément qui converge vers la singularité d'une troisième forme.

 



Ayato se lance à la poursuite de la sbire, mais tombe, dans le jardinet entourant la maison, sur un bon paquet de stressos. Le combat fait rage et les sabres s'entrechoquent.  Mais Ayato tombe dans un piège, car une toile d'araignée géante lui tombe (encore!) dessus. Il ne peut se défendre, les stressos l'embrochent. Il est mort.

 

Salut. Et à bientôt...

 

 



Mais non ! Alors même que le roi arrive à Varennes, les stressos défont la toile-filet et découvre bien un paquet de vêtements, mais d'Ayato nulle trace ! Et là, Ayato apparaît sous son alias de supra-héros : "Je suis celui qu'on appelle le Fantôme. Le messager de pets." Lunettes de ski sur le visage, foulard bedouin sur la nuque, le Fantôme-Ayato fait des moulinets lents mais majestueux avec ces sabres, pour impressionner l'ennemi par son élégance. Le combat est duraille. Il faut dire qu'avec cette nuit américaine, on voit pas grand-chose. Ayato est en fâcheuse posture, et Elizéa/Tarantula décide de prendre les choses en main et d'achever elle-même notre héros. Ne reculant devant rien, les petits scénaristes, philippins et tous mineurs, n'hésitent pas à faire intervenir Ryu qui lui aussi débarque en costume de super-héros ! Il crie : "Je suis Staros, et je viens du fond de l'Univers". Tu m'étonnes. Il balance dans la foulée un multitude de shurikens de l'espace, et non pas des surikates comme me le suggère mon correcteur orthographique ! Un des projectiles (ou des animaux) atteint Tarantula et fait tomber son masque. Staros/Ryu la reconnaît et crie : "Alizéaaaa". [Il la connait?] Celle-ci répond: "Hahahahhhha ! Hahahahahhha ! Je m'appelle Tarantula et je viens de la planète Araignée pour te tuer. Et puisqu'on en est aux confidences, je ne me souviens pas du tout de mon pére !"

Quoi ? A ce stade de l'épisode, je l'avoue, malgré des années à voir du Straub, à décortiquer du Duras, et me perdre dans les narrations à 12 couches simultanées de Greenaway, je ne comprends absolument plus rien, à cet épisode. Mais qu'importe, le combat reprend de plus bel.

 

Et ça va même se corser encore un peu. On s'aperçoit que Volcor et Alizéa/Tanrantula/MmeMichu ont capturé la petite Anna, dûment ligotée à leur pieds. Volcor s'explique : Alizéa va imiter la voix de Anna pour attirer Ryu et Ayato, et là, hop, on fait exploser la baraque, et on est enfin débarrassé, tout le monde est débarrassé. Les stressos conquerissent ou conquierent, je sais plus, l'univers, la résistance est décapitée, et c'est fini pour moi les articles de douze pages. Mais Alizéa, pour en être traitresse, vendue à la cause stressos, n'en éprouve pas moins des difficultés à tuer l'enfant. Moi, je trouve que c'est une bonne occasion de faire sortir Anna de la série, mais bon. La méchante s'exécute cependant et imite la voix de la petite Anna. Ayato/Ryu/Staros/Le Fantôme tombent dans le panneau et se précipitent. Alizéa revient ensuite dans la pièce où Anna est ligotée et s'apprête à l'égorger (Ouaiiiiiiis !) mais se reprend et la délivre de ces liens en disant : "Je ne peux pas te laisser mourir avec les autres ! Tu est bien trop jeune !" (Et merdre !)




Pendant ce temps-là, dans le contrechamp  en insert, la mèche reliée aux explosifs se consument à tout berzingue ! Vite ! Volcor apparaît dans la pièce par une trappe, s'aperçoit que Alizéa a trahi en désentravant la petite fille, et il blesse la félonne mortellement qui s'échappe par une trappe dans un mur. Puis, Volcor disparaît par un mur coulissant, tandis que Ayato et Ry débarquent par une trappe dans le sol ! Anna prévient nos deux héros : le bâtiment va exploser, vite, vite. Contrechamp sur la mèche enflammée qui est à deux centimètres des explosifs. Retour dans la pièce ! Les trappes et les murs coulissants et les echelles secrétes sont bloqués, on ne peut plus sortir ! Mon dieu, est-ce la fin de nos deux héros ???

 

 

Non ! Alizéa apparaît par un un mur pivotant! Elle perd du sang ! La mèche n'est maintenant plus qu'à un centimètre des explosifs. Mais, elle dit : "Hum, hum... (raclements de gorge). Euh... Anna ressemble tellement à ma sœur... que je l'ai, que je l'ai... Haaaaaaa". Elle s'effondre, agonisante. "Adieu Anna ! Adieu ! Adieu, ma jolie petite sœur !"  Bon, c'est bien joli tout ça, mais la maison va exploser dans cinq secondes. Ryu et Ayato décident alors qu'on est pas dans un film néoréaliste italiens des années 50, et reprennent les chose en mains, car il est temps de filer fissa !

 


A quelques kilomètres de là, Volcor admire la maison qui explose et brûle en fumant un bon cigare cubain bien mérité.  Mais Ryu et Ayato débarquent car ils en ont réchappé. Un combat bref mais intense s'ensuit, dans lequel, et pour le coup c'est une vraie surprise, Volcor est gravement touché ! C'est la fin pour lui , après 15 épisodes de bons et fielleux services ! MAIS NON ! Une boule de feu jaillit : c'est Komenor lui-même qui se téléporte sur la planète ! Il sauve Volcor et avant de retourner sur le vaisseau stressos, il lance à nos deux héros : "Bande d'innocents ! Je vous retrouverais !" Boule de feu. Téléportation.

 

 

CUT ! Générique !!!!!

 

 

Mesdames  et Messieurs, après 3 ans d'interruption, je suis très heureux de vous annoncer le retour de la saga SAN KU KAI sur Matière Focale !

 

A vous les studios !

Dr Devo.

 

 

 

Retrouver les autres articles de la série sur Matière Focale :

Episode 1 : Un vaisseau dans l'espace

Episode 2 : Les Ninjas

Episode 3 : L'envoyée de la Terre

Episode 4 : Le Camp

Episode 5 : L'école abandonnée

Episode 6 : Le Roi Golem

Episode 7 : Une lueur d'espoir

Episode 8 : Du sang froid

Episode 9 : Le palais du Diable

Episode 10 : Détruisez la planète Terre

Episode 11 : Princesse

Episode 12 : Le grand combat

Episode 13 : Le Miracle

Episode 14 : L'agent secret

Episode 15: La savegarde de l'univers 

 

 

 

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Vendredi 26 juin 2009

Recommander - Publié dans : Lucarnus Magica









Rien à voir au cinéma ? Dans mon infinie bonté je vais me pencher sur le cas d'une série TV grave tendance qui fait un carton dans les milieux bien éduqués new-yorkais, entre deux biscottes au caviar  et du Champomy rehaussé avec de l'alcool à 90° (c'est la crise). Ces braves gens sont comme vous et moi : une fois la journée de golf terminée ils aiment se jeter dans leur canapé, prendre une bière et une pizza et regarder de la merde - mais néanmoins hype - à la TV. On appelle ça le "prédéterminisme social", ou aussi "glander". 

 

Jemaine et Bret sont deux jeunes chanteurs compositeurs guitaristes intermittents néo-zélandais qui débarquent aux ziouesses pour accomplir le rêve américain et devenir des stars internationales de la pop music. Pour arriver à leurs fins, ils sont aidés par Murray, leur manager, également consul de la Nouvelle-Zélande, qui est persuadé que la clé de la réussite réside dans une gestion rationnelle  de tous les instants de la vie du groupe. Chaque journée est divisée de façon à laisser le moins possible place au hasard...

 

Voilà pour le piche de la série. Pourtant en résumant de telle manière cette série américaine produite par HBO, on est complètement à coté de l'enjeu réel de FLIGHTS OF THE CONCHORDS. En s'attendant à un faux biopic rock'n'roll branchouille comme on pourrait le croire à la vue de la jaquette du DVD (ne jamais croire les jaquettes), le spectateur se retrouve dans un premier temps désarçonné par l'humour douteux de Bret et Jemaine, par les silences gênés et les scènes un peu trop longues (pour une série TV). Les chansons, elles aussi, arrivent comme un cheveu sur la soupe,  parce que oui FLIGHT... est aussi une sorte de comédie musicale sur la vie quotidienne de deux immigrants étrangers, mettant en musique leurs désarrois amoureux, sociologiques ou artistiques. Ce à quoi s'intéresse la série, c'est en fait aux collisions imprévues entre les lieux et les choses, vecteurs d'accidents poétiques qui engendrent l'art. L'humour naît de la même manière, via les incidents quotidiens le plus souvent absurdes. On n'est pas vraiment dans la parodie (même si il y a un peu de moquerie), tout est très sérieusement drôle, décalé. Même la musique qui consiste en une sorte de pop minimaliste vaut très largement ce qui se fait sur le marché (certaines sont même très bien, rappelant un peu les Talkings Heads). Les douze épisodes  qui constituent la première saison sont assez inégaux, mais le rythme global ainsi que l'absence de cliffhanger (fins d'épisodes en suspend) est assez agréable : comme je le dis toujours à la machine a café, c'est désagréable d'avoir un fil à la patte (j'en ai trop souvent l'impression avec les séries américaines).

 

La mise en scène est assez fonctionnelle, c'est malheureusement le fléau de la majorité des séries TV  qui cherchent à brosser le spectateur dans le sens du poil, cerveau disponible, etc... Agréable sans être renversante, elle arrive néanmoins parfois à surprendre le spectateur par un jeu sur l'échelle de plan, ou un cadrage qui sort un peu de l'ordinaire. En fait, ça ressemble pas mal à du Gondry, notamment dans les décors et les habits qui jouent un grand rôle dans l'ambiance décalée de la série : Bret par exemple est toujours vêtu avec des t-shirts d'animaux, les murs du consulat sont remplis de posters splendouillets évoquant la Nouvelle-Zélande, les déguisements en carton et certains passages clippesques font très SOYEZ SYMPAS, REMBOBINEZ, j'en passe et des points de suspension. Les séquences musicales sont souvent un peu plus folles que le reste des épisodes, parfois un peu trop clippesques à mon goût. La photo a un peu de personnalité, c'est toujours ça de pris. Personnellement, je ne suis pas très Gondry, et cette ambiance un peu kitsch a fini par me lasser au bout des douze épisodes. Au final, on a un peu l'impression que l'humour se base un peu trop sur l'amoncellement d'objets hétéroclites.

 

Les deux acteurs principaux, les Flight..., campent un duo parfait de jeunes adultes perdus et un peu tristes. Ils sont même carrément déprimants dans leur constance à tout rater, que ce soit sentimentalement ou musicalement. Parfois l'humour laisse place à une sorte de spleen, à une tristesse sous-jacente assez émouvante chez ces deux loosers-nés, bons à rien et égoïstes, timides mais cruels dans leurs relations aux autres. Les personnages secondaires ont bien du mal à exister à l'écran, un peu trop caricaturaux à mon goût (la seule fan du groupe par exemple est vraiment la groupie de service, assez pénible à la longue). Murray (que l'on a pu voir dans l'horrible GOOD MORNING ENGLAND) est intéressant mais lui aussi donne un peu l'impression de tourner en rond à la longue.

 

Tous ces défauts peuvent paraître rédhibitoires, mais si vous aimez un tant soit peu l'humour très spécial du duo, ce qui est mon cas, ces douze épisodes devraient vous combler. Si en plus vous aimez les T-Shirts avec des loups sur fond de pleine lune, vous devriez kiffer votre mère. Par contre, il vaut mieux éviter d'enchaîner les épisodes à la suite, ça devient un peu écœurant.

Norman Bates.







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Lundi 8 juin 2009

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[Photo: "Dernières Tractations pour l'Attribution du Prix Nobel de Photographie" par Mek-Ouyes]

 

 

 

Chers Focaliens,
 
Ca fait déjà un petit bout de temps que je vous parle de Jean-Christophe Sanchez, réalisateur français encore peu connu, mais à l’œuvre complètement hors norme et indispensable. Si on en devait miser que sur un seul, ça serait, et sans contestation, sur celui-là. Nous avions été gentiment invité sur le tournage de son second long-métrage LA CONSPIRATION DE L’ENERGIE BRÛLANTE, adapté (très librement) d’un livre de Jean-Claude Bourret et avec Jean-Claude Bourret, s’il vous plait, tournage qui nous avais valu de très belles photos de notre ami Mek-Ouyes (exemple : ici). Nous avions défendu également le film précédent, fabuleux moyen métrage qu’était THE RALLY 444 (dont on peut voir le film-annonce sur le site de l'Institut Drahomira, article là).
 
Sans vouloir en dire trop, le film étant encore sur la table de travail, INITIATION AU QUIPROQUO, nouveau court-métrage de Sanchez est presque terminé. Et l’émission Court-Circuit, sur Arte propose ce soir (donc techniquement ce mercredi matin à partir de 00h30) de découvrir les premières images de ce film. Ce ne sera pas une bande-annonce, pas un making-off, mais un véritable petit montage. N’ayant pas vu la chose, je ne pourrait pas la commenter, mais des témoins oculaires et focaliens m’ont assuré que ça allait, mais est-ce une surprise, déménager sa maman, notamment sur le plan musical. Y aurait il du Drahomira Song Orchestra là-dessous ? On verra bien, mais apparemment, ça va ruer dans les brancards.
 
Sanchez étant un réalisateur que nous suivons depuis longtemps sur ce site, et devant la magnificence de ces films précédents, il va sans dire que ce passage dans Court-Circuit ( à 00h30 !) est un événement en soi. Gageons qu’il aide, enfin, nos fabuleux distributeurs hexagonaux à se décider de se bouger un peu pour la cause sanchezienne, et que celui mérite à la reconnaissance qu’il mérite. Et si vous ne connaissez pas les films du Monsieur, mettez-vous l’eau à la bouche en lisant les articles sus-cités.
 
En tout cas, les petits gourmands et les amateurs de Beau ont rendez-vous ce soir Arte. Bon appétit, bien sûr ! Et passons le mot !
 
Amicalement Vôtre,
 

Dr Devo.

 

 

 

 

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Mardi 4 mars 2008

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[Photo extraite de l'épisode 2 de LAÏKAPRK de Benoit Forgeard, qu'on retrouvera dans l'émission VISU (LE MAGAZINE DE TOUTES LES VISIONS dans la nuit du 1er au 2 janvier prochain sur France 2]

 

 

 

 

Chers Focaliens,
 
Profitons de cette jolie photo, parce que je suis de bonne humeur [le Pére-Noël m'a quand même envoyé un vinyle de SUICIDE, le premier semble-t-il avec le fameux GHOSTRIDER notamment, ainsi q'un de BRIAN JOHNSTON MASSACRE, groupe que j'ai bien sûr vu dans le documentaire DIG! mais que je ne connais pas (ça tombe donc très bien). Et c'est pas tout, car il faut ajouter à cela un maxi, toujours en vinyle de Divine, oui oui Divine , notre amie et celle de John Waters! Elle n'est pas belle la vie?]
 
Maintenant, c'est moi qui offre les cadeaux. Ou plutôt je n'offre rien mais je vous montre un beau magasin remplis de jouets et tous gratuits!
Peut-on encore faire un court-métrage avec des décors fait par ordinateur et qui soit quand même du cinéma? Peut-on faire du cinéma du réel (ce monstre) qui soit touchant, beau et précis mais surtout qui n'en ait pas du tout l'air? Existe-t-il un humour décalé en France, ou un humour qui ne ressemble à aucun autre? Avez-vous déjà pleuré sur une chanson de Chinchilla? Que faire des ouvriers licenciés de l'usine Lowerman? Madonna est-elle accessible à l'ouvrier, jsutement, ou celui-ci ne doit-il se contenter que de l'art pornographique?Et la politique? Vous connaissez le plus grand film politique de tous les temps? C'est un moyen métrage sidérant!! Et d'une drôlerie sublime!! Et surtout, vous aimeriez voir une vraie émission de cinéma à la télé?
 
A toutes ces questions je réponds, oui, ça existe et oui, vous le méritez! Car France 2, dans la nuit du 1 au 2 janvier à 01h00 du matin (techniquement mardi, psychologiquement lundi soir tard), repasse l'émission VISU, émission de télé sublimissime, vrai ovni, accident industriel unique. VISU c'est une espèce de carte blanche remplie de courts-métrages réalisés par Benoît Forgeard (le papa de LAÏKAPARK, souvent secondé par le mystérieux mais diabolique Michel Moisan) et ça se présente sous la forme hilarante d'une vraie ou fausse émission de cinéma absolument hilarante (l'émission s'appelle RETINES parc qu'elle est sponsorisée par une célèbre marque de lunettes!). Toute la poubelle du monde et toute la beauté du Monde sont dans cette vraie-fausse émission et dans les courts qu'elle contient. Et vous allez rire votre maman. Pour ma part, je vous conseille de l'enregistrer soigneusement, car après le bureau des pleurs sera fermé et je vous préviens, focaliens, VISU n'existe pas en dvd! C'est maintenant ou jamais! Beaucoup d'entre-vous étaient désespéré lors de la première diffusion il y a quelques mois! En tout cas, préparez aussi des mouchoirs en papier. Car pour ma part, j'ai pleuré trois fois d'émotion pendant VISU (pour ceux qui verront la chose: pendant la chanson de Chinchilla, pendant une des dernières interventions plateau, et pendant STEVE ANDRE qui à mes yeux est le seul film politique français).
 
 
Oui, c'est une rediffusion, "imposée par le CSA" me souffle-t-on, et nous avions déjà parler de VISU. JE vous laisse donc redécouvrir ou lire pour la première fois les articles et les photos que nous avions consacrées à VISU.
 
Pour lire l'article que nous avions consacré à VISU, LE MAGASINE DE TOUTES LES REGARDS (l'émission donc!): cliquez ici! Vous aurez le programme précis de la soirée.
 
Pour lire une interview surréaliste et sublime de Benoît Forgeard, réalisateur de VISU: cliquez ici! C'est une interview exclusive pour Matière Focale, faite par Michel Moisan, le célèbre critique québécois qui ici vous dévoilera son fameux "questionnaire des Michel" qui va remiser Proust définitivement au placard.
 
LAÏKAPRK est une série de deux courts-métrages qu'on retrouve aussi dans VISU et toujours réalisé par Benoît Forgeard. Nous en avions parlé à l'époque (avec de belles photos). Pour découvrir la chose: cliquez ici.
 
Enfin pour voir des extraits des films composant l'émission, sur le site de France 2: cliquez ici.
 
 
Voilà. J'espère que cette rediffusion sera l'occasion pour vous qui avez loupé la première, de découvrir ce merveilleux espace de liberté de deux heures que nous avait offert France 2. C’est peut-être la seule occasion de l'année, d'ouvrir son poste de télé! Quant aux gens qui travaillent dans le bizness de la diffusion dvd, je n'ai qu'une question: qu'attendez-vous pour sortir VISU en dvd?

 

 

Allez, je vous laisse lire tout ça et déjà vous marrez comme des baleines, et vous fait de grosses bises.

 

 

 
Urgemment Vôtre,
 

Dr Devo. 

 

 

 

 

 

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Mercredi 26 décembre 2007

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[Photo : "Transubstanciation", par Proctoman.]
Chers Focaliens,
 
Comme chaque année nous revenons sur Matière Focale vous parler de l'événement culturel et récurent de l'année, sans doute le plus important : KOH-LANTA. Bien plus qu'une émission de télé-réalité ou de télé tout court, à nos yeux de focaliens, KOH-LANTA est bel et bien une émission politique et religieuse (que ce soit dans le sens théologique et/ou moral), sorte de mélange entre la défunte HEURE DE VÉRITÉ et le JOUR DU SEIGNEUR. Et je suis très heureux, pour la troisième année sur ce site, de déclarer la troisième saison d'analyse focalienne de KOH-LANTA ouverte ! Ouvrons donc cette bouteille de Champomy, allumons ce vieux cigare cubain et approchons pour voir comment commence la nouvelle saison.
 
[Je tiens à préciser à nos récents lecteurs que je trouve, outre cette émission, le niveau de la télé française absolument lamentable et que je ne la regarde jamais. Que ce soit en matière de divertissement ou d'information, la télé, talonnée pas loin par la radio, talonnée elle-même par la presse écrite, est d'un niveau si lamentable que rien que d'y penser j'ai des convulsions. Par contre, avec le plus grand sérieux du monde, je vous le dis : KOH-LANTA est une émission plus que passionnante, comme vous le verrez.]
 
Changement de décor et d'océan cette année, et pas qu'un peu me glisse à l'oreille Madame Moulick, ma voisine. Nous voici dans ce charmant pays que sont les Philippines, endroit sympa, jadis lieu de dictature énergique, puis de démocratie hésitante, et désormais pays pauvre, mais à l'affiche, grâce à notre émission politique préférée. De toute façon, les pauvres, bien tranquilles dans leurs bidonvilles, et donc un peu à l'écart des soucis du monde, sont hors-champs, ou alors, en tenue traditionnelle hollywoodienne, c'est-à-dire en pagne impeccablement repassé de couleurs vives mais unies (ici, rouge), et tirant à l'arc sommaire en criant "GOULOUGUOULOUGUOULOU", comme nous montre la classique première présentation du lieu. Cette présentation nous montre un Denis Brognard moins présent, plus discret, ce qui sera à moitié confirmé plus tard dans l'épisode. En effet, Denis sera plus hors-cadre dans ce premier épisode, mais aussi directement plus pêchu, et recadrant avec fermeté non pas les débordements (c'est un peu tôt), mais les pensées mêmes des concurrents. Exemple : "Les jaunes, je vous ai entendu dire que c'était une défaite [au jeu de confort] très encourageante, mas NON ! C'EST LE CONTRAIRE ! c'est catastrophique. (pause) Non ?" Premiers indices. Nous, le Marquis, le Shériff (qui refuse de retracer cette année la saison sur ce site ! Dommage, on perd une plume unique !) et Bernard RAPP avons une théorie. Chaque année, Denis incarne dans son jeu et sa fonction soit Le Père, soit Dieu, soit Jésus. Ce sont des cycles de trois ans, mais on ne sait jamais quelle forme il prendra, pouvant très bien être Jésus deux ans de suite. Or là, avec cette première phrase tranchante, on opterait, comme ça, d'instinct, plutôt pour un écartement de l'hypothèse Jésus. Etant spécialiste de ces questions, j'y reviendrai.
Nouvelle géographie donc, et décor qui change vraiment beaucoup. Les falaises sombres, "aiguisées comme des rasoirs" et terriblement hautes, forment une barrière de béton, une espèce de bunker lovecraftien face à la mer. Au pied de ces portes massives et naturelles, bizarrement, des petites criques et des avancées de jungle, jungle d'ailleurs classiquement Koh-lantesque. Chez nous, donc, mais un peu chez les Dieu avec ce décor néo-zélandais. Les Philippines sont après tout une terre de cinéma, et pas n'importe lequel. Le fantôme du récemment décédé Bruno Mattei plane au dessus de ma tête avec nostalgie, mais aussi puissance. Cette saison de KL sera-t-elle placée sous le signe des divinités cannibales ? C'est bien sûr trop tôt pour le dire.
 
Ce premier épisode, bien que classique, fut une introduction énergique, peut-être plus vive que les entames des deux saisons précédentes. Si les personnages, j'y reviens, semblent assez fadasses (ça me fait ça chaque année, pas d'inquiétude), ça démarre sans frime, mais très bien. Les premiers portraits des candidats sont très étalés, et pour certains vraiment courts mais très significatifs. On retrouve nos bons vieux archétypes, mais au final sans caricature excessive, bien que certains portraits ne soient pas du tout piqués du hanneton.
Ça commence assez fort avec dès le départ non pas un accident comme l'année dernière, où une candidate s'était pris les pied sur la coque du bateau en sautant pour rejoindre l'île (rapprochant ainsi KL de l'unique autre émission décente à la télé, car il y en a deux en fait, j'ai nommé VIDEO-GAG, la seule émission de cinéma sur le réseau), mais par une défaillance sérieuse et très inattendue à ce stade du jeu, c'est-à-dire sur la ligne de départ. Véronique, 50 ans qui n'est pas la doyenne des aventuriers mais presque, est originaire du Nord et même de Lille ! Ecoute-t-elle mes participations radiophoniques sur Radio Campus ? Sûrement pas, ça n'est pas le genre, même si son hilarant portrait montre cette célibataire embrasser religieusement la photo de George Clooney (amoureusement découpée dans Télé-Star), comme on embrasse une icône byzantine : baiser sur le majeur et l'index puis déposé dans un geste christique sur la photo accrochée au mur, à hauteur de bureau soit à peu près un mètre du sol, bien en vue du bureau et de l'ordinateur où Véronique se connecte avec anxiété, sans doute, on l'imagine très bien, sur Meetic ! Elle rajoute cette phrase malicieuse : "au moins [George], je t'ai, toi !". Ce qui lui vaut le qualificatif de "farfelue", au bout de quatre minutes d'émissions quand même, de la part d'un offesque Brognard !
Et Véronique, quelques secondes après le coup de sifflet marquant le départ de trente jours de souffrance, ben elle assure pas, et même elle a peur. Peur de l'eau sans doute mais aussi de la hauteur ! Elle ne veut pas sauter! Elle ne le sent pas, elle trouve l'aventure trop dure, alors même qu'elle est incapable de quitter le bateau. Pendant ce temps-là, le reste du troupeau trace sa route à toute berzingue. Véronique est paralysée et commente à voix-haute. Ça ostense sa mère sur le pont ! Elle finit par se jeter à l'eau, maudite sans doute par tous les postulants à l'aventure qui ont été recalés ! La chute est pas mal. Contrairement aux autres, elle saute avec le sac sur le dos, tamponne la coque (promesse d'un accident qui n'a pas lieu, mais qui suffit, c'est pas passé loin se dit-on, à nous mettre de très bonne humeur), et rejoint la surface humide qu'on appelle la mer (ici de Chine), qui n'est pas une promesse câline pour la quinquagénaire nourrie au Nespresso (sinon quoi ?) et aux gaufres hors de prix de la prestigieuse maison Meert. Une fois semi-immergée, et bien que son sac à dos, très handicapant pour avancer à la nage, lui assure une flottaison inattendue, Véronique, bonne mère (!), panique encore once again et ne sait que faire. Elle fait le petit chien, se déploie en efforts épuisants là où elle flotterait sans rien faire. Le liquide, ou alors dans une coupe, c'est pas son truc. Le secouriste, sublime et bronzé, puissant mais tranquille, bicepse jusqu'à elle et l'aide à avancer. On a failli perdre un candidat en trente secondes, sur abandon en plus !
 
Sur l'île, c'est la surprise, très bonne, avec un remaniement old school des règles de composition des équipes. Après être allés décrocher une boîte en bambou placée à trois mètres du sol (une boîte pour les femmes et une boite pour les hommes), deux des aventuriers, ceux qui les ont décrochées avant tout le monde, désignent et choisissent à tour de rôle leur équipiers. Ainsi, les équipes cette année ne sont pas pré-établies selon l'âge des viandes, mais se choisissent à l'ancienne et "old school" n'est pas un vain mot. On se retrouve dans l'humiliante configuration du collège et du lycée, où le prof de sport désigne les deux personnes les plus performantes athlétiquement pour choisir leurs coéquipiers. C'est Erick (noir et crâne chauve, ce qui arrive souvent à KL, et donc désigné tout de suite, là aussi comme chaque année par la voix-off comme "sage et mystique", car tout ce qui est étranger, non-caucasien et au crâne rasé est un sage à KL, à l'instar d'un David Carradine sans doute) qui choisit pour les garçons. Erick, qui a gagné l'épreuve des boîtes en bambou (et donc gagné le droit de choisir), en attendant qu'un de ses camarades, Grégoire (spécialiste de la grimpe sur arbre) essaie de décrocher la dite boîte. Ce qu'il arrive à faire, le Grégoire, mais au prix d'ahurissants efforts, en la faisant tomber au sol. Erick arrive alors en sifflotant et ramasse la boîte ! Techniquement, c'est lui qui a gagné. C'est très classe. Malgré son sourire de Bill "à la cool, Man", mais attention très "sage", Erick est donc un tueur, ce que je note dans un coin de mon esprit. Comme au lycée, l'humiliation est forte pour les trois ou quatre choisis en dernier. Véronique, qui trouve l'aventure trop dure et a voulu abandonner avant qu'elle ne commence, comme je le disais, fait partie du quarteron de supposés nullosses. Mélanie, surchargée pondéralement, est aussi du lot, bien sûr, comme c'est le cas dans n'importe quel bon film de collège sur le Marché de la Viande. Plus étonnant, on retrouve là Ali. Assez bête certes comme on le verra (syndicaliste CGT à la RATP, et peau maghrébine, là aussi la minorité visible n'est pas taillée et cousue dans de la fleur de dentelle), mais complètement marmulesque et carré, Ali l'a très mal. Son physique aurait dû faire qu'il soit choisi dans les premiers, à la place des crevettes mâles qui viennent de passer leur bac ! Mais non ! Il est vénère, le Ali, et la suite montrera qu'il n'est pas au bout de ses peines ! En tout cas, Erick choisit aussi la marchandise, sous le contrôle finalement amical de Grégoire (espèce de beau gosse difforme, mais qui a l'air relativement sympathique et discret, et devrait aller loin, car il plaît au jolies zesguons du campement), de la viande fraîche en opposition à eux-mêmes sur le plan chromosomique. La chair fraîche s'étale, est pesée naturellement au même titre que la force physique. Ainsi au final, les équipes sont mixtes. Ali est furieux d'avoir été choisi en avant-avant-dernier avec la Vioque et la Grosse ! Véronique, la première, rentre avec joie dans son équipe, et montrera une volonté assez marquée de dire que son temps d'adaptation déplorable en début d'aventure n'était qu'une défaillance, un "moment de doute et d'adaptation", carte qu'elle jouera avec naturel lors du conseil et qui lui sauvera la peau. Mélanie, charme XL, assez décomplexée, prend la chose avec le sourire. Malgré son look de dragueuse-meilleure-amie du Macumba de Ronchin, le samedi soir, elle semble cool. A suivre. En tout cas, cadreur et monteur n'ont pas loupé son string gwynethpaltrowien, impressionnant, ou plus exactement étonnant (en string dans la jungle ? C'est pas mieux la culotte ?).
 
Ils sont tous là. Inspectons le contingent, puisque c'est à ça que servent les épisodes 1.
 
On commence par les JAUNES, soit l'équipe Guntao, je cite, qui n'est pas une marque de chocolat équitable, n'en déplaise à Véronique !
 
ERICK, donc, c'est le chef, et le seul black mâle de l'aventure. Il gagne donc le droit de tirer les équipes en trichant, et en manquant absolument de fair-play, au nom de la compétition, bien sûr. Madelin sauce Kassav ? On verra. En tout cas, il cherche à forcer la bonne humeur et joue la partition. On sait au bout de trente secondes qu'il est sans foi ni loi. On verra s'il tue encore. En tout cas, il ne m'inspire pas grand chose de bon. S'il n'est pas méchant, je sens qu'il sera bête. A vérifier. Je ne lui confierais pas mon caleçon sec en tout cas, ni mes réserves de copeaux de noix de coco ! Il a 32 ans mais en fait presque dix de plus ce qui est absolument effrayant !
 
GREGOIRE, 24 ans, à l'air sympa comme tout, quoique je n'aie pas envie d'aller discuter du dernier Derek Jarman avec lui. Mec doux, à la cool, insignifiant peut-être (à vérifier), c'est aussi un homme de la forêt et sa passion, ce sont les arbres ! Il grimpe formidablement, a le regard dense, un regard bleuté (un point commun avec votre serviteur). Fraîcheur, gentillesse apparente, il a vite été spoté par Chloé, qui a le même âge, et je vous le dis, ça va coucher ! Ou alors, il se fera dévorer. En tout cas il ne va pas partir de sitôt. Je parie mon paréo qu'il va à la réunification !
 
VERONIQUE, 50 ans, lilloise, reine de la gaufre. Et quoi d'autre ? Après un début chaotique et des efforts pathétiques pour prouver ses volontés d'entraînement aquatique, elle fut sauvée par l'arrogance de Pascale. Mais la lueur au fond des yeux, lors de la nuit du conseil, ne me rassure pas. Rombière décalée ou Mercenaire ? A suivre.
 
FILOMENE, 35 ans mais qui fait moins, est la deuxième black de l'aventure, là aussi rôle attendu. Plutôt jolie, elle a peur des insectes. Future faible à mon avis, mais on en sait trop peu... En tout cas, elle ne s'est pas détachée dans ce premier épisode. On verra.
 
PASCALE, 39 ans, chef de service chez Casto, c'est la méchante, imbue d'elle-même. Son portrait est triste et hilarant. Elle martyrise son mari (pauvre hère !), et le chien a l'air vraiment triste. Blessée mais arrogante, malgré la perte du jeu d'immunité, elle se fait sortir, au profit de Véronique. Tant mieux se dit-on, car ce genre de profil retord est dur à sortir à mesure qu'on s'avance dans l'épopée. Ceci dit, les extraits de l'épisode deux, montrés en fin de générique, délivrent une info importante : un rouge a dû être amputé d'un doigt ?! Tueuse professionnelle, mais virée au profit de la plus faible, elle va donc logiquement faire son retour : ça va être super-gore ! [Dans le portrait, hilarant passage sur ses parents, petits retraités en forme de winners et qui ont transformé il y a 35 ans la petite Pascale en une psychopathe froide et meurtrière. Voilà qui en dit beaucoup en quelques secondes ! Le papa est vexant et ignoble, la maman prépare des confitures pour l'hiver mais castre les agneaux à la tronçonneuse !]. L'épisode 2, sinon la saison, va tourner autour de Pascale donc. On va rire ! Ou pleurer ! Ou les deux !
 
CHLOE, 24 ans. Très attirée sexuellement par Grégoire, elle pourrait très bien être une manipulatrice, me suis-je dit en début d'épisode. Par contre, elle n'a pas paru spécialement infecte par la suite. Donc, don't act. Par contre, gros point positif, elle a eu un sublime fou-rire très chaleureux et très humain, au conseil en plus, lorsque Laurent était en train de débiter des conneries de sportif à la chaîne, à la manière du cycliste interviewé en fin d'étape du Tours de France ! Ce geste humain et spontané me la rend sympathique. Au fond de moi, je ne suis pas rassuré pourtant. Joueur de nature, et puisque Bernard RAPP a déjà choisi Mélanie et que le Marquis s'oriente [Peut-être ! NdM] vers Maryline, je la choisis et la sponsorise comme "mon favori".
 
ADRIEN, 55 ans, ancien pompier, un peu anxieux, mais sans plus. Sans relief pour l'instant, on verra. Ça va pas aller au bout, ça...
 
LAURENT, 24 ans, complètement bête, jeux tradi du sud apprécié, accent insupportable mais heureusement totalement bête. Son monologue du vague, hein, lors du conseil, était un grand moment. Machiste probablement, ringard, gloire du sud qui nous donne DÉBUT DE SOIRÉE et Patrick Sébastien, on ne peut que croiser les doigts pour qu'il reste un peu, et se fasse lentement broyer en proférant des conneries hénaurmes. Fort potentiel comique (involontaire).
 
 
On passe maintenant aux rouges, à savoir, les BATANG, qui n'est pas une boisson aux divers fruits de la passion !
 
PATRICK, 40 ans, est encore un gars du Ch'Nord, du cinq neuf donc, et c'est un patron de PME chiquosse, sans doute voisin de Véronique. Ceci dit, on l'a peu vu dans ce premier épisode, et il paraît plus discret que son portrait. Il aurait des origines aristos, et en tout cas, la photo du site officiel de KL le montre un polo rose classique de chez Lacoste, et une barbe très fournie. Deux indices importants.
 
MELANIE, 24 ans, ronde de service. Finalement, et même si on l'a peu vue, hormis dans les plans très cadrés où les anatomies slipesques furent détaillées largement lors de la première nuit au camp (dont Véronique d'ailleurs), Mélanie a l'air tout à fait sympathique. A suivre.
 
MARYLINE, agricultrice du Nord (encore !!!!), 36 ans et déjà bardée de chiards (au moins 4, tous jeunes), semble elle-aussi assez simple et sympa, ce qui serait une excellente nouvelle, les dernières éditions ayant été blindées de psychopathes. C'est la seule avec Mélanie qui dégage une sympathie assez certaine. L'avenir va-t-il nous contrarier ?
 
MARIE-LAURE, 23 ans, doyenne de l'équipe jaune. Alors elle, je lui confierais pas un seul de mes futurs enfants ! D'instinct en tout cas. Ancienne mannequin semble-t-il, ce qui semble assez peu probable (photos de charme ?), la bimbo est assez énervante et sans saveur. Ceci dit, sur le camp jaune, elle a fait preuve d'une ou deux phrases de bon sens pratique, pas toujours entendues mais clairement prononcées ! Étrange, mais j'en prends note !
 
JADE, insipide bimbo de 24 ans avec un nom de pseudo MSN prostitutif. On ne peut rien dire d'elle, et à ce stade c'est bien normal. Tu entends le bruit du vent ?
 
KEVIN, 21 ans et benjamin de l'équipe ! Yeux clairs, physique de skatter, il pourrait jouer dans ROAD TRIP ou VA TE FAIRE FOUTRE FREDDY. Complètement à l'ouest, il est d'une laideur presque fascinante. On sent tout de suite qu'on va bien s'amuser avec lui. Le public Popstar acceptera-t-il la main tendue des copains de Mougeotte, main tendue pour qu'ils grandissent un peu ? A suivre !
 
SIMON, 26 ans, physique de bûcheron landais, et lui grosse barbe sur le cliché officiel. Il a l'air performant, sans histoire, bien qu'ayant essayé de devenir un ami de Sting en bouffant une racine malveillante. Sa force et son énergie vont le préserver un bout de temps. Notez, Mesdames, qu'on l'a vu nu, se doucher à la gourde les fesses et le robinet. Ambiance rugbymen, mais en hétéro et bien plus sympathique.
 
ALI, 35 ans, mais combien d'utiles seulement ? Ali râle parce que pour lui le vocabulaire c'est important, et le fait d'appeler repas le 8ème de bigorneau qu'il partage avec les autres, il boude, gueule et s'enferme. Les autres ne font pas d'effort ceci dit. Ils l'ont oublié lors du premier partage de bouffe, et surtout ils n'arrêtent pas de se planter dans son nom : Mali, Adil, Monoprix, Rémy, c'est un festival. Mon hypothèse est que, hors-champs, à l'hôtel et pendant le voyage, tous les autres se sont aperçus qu'il était bête comme un manche, voire très con, et qu'ils le font craquer à petit feu. Pourrait faire un excellent félon, très manipulable, lors de la réunification. Cerveau : 12 ou 13 ans.
 
Ce soir, après ce premier épisode énergique et assez old school, trad' quoi, on va entrer dans le vif ! Vous voilà, grâce à Matière Focale, prêts à suivre le deuxième épisode avec toute l'acuité nécessaire. Mon intuition me dit que ça va être un festival ; on va enfin pouvoir parler de Dieu et de Politique !
 
Calmement Vôtre,
 
Dr Devo.
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Vendredi 6 juillet 2007

Recommander - Publié dans : Lucarnus Magica

[Photo: "Symposium sur La Course Folle du Progrès (Section Art), Toulouse, 1969" par Dr Devo]

 

 

 

Chers Focaliens,

Allez, un petit coup de télévision, en attendant la surprise que j'ai évoquée samedi, et qui devrait apparaître sur Matière Focale fin avril ou début mai. Des indices ici, chez le collègue Nadjalover. Ça, c'est du teasing !

Allez, faisons donc encore un petit tour du côté de l'horreur. Alors, les petits gars, aujourd'hui, on va faire double ration, non pas de nouilles, mais de glace ! "Ils crient tous pour des glaces", voilà qui aurait fait un joli titre si le concepteur de la série MASTERS OF HORROR eut été français ! Gardons pour l'instant WE ALL SCREAM FOR ICE CREAM, l'épisode 10 de cette deuxième saison de la série horrifique, réalisé par un vrai revenant : Tom Holland. Mais si ! Tom Holland ! Le scénariste de PSYCHOSE II dont nous avions dit le plus grand bien, et aussi de CLASS 1984, déjà plus nanardesque, mais je taquine, effectivement, Holland étant surtout connu pour avoir réalisé les premières aventures de CHUCKY, la poupée qui tue et marche sur les plates-bandes de DOLLS de Stuart Gordon. C’est aussi le réalisateur de VAMPIRE, VOUS AVEZ DIT VAMPIRE ?, très bonne série B horrifique des années 80, et film réalisé qui se revoit toujours avec plaisir, comme nous l'avait rappelé le Marquis dans son article. On ne saurait d'ailleurs que conseiller ce très sympathique film, très malin, qu'on trouve facilement partout. Depuis, pourtant, il a pas fait grand chose, le père Holland. La voie royale du film en salles (voilà, je l'ai fait, mon jeu de mot) a vite été abandonnée, et le gars aurait plutôt tendance à faire de la télé, où il adapte du Stephen King ou réalise des épisodes de la splendouillette série également horrifique TALES FROM THE CRYPT. Bref, pas grand chose à se mettre sous la dent. Encore empreint de la malice de VAMPIRE, VOUS AVEZ DIT VAMPIRE ? (et oui, ça c'est du titre, les amis, complètement différent de l'original FRIGHT NIGHT, bien entendu...), c'est plutôt avec plaisir qu'on entame l'épisode du Monsieur...

Ça commence d'ailleurs pas trop mal, et même bien. Un plan douche bizarroïde mais très chouette, voilà le premier plan marquant, quelques secondes après le départ de l'épisode. C'est finement joué. En effet, WE ALL SCREAM... raconte quand même comment des gens normaux comme vous et moi (enfin vous au moins, j'espère !) voient leur chair fondre et se transformer en glace dans d'atroces souffrances quand leurs rejetons commandent des mikos à un marchand de glace et de sable ambulant qui traverse les quartiers résidentiels cossus (car vous avez réussi dans la vie !) en pleine nuit ! Voilà qui est plutôt loufoque comme contexte. Et le père Holland, de manière assez astucieuse, commence d'entrée de jeu par biaiser avec malice la première "fonte mortelle" de son film, en faisant un plan douche qui est plus beau, et surtout plus glauque qu'un plan de face, qui aurait été pourtant plus gore ! Il évite ainsi le ridicule et surprend son docteur de belle manière. Et ça tombe bien, car derrière, pas très loin, c'est un joli plan de générique qui nous attend, avec le véhicule du marchand de glace justement, qui surgit de la nuit et du brouillard dans un ralenti très lent, presque figé. Bah, c'est plutôt pas mal ! Miam, miam !, me dis-je, voilà une saison deux qui paraît beaucoup moins médiocre que ce qu'en dit la rumeur !

Malheureusement, la suite ne me donnera pas, une fois de plus, raison !
WE ALL SCREAM… raconte la terrible histoire d’un groupe de jeunes qui, dans les années pré-connes, avaient pris un petit peu d’avance sur leurs contemporains. Menés par un gamin plus bête et plus violent, ils ont fini par commettre l’irréparable : l’homicide involontaire d’un clown-marchand de glace conduisant la camionnette ambulante qui sillonne les quartiers-dortoirs ! Ça, ça la fout mal, comme dirait Stephen King. Et "Hinhinhinhinhin" comme disait un autre clown, euh pardon, clone de Freddy et des KILLERS KLOWNS FROM OUTER SPACE des frères Chiodo, j’ai nommé le désastreux KILLJOY, croquemitaine du film éponyme dont je vous avais parlé à l’époque, suite à un mémorable visionnage au Centre Marquisien de Sauvegarde du Patrimoine Cinématographique Mondial. Alors évidemment, ici, la production, quoique plus courte au métrage, est nettement bien plus richement dotée que le KILLJOY en question. Et pourtant, d’où vient ce parfum de désastre qui monte à mes narines ?
D’abord à un scénario parfaitement déséquilibré, très vite prévisible, et surtout complètement vautré dans la plus grande splendouilletterie la plus involontaire, comme le petit cochon se vautre dans la boue en croyant s’allonger dans l’eau claire de la rivière. Souviens-toi de ÇA et de ce que tu faisais au marchand de glaces clownesque la dernière nuit d’Halloween avec Christine dans le fog, semble dire Tom Holland. Le premier plan douche réussissait à être non seulement étonnant mais aussi à contourner de manière ludique le côté too much de l’intrigue (des gens qui se transforment en glace, quand même !). La suite sera tout le contraire : du pur concentré de kitsch, mais sans le moindre recul ou sans la moindre ironie, et surtout, encore plus, avec une certaine arrogance dans la propension à faire passer des vessies narratives pour des lanternes, chose toujours faite ici avec l’air intelligent de celui qui nous présente le fil à couper le beurre atomique, 50 ans après son invention. Ainsi, tout est prévu et visible à huit cent kilomètres. Le petit garçon violent devenu SDF/marginal/psychopathe (rayez la mention utile), toujours nécessaire pour donner à son film un côté social en assurant les pires réflexes réactionnaires possibles, à base de déterminisme social et politique, nos pauvres héros étant évidemment dans la upper middle class… Ce personnage de SDF meurtrier sera d’ailleurs introduit tout en finesse dans la pachydermique allusion de la scène du cimetière (qui est absolument inutile, ce qui fait que quand on voit le gars miséreux, comme par hasard, on a compris instantanément à quelle sauce on va être boulotté). Vingt minutes plus tard, on le retrouve, le SDF, comme si c’était une révélation. Sinon, on peut signaler les hideux seconds rôles, tous convenus, enfants en tête, les abominables et ultra-explicatifs flash-back qui consistent à nous relater l’accident/meurtre, car tenez-vous bien ma brave dame, c’est les deux en même temps. Je suis donc coupable et aussi innocent ! C’est pratique !
Le rythme narratif est effréné, environ 10 kilomètres/heure sur autoroute, et 5 en ville ! Hâtons-nous de nous dépêcher à enfiler les clichés du genre "Prends la voiture, Chérie, et fonce, sans te retourner, chez ta mère, les enfants ne sont pas en sécurité dans la maison", suivi d’un "Oh mon dieu, le marchand de glace nous attaque sur l’autoroute" de bon aloi, le tout ponctué du rire (très) maléfique, (pas) effrayant et incessant du marchand de glaces qui n’arrête pas de dire la fameuse réplique qui a provoqué sa mort à l’époque ! Que de l’inédit, en somme. Les plus sensibles d’entre nous trouveront déjà là une demi-douzaine de motifs pour s'immoler vite fait bien fait dans le salon. Mais ils louperont alors l’hilarant final que j’appellerai "séquence des télécommandes", prouesse scénaristique stupide sans doute issue d’un quelconque brainstorming entre "créatifs" de la section "production". Qu’on les rassure : le scénario est parfaitement respectueux du "pacte poétique" (pour la France, serait-on tenté d’ajouter) aristotélicien. De ce point de vue-là, les métaphores et sous-intrigues sont d’un équilibre parfait. Néanmoins, nous sommes en face d’un film parfaitement stupide sur le plan narratif. Un bon scénario ne fait pas un bon film. Ça peut même faire un très mauvais étron, sorte de méga-compile de ce qu’on a déjà vu mille fois et de ce qu’il ne faut pas faire ! Bravo ! Hal Hartley avait raison, à travers le personnage de Martin Donovan dans ce merveilleux moyen-métrage dont j’ai oublié le nom, mais que le Marquis ne manquera pas de signaler en commentaires : "la connaissance ne fait pas tout." [SURVIVING DESIRE, je crois. NdC] Et les recettes éculées non plus !

Mais bon, dans la vie, qu’on le veuille ou non, il n’y a pas que le scénario. Il y a aussi la mise en scène, et même que des fois, c’est lié. Alors oui, Tom Holland est bien d’accord avec moi : le plan où le camion de glace sort de la nuit… [Comme Freddy tient ! Là, il faut que je rappelle le génial titre français du dernier Freddy réalisé par Wes Craven, un très beau film d’ailleurs : FREDDY SORT DE LA NUIT ! La question est : est-ce le même mec qui a titré le dernier Lars Von Trier LE DIREKTOR ? Pour l’édition DVD de cet épisode de MOH saison 2, je propose : LA CAMIONNETTE DE GLACE MALÉFIQUE SORT DE LA NUIT POUR VOUS TUER, mais si vous trouvez mieux bien sûr, n’hésitez pas à rajouter un petit commentaire à la suite de cet article !] Je disais donc, avant d’être grossièrement interrompu par moi-même (ça me fait penser, le méchant SDF, il prend des bains dans une barrique en bois, comme dans COURS APRÈS MOI SHÉRIF, hihihi, encore une bonne idée de scénario !), Holland pense aussi que le plan avec le camion de glace au ralenti sortant maladroitement du brouillard est vraiment joli. Du coup, il le replace douze fois. Sinon, le reste est parfaitement sans personnalité. Le montage est paralytique, et le cadre n’a aucune sorte d’intérêt, plein de plans rapprochés comme n’importe quel film de Claude Berri. Bref. La photo étant complètement attendue, et ça et là même de très mauvais goût (ah, il y a toujours du soleil aux USA quand les couples se réveillent le matin !), voilà qui laisse énormément de champs aux acteurs. Et là, c’est encore le mieux dans le genre "seconds couteaux en roue libre et sur le bord de toucher un cachet". Ça splendouille dans tous les coins : père très concerné et même cerné tout court, brave barman obèse, SDF maléfique et grossier, épouse inquiète, petit Kevin marchand sur les plats de bande du clan Fannings (j’ai encore découvert au détour d’un film une autre mini-Fannings cette semaine… On en reparlera, mais ils sont combien au juste ?), à moins qu’il ne marchât sur les plats de bande de Henry Thomas adulte (qu’on a pu voir dans l’épisode de la saison 1 intitulé CHOCOLATE), etc. Ajoutez là-dessus un son bourré d’effets à la moindre présupposition d’apparition fantastique, une musique hideuse, et une durée de 52 minutes et vous obtenez d’assez loin un des pires épisodes de la série !

Mais c’est vrai que dit comme ça, on aurait presque envie de le revoir…
N’y pensez même pas !

Ou alors si vous êtes vraiment sado-maso, et à ce moment-là demandez, Madame, à votre mâle-dominateur, ou, Monsieur, à votre Maîtresse Sadique, de vous fouettez en regardant l’épisode.

Une chose est sûre, entre deux films de James Ivory, en Enfer, on projette cet épisode de Tom Holland, et encore, même pas au ralenti !

Salut Tom. Et si jamais tu croises un de ces jours ton humour et ta malice, dis-leur bonjour de notre part !
 
Bronzément Vôtre,

Dr Devo.
 
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Mardi 27 mars 2007

Recommander - Publié dans : Lucarnus Magica

[Photo: "Les Maîtres du Monde" par Dr Devo]

 

 

Chers Focaliens,
 
Un petit retour en arrière, au pays des images télés. La télé, c'est quelquefois, rarement mais quelquefois, aussi bien voire bien meilleur que le cinéma. Si la série PRISON BREAK est très bien écrite mais gentiment mise en scène, certaines séries sont fabuleuses, à l'image de CHAPEAU MELON ET BOTTES DE CUIR dont toutes les saisons sont à tomber par terre, à une poignée d'épisodes près. Le Marquis et moi-même consacrons, et c'est loin d'être fini, et je dirais même plus qu'il faudrait que je m'y remette, nous consacrons, dis-je, une série d'articles épisode par épisode à la série expérimentale SAN KU KAÏ. Notre émission de télé préférée de tous les temps étant KOH-LANTA, la seule émission politique valable, pour le Marquis et moi-même, l'hiver est souvent rude. C'est pourquoi l'année dernière je vous ai parlé en avant-première de la série MASTERS OF HORROR. Cette année, après tout le monde, après que tout le monde en ait déjà parlé, je vous propose en avant-dernière les comptes-rendus de la seconde saison de la série.
 
Avant cela, une précision. J'ai chroniqué tous les épisodes de la saison 1, je crois, à l'exception de IMPRINT de Takashi Miike, que j'ai trouvé plutôt pas mal, mais que je n'ai pas chroniqué tout de suite, à chaud ! Quelle erreur ! Afin que le panorama soit complet, je demande humblement, ici, en public, au Marquis de chroniquer l'épisode le jour où il le verra, fût-ce dans deux ans !
 
Pendant ce temps-là, deux ans quand même, voilà qui devrait me laisser assez de loisirs pour chroniquer la saison deux, que je vais regarder dans le désordre. On prend pas tout à fait les mêmes et on recommence. Je me suis bien abstenu de lire quoi que ce soit sur cette deuxième saison. J'arrive donc complètement vierge, à peine effleuré par la bise d'une rumeur que je choisis d'ignorer, telle la blanche colombe. SOUNDS LIKE est donc le quatrième épisode de cette deuxième saison, et je découvre avec des ronronnements de plaisirs que c'est Brad Anderson qui a réalisé la chose. On avait déjà parlé de lui ici à l’occasion de son magnifique THE MACHINIST. J’ai depuis vu HAPPY ACCIDENTS, classique des bacs à soldes plutôt sympathique, bien que pas mal de coudées en dessous du film précité ! Donc, me disais-je, en découvrant le nom du bonhomme au générique, "ça commence bien" !
 
Chris Bauer est un homme d'une petite quarantaine d'années qui surveille le call-center (le centre de la hotline quoi !) d'une grande entreprise d'informatique. Pour être précis, il surveille les conversations de ses collègues qui accueillent les client en détresse avec leur ordinateur, et veille à ce que les dits appels suivent le protocole d'aide pré-établi, se passent dans des conditions de stress minimum pour le client, et dans un temps le plus court possible. Bauer est rigoureux, carré, attentif. Son travail c'est sa vie, surtout depuis la mort tragique de son fils, victime d'une anomalie cardiaque génétique. Notre héros a un handicap, ou un talent, beaucoup plus étonnant. Il fait de l'hyperacousie. En un mot, il a une ouïe d'une finesse extraordinaire. Une oreille trop pointue même, qui lui fait entendre chaque détail du paysage sonore avec un volume semblable à celui d'un Boeing en plein décollage !  
La vie n'est donc pas facile pour Bauer qui, en plus, vit encore avec sa femme, grande dépressive, obsédée par l'idée de retomber une nouvelle fois enceinte et d’effacer le deuil.  Une chose incompréhensible et impossible pour Bauer... Peu à peu, son handicap grandit, et ses facultés auditives augmentent encore, jusqu'à ce que sa vie bascule lentement...
 
Et bien ce n’est pas souvent que ça arrive, mais malgré les quelques heures qui me séparent de la vision du  film de Brad Anderson, je suis assez embêté pour vous en parler. C’est un réel paradoxe, pas épatant du tout, là où d’habitude, et vous vous en êtes déjà rendus compte, ma mémoire récente d’un film vu, aussi moyen soit-il, provoque chez moi des articles conséquents avec moult détails et emberlificotures baroquissimes. Voilà ce que je peux dire, néanmoins…

Le sujet du film, s’il respecte complètement le cahier des charges (principe de base loufoque, flash-back incessants et lourd passé) de plus en plus voyant dans la série, soit dit en passant, est très intéressant et assez original. Le fait de faire porter le fantastique sur le son est quelque chose d’assez attirant. Le contexte du call-center, en plus, avec ses petits pointes sociales (pression libérale au travail, cruauté du management en ressources humaines, le travail comme lieu du moule et du formatage, harcèlement, etc.) est également un atout. On retrouve également un bon soin général, ce qui était déjà le cas avec la saison 1. Il y a un peu de moyens, et en général c’est quand même éclairé assez luxueusement. Même si ici, hormis les derniers plans, rien de fabuleusement et d'incontournablement beau n’ait lieu dans la photo ! C’est du travail correct.
La première remarque sera relative aux défauts des qualités de ce SOUNDS LIKE. Le film repose sur un handicap et sur une obsession. De fait, la "maladie" du héros, présentée assez franco de port dès le début du film, délimite assez sérieusement le terrain autour d’une vraie répétition. Où que Bauer aille, c’est la même chose. Dans la mise en scène, ça suit : on entend un bruit étrange, et Bauer tourne la tête, tandis que Brad Anderson change le point de la caméra pour mettre au net l’objet incriminé, soit décadre pour montrer cet objet. C’est très systématique, et au bout de 10/15 minutes, on se dit que la chose n’est ni stressante ni effrayante. Sans plus en tout cas. Au bout de 30 minutes, on se demande vraiment si tout cela, ce systématisme, je veux dire, ne va pas être insupportable à la longue, d’autant plus que cette histoire de deuil (du moins en apparence) est assez identifiable et se base sur un socle assez simple qui devrait permettre de faire passer le traitement en avant. Ici et là, il y a bien quelques bonnes trouvailles scénaristiques, comme le flash-back sur la découverte de la maladie du fils, point névralgique de l’histoire, source de tout. On attend l’arrêt de la vie comme révélateur, mais non, c’est justement le début de la maladie qui "sonne" le glas. Pas mal. D’autant plus que du coup, ce décalage (le père retient encore plus le fait d’avoir entendu la maladie du fils, plus que la mort du fils) place le père dans une logique quasiment de fiction. Et comme ce qui sous-tend le film, ce sont quand même les relations sociales, et donc les relations familiales et leurs non-dits, la construction par les personnages d’un univers possiblement fictionnel (et dont peut-être la réalité ne peut être vue objectivement)  fonctionnent mais à rebours, par la bande pour ainsi dire. Car du côté de la mise en scène, c’est quand même la répétition la plus extrême qui l’emporte. Pour une fois, on se dit que le scénario a heureusement une longueur d’avance sur la réalisation ! Bien.
L’ennui pointe quand même son nez. On est déçu, assez inconsciemment, par le fait qu’un sujet aussi sensuel soit aussi peu impliquant à la voyure ! Nous voilà bien extérieurs au film. Et c’est peut-être tout bêtement parce que, malgré le propos, justement, Anderson a choisi un traitement d’apparence classique, très classique même, froid en quelque sorte. On n’est loin par exemple d’une ambiance de cauchemar sans fin comme le furent les épisodes de John Carpenter ou Dario Argento, l’année dernière. Ici, curieusement donc, le spectateur que je suis est plus mis à distance.
Un deuxième facteur vient semer le trouble. Globalement, la mise en scène est quand même beaucoup plus anonyme que celle de THE MACHINIST, le long-métrage par lequel j’avais découvert Anderson. Sur certains points même, je la trouve vraiment moyenne. L’échelle de plans fait beaucoup trop appel aux plans rapprochés et aux gros plans, d’une part, et ces derniers très souvent sont assez mal cadrés ! Ça et l’impression diffuse d’ennui, voilà qui donne à SOUNDS LIKE un côté un peu amer. On est assez loin de l’originalité qu'on pouvait attendre de Brad Anderson.
Malgré tout, le scénario, s’il continue de suivre un développement classique, avec sa chute lente et inéluctable, s’ouvre petit à petit, et l’aspect social justement, remonte cruellement à la surface. Les relations avec le jeune collègue de Bauer, l’amplification progressive du volume du mixage, et la fatigue de la répétition de l’effet allié à des détournements inédits de l’effet (enfin !), commencent à faire leur travail de sape. De plus en plus de bonnes idées sur le papier arrivent, comme le fait de répéter une image plusieurs fois en changeant sa connotation (le mobile sur la boîte à lettres, d’abord ironique puis morbide). Cette image du mobile (un bûcheron qui scie du bois) sert de repère : c’est la répétition qui est insupportable, et elle nous enferme dans un éternel présent. Grâce à elle, on s’aperçoit que les thématiques sociales du film n’étaient pas si grossières que ça, et là aussi montrées de façon tellement franco de port, tellement "dans le cahier des charges", que l’effet escompté était peut-être le contraire : tisser une toile socialement violente mais que l’on percevra comme banale. Puis, au moment où le film s’enfonce dans l’horreur, très classique donc,  le jeu est de faire ressortir, par son absence, une fois qu’elle a laissé la place à l’horreur justement, cette pression sociale insupportable. On retient finalement que c’est le grain de sable, ici un  simple handicap auditif, qui fait basculer la vie, plus que le deuil impossible lui-même. Et ce petit grain de sable va détruire tout ce qui nous attache à la réalité. La fiction morbide construite par Bauer lui-même n’est pas loin. L’horreur se révèle donc, et on est pris à rebrousse-poil, de manière assez intellectuelle.
Peut-être également que Anderson nous a surpris aussi par la mise en scène en envisageant un dispositif moins ouvertement original que son dernier long métrage. Les trois plans marquants de la fin sont très caractérisés, mais finalement paraissent quasiment gonflés. Le contrechamp final est même assez osé. On se dit que finalement, Anderson n’a pas totalement respecté, et heureusement, le devis : le film est froid, assez lent, pas sympathique pour un sous, l’imagerie "imaginaire" est assez lourdingue et donc pas agréable non plus, l’humour est présent mais glacé (il concerne tout le social encore une fois), et le film est loin de se clore sur un retournement et encore moins sur une chute. On note que le film n’est quasiment pas gore non plus, ce qui est assez étonnant. L’interprétation est très correcte et le sujet intéressant. Il est donc difficile de dire, en ce qui me concerne, la part de déception et la part étrange de ce film qui se construit sur sa non-amabilité. Je vous laisse juges. Mais en tout cas, même si le dispositif n’est pas utilisé n’importe comment, c’est encore peut-être sur la moyenne des petites fautes esthétiques ou des petits plans sans conséquence que SOUNDS LIKE laisse quand même une impression de trop peu. Le débat est ouvert.

Vôtrement Vôtre,
Dr Devo.
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Jeudi 15 mars 2007

Recommander - Publié dans : Lucarnus Magica

L’entretien qui suit a été publié une première fois en Novembre 2006 dans le Hors-Série Cinéma Français de La Revue du Cinéma. Nous le reproduisons ici à quelques heures de la diffusion de « Visu, le magazine de toutes les visions » sur France 2 dans la nuit de mardi à mercredi à 01h40 (prévoir une cassette assez longue la chaîne étant rarement à l'heure pour ce programme), émission dont nous vous parlions en détail hier et dans laquelle l’animateur Michel Moisan recevra Benoît Forgeard et l’opticien Phil, tout en diffusant quatre films de l’auteur : STEVE ANDRÉ, LA COURSE NUE et LAÏKAPARK épisode zéro et deux.


[Photo de la comédienne et chanteuse Rachel Stevens]

Michel Moisan est né à Metz en 1959. Cet écrivain critique, touche-à-tout de génie, se définissant comme "orphelin au cœur du monde visible", aime les clichés, mais aussi les coïncidences et les listes. Professeur de lettres au cœur de la prude Alsace mais opposé à toutes les transcendances, ce Cancer ascendant Taureau s'est exilé au Canada en 1999. Quasi inconnu dans son propre pays, chacun a pourtant fredonné un jour du Moisan puisque ce polyglotte est l'auteur des paroles de l'hymne officiel de La Ligue des Champions UEFA (Ce sont les meilleures équipes / Sie sind die allerbesten Mannschaften /The main event / Die Meister, Die Besten, Les Grandes Équipes, The Champions / Une grande réunion / Eine grosse sportliche Veranstaltung...) Critique dans la revue Bobines, auteur de livres non traduits en français hélas sur David Cronenberg entre autres, animateur de télévision, amoureux du regard, Michel Moisan est surtout l’inventeur du Questionnaire des Michel. Questionnaire qui gagne à être lu car, comme le confiait lui-même Michel Moisan dans un entretien donné en 1999 au magazine Subversion(s), "lire un papier de Moisan demeure toujours une aventure hautement risquée, celle de la littérature."
 


Benoît Forgeard n'est pas né à Metz en 1959. Jeune d'allure, il porte néanmoins la moustache depuis l'âge de onze ans. Sa filmographie aligne les hits, néanmoins l'homme ne connaît pas encore les affres du succès flonflonnant, ce qui fait en quelque sorte de lui l'équivalent cinématographique de la chanteuse inconnue Rachel Stevens (cf. notre document photographique). Mi-expérimental, mi-raisin, le cinéma de Forgeard (PARRAINER UN JEUNE, STEVE ANDRÉ, la série LAÏKAPARK, LA COURSE NUE) prouve qu'on peut tout à fait avoir des exigences littéraires et s'exprimer cinématographiquement. Magnifiques et déceptifs films de Forgeard, éthérés et la boue pleine de bottes, amis de tous les copier-coller, lire un papier de Moisan demeure toujours, effectivement, une aventure hautement risquée.

Nous avons demandé au critique Moisan de soumettre le cinéaste Forgeard à son fameux Questionnaire des Michel (auquel ont répondu des sommités comme Cronenberg ou Atom Egoyan), en l'adaptant à un créateur français, et avons pour cela organisé un rendez-vous au bar Chez Michel, dans le huitième arrondissement parisien.
Quand ils sont arrivés au café, ensemble, ils étaient déjà hilares, ils venaient en effet de se croiser chez le marchand de journaux à côté de Chez Michel. Après s'être serré la main en constatant que chacun avait rendez-vous avec l'autre, les deux hommes échangèrent leurs Télérama, dont ils venaient de faire l'acquisition. Sur cette étrangeté, nous nous sommes levés de table et avons laissé nos grands hommes discuter, tailler le bout de Muse, nous contentant, l'instant précédent, de déclencher la fonction REC de notre Toshiba T-135. Benoît Forgeard, homme d'exigence, a probablement su reconnaître en Michel Moisan un universitaire à sa hauteur. Lors de cette première interview qu'il donnait à un journaliste, l'auteur aborde les rouages secrets de son cinéma comme jamais il ne l'avait fait au cours d'un entretien.

Invisible



[Même pendant les méagnétos, ça discute ferme sur le plateau de VISU...: ici Michel Moisan, l'opticien Phil, et Benoit Forgeard]


Michel Moisan : Benoît, je suis ravi de vous rencontrer, laissez-moi vous soumettre une batterie de questions, issues de mon questionnaire "L'heure Michel". Puis-je ?

 

 


Benoît Forgeard : Je vous en prie.

MM : Avant toute chose, je voudrais avertir mon lecteur. Les initiales de mon nom vont disparaître de cette entrevue pour être remplacées par la suite numérique en procession décroissante. L'homme désordonné que je suis va ainsi s'effacer pour laisser place à un ordre, qui est en même temps un mouvement par rapport à un "MM" supposé immuable ... lui-même disparaissant dans un ordre supérieur, celui donné par le jeu de mes questions et de vos réponses.

BF : Procédez.
 
14 : Répondez de façon spontanée, mon cher Benoît Forgeard... Quel est votre Michel préféré ? Comme ça, là, à brûle-pourpoint.

BF (après un temps de réflexion) : Comme Joséphine Baker, j'ai deux Michel. Mon Platini et Berger.

13. Laissez-vous aller. Je sens que vous avez pensé votre Michel. Allez, entre nous, sans honte... Votre Michel du cœur ?

BF : C'est une Michèle, c'est Torr.

12. Je vous propose à présent d'entrer dans le vif du sujet, sans tabous, d'oser simplement répondre à ma question... Vous n'êtes pas sans connaître les problèmes père/fils qu'a pu connaître par exemple un Michel Poniatowski. En tant que cinéaste dans une lignée de cinéastes venus et à venir, vous considérez-vous comme un père ou comme un fils ?

BF : Je suis à la fois le père et le fils. Si j'ai envie de sortir le soir, je me demande la permission, et quand je rentre, je mets mes chaussons pour ne pas me réveiller.

11. Le come-back de Michel Polnareff est organisé en grandes pompes, alors que chacun se souciait de lui comme de son dernier morceau de quatre-quarts. Vos personnages ont-ils tendance eux aussi à déployer des efforts grandiloquents pour échapper au néant ?

BF : En effet, les petits plats m'adorent, car avec moi, ils ont toujours la garantie d'être mis dans les grands.

10. J'aime beaucoup la réponse que vous venez de produire, mon cher Forgeard, mais néanmoins elle ne répond pas du tout à la question qui suit : si vous étiez un Michel, inconnu ou célèbre, réel ou fictif, lequel seriez-vous ?

BF : Je serais le Michel universel. Un savant mélange de Michel Blanc et de Michel Noir. Je serais à l'amitié ce que Monsieur Propre est à la blancheur des sols.

9. Vous n'êtes pas sans savoir que Michel Houellebecq dans « Les Particules Élémentaires » confessait son amour de la déambulation dans les rayons des Monoprix. Ce qui me souffle une question en forme de trident : faites-vous vos courses vous-même ? Dans quel type de magasins ? Y trouvez-vous matière à inspiration ?

BF : Je vais au Champion, Michel... Je vais au Champion pour le sel... Je vais au Champion, je vais au Champion, acheter du thon, du gel douche, du mouton et des couches.

8. De grands critiques de cinéma et d'habiles interviewers ont pour prénom Michel, Michel Ciment pour n'en citer qu'un, mais il y en a d'autres... Et très peu de grands cinéastes somme toute. Ne regrettez-vous pas de ne point vous appeler Michel Forgeard ? Vous comprenez le sens de ma question, êtes-vous un cinéaste d'avant-garde, Michel Forgeard ?

BF : En toute discipline, il y a des aspirants Michel. En toutes choses, Michel est le grade ultime. Je démarre ceinture blanche, je ne suis encore qu'un modeste Benoît, mais je garde espoir de vous entendre un jour m'appeler "Mon p'tit Michel".

7. Alors, mon petit Michel... Ah, très bien, Benoît... (rires gênés) où en étais-je ? Ah, oui. Question sept. Michel de Montaigne a publié un ouvrage fascinant, les « Essais », disponible pour quatre euros chez Gibert ! Oui, mais c'est en poche, me direz-vous, et bien justement... Pensez-vous que votre œuvre est la même selon qu'on la diffuse en salles ou qu'elle est vue sur petit écran ?

BF : Non. Mais elle n'est non plus jamais la même d'une salle à l'autre. D'un écran à l'autre. Il existe au sud de Bondy un pavillon sans charme habité par un couple de retraités. Ils disposent depuis peu d'un petit plasma. Et bien, c'est ici que mes films prennent tout leur sel. Pourquoi ? Sauriez-vous me le dire, Michel ?

6. Je n'ai aucune idée du nombre de femmes peintes par Michel-Ange. Mais vous même, vous plaisez vous à filmer les femmes ?

BF : J'ai longtemps collectionné les femmes. Les pin's de femmes plus précisément. Cette collection de pin's de femmes m'a permis de mieux les connaître, de saisir leur nature profonde. Désormais, lorsque je rencontre une femme, je peux lui parler d'elle pendant des heures. Cette attitude étonne, et pousse parfois même à la fuite.

5. Michel Sardou chantait qu'il en avait marre qu'on l'appelle France. Votre art est-il éminemment français ?

BF : Oui. Mes films ont les seins de Sophie Marceau et le visage de Zidane.

4. J'aime beaucoup le bar où nous sommes, chez Michel. On reprend un truc, non ? Oui, allez, la même chose. Mais qu'avez-vous pris ?

BF : Le strict nécessaire : un Tropicano bien frappé au susucre Michel.

3. Michel Serres raconte dans "Le génie se couche à midi et se lève au crépuscule des temps" qu'avant de prendre l'avion, pour donner une conférence à Berkeley par exemple, il met toujours un pépin dans sa valise car il déteste être surpris par le mauvais temps. Dans la réalisation de vos films, les impératifs (de tout ordre, humeur des techniciens, spécificité des lieux, propositions des acteurs) sont-ils un avantage ou un inconvénient ?

BF : J'ai eu pas mal de souci avec Serres. Dans "Perds pas la boule", je voulais lui faire tourner une scène légère, d'amour cru par un beau soleil d'août, lorsqu'il a sorti son parapluie. Patatras ! Foutu ! ai-je pensé. Et  bien non, c'était une idée formidable. Nous avons ri pendant des heures.

2. Allons... Ce que vous venez de répondre n'est-il pas une vue de l'esprit, très cher Benoît ? Je pense notamment à Michel Serres, qui raconte en privé qu'il a tous les soucis du monde pour faire rentrer un pépin dans une valise.

BF : Rétrogradons Michel Serres au rang de Jérôme Serres, voulez-vous ?

1. Souvenez-vous. Alors député, Michel Barnier avait pour manie de systématiquement remanier les rapports établis par ses collaborateurs qu'il devait signer de son nom, quitte à les contredire. Le montage est-il un élément décisif dans la fabrication du film ?

BF : On m'a souvent comparé à Barnier. C'est vrai, j'adore sa façon de remanier ses rapports. C'est d'ailleurs un autre Michel qui fera le montage de mon prochain film, "Belle île en mer". Ricard. (Forgeard appelle le serveur par un geste de la main). Garçon ! Un Rocard !

0. Laissez, je prends, non, non, c'est pour moi, j'insiste. Garçon, mettez tout au nom de Moisan. Oui, comme le poète. Benoît, à présent qu'on a bien fait le tour, je crois, quel est votre Michel préféré ?

BF : C'est une Michèle. C'est Torr.

Benoît Forgeard, merci.
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Lundi 25 décembre 2006

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[Le plateau de l'émission VISU... Photo de Nardac.]

 

 

Chers Focaliens,

Allez, continuons cet anniversaire totalement focaliste, et cette fois, c'est moi qui régale. Je vous fais, c'est bien logique, un cadeau. Un cadeau des plus sublimes : je vous offre un film, et même des films. C'est avec une joie immense que j'ai l'honneur de vous présenter LE programme télé qui va tout bouleverser ! Prenez de quoi noter... 
Dans la nuit de mardi à mercredi prochain va être diffusé sur FRANCE 2 le programme VISU (LE MAGAZINE DE TOUS LES REGARDS), à 01h40 du matin, dans le cadre de l'émission Histoires Courtes, habituellement pâle fenêtre de courts-métrages abominables de la chaîne publique. Oui, oui, tout cela est vrai, sauf que là, avec VISU..., France 2 propose enfin et sans doute pour la dernière fois un programme sublime, bouleversant, drôle et avant-gardiste de toute beauté. Pour clôturer l'année 2006, la chaîne payée par nos impôts diffuse enfin un programme digne de ce nom. Et comble du comble, on peut le dire sans rougir : c'est l'émission la plus focale qui existe, car VISU a été co-conçu par des focaliens (c'est-à-dire que des proches de la rédaction de Matière Focale ont activement participé à la réalisation, à l'écriture et à l'interprétation de ce programme), et je dirais même plus, on n'a jamais vu une telle émisession, de fait, aussi parce qu'il y a là-dedans tout ce qu'on essaie de défendre ici toute l'année, on n'a jamais vu un programme aussi focalien. Et voilà, chère lectrice, mon cadeau pour toi en cette fin d'année ! Une émission de télé rien que pour toi ! Qui d'autre, quel autre site offre autant de chose à son lecteur ?

[Après tout, c'était à mon tour de donner... Je me permets de préciser que pour ma part, je n'ai aucunement participé à cette émission, ce qui fait que je vais pouvoir en parler en toute sérénité.]


On avait déjà parlé de Benoît Forgeard sur ce site. L'émission VISU, c'est lui. Dans le numéro spécial Hors-Série de la REVUE DU CINÉMA que j'ai co-écrit tout seul avec Invisible, le Marquis, Michel Moisan et Bernard RAPP (bref, une vraie revue dans ton kiosque 100% focaliennne, au moins en ce qui concerne ce numéro spécial ; il n'y a que le l'horrible couverture et l'édito que nous n'avons pas faits !), nous faisions tous un constat très dur sur le cinéma français. Mais malgré tout, le numéro est organisé autour d'une perspective d'avenir (comme dirait Stève André, voir plus bas). En effet, nous vous proposions une liste de trois noms, celle des meilleurs réalisateurs français de 2009 ! Ce sont des jeunes réalisateurs, déjà chevronnés, mais encore inconnus de tous et (plutôt) ignorés par la profession. Néanmoins, leurs travaux actuels sont parmi ce qui, à mes yeux, se fait de plus audacieux en France. Non pas qu'ils résument à eux trois toute la créativité française en matière de cinéma, n'exagérons pas, mais disons simplement qu'ils sont à la pointe, et que demain, si la Justice est de ce Monde (ce qui est très certainement le cas), ils seront au top du top. Les idoles de demain de tout focalien qui se respecte. Nous allons dans les prochains jours parler beaucoup de ces trois réalisateurs. Mais pour l'heure, intéressons-nous au premier d'entre eux : Benoît Forgeard, donc.


[Jeanne, la harpiste du plateau et la caution culturelle du magazine de cinéma VISU... Photo par Nardac.]


Forgeard a livré à France 2 avec ce VISU..., une émission de deux heures clés en main. Car VISU est une émission à part entière dans laquelle seront présentés des courts-métrages (et un moyen) de Benoît Forgeard. Loin de faire défiler les films les uns à la suite des autres, Forgeard a écrit une vrai-fausse émission pour les présenter. Cette émission, c'est VISU, et c'est aussi un film à part entière. Et Forgeard, en mettant en scène cette vraie fausse émission, fait la tête au carré au service public, au cinéma, et au monde de l'Art en général ! VISU se veut donc être une fiction et une compilation des films de Forgeard. VISU se présente comme une émission de cinéma de service public. Elle est présentée par un singulier animateur : Michel Moisan, ici dans son propre rôle, qui aurait aussi bien pu présenter la météo, Vidéogag ou le 20 heures (il aurait préféré sans doute !). Mais le voilà coincé à présenter une émission de cinéma à une heure pas possible de la nuit. [Ici, la fiction rejoint la réalité, puisque France 2 programme VISU... à 1h40 ! Vous comprenez bien, dès lors, toute la perspective et la mise en abîme violente et acide du concept de Forgeard.] L'émission, puisqu'il s'agit de cinéma, parle aussi d'optique ou plutôt d'opticien. C'est le prétexte trouvé par la chaîne pour sponsoriser en loucedé l'émission de cinéma par un opticien branché de Paris ! Il y a donc trois personnes sur le plateau : le présentateur Michel Moisan, l'opticien-sponsor, qui fait aussi office, malgré son ignorance, de maître à penser en matière de cinéma (!!!!) ainsi que de critique, et accessoirement le pauvre Benoît Forgeard, ici dans son propre rôle, à savoir celui du réalisateur à qui on ne donne jamais la parole et que l'émission va humilier de manières diverses. [Lui-même, tout réalisateur qu'il soit, se couvrira de ridicule tout seul !] Entre les courts-métrages, sur le plateau, l'émission VISU est une fiction sur la télé en train de se faire, tout à fait étonnante. Je vais laisser le mystère planer, et vous laisser découvrir ces incessantes, voire indécentes, surprises... [J'ai été ému aux larmes, et pas seulement parce que c'est drôle, mais aussi parce que c'est triste à pleurer, par le spectacle de danse contemporaine sur les fromages de France ; la présence-absence de la harpiste-potiche mais sexy (on peut mettre de la musique en direct à la télé, à condition qu'elle porte des cheveux longs et un t-shirt serré et branchouille !), m'a également dérangé magnifiquement au plus haut point. Toute la partie plateau de VISU est magnifique et bondissante, pétillante de fantaisie, de violence et d'humour vitriolé. Un bémol peut-être : le début, faussement maladroit (qui le feint, disons), dessert peut-être un peu la chose. Mais bon, passées les 8 premières minutes, c'est irréprochable de A à Z. Les plus récalcitrants devront peut-être un peu ronger leur frein pendant le premier court, soit l'épisode zéro de LAÏKAPARK. Mais ensuite, c'est du petit lait, et même à une heure tardive, c'est hallucinant et vif pour tous.] Ceci étant dit, voici les courts-métrages que vous verrez dans VISU...



[Photo tirée de l'épisode 2 de LAÏKAPARK]


On retrouvera tout d’abord les deux épisodes de la série LAIKAPARK, série de 156 épisodes de 10/15 minutes. On trouve ici l’épisode 0 et 2 de ce feuilleton se déroulant sur le chantier interrompu d’un parc d’attraction ayant pour thème les animaux morts dans la conquête spatiale. Les ouvriers abandonnés par le propriétaire du parc en construction, sans doute parti avec la caisse, essaient de s’organiser, d’avoir accès à la culture, et à toutes les choses du corps, notamment la musique… Je vous avais déjà parlé de LAIKAPARK. Reportez-vous à l’éloge que j’en avais fait. Il est absolument indispensable de redécouvrir cette série qui explore les frontières douteuses et sublimes des territoires de part et d'autre de la frontière entre Marguerite Duras et Graham Chapman. C'est très beau de surcroît ce qui ne gâche rien. Plus tard dans l'émission, vous découvrirez l'épisode 2, également de très belle facture, peut-être encore meilleur, si une telle chose est possible, que le numéro zéro. Vous penserez à moi lors de la fameuse chanson de la belle Chinchilla (intitulée "Un Malheur parmi des Millions de Malheurs possibles", dans l'épisode zéro) et lors du happening photographique, grand moment d'art contemporain débilosse et déchirant pour toute la classe ouvrière ! ("Il se réapproprie mon travail" dans l'épisode 2).


[La chanteuse Chinchilla, un des moments les plus bouleversants de LAÏKAPARK épisode zéro...]

 

 


Viendra ensuite le court-métrage LA COURSE NUE, ode tragi-comique à une jeune actrice au chômage qui, pour éponger ses dettes auprès de son opérateur téléphonique (pour des raisons déchirantes que je vous laisse découvrir), se voit offrir par celui-ci un sacré boulot de communication afin de lancer un forfait inédit pour les moins de 20 ans ! Ainsi, l'héroïne, en échange d'une simple opération de marketing, verra sa dette effacée et on lui offrira même un forfait illimité vers tous les portables le dimanche de 18 heures à 23 heures. En travaillant ainsi pour rien ou presque (juste pour payer sa dette), elle perdra la liberté ou gagnera l'infini ? Vaste question qui se résoudra lors de la finale de la coupe au Stade de France ! 

 


[Affiche Officielle du film...]


Avec ce court, on comprend très vite quelles sont les thématiques récurrentes de Forgeard : la liberté par la narration et l'expression cinématographique, seule à même de délivrer, au moins pour de faux, l'homme, et même ici la femme, de l'esclavagisme que représente non pas le "travail moderne" (terme qui n'a aucune réalité), mais bien au contraire le couple diabolique, l'hydre à deux têtes "travail moderne/consommation obligatoire". En un mot comme en cent, ça fout les jetons ! La jeune héroïne a-t-elle un répit ou n'est-elle, comme un de ses homologues masculins dans un roman de Philip K. Dick (ou Kurt Vonnegut), qu'un pantin coincé dans les rouages d'une machine aux contours diffus ? Est-elle libre quand elle court ? Ce serait la moindre des choses, car sur le plan personnel également, la conclusion est bien amère : le happy-end a des allures de Von Trier sous la menace (d'un revolver absent du film d'ailleurs), d'un sacrifice paraissant beau au premier abord mais bien cruel au moins à deux niveaux si on y réfléchit (son petit copain est-il vraiment malade ? Avait-elle un autre choix que de courir ?). En tout cas, la dialectique de LA COURSE NUE de Forgeard (est-elle libre quand elle court ?) est complètement camusiennne ! [Encore une claque à la Nouvelle Vague, et surtout à ses héritiers au passage…] Notons dans ce film un très beau plan séquence découpant le champ et le contrechamps par un panotage simpliste mais très alerte, à l'affût du dialogue et des déplacements. Comme par hasard, c'est le moment de l'obligation... On note aussi les diapositives qui feront hurler de rire tout le monde, et qui feront pleurer les plus sensibles d'entre nous, non seulement, mais pas seulement, parce qu'elles sont très belles... [Et pleurer et rire en même temps est un exercice salutaire mais douloureux, comme on le verra dans quelques jours en parlant d'un des plus beaux films de cette année (bientôt dans le top 10 donc), L'OPÉRATION DE LA DERNIÈRE CHANCE (car les deux plus beaux films, sinon les trois plus beaux films de l'année, sont des courts-métrages et sont français ! C'est le monde à l'envers ! J’arrête là pour laisser un peu de suspense...]

Le retour plateau est fabuleux, mais chut.... N'en disons pas plus... En tout cas, préparez vos bières avant l'émission, car une fois démarrée, difficile de se lever et de quitter des yeux le poste à images...



 

 


[Photo extraite de LA COURSE NUE. Le lyrisme le plus déchirant

n'est jamais absent des films de Forgeard, mais il n'est jamais vraiment là où on le pense...]


Ensuite, et en conséquence juste après un retour plateau des plus foufous au cours duquel, le talent de Michel Moisan apparaît dans sa splendeur, vous découvrirez STEVE ANDRE (en fait c'est Stève André, mais je sais pas faire les E majuscules avec accent), et là accrochez-vous, ça décoiffe. C'est dans cette partie de l'émission que nous conseillons aux femmes enceintes et aux jeunes sensibles d'aller chercher une bière !

Stève André est le jeune maire d'une grande ville française. Toujours vert (35-40 ans), il fut en son temps le plus jeune député de France. Il décide un beau jour de faire une réunion municipale en direct sur internet : le résultat, c'est le court-métrage même, qui fut d'ailleurs tourné en direct ! [Forgeard est décidément complètement foufou !] Stève André veut prouver par cette opération que l'internet est le lieu citoyen par excellence. Il veut aussi faire éclater sa brillante personnalité de winner accompli, et donner une leçon de modernisme à tout le monde, tout en confiant aux concitoyens de sa ville la parole, parole qui devrait prouver au monde entier que la ville de
Stève André est vraiment la plus dynamique et la plus tolérante et la plus citoyenne du monde. Ainsi tous les acteurs associatifs sont mobilisés pour ce conseil municipal en direct ! Qu'ils soient maire, président, femme du maire (l'étrange épouse de Stève André est superbe), président de comité de quartier, responsable d'association, opposants politiques, etc., tout le monde a quelque chose à dire et va le dire. Plus citoyen, plus solidaire, tu meurs ! Soudain, l'humoriste Mouquette (une sorte de Patrick Timsit ! Sublime !) débarque. C'est lui le plus politique de tous… Et il est aussi pitoyable que les autres.
 

STEVE ANDRE est sans doute la grosse claque de ce programme. Tourné en direct, et diffusé à l'époque sur le web (confondant ainsi la réalité et la fiction), le film nous plonge dans l'horreur démocratique la plus immonde ! Tous les clichés de la politique sont analysés au peigne fin par un Forgeard en grande forme. On est tous des citoyens ! On est tous des Pépitos (je vous laisse découvrir ça) ! Et tout le monde est solidaire avec tout le monde. La ville de Stève André a juste poussé le bouchon encore plus loin, se faisant en quelque sorte la ville française la plus française intrinsèquement de tous l'hexagone. Et donc, c'est la pire, la pire engeance de démocratie participative. Les discours du film, tous positivistes car chaque citoyen est forcément un type formidable rempli de bonnes idées (ignoble mensonge !), cachent en fait l'absence de discours et de réflexion politique, et à la lisière du film, c'est la plus extrême des violences qui est bord cadre. Et rejaillit quelquefois. Comme les autres films présentés dans VISU…, STEVE ANDRE est vraiment d'une drôlerie impitoyable, méchante et intelligente. Le summum est atteint avec Mouquette, l'artiste humoriste, citoyen à mort, « citoyen dans ses couilles » serait-on tenté de dire en le parodiant. D'ailleurs, à ce propos, sachez que tous les champs de l'existence humaine sont compris dans ce film, ce qui nous vaut trois passages édifiants mais poétiquement forts : la distribution des oranges, la scène d'amour, et l'arrivée de l'homme à la chaise roulante qui va vous faire hurler de douleur et de rire.
Diffuser ce film en pleines fêtes de Noël, à ce moment précis de la campagne présidentielle (qui va être sans aucun doute d'une violence bien plus terrible que celle de 2002) est sans doute le geste le plus punk de France 2 depuis des années ! C'est exactement le bon moment pour diffuser ce film Je n'en dirai pas plus, mais je suis sûr que la diffusion de STEVE ANDRE va être à l'origine d'un débat fourni dans la rubrique « commentaires » de cet article.

Vous l'aurez deviné, même si je suis resté très évasif, la diffusion de VISU et des courts-métrages qui la composent est sans doute l'événement le plus important de la télévision depuis longtemps. Pour les cinéphiles, c'est un régal complet, sans aucune faute de goût. Il faut saluer, une fois n'est pas coutume, l'audace de la chaîne qui non seulement a permis là l'exposition d'un programme de qualité supérieure, mais aussi la découverte d'un objet bizarroïde et très hors-normes qui n'a sans doute aucun équivalent français ou international. Soyez fiers d'être français et de payer une redevance (pour une fois). Vous allez assister grâce à ces deux heures de programmes drôlissimes à un moment sublime de surréalisme, de poésie, mais aussi à la naissance, ou plutôt au coming-out, d'un grand cinéaste qui signe des films non seulement beaux, mais divinement écrits ! L'Ère Focalienne tant attendue et promise commence dans la nuit de mardi à mercredi à 1h40 sur France 2 ! Signaler cette émission est sans doute un des plus beaux cadeaux que je pouvais vous faire.
Vous êtes prévenus.

[Mon conseil pour 2007 : achetez un casque !]

Joyeux Noël !

Passionnément Vôtre,

Dr Devo

PS : Devant l'importance de cette émission, nous accorderons demain un article à Benoît Forgeard. Il s'agira d'une de ses rares interviews (par Michel Moisan, le présentateur de l'émission VISU) et d'un portrait par Invisible, focalien dévoué qui signera là son article, premier d'une longue série, sur ce site.




[Photo extraite de LAÏKAPARK épisode zéro. La chanteuse Chinchilla chante tous nos malheurs possibles.]

 

 

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Dimanche 24 décembre 2006

Recommander - Publié dans : Lucarnus Magica

[Photo : "Kermit Spleen : Une deuxième mort", par Le Marquis]

Sortons quelques instants du cadre défini de l’Abécédaire, c’est inhabituel, je sais, mais parfois, il faut juste que ça sorte.

Vous vous en doutez probablement, le grand retour des Muppets, qui colonise les couvertures de programmes TV et accessoirement le créneau horaire de Vidéo Gag le dimanche après-midi, n’est pas étranger à cette digression, mais il vous faudra attendre la dernière partie de cet article pour avoir mon sentiment sur cette résurrection - mais je sais : vous me voyez venir...

 

 

 

La création de Jim Henson fête grosso modo ses trente ans cette année. Le Muppet Show, qu’on ne présente plus, est apparu en 1976 puis a prématurément fermé ses portes en 1981 ; Jim Henson avait le sentiment d’avoir mené en cinq saisons le projet à son terme et craignait en prolongeant l’expérience de voir le spectacle décliner et se banaliser. Malgré le succès de l’émission anglaise, le concept est donc abandonné, d’autant plus que Henson souhaite se consacrer pleinement au cinéma, en l’occurrence avec le très beau DARK CRYSTAL – sa carrière de metteur en scène sera hélas contrariée par l’échec cuisant de LABYRINTH, un film énormément sous-estimé. Mais si le Muppet Show, brillant divertissement aux invités de marque, qui ménageait d’ailleurs régulièrement une place à la découverte de marionnettistes de talent, a disparu, Jim Henson n’abandonne pas pour autant ses personnages, qu’il a déjà conviés en salles en 1979 avec THE MUPPET MOVIE et qu’il retrouvera par la suite à l’occasion de deux autres longs-métrages (THE GREAT MUPPET CAPER et THE MUPPETS TAKE MANHATTAN), sans compter deux émissions spéciales, l’excellent A MUPPET FAMILY CHRISTMAS, et THE MUPPETS AT WALT DISNEY WORLD en 1990, dernier projet auquel il sera associé avant son décès. Comme le titre l’indique clairement, les droits de distribution des Muppets venaient alors d’être acquis par la firme de Mickey, qui en profitait grassement pour se faire de la pub, ce qui a fait grincer les dents des fans les plus puristes.

Pourtant, cette transaction aura eu des effets plutôt bénéfiques. Brian Henson reprend le concept de son père (et les personnages auxquels il avait donné la vie), qu’il va prolonger avec un certain talent dans trois nouveaux longs-métrages conçus pour le grand écran, des films visuellement assez ambitieux, produits et dirigés avec une indéniable originalité, et un téléfilm sympathique mais moins percutant, ainsi qu’une nouvelle série télévisée, Muppets Tonight (1996-1998) – le résultat, injustement décrié par les fans hardcore, est très réussi mais ne rencontre pas le succès escompté : deux saisons et 22 épisodes plus tard, l’émission est mise au rancard.

En 2004, c’est la franchise elle-même qui est rachetée par Disney, et c’est vraiment là que les choses se gâtent – les pisse-vinaigre des années 90 risquent fort aujourd’hui de regretter Brian Henson ! La firme a conscience du potentiel commercial du show et de la popularité de ses personnages à travers le monde, mais elle souhaite en contrôler le ton et la confection, pas très portée sur l’humour insolent et l’irrévérence qui, contrairement à ce qu’ont persiflé les mauvaises langues, n’avaient pas été enterrées avec le grand Jim. Cette frilosité à l’égard du concept lui-même explique d’ailleurs peut-être le peu d’efforts que Disney aura consacré à faire véritablement distribuer les films (en France, seul le NOËL CHEZ LES MUPPETS, brillante relecture de Dickens, aura été vu en salles ; le DVD paru en France est du reste d’une qualité lamentable, et pour l’avoir vu sur grand écran, je peux vous confirmer que le film, recadré en 1.33, en souffre énormément). Après avoir produit un téléfilm inédit dans notre beau pays (une adaptation du Magicien d’Oz), Disney décide de franchiser le concept et de ramasser le pactole en vendant le concept à l’étranger ; et voilà donc que débarque sur TF1 le « Muppets TV » relooké et supervisé par Sébastien Cauet.

 

 

 

Deux mots avant de poursuivre sur la perception du Muppet Show en France. Je suis un peu agacé par la trop grande popularité de la version française. Oui, Roger Carel, Micheline Dax, Claire Nadeau & Cie ont fait un excellent travail, c’est vrai. Voix typées, caractéristiques, familières, attachantes. OK. Mais ceux qui la défendent aveuglément ont-ils jeté un œil à la VOST ? Lorsqu’on revoit aujourd’hui un vieil épisode du Muppet Show en VF, on réalise à quel point, d’une part, les traductions échouent souvent à restituer l’humour très anglais de l’émission, s’engouffrant avec plus ou moins de réussite dans le jeu de mots à deux balles sans rendre justice à des dialogues non-sensiques de très haute volée en anglais. D’autre part se pose le problème de la nature même de l’émission, en particulier la présence de célébrités : le fait qu’elles soient doublées (même lorsqu’elles sont françaises, n’est-ce pas Aznavour ?) fait perdre beaucoup de l’intérêt de leur présence, et s’effectue en outre en s’accompagnant de très gros problèmes de mixage sonore, qui nuisent considérablement à certaines prestations. Les passages chantés ne sont pas traduits – ils ne sont pas sous-titrés non plus, tant pis pour les gags et le parallèle avec les actions des Muppets – et lorsqu’un dialogue vient s’intercaler dans un passage musical (voir par exemple l’épisode avec Cléo Laine), l’atmosphère sonore est tout bonnement supprimée, remplacée par une version instrumentale du générique sur laquelle interviennent les doubleurs : l’effet est vraiment désastreux. Lorsqu’on a goûté à la version originale, on réalise qu’en plus des performances des voix originales (celles de Jim Henson ou d’un Frank Oz grandiose en Miss Piggy), supérieures aux (valeureux) efforts des acteurs français, c’est l’essentiel de l’humour et de l’atmosphère du spectacle qui part à la corbeille avec la VF. Respect, encore une fois, à Carel ou à Dax, mais au bout du compte, cette popularité est une vraie nuisance, qui semble légitimer le scandale des coffrets du Muppet Show édités en France dans leur seule version française, qui plus est dans des copies pas terribles, et dans le désordre le plus complet, alors qu’en Angleterre existe déjà un coffret de l’intégrale de la saison 1 en VOST. Et si l’émergence de ce lamentable « Muppets TV » laissait espérer une ré-évaluation du show original, c’est peine perdue, puisque la première de l’émission de Cauet s’accompagne d’une vente en kiosque des mêmes DVD, toujours en VF.

Ce qui explique sans doute des propos comme ceux de Cauet, qui dit avoir apprécié dans le Muppet Show les personnages, mais « pas trop les histoires et les chansons » - oui, vous comprenez, en France, nous n’avons pas cette culture, blablabla… Il doit être satisfait, car les personnages, c’est bien tout ce qui lui revient : des tas de chiffons éviscérés dans lesquels n’importe quel chaland va pouvoir glisser sa grosse paluche. Et après tout, rien d’autre ne subsiste à l’écran que des « personnages », à savoir des marionnettes confisquées à leurs animateurs respectifs, des enveloppes vides que l’animateur hype va pouvoir remplir avec ce qui fait sa propre personnalité – c’est dire à quel point le projet est excitant…

Les aménagements de programmes en eux-mêmes n’ont rien de nouveau : le 1 RUE SÉSAME français diffère énormément de l’original (Toccata n’a lui-même qu’une ressemblance lointaine avec le véritable Big Bird), et on se souvient de Michel Robin en maître de Croquette dans Fraggle Rock. Mais avec « Muppets TV », c’est l’entière responsabilité de la conception du show qui est marchandée, avec pour seul contrôle créatif une censure ponctuelle totalement absurde imposée par Disney : interdiction de mettre en scène un pastiche de président américain (alors qu’on se souvient encore du robot Nixon fou de Muppets Tonight), interdiction de montrer Kermit embrasser un invité (?????), quant aux plaisanteries sur la dyslexie d’un Muppet, elles sont bannies car connotées trop « maladie » ! Ce genre de censure visant naturellement à préserver l’image de marque politiquement correcte jusqu’au grotesque de la souris aux grandes oreilles, tout en pissant sur l’identité profonde de la création de Jim Henson – et quand on pense que le bon vieux barbu râlait contre un Bébête Show plagiaire, on n’ose imaginer ce qu’il penserait d’une telle entreprise de sape de ses personnages et de son univers, bien plus préjudiciable que l’inoffensive parodie crétine de Collaro & Roucas. Ce pastiche plagiaire ne pèse pas lourd, comparé à la dénaturation profonde, le viol dont sa création fait aujourd’hui l’objet.

 

 

 

Avant son décès, Charles Schultz, moins naïf, avait pris les mesures pour s’assurer que Snoopy et les Peanuts ne seraient jamais re-créés, sous quelque forme que ce soit. Il a eu bien du flair, sans quoi on pourrait parfaitement se retrouver aujourd’hui dans la même impasse, avec un « grand retour en fanfare » des Peanuts revus et sodomisés par l’auteur de Titeuf. Ceux qui ont jeté un œil sur la reprise française des sketches des Monty Python voient bien de quoi je parle. Car, dans l’absolu, il y a là un non-sens et un manque de respect à mes yeux profondément impardonnables. Frank Oz, Dave Goelz, Steve Whitmire, Bill Barretta, Jerry Nelson, Brian Henson, Kevin Clash incarnaient leur personnage, et chaque muppet avait une personnalité et des tics pensés et développés par chaque marionnettiste auquel un personnage était attribué. Lorsque l’animateur Richard Hunt est décédé, la plupart des personnages qu’il incarnait (dont le « va-chercher » Scooter ressuscité dimanche dernier) ont disparu avec lui. Simple respect de la part de l’équipe créative qui habitait la troupe et conférait son âme à cet univers.

La transaction de Disney marque très clairement la fin du Muppet Show, dont les personnages ne valent désormais pas davantage que des costumes de Dingo campés par des smicards exploités dans chaque camp de divertissement obligatoire où viennent s’entasser les petites têtes blondes. Peu importe qui leur donne la vie, peu importe leur personnalité, peu importent les dialogues qu’on leur prête, les marionnettes sont à l’écran et personne ne fera la différence, les « personnages » ont été achetés, c’est super cool, et s’agitent sur le petit écran, voilà un revival d’emballé, vive le tiroir-caisse.

 

 

 

Muppets TV est donc écrit et réalisé en France, supervisé par Cauet (l'adéquation créative est mise au rencard au profit de sa seule popularité). Rien à dire sur le travail de Cauet, figure médiatique dont je me contrefous – et qui espère naturellement une visite de Kermit sur le plateau de son émission du jeudi soir, les parois sont bien poreuses, pas vrai ? Quelqu’un devait s’y coller, c’est lui, il s'approprie logiquement le matériau pour faire ce qu'il fait déjà ailleurs, puisque ce sont ses auteurs de la « Méthode Cauet » et de « Cauet retourne à la TV » qui s’y collent. Mais est-ce vraiment compatible ? Si une petite poignée de gags font mouche, ça reste bien léger, et surtout très typé dans un humour très franco-français, qui singe laborieusement les gags de l’émission originale. Rien n’y fait. Les personnages familiers paraissent dévitalisés, vides, zombifiés, et la magie ne fonctionne pas une seconde.

Je vous renvoie ici à ce que je disais plus haut sur la perception du Muppet Show en France, puisque le problème se fait déjà sentir : le show est-il culturellement transposable en France, surtout quand des générations encensent la célèbre VF aux voix souvent percutantes mais aux traductions affligeantes – sans parler du montage sonore entre VF et VO, désastreux ?

À voir le résultat à l’écran dimanche dernier, proprement affligeant, le doute n’est hélas pas permis. Photo hideuse de plateau télé sur-éclairé ; direction artistique quasi absente avec de grossières erreurs de cadrage ; figuration quasi nulle ; marionnettes animées sans le moindre talent et parfois vraiment foireuses – non mais vous avez vu Clifford ? ; écriture trempée dans un humour français de prime time, truffé de références musicales exclusivement françaises, dont une « Muppets Academy » atterrante et pas drôle pour un sou, qui semble juste placée là pour faire de la pub à un programme semble-t-il déclinant. Le tout s’achève sur une énième promo d’Obispo et de son horrible dernier tube 80’s balancé en play-back dans une séquence affreusement statique et dénuée d’imagination, là où chaque artiste invité dans le Muppet Show réinventait son style pour l’émission, dotée il est vrai d’une véritable équipe de musiciens.

Comment, de toute façon, espérer égaler la longue expérience et le talent d’un Dave Goelz ? Est-ce seulement l'ambition du show ? Ah, non, j’oubliais, on s’en fout des histoires et des chansons, ce qu’on veut, c’est les personnages. Sauf qu’en l'état, on est plus au « Village dans les nuages » que dans les décors et l'univers familiers, manifestement partis en fumée.

On peut faiblement espérer une amélioration technique, sans trop y compter, mais les bases sont pourries, et l'émission donne véritablement le sentiment de la fin, d'un univers attachant commué en franchise, que nous voyons se déliter et s'éteindre sous nos yeux – et très franchement, l’admirateur sincère que je suis souhaiterait ne jamais voir les Muppets revenir que de les voir dépecés et empaillés de la sorte. Car même si, qui sait, d’autres bons films peuvent encore peut-être se produire aux Etats-Unis à l’avenir, on sait déjà par qui ils seront désormais doublés en France, et plus généralement, c’est l’image même des personnages qui est aujourd’hui piétinée, ridiculisée, infantilisée : quel attachement un spectateur qui passe va-t-il éprouver pour un Cauet affublé d’un Tatayé vert pomme ?

 

 

 

Si quelqu’un me parle encore une fois de la « magie Disney », je tue.

 

 

 

Article dédié aux Dingo & Minnie lubriques filmés à Disneyland, qui ont risqué leur place pour mettre en boîte des personnages depuis longtemps déjà animés d’une vie sinistre.

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Mardi 31 octobre 2006

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Photo : "Fusion relationnelle" (Proctoman & Le Marquis)]
Le temps fuit comme une ombre. Nos souvenirs et leurs regrets aussi. Les naufragés de Koh-lanta ne sont plus que six, sur les seize participants au total. Après l'étape charnière de la réunification, nous arrivons aux deux derniers votes du Conseil. "Ultime", c'est bien le mot qui convient, et qui a été répété à de nombreuses reprises. Votre ami le Shériff était là, comme vous, cher lecteur, adorable lectrice, pour assister à l'EPM, l'Episode Précédant la Mort. Expérience ultime, plongeon dans les abysses sans fond. Trahisons, duos, esprit de groupe ; ça vous fait peur ? "Je" me fait peur.
Le départ de CATHERINE ne crée aucun remords. GAELLE, faiseuse d'anges, est contente pour elle. Ils se retrouvent ensemble, entre Jaunes ; le retour à l'Age d'Or, l'innocence de la jeunesse retrouvée, le calme avant la tempête. FD et SEBASTIEN vont chasser le crabe mais le trophée reste bien maigre. L'épreuve du Jeu de Confort vient troubler le calme de ce huis-clos extérieur. DENIS BROGNIART promet au vainqueur un "retour bref mais intense à la civilisation". A quand une étude transdisciplinaire sur Koh-Lanta ? Les rats sont offerts par la production… Mais non, nos naufragés ne sont pas des rats. LUDOVIC remporte l'épreuve d'équilibre sur une plate-forme. Plan sur un scorpion (le premier de l'année !), accompagné d'un son genre "crotale". MARIE avoue un échec stratégique. Séquence sur les duos, "que rien ne pourra désunir", séquence autour de l'abri. GAELLE, notamment, s'exprime en phrases hachées, longue succession de plans de quelques secondes. LUDO embarque pour une fête entre djeunes métros, il décide de partager avec SEB. Cette année, peu de plaisirs solitaires. On décide de minimiser l'exploit, au retour. "Ca scelle l'amitié", l'alcool frappe fort sur ces corps affaiblis et déshabitués, qui "reniflent l'ambiance de la vraie vie". CATHERINE, elle, retombe sur terre, bien bas. Au bungalow d'attente, accueil hostile : ALAIN évite l'effusion, ESTELLE exprime assez gauchement sa froideur, tout cela sous l'œil de la grande ordonnatrice NATHALIE, qui se tait face à la Marseillaise, et compte sur ses deux amis de longue date. CATHERINE aurait utilisé le mot de Sal… pour désigner ESTELLE. Elle part se reposer, exaspérée par le mélodrame de l'histoire des Mosso, les manigances et la versatilité humaines. Le clan maudit des dieux se déchire sans recul, même au purgatoire. A l'opposé, les Tana expriment une satisfaction globale sur leur comportement et leur "sagesse".
La sagesse vient par l'expérience et par le discours que l'on porte sur elle. L'être humain réfléchit par phrases. Narration dans la narration, histoire dans l'histoire. SEB se fait conteur et "partage" son histoire. Avec les ellipses, les imprécisions qui s'imposent. Deux séquences se croisent, la production tricote : franchise, mensonge, partage, oubli, honnêteté, calcul. Splendouillet ! L'épreuve d'immunité arrive avec ses plongeons, cordes, bambous et grappins. MARIE brûle, se révèle, reste dans le sillage du complet SEB, puis tente de lui voler la pierre noire. Ouh… Evidemment, elle en a le droit. Cacahuètes, tomates-cerises sur l'écran. Le grand DENIS doit aider le cadreur, même le perchiste est troublé, grand moment de télévision. Au bilan, SEB l'emporte, aidé passivement (pas fou) par LUDO le justicier. "On a bien senti la compétition", n'est-ce pas MARIE ? Portrait : battante, compétitrice pour tout et n'importe quoi, utilise la litote pour se justifier. Alternance de sourires et de morsures.
Retour au camp. GAELLE se sépare de son alter-ego pour partir en cueillette. LUDO prend sur lui pour supporter FD, et réciproquement. Au camp, l'entregent d'EMILIE lui permet d'approcher MARIE, et de lui "ouvrir les yeux". Manigances chez les Tana, mais en toute bonne foi semble-t-il. Au Conseil, le changement est un leitmotiv ; LUDO : "tout a changé" ; MARIE a muté, elle est "prête à tout", GAELLE nous promet d'autres surprises à son sujet… GAELLE et MARIE main dans la main. Le vote général contre GAELLE devint unanimité, parce que c'est "une force" qui est éjectée. Avec un sourire un peu triste. "Bien sûr", sussurre GAELLE. Moment, une nouvelle fois, splendide d'émotion et de surprise. Merci à la réalisatrice, CORINNE VAILLANT. Les dieux et leurs fidèles sont contents. GAELLE part en beauté, c'est à la hauteur de sa stature ludique. Avé.
MARIE n'était pas obligée, mais elle assume. Assomption. Et ascension dans le frisson. Au 35ème jour, on se regarde en face, on pèse beaux gestes et stratégies. EMILIE reste la plus légère, mais elle nous sert de mètre-étalon. FD ne peut se regarder dans le miroir, MARIE espère éviter les Enfers. Le Jeu de Confort, promesse de la plus belle récompense. Un bâton dressé, MARIE gémit mais LUDO conserve sa rectitude. Partage entre mecs, on s'envoie en l'air sur un coucou, on fait chauffer la viande sur le monstre tellurique YASSUR, tout le monde en prend plein les mirettes. Portrait de LUDO, jeune champion reconverti dans le fromage Franc-comtois. Au bungalow, c'est GAELLE qui s'ennuie de sa "garçe". Du sang en prévision entre l'agneau et son JUDAS. A nouveau, histoire dans l'histoire, retour matinal au volcan, LUDO et FD font envie. Puis épreuve d'immunité, nage et équilibre, duel SEB-FD sur des bambous sélectifs, le plus agile sur le pont est, cette fois, le chevalier à l'épée. MARIE est amère face au soleil couchant, elle balance sur son amie et les fausses fatigues générales. Partir avant d'être exclue. Le Conseil marque son crépuscule divin.
Sprint final, ultime sélection, les affinités n'ont pas toutes volé en éclat. Koh-lanta n'est pas qu'un sport, la vie de MARIE est à jamais maudite. A Poitiers, les enfants crachent sur NATHALIE. C'est une certaine morale qui l'a emporté ce soir. Les dernières éliminations seront ludiques, mais le choix du SURVIVANT reposera à nouveau sur les actions des prétendants et sur le discours que "on" tiendra sur eux.
… et tout s'éteignit avec le Verbe.
 
Le Shériff
 
 
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Lundi 4 septembre 2006

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[Photo : "We're off to see the Wizard...", par le Marquis]

Bonsoir à tous. Au pied du volcan, au milieu du Pacifique, les 16 naufragés luttent toujours contre les éléments. Les huit survivants se survivent à eux-mêmes, les huit candidats éliminés, ou "retirés" dans l'Au-delà, ne sont plus qu'ombres fugitives du générique. Telle est la loi impitoyable de Koh-Lanta. Votre correspondant local, Le Shériff, vous dresse un compte-rendu tapé sur machine Steinwood, entre deux gorgées de Tequila. Moustiques. Les volutes du cigare flottent dans l'air lourd, déchirées par les pales du ventilo poussif de la Pension. Adorable lectrice, sagace lecteur, nous attaquons la vingt-cinquième nuit d'aventure. Et malheur au vaincu. NATHALIE a été condamnée au départ à cause de sa perfidité. CATHERINE avoue s'être laissée piéger, et ne se prive pas de la dénigrer, après des semaines d'allégeance ; elle progresse dans son cheminement, comme on dit. Nous aussi. L'expérience Koh-lantesque, c'est l'expérimentation sur la matière humaine, c'est la Rencontre par procuration, c'est le Soin par l'image. Vérité et Image, Mesdames et Messieurs, pour vous, sur Matière Focale.
Apaisement total sur le campement, GAELLE abandonne tout scrupule, elle entame une nouvelle partie de jeu. JEAN passe une première fois voir LUDOVIC, qui porte mal son prénom, pour une entorse légère au genoux, séquelle de la dernière course à la survie. Les naufragés sont convoqués sur la plage pour l'épreuve de confort. Tous trottinent sauf le blessé. Fébrilité, "On va attendre LUDOVIC, quand même !" C'est la classique épreuve des sacs. Il ne s'agit pas d'une simple course, où l'on court pour l'équipe Jaune ou Rouge. Il ne s'agit pas non plus d'une course de rapidité, style 110 mètres haies. Non, il s'agit de courir contre les autres et de prendre position contre ses camarades. L'illusion du collectif s'effrite à grands coups de sacs dans la figure. Les deux derniers de chaque étape confient leurs charges au candidat restant de leur choix. Pas de rébellion, la règle est connue de longue date. Epreuve splendouillette, qui a perdu de son cachet puisqu'elle est éventée. GAELLE et SEB se disputent un sac, "agacé mais galant, SEBASTIEN lâche prise", synthés dramatiques et gros plans, regards inquiets de GAELLE qui craint l'esclandre, mais non, il est beau joueur, pas aventurier. Au bout de deux courses, FD porte 37kg, ce sera 12 pour GAELLE et 7 pour MARIE. Cette dernière emporte la mise et se jette dans les bras de son amie et rivale ; FD au second plan, en difficulté, ne peut se débarrasser de sa lourde charge. SEB l'aide, c'est bien. Il a beau être chef d'entreprise, ce gaillard est sympathique en diable. La récompense, c'est pour MARIE et l'invitéede-son-choix, une nuit avec TIMOTHY, shamane de son état. Chants, danses, transes, Kava (racine de poivrier mâchée par des enfants, "âpre en bouche"), mythes et légendes, Lap-lap (déjà vu, pour les fidèles lecteurs), conseils pratiques mais peu pragmatiques, deux nattes décorées et surtout offertes par des pauvres autochtones. Un vrai souvenir, quoi. Retour à la casbah, les autres aventuriers semblent indifférents à cette expérience humaine. Il faut bien avouer qu'il est difficile pour les deux privilégiées de bien la "raconter". Convocation à l'épreuve d'Immunité, topo sur la valeur de la pirogue comme moyen de communication, lieu de diplomatie et temple de sorcellerie. Les aventuriers en saisissent tous les enjeux, LUDOVIC l'emporte malgré sa blessure, SEB se fait griller sa place par GAELLE, qui doit être dangereuse sur la route quand elle est contrariée. LUDOVIC avoue qu'il s'agissait pour les ex-jaunes d'empêcher ALAIN de gagner l'immunité. GAELLE et MARIE s'isolent, duo individualiste soudé. ALAIN prend FD et lui enseigne l'art de la survie. Le travail d'équipe devient plus personnel au fil des épisodes, l'esprit de groupe s'effrite. Les nouvelles familiales arrivent par pirogue, échangées contre des victuailles. L'écosystème local est bouleversé par l'anxiété irréfléchie. GAELLE devient hystérique, CATHERINE refuse l'échange, FD veut un juste milieu, aux trois-quarts. Folie, destruction, pillage, sacrifice pascal. ALAIN toussote en évoquant son petit-fils, MARIE accuse SEB d'être indifférent à son fils. Vote et revote, garçons contre filles. Larmes, on se souvient que le monde existe, l'isolement rappelle les vraies valeurs humaines. Mais dévoile aussi une certaine avidité sentimentale, dangereuse pour gérer leur quotidien actuel. Au Conseil, GAELLE défend MARIE qui a blessé FD. Evolution parallèle entre des aventuriers plus philosophes mais joueurs impitoyables. Questions sur la tactique des jaunes. LUDOVIC dément avoir pensé au ralentissement imposé aux anciens Rouges, affrontement larvé avec FD. Rappel à la loi : "à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire". DENIS BROGNIART cherche ses mots pour mettre en mots le mal ("Euh…sabotage…pas glorieux, pas nécessaire"). Il est vrai que les Jaunes s'en tiennent aveuglément à leur stratégie initiale du refus de l'étranger, entre jaunes. C'est toi et moi contre le monde entier, la porte ouverte à des heures sombres. Le sort d'ALAIN est réglé le soir même.
Sur le flanc du volcan, deux esprits s'élèvent. SEB est lucide et s'excuse pour leur manque de sportivité. Il sait que les enfants regardent Koh-Lanta. FD réfute cette "entité jaune". GAELLE détourne les yeux. CATHERINE est "négative" selon MARIE, qui a pourtant explosé "d'amour". Nouvelle attaque sentimentale avec une vidéo, promise au gagnant de l'épreuve de confort. Tronc biseauté à garder à la verticale. Patience et concentration, comprenez torture. Montage, récompense-douleur : "Orgueil sportif à contenter". A bout de bras, MARIE emporte une caisse vide, offre 20 mn de vidéo à sa seule amie. Retour au camp, dévasté par un incendie. Effets partis en fumée. La main du destin semble concrétiser les reproches de Dieu l'animateur. "Faut voir le bon dans le mauvais", leitmotiv de FD. Journée de déprime et de faim. Séquence sur FD, écorché, chevaleresque et droit. EMILIE souffre de ses échecs répétés aux jeux, "à chier". Poule au pot. Tremblement (très attendu) de terre, le totem est mutilé. LUDOVIC l'imite et s'immole dans la cuisine. Epreuve d'immunité, les nageurs noient leurs rivaux avec des anneaux plombés. La conscience collective épargne deux candidats. LUDOVIC, honte à lui, laisse gagner EMILIE. La foudre s'abat sur l'insolent, EMILIE refuse le cadeau in-extremis, personne ne sera immunisé. FD déclare que EMILIE a de la valeur : plan sur ses fesses. Dans les bois, une poule s'est perdue dans le piège des aventuriers. Rééquilibrage. Réaménagement du camp. Scission chez les jaunes, qui approuvent ou désapprouvent le geste de LUDOVIC. Au Conseil, reproches à ceux qui ont bafoué l'Immunité. CATHERINE est logiquement, implacablement éliminée. Il ne reste plus que des anciens Jaunes, la meute va se déchirer, la sentence est irrévocable. Nouvelle escalade de la violence, on passe au cœur du volcan. "Que le meilleur gagne", disait ALAIN.

Le Shériff

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Mardi 29 août 2006

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(Photo: "Valeur Actuelle, Image d'Immonde" par Dr Devo et Le Marquis)




Tambours rageurs, éclairs jaunes, fanions rouges, grimaçant totem d'acajou, l'épopée Koh-Lanta revient sur Matière Focale. Tendre lectrice, farouche lecteur, le prochain épisode de la saga mélanésienne, c'est mardi ! L'aventure des deux dernières semaines, c'est quatre épisodes, beaucoup de labeur pour le Shériff. Et le temps est compté. Laisse moi, petit, te conter l'aventure, avant que ta jeunesse ne passe. Petit artifice, écran de fumée, je vais me substituer à la voix off si familière. Entre Théogonie et Testament, viens lire entre les lignes… Dieu confère le Verbe à son humble prêtre. Voici la Paraphrase.

Les naufragés ont quitté leurs campements respectifs, emportant les "chaudrons de feu". Sentiers à peine balisés le long des précipices, jungle hantée par les mystérieux et coléreux cochons sauvages, les ailes nues des Flying Fox se faufilent entre les lianes. Chute de MIKA, le feu rouge s'éteint dans une nuée de vapeur. Ses larmes se perdent sur la terre sombre, diamants brillants sur le basalt. Les deux équipes recueillent les colliers de dents de cochon sauvage, amulettes témoignant de la valeur de leur propriétaire. Les Tana sont les plus vaillants, c'est la vérité : SEB se rallie à eux et les Vanuatais les célèbrent en leur offrant de goûter au Lap-lap, réservé aux grands chefs. Les Mosso digèrent le retour de NATHALIE ; ALAIN n'a pas de remords, il imagine qu'elle ne lui en veut pas. Les seniors imaginent que le Destin favorise injustement leurs adversaires. Mise au point avant l'épreuve d'Immunité : "Je vous invite à vous concentrer sur l'épreuve, d'accord ?" La divinité se fâche, et semble réclamer la construction d'un temple. 40kg de basalt à rapporter sur le rivage, offrande destinée à calmer le courroux des dieux. Efforts inutiles, les Rouges ne sont pas les élus. Ils reçoivent la visite de JEAN, médecin, qui leur porte la bonne parole et les invite à lutter contre "l'effervescence bactériologique". Plan noir et blanc sur feu NICOLAS, émotion. Son périple le mène ensuite chez les Mosso pour voir MARIE et lui appliquer trois points de suture. "Ca va piquer !" Il ne s'est pas trompé. Au Conseil, on évoque la cohésion chez les Mosso ; MIKA et ESTELLE demandent pardon. ALAIN, "excessivement introverti" selon NATHALIE, ne demande pas pardon à la "grande prêtresse". Diabolique, persévérant, il est chassé par les siens, mais ne laisse rien paraître.

L'Epreuve suivante, c'est la traversée du désert nautique. Les Rouges, pourtant conseillés par MIKA, piétinent sur l'eau. MIKA, touche à tout impulsif, est ébéniste, pas charpentier. Les Jaunes, c'est la pure vérité, peuvent donc entendre les voix de leurs proches, si loin. Nouveau coup du sort contre les malheureux seniors ; JEAN-CLAUDE s'est blessé : l'index enflé, il succombe à une surinfection et quitte la tribu des Mosso. MIKA, accablé par les calamités, décide de se faire pêcheur. Mais la Plaie s'abat également sur les Tana. Pourtant GAELLE, qui semble bénie par on ne sait quelle sainte onction, survit aux nuées de guêpes. Epreuve d'Immunité. Aide-toi… Une procession est organisée pour conjurer le mauvais sort. On s'encorde pour passer les obstacles, danse macabre et nouvelle débâcle pour les Mosso. Au Conseil, on apprend l'abandon de JEAN-CLAUDE ; le fils maudit ALAIN revient. Les femmes chassent MIKA.


La huitième Roue de Feu est embrasée. La Roue de la Fortune bascule légèrement, nouveau cycle ; les compteurs seront-ils mis à zéro ? Pas de remords chez les Mosso, mais ALAIN donne des signes de bonne volonté. Un être olympien enjoint aux survivants de s'emparer des anneaux, amulettes protectrices. SEB utilise son libre arbitre pour rester en équilibre sur la voie, les Tana gagnent leur pain pour la journée. Mais la Réunification est en vue, GAELLE exploite la fragilité calculatrice de NATHALIE . Conviction et faux-discours, les Tana avalent les Mosso dans une vague syncrétique tout-sourire. On partage le pain avec un rictus. C'est le baiser de Judas, comme on dit. GAELLE se perche et gagne l'immunité. Les Mosso apportent leur art de la pêche dans les lagons, la nutrition fait des progrès. Gagnera-t-on en longévité ? ESTELLE esquisse un testament, la fin la surprend. Pas si vite… Cette fois, c'est son étoile qui pâlit, elle part dans le sombre firmament, nimbée d'autosatisfaction.

Agriculture et épilation progressent de paire, la tentation du cannibalisme s'éloigne lors des temps d'opulence. NATHALIE cherche la faille, CATHERINE ne veut pas passer dans l'interstice. Crises de larmes, gospels, abandons. On se couvre de boue et de cendres. FD se vautre dans la luxure et se fait masser. Embrouilles pas mini, NATHALIE cherche les dominants. SEB seul est immunisé contre l'inquiétude. Au Conseil, après trois jours de douleur, NATHALIE assume ses actes.

Mysticisme, abus de substances hallucinatoires ? Pas de réponse(s). Je fais le Pari d'approcher de la Vérité. Je regarde Koh-Lanta. Mais sache que le Shériff, la main sur le colt, ne se laissera jamais "soigner". Bon lecteur, fidèle lectrice, tu veux ton étoile ? Mardi, tu sais où la trouver…


Le Shériff
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Lundi 21 août 2006

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(Photo : "Tu ferais mieux de revoir tes vieux amis" par Dr Devo et Proctoman)




Hello les Squaws ! Salut les Cow-boys !

Bon. Ce n'est pas le tout. On quitte le cabinet et on va au choral choisir la meilleure monture afin de rattraper le retard et le temps perdu.

Ce sera vidéo aujourd'hui. Mon docteur m'autorise une petite incursion sur son domaine de chasse, et me voilà, chic, à regarder HAECKEL'S TALE, épisode 12 et dernier de la série MASTERS OF HORRORS, enfin, dernier épisode si on ne compte pas le film de Takashi Miike, plus ou moins censuré.

Le film raconte l'histoire de Haeckel, jeune docteur du début XVIIIème, enfin, étudiant en médecine, qui a récupéré les notes d'un certain Docteur F., ce qui devrait permettre de l'aider à percer le secret des Mystères de la Vie. Haeckel n'a qu'une obsession : délivrer l'homme de la Mort, et prouver qu'on peut ramener un cadavre de trépas à vie. Libre penseur, impétueux, passionné, fort peu aimable et d'une assurance qui peut le faire passer pour un jeune con, Haeckel s'attire les foudres de ses professeurs à l'Université de Médecine, et sa passion dévorante lui vaut le mépris de ses camarades d'étude. Là où tous voient le mystère de Dieu, Haeckel voit juste un problème scientifique à comprendre et à surmonter. Ses recherches n'avancent pas, chaque tentative de résurrection est un échec cuisant. Il finit par essayer d'approcher un nécromancien (Jon Polito), mettant ainsi en jeu sa foi dans la science, mais le bonhomme ne le convainc pas.
Notre héros bizarre reçoit une lettre fort triste. Son père est en train de mourir. Haeckel se met donc en chemin. Au bout de quelques jours de voyage, il doit s'arrêter dans un petit hameau et dormir à la belle étoile. Il est recueilli par un autochtone qui l'invite chez lui afin que le jeune homme soit en sécurité, le village n'étant pas sûr la nuit, et surtout cette nuit en particulier. Haeckel accepte l'hospitalité de son hôte inquiet. Une fois dans la maison du villageois, le jeune docteur découvre la belle mais mutique femme du vieux paysan : c'est une sublime jeune femme, d'une beauté et d'une tristesse à couper le souffle. Le couple, mal assorti (lui a 50 ans et elle un petit 25/30), est visiblement plus qu'inquiet et guette sans cesse ce qui se passe dans les rues désertes du village... Il y a Ang Lee sous France Roche, visiblement. Dans la nuit, Haeckel surprend son hôte en train de parler avec Jon Polito le nécromancien.... Voilà qui est bien étrange...

C'est apparemment George Romero qui devait réaliser ce film, mais il en fut empêché par la promotion titanesque de LAND OF THE DEAD (ici l'article du Dr Devo, ici l'article du Marquis). John McNaughton, réalisateur talentueux de HENRY, PORTRAIT OF A SERIAL KILLER (et dont on ne peut pas dire qu'il ait fait grand chose depuis, à part le sympathique SEXCRIMES ; je n'ai pas vu THE BORROWER...[Docteur, vous oubliez MAD DOG AND GLORY ! NdC]) reprend le flambeau pour adapter ce scénario de Mick Garris. Ach ! Voilà qui est fâcheux... Garris, on en a déjà parlé : c'est l'instigateur de la série, d'une part, et c'est le réalisateur d'un des épisodes (CHOCOLATE) dont on avait parlé et qui est un des plus médiocres, assez nettement, de toute la saison. [Le DANCE OF THE DEAD de Hooper est complètement raté et vaut  également son pesant de cigarillos cubains, mais loin du classicisme terne de l'épisode de Garris. Le Tobe n'a pas fait dans la dentelle et a préféré le baroque. Si son film n'est pas tellement meilleur que celui de Garris, il est dix fois plus drôle et donc, beaucoup moins ennuyeux. C’est l'avantage de faire à peu près n'importe quoi !] Garris a donc signé le scénario de ce film qui est en fait l’adaptation d'une nouvelle de l'écrivain cinéaste Clive Barker, dont, au passage, on ne peut que conseiller le fabuleux HELLRAISER, classique de l'époque, un peu oublié désormais (tout est relatif). En tout cas, voir Garris le petit classique adapter avec son maigre talent du Barker, dont les textes sont excessivement bizarres, voilà qui est inattendu.

Comme dans quasiment tous les épisodes de la série, HAECKEL'S TALE est doté de jolis moyens et la facture globale est bougrement soignée. Sans atteindre des sommets divins, la photo est léchée, les repérages (surtout en décors naturels) sont très bons. C'est bien monté et correctement cadré. Le récit est introduit par un prologue où, en fait, c'est une nécromancienne qui raconte l'histoire de Haeckel à un jeune veuf qui lui supplie de ressusciter sa défunte femme. La structure enchâssée (à peine) est très classique et annonce une prévisible conclusion à laquelle, effectivement, on n'échappe pas. Cependant, on note une différence de ton entre le gros du film (l'histoire de Haeckel donc, assez sérieuse et emprunte de gravité) et ce prologue. La nécromancienne semble bien baroque tout de même, l'actrice n'y va pas avec le dos de la cuillère.

Fort logiquement, le film se concentre sur l'omniprésence de la mort, et la cruauté de la période. C'est ce qui marche le mieux, avec le portrait de notre héros docteur. Les scènes avec Jon Polito vantant ses résurrections comme un phénomène de foire intriguent comme il faut. Et Haeckel apparaît à la fois énervé, déterminé, mais aussi libre par rapport à son époque en quelque sorte. Ça fonctionne. Le fait que l'intrigue principale (aller rejoindre le papa mourant) n'arrive pas tout de suite a du charme. On note également une très belle distribution en ce qui concerne les seconds rôles, notamment le professeur de médecine et le récupérateur de cadavres, tous les deux très bien interprétés.

En s'arrêtant au village, on sent bien que le récit va finir par suivre une piste et devenir plus classique. C'est effectivement le cas.
Et c'est bien là le problème. HAECKEL'S TALE ne soulève pas grand chose, malgré un soin certain et une jolie entame. Le film se déroule, jamais infamant mais sans vraiment de rythme, et il arrive un moment où l’on commence à attendre les événements (qu'on pressent parfaitement, qui plus est). C’est vrai que si le rôle de la jeune villageoise n'avait pas été confié à Leela Savasta, ça serait sans doute mieux passé. Si la demoiselle est fort jolie, elle est aussi sans saveur aucune et son physique de poupée de Beverly Hills dessert bien le film. Quand on la voit débarquer, on se dit que si un soin aussi précis a été effectué dans le choix d'une femme à la plastique parfaite et dans l'air du temps (comprendre : une petite bimbo bien "canon"), c'est que le film s'arrête ici. Le sentiment assez joli selon lequel "tout peut arriver" fait alors place à une stabilisation sans vraiment de suspense. On attend, dès lors. Ce n'est pas qu'elle joue comme une patate, c'est qu'elle est sans saveur, surtout que son vieux mari, lui, est drôlement bien interprété, même s'il n'y va pas avec le dos de la cuillère.
Le film se déroule tranquillement, sans heurt et sans grosse faiblesse... Il se termine sans qu'on s'en aperçoive, pour ainsi dire. Au final, on finit par deviner ce que pouvait être la nouvelle de Clive Barker. On est assez étonné de voir que le film, en son milieu, devient si peu ambigu, ce qui est assez contraire à ce que fait l'auteur anglais. L'épisode ne retient au final qu'une chose, le tabou principal de l'intrigue (chut !) dont la supposée délectation est justement la "fameuse scène" qui l'incarne, ce tabou. C’est rigolo, mais à peine. Et surtout on a la désagréable sensation que la chose s'est effectivement arrêtée en route. Que la moitié du film avance en roue libre, dans le sens de la descente.

Pas de quoi en faire un drame, bien entendu. Encore une fois, la première partie du film marche bien, et le soin général est agréable. Mais on se retrouve fort marri, au final, quand on doit rédiger un article (pauvre de moi ! vicieux docteur !). Le film, dès son générique commencé, est quasiment oublié. Bizarrement, sans qu'on ait contre lui de griefs particuliers, HAECKEL'S TALE, joli mais sans prise de risque à l'image de son héroïne, est plutôt anonyme. Le fantastique du dimanche soir, en quelque sorte.

Bill Yeleuze.
 
Retrouvez d'autres articles sur d'autres films, en accédant à l'Index des Films Abordés : cliquez ici !
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Jeudi 10 août 2006

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(photo: "Pendant ce Temps-Là dans les Atomes du Grain de Beauté" par Dr Devo et Proctoman d'après une photo de Proctoman)

Avant Propos
Vous retrouvez ci-dessous le compte-rendu fidèle, précis et métaphysique du Shériff sur l'excellente double diffusion des deux derniers épisodes de KOH-LANTA. Notez que les épisodes sont rediffusés le jeudi (à vous magnétoscopes, car ceux de Vendredi font partie des tout meilleurs jamais diffusés).
Enfin, je tenais à signaler l'excellent article LE ESHONNEUR ET LA GUERRE, sous un angle totalement différent, de notre collaboratrice épisodique maais appréciée Anne Archy sur son blog: cliquez ici!
Enjoy!

Dr Devo.




Voici venue la troisième gorgée, et c'est fois à double dose, 2h10 de jeu, une densité exceptionnelle de retournements. Pas besoin d'élément naturels, l'administration Ludiciaire suffit amplement cette semaine. La première séquence reste consacrée à la présentation des équipes. Chez les Mosso, "on" note une paire de comploteuses, NATHALIE et CATHERINE. Plus généralement, les points communs et les oppositions permettent des transitions, autant d'indices et de fausses pistes. Le feu, lui, permet une transition familière entre les équipes. Qui s'arrange avec qui, contre qui, qui dort près de qui, qui travaille ou pas, etc. L'élimination de SEBASTIEN apporte une amorce à l'épisode XL de cette semaine. On embraye aussitôt sur une alliance féminine chez les Tana. FRANCOIS-DAVID, séduit par EMILIE, s'allie aux "suffragettes", les copinages avec les autres garçons lui sont anecdotiques. On le voit aussitôt en pleine chamaillerie avec NICO, "les nerfs sont à vif " chez les Tana. Sourires condescendants de GAELLE, cette année les requins sont des femmes.

Plans aériens sur des dauphins et la faune marine. Visite matinale d'une tortue marine pondeuse, JEAN-CLAUDE imagine qu'un prélèvement d'un œuf sur cinq leur irait très bien. Amis des animaux, il est trop tard pour agir ! Mais peut-être les aventuriers s'entre-dévoreront-ils : "Nous sommes tous des prédateurs, c'est une chaîne sans fin." Regard de NATHALIE, à la dérobée. C'est le "truisme" de SARRAUTE, un coup de tam-tam et le doute s'installe, NATHALIE est-elle une femme humaine ou une prédatrice tueuse ?

L'appel à la danse, la bouteille échouée prévient les naufragés, par une formule à peine énigmatique, qu'il va falloir y aller. Jeu de confort dans la mangrove de Meten River. Ciel bleu, arbres verts, vers blancs ; hommage format mini à FEAR FACTOR. "Festin, dégustation", les formules pince-sans-rire se succèdent, pour une épreuve devenue incontournable. Round d'observation, CATHERINE est soupçonnée de bluff : elle est de Marseille. Connivence entre les filles Rouges et Jaunes, exil de la peur. GAELLE, véritable héroïne souterraine du match, encourage en négatif EMILIE ("Elle va vomir"). Mais ESTELLE au nez rose se rattrape au poteau et vide la première les dix vers, jusqu'à la lie. Hallali, les Mosso repartent avec un harpon.
Retour victorieux mais piques violentes, MIKA s'emporte contre la reine-mère. Séquence confession inter équipes, une société secrète s'est formée, "quoi qu'il arrive", une femme gagnera. Les femmes au pouvoir, c'est le rationnement, tous doivent marcher droit ; les pompes, "rayon de soleil" matinal des sportifs NICO et FD, doivent cesser. C'est, nous rappelle la voix off, l'éternelle lutte des "jeunes mamans responsables" contre "l'immaturité des fougueux célibataires". Leçon d'Histoire, de Philosophie, la psychologie Koh-lantesque donne à réfléchir, et c'est très bien.
Le juvénile NICOLAS, chez les Mosso, gagné par l'euphorie de la chasse victorieuse, tarde à revenir vers les adultes de son groupe. Son butin de poisson recueille les suffrages Rouges. Ils arrivent en position idéale pour l'épreuve d'immunité à Namosso Pass. Background historique avec les épaves de la dernière guerre mondiale officielle. Les naufragés devront eux se contenter de relever quatre pirogues immergées. GAELLE s'énerve, c'est conforme à son portrait, NICO bosse très bien, MIKA fait des merveilles (musique synthé sur ses efforts, est-ce là un indice "à long terme" ?) Les croupes féminines permettent des transitions efficaces, le montage est, comment dit-on, nerveux. Les Tana l'emportent grâce à NICO. L'occasion d'un portrait… Retour au camp, il déclare : "Les filles m'ont félicité un minimum". Suivent des répliques aigres de GAELLE et EMILIE sur un candidat en danger qui consent quelques efforts.

Chez les Mosso, polémiques sur les pinces de crabes ; CATHERINE soutient NATHALIE en lui répétant que MIKA est un "frustré de la vie" ? Ca commence où un frustré de la vie ? Au nord de Marseille ? En tout cas, l'équipe secret-girls dans et hors de l'équipe est soudée. Portrait de NATHALIE. "Icône à vénérer", elle prend l'ascendant par le biais de relations fusionnelles. La voix off évoque le "torrent de violence verbale" qu'elle vient de subir, elle part pleurer dans la jungle. Les mots "mensonges, hypocrite, feignasse" sont lâchés tous azimuts. NATHALIE déclare "On ne peut pas faire confiance à une femme", la sincérité de la crise est indéniable. Tu l'as compris cher lecteur, adorable lectrice, le Conseil lui est fatal. MAMA, mission accomplie, tire alors sa révérence, les nerfs et les cuisses ont abandonné la partie.
Les Tana eux, rendent "héroïquement" devant l'objectif les vivres apportés depuis leur lointain village par des Vanuatais. GAELLE lâche un compliment sur les autochtones ; SEBASTIEN, s'il avait été là, aurait exulté, ou pleuré. Les Mosso eux, chassent, cueillent et pêchent avec efficacité. Arrive l'épreuve de confort avec à la clé une pizza cuite sur pierrade volcanique. LUDO mène les siens, en aveugle, vers la victoire, malgré l'emportement percutant de FD. Les Jaunes déposent leurs yeux sur d'artistiques totems.
Mais les yeux restent plus gros que les ventres. NICOLAS tombe "malade peuchère", tout comme MIKA. La "courante" emporte les deux naufragés dans ses flots boueux, NATHALIE fait sa maline. GAELLE, qui vient des Alpes, découvre la vigueur de l'Océan, et se blesse à la jambe. Gros plan sur les mouches.

Epreuve d'Immunité, il faut se mouiller et pratiquer l'apnée ; GAELLE est dispensée, MARIE échoue, les seniors l'emportent grâe à ESTELLE, qui termine élégamment échouée sur la barge.
Au camp des juniors, FD avoue son allégeance à l'alliance des dames, au grand dam des garçons.

Les Tana retrouvent NATHALIE, ramenée par le sort ; ESTELLE, conformément au portrait qu'on brosse d'elle, fait la girouette, les aînés s'engagent sur la voie de la réconciliation. MIKA, de retour, fait allégeance à NATHALIE ! La famille réconciliée, NICOLAS peut alors faire sereinement ses adieux sur son lit d'hôpital. Le sort, une nouvelle fois, relance les dés, et SEBASTIEN peut trouver sa place parmi les Mosso.
Résurrection ! Métempsycose ! Allelujah !


Le Shériff

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Mercredi 9 août 2006

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("Lourde(s) Gym(s)" par Dr Devo d'après une photo originale de Proctoman)



Les candidats sont identifiés au sein de leur équipe désormais. Les Tana et les Mosso forment maintenant deux équipes, dans lesquelles évoluent des individus compétiteurs. Et la compétition reprend avec les larmes de Gaëlle : "mes enfants vont me prendre pour une grosse nulle". La voix off cultive sans scrupule la litote : elle est en fait secouée par "l'impressionnant cérémonial" du Conseil. N'empêche, les mots "gaudriole, farniente, vacances tranquilles" sont prononcés. Portrait de Gaëlle, frémissement des consciences, elle est peut être la suivante. Crinière énergique, caractère raidi par la vie, on se demande comment elle va gérer, ou créer, les conflits.

_ Qui est "on" ? Se demande le lecteur attentif. Le spectateur ?
_ Oui, Cancrelat, et notamment le téléspectateur averti. Le Maître philosophique de mon Maître philosophique disait souvent : "On est un con". Passe à ton voisin. "On", dans Koh-Lanta, c'est aussi une intelligence artificielle à multiples cerveaux, qui maîtrise le temps, scrute de son œil pervers des bobines entières, découpe la pellicule, réécrit l'histoire, montre et cache ce qu'elle veut. C'est au choix une divinité suprême, ou un collectif d'artistes. Son travail apparaît par petites touches. Les transitions par exemple, toujours très léchées, se font notamment autour des thèmes du feu et de l'eau. La mécanique est bourrée d'engrenages ciselés.

Retour de MARIE, du Pays des noisettes vertes. Cuivres triomphaux en fond sonore. GAELLE est, en effet, très expansive. Il faut dire qu'elles semblent bonnes camarades, promesses de retrouvailles dans l'au-delà, hors-du-jeu, si ce monde-là existe. Puis, donc, séquence érotique autour d'une tentative pour activer une flamme. "Il faut bourrer la fente". Si si, tout comme je vous le dit. Pas d'allusion de la voix off, étrangement. On se calme, on va chez les seniors : corvée d'eau contrariée par la houle, CATHERINE prend les rênes, JEAN-CLAUDE fait valoir une certaine "sagesse acquise", NICOLAS et MIKA sont prudents. Malgré tout, les Mosso n'ont pas d'inquiétude à propos du cyclone.
LIONEL, du staff de sécurisation, nous montre un schéma pourtant inquiétant. Belle transition "Même pas peur" chez les Tana. Les garçons restent couchés, GAELLE, contremaître, évoque pourtant des objectifs à atteindre. Unique attendrissement pour SEBASTIEN : "un plaisir d'être à ses côtés". Sabotage moralisateur tout juste réprimé, la reposante boussole statique des gars restera en place. GAELLE et EMILIE forment un beau duo, mais il en faut davantage pour former une sainte Trinité.
Et puis le jeu de confort arrive. C'est l'histoire d'un coffre lesté qu'il faut sortir de l'eau. Sans doute un reliquat du naufrage fictif et fondateur. Les enfants subissent-ils l'illusion romanesque ? Quoiqu'il en soit, Les jaunes gagnent un tutorat salvateur, SEBASTIEN assure un max. Chez les Mosso, MAMA soupçonne NATHALIE de la mettre hors du coup avec sa stratégie mystérieuse. ALAIN fait tout le boulot.
SAMSON l'habile cultivateur (tam-tam) va aider les Tana à s'en sortir. Plans sur son village, géographie de comptoir (deux saisons : une humide et une autre très humide… C'est très Parisien tout ça) puis confection de natte avec des feuilles de Natangura, de piège à animal avec une pyramide. MARIE admire. NICO sait que les poules vivent en troupeau ; SEB sait bien plus encore, il élargit le débat en réfléchissant sur leur culture citadine, qui les paralyse dans cet environnement. Bien vu. Mais "big cyclone" JIM approche, tout s'accélère, attention.
Séquence spécial Mosso, "on" évoque le "coup tordu" (ai-je bien compris ?) de NATHALIE. C'est mauvais pour la santé de MAMA, on veut la rendre dingue ? Retour du style "pendant ce temps" chez les jaunes ; MARIE, esthète, apprécie un feu obtenu de "belle manière". On rebascule chez les seniors : MAMA accapare le feu moribond, écarte GEORGES CLOONEY. Portrait de NICOLAS, naïf et spontané, plagiste reconverti. A Port Vila, le camion des pompiers exhibe son gros gyrophare. Chez les Tana, FD, défaitiste, pense perdre le feu ; SEBASTIEN est plus combatif. LUDOVIC, anxieux ou prévoyant, pense creuser un tunnel, le fromage s'y développe mieux ? Déménagements successifs, il a partiellement convaincu. Chez les Mosso, simple corvée d'eau. Epreuve d'immunité à Namosso Pass, il faut faire vite. Oui, mais Chef, il faut rester le plus longtemps possible pour gagner… A Port Vila, la pression monte, interview de technicien et d'officier très British. LUDOVIC a un gros nœud qui le gêne. NICOLAS CLOONEY sauve MAMA de la noyade, il l'emporte pour les siens. On a tenu le plus possible, mais on ne peut plus tenir. Le Plan Cyclonique d'Urgence (P.C.U) est activé.

Le rythme ralentit. L'école de Meten fournit un abri idéal aux naufragés seuls aux monde. La leçon est encore au tableau. Mais la simple vue de la Tour Eiffel et le sourire de l'ingénieur de Météo-France nous réconfortent doublement, c'est fini. Retrait du C.P.U. Musique triomphale, beaucoup de bruit pour rien. Soupçons.
Soupçons aussi chez les Mosso. La "reine" NATHALIE fait gonfler les joues de MIKA, qui prévoit un Conseil "jubilatoire", un de ces jours. Après MAMA, ESTELLE a souffert de la stratégie mystérieuse de la "reine" au balconnet d'argent. Séquence pornographique cette fois chez les jeunes, quatre volontaires pour, entre autres, "se frotter le bâton". Le feu prend, MARIE se donne à bloc. NICO en veut constamment à EMILIE. Ce coup-ci, elle regrette une pince à épiler. Portrait : elle fait les gros yeux aux clients. NICO ajoute qu'ils ne vont pas éliminer un mâle, dont la force est indispensable. "Chacun à sa place". NICO votera contre EMILIE. FD déclare en riant : "Je vote contre SEB, il a cassé notre auvent".
Le Conseil, DENIS BROGNIART évoque un bilan calamiteux. Il faut parler sans retenue. Ses questions vont aider… MARIE trouve que c'est fantastique de savoir se débrouiller. Duel orchestré au sujet du feu entre SEBASTIEN et FD ; explications. DENIS BROGNIART : "J'en veux d'autres". huile sur le feu, GAELLE doit vider son sac à propos du partage des tâches. Selon elle, seul SEBASTIEN prend des initiatives. NICO est supposé dénoncer la prétendue paresse de FD. SEBASTIEN prend l'initiative d'appeler à briser les "non-dits". Pourquoi tu le dis, semble demander EMILIE, qui fait les gros yeux. Coups de canons, fondu au noir.

SEBASTIEN fut, de l'avis de tous, un aventurier juste, courageux, ouvert et avisé. Mais SEBASTIEN était condamné par "on", implacable destin qui le rattrape sur la fin. "On", racaille complice, le point d'vue gliss' : animateur gentiment perfide, Prod', joueurs, éléments déchaînés, spectateurs avertis, même notre bon Docteur, même toi, gentille Lectrice, bon Lecteur. Glissades, chutes et cabrioles, c'est la comédie humaine. Vendredi est un jour sanglant, Tous au Festin !

Le Shériff
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Mercredi 2 août 2006

Recommander - Publié dans : Lucarnus Magica
(Photo : "Adhésion Princière dans le No Man's Land" par le Marquis
d'après des photos du film PREY de Norman J. Warren)


Chers Focaliens,

C'est bien beau, l'esprit de curiosité, mais ça ne suffit pas, et quelquefois, il faut que l'esprit de rigueur reprenne un peu le dessus et réorganise les choses de manière plus rationnelle. Je me suis aperçu hier, avec Madame, que je n'avais pas vu tous les épisodes de la collection MASTERS OF HORROR, jolie série TV américaine qui ne va d’ailleurs pas tarder à débarquer à la vente en France, et qui doit même être disponible dans les bonnes boucheries à la location.

Bon, me suis-je dit, sur les 12+1 épisodes, il t'en manque 3, c'est pas la mer à boire. On commence, dans tous les sens du terme, par le plus petit numéro, avec l'épisode N°9, réalisé par William Malone. Alors ça, c'est rigolo. Je comprends soudain pourquoi j'avais abandonné, malgré un avis plutôt positif, la collection MASTERS OF HORROR ! Allez, hop, un John Landis, le Carpenter et le Argento ! Là, on se précipite, bien sûr. Par contre, après, les petits réalisateurs, tout le monde s'en fout et la série prend la poussière dans un tiroir.

William Malone ! Quel poème, ce mec ! Loin d'être un grand maître, voilà un réalisateur qui, à son meilleur, est quelqu'un de tout à fait capable, et qui peut vous trousser des films fantastiques assez malins, toujours très soignés techniquement et souvent un peu bizarres malgré le "classicisme" des sujets abordés. Quand c'est bon, ça donne LA MAISON DE L'HORREUR, série B tout à fait ironique, au casting soigné, au ton décalé, drôle, et angoissant, et qui se terminait, si ma mémoire est bonne, par une terreur abstraite d'une noirceur absolue. Et puis, au pire, c'est TERREUR.COM, un des films les plus pénibles de la Terre, et encore, je dis peut-être ça car rien qu'en repensant à l'ennui éprouvé en salle, j'ai de nouveau envie de me suicider ! Bref, je n'attends plus rien du Malone, même si on le sait capable. [En plus, dans TERREUR.COM, le rôle principal était tenu par Natasha McElhone, une actrice bien au-dessus de mes forces !]

De nos jours, "chez nous" en Amérique. Lindsay Pulsipher (une inconnue au bataillon, sorte de mélange entre Angela Bettis (voir ici) et Reese Whiterspoon, plutôt bien) est une lycéenne comme les autres, sauf qu'elle est minée par la timidité et passe pour une asociale. Une "freak" comme dirait l'autre. Alors qu'elle rentre chez elle en vélo après les cours, en passant par la forêt, elle a un accident. À son réveil quelques minutes plus tard, elle appelle à l'aide, avant de s'apercevoir qu'elle est en train de se faire kidnapper ! Son agresseur la shoote au chloroforme.
Elle se réveille bien plus tard dans la chambre d'une clinique privée, incapable d'expliquer ce qui s'est passé. La voilà sauvée, en tout cas, même si cette infirmière (Lori Petty) a l'air bien étrange...

Je ne vais pas en dire trop, car non seulement l'intrigue de FAIR-HAIRED CHILD est de celles qu'on déflore plus facilement qu'on ne le pense (ça me rappelle quelqu'un, aurait dit malicieusement Mr Mort), mais bien plus, le début du film étant pour moi la partie la plus étonnante, je préfère qu'on en reste là pour le résumé.

Après quelques plans énigmatiques mais orientant le sujet, un classique dans ce genre d'exercice, FAIR-HAIRED CHILD commence véritablement, et de manière plutôt jolie, en troussant une espèce de film de college en dix plans dont le réalisateur ne marquera qu'à peine, sans le dire, dans une autre scène (l'appel téléphonique), les liens que celle-ci possède avec le reste de l'histoire. Pour l'instant, on n'en sait rien. Le déroulé de cette séquence de début étant un peu bouleversé par l'arrivée de la photographie de Lindsay Pulsipher sur fond de 7e de Beethoven.
On va causer un peu de Beethoven, voulez-vous ?
Ha-ha, que cela est fort joliment fait, me dis-je dans les premières secondes où j'entends la musique de Ludwig. Tiens, c’est marrant, là il fait tomber le mixage, on n’entend plus rien. Tiens, là ça reprend ! Et là, encore plus fort : tandis que l'héroïne à vélo entre dans la forêt, il sous-mixe ostensiblement Beethoven pour le faire passer sous le bruit du pneu de vélo qui roule sur les feuilles d'automne ! Joli ! Et là, bing, il re-balancera la musique à fond, et là, il baisse le volume pour laisser passer un thème moderne de film d'horreur (en superposant, miam miam), et là, il coupe la musique de Ludwig presque à fond, juste en laissant un tout petit peu, à peine audible. Etc.
Ça découpe, ça joue avec les axes, et c'est guidé par Beethoven ! Et j'étais sur les fesses, les amis. Car la mise en scène, et donc la musique, annoncent complètement ce qui est en train de se passer. Bien plus que l'image encore. Et quand, au détour d'un point de montage, la musique s'éclipse, je vous assure qu'on a, l'espace de deux secondes, la trouille de sa vie et qu'on se dit : "Oh-oh, là, il y a quelque chose qui ne va pas du tout !" On sent la peur, mais pas le temps de formuler la chose : l'accident a lieu et là, vous avez l'impression de faire le grand huit ! Ce n'est rien, juste deux secondes, mais ça fait très peur. Ça commence donc par une très belle idée de mise en scène sonore, utilisée avec énormément de savoir-faire et d'intuition, et d'une manière qui plus est très peu commune, ce qui ne gâche rien. C'est même sans doute l’une des plus belles scènes de toute la série. [J'adore les sous-mixages, ça marche toujours, et là, évidemment, j'ai marché à fond.] La scène n'est d'ailleurs pas finie, une fois Lindsay Pulsipher à terre, le découpage est encore très bon, sous Beethoven qui se déchaîne. Tout cela est très bien amené, affreusement plausible et d'une grande violence. Brrr...

Évidemment, quand ça part comme ça, la barre est placée bien haut. Et on peut le dire, malgré de très bonnes choses par la suite, cela reste ma séquence préférée.
Qu'importe. En tout cas, voilà trois minutes formidablement efficaces et perspicaces qui vous plongent dans le film de manière irrémédiable et en deux coups de cuillère à pot. FAIR-HAIRED CHILD fera partie des épisodes de MOH pas drôles du tout, et relativement glauques, malgré un sujet non pas classique (certains développements ou certaines idées sont assez personnelles) mais disons, malgré un sujet remplissant complètement le cahier des charges basique de la série, et qui ne la prend pas à contre-pied comme le HOMECOMING de Joe Dante, par exemple.
Un épisode de fort belle facture, donc. La lumière, signée Brian Pearson, est très bonne. La direction artistique est particulièrement soignée : très beaux décors, parfois inventifs à peu de frais (le poêle), costumes surprenants, etc. Voilà qui donne une impression de luxe tout à fait adéquate.

Malone découpe bien en général, malgré une ou deux maladresses (une espèce de jump-cut avant l'apparition du personnage de Johnny). Le gars sait utiliser le montage et ne rechigne pas, par exemple, à faire des ruptures de rythme ou à utiliser la répétition d'un même plan (l'héroïne observée entre deux planches, répétition anti-naturelle qui fait très peur), tactique assez peu commune, peu à la mode pour ainsi dire. Le cadre est rigoureux également. Le son suit, et devient un élément plus simple de narration par la suite, mais il continue, ceci dit, de faire partie des nombreux éléments non verbaux qui constituent malgré tout des facteurs importants de narration, voire de thématique (par exemple, sans le dire, la musique classique des parents provoque le chaos concret chez les enfants ; cf. les thèmes ressemblant à du faux Arvo Part).
Car c'est cela qui étonne chez Malone. La trame, en fait, est classique. Mais le réalisateur sait broder quelques thèmes qu'il mélange et développe tout au long du film, sans jamais s'arrêter. Ces thèmes pris individuellement sont assez simples, mais ensemble, et du fait que Malone ne cesse jamais de les tisser, ils finissent par créer une trame, certes très symbolique, mais assez riche. Ce qui sert d'autant mieux son propos que FAIR-HAIRED CHILD est, tel qu'il est réalisé (il aurait pu en être autrement), complètement un conte merveilleux, au sens littéraire du terme, et donc incroyablement noir et violent. [Le Marquis rappelait hier la noirceur sans fond des contes merveilleux originaux, quasiment toujours mal adaptés et édulcorés, à propos du film CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE.] FAIR-HAIRED CHILD est sous le patronage évident de Hans Christian Andersen, et on retrouve ça et là des motifs du genre (traversée de la forêt, transformations, le poêle (allusion directe à un conte célèbre), etc.). On peut dès lors reprocher au film un côté un peu carré, mais l'enchevêtrement de thématiques est suffisamment riche. En racontant une histoire, Malone en raconte en fait plusieurs : celle des parents, celle du couple d'enfants, celle de Johnny, etc. En filigrane, sans insister, Malone trace des liens symboliques forts, là aussi proches de l'esprit du conte, comme par exemple l'ironie distillée dans des détails infimes sur le choix de la jeune Lindsay comme victime (qui la lie déjà à Johnny avant qu'ils ne se rencontrent, et malgré l'expérience qu'ils vont vivre ensemble).

Des idées, Malone en a de belles : la poursuite dans les conduits est très maline, le passage sous l'espèce d'arcade végétale dans le jardin (malheureusement un peu défiguré par un morphing ; j'aurais fait deux plans ostensiblement découpés...), les ignobles graffitis sur les murs de la cave (qui changent de statut au fur et à mesure), la corde, le bris de verre qui mène à la sous-couche de peinture, les prémisses telluriques de l'arrivée du monstre, etc. Tout cela est opposé à un "geste d'amour", tel qu'il est souvent employé dans le cinéma ou la littérature fantastique, que Malone dénonce ici largement comme un geste de mort, envoyant ainsi balader les romantismes potentiels de l'histoire et celui des personnages à Winnipeg ! Très bonne tactique.

Signalons aussi la séquence de flash-back, la première du moins, tout à fait scotchante. Elle commence en noir et blanc, dans le pire des clichés, et finit par un délire graphique assez phénoménal, et d'autant plus jouissif qu'il ne se pose jamais la question d'être ou non ridicule. Ça aussi, c'est ahurissant et magnifique. Du coup, la convention du flash-back (dans la série) est largement explosée, et ce qui aurait dû être le plus cliché devient un des passages les plus iconoclastes du film. C’est très étonnant. Le deuxième est forcément moins réussi, mais Malone semble le faire pour jouer avec la photo, un peu à la Dreyer ! Impossible de vendre la mèche plus avant en ce qui concerne ce fameux flash-back sans vous gâcher le plaisir.

Enfin, un dernier mot pour saluer la belle utilisation du monstre, volontairement gauche et enfantin, mais précis et effrayant. Il devrait rappeler, outre son look, des souvenirs à ceux qui ont vu la MAISON DE L'HORREUR. En tout cas, son utilisation est largement maline là aussi, et je pense que Peter Jackson peut-être largement jaloux !

Évidemment, on peut être légèrement déçu par la fin que, personnellement, j'aurais développée avec une idée, la plus simple et la plus sombre, idée que d'ailleurs Malone dévoile lui-même. Il choisit pourtant la pirouette rebondissante, souvent présente dans la série, qu'il exécute d'ailleurs de façon fort logique et avec une distance assez belle (la réplique sur Brahms, le jeu de Johnny, et l'effet gore final presque ridicule et qui fonctionne parfaitement). Entre le retour de bâton, et le refus de jouer (ma solution), Malone choisit le retour de bâton. Pourquoi pas ? En tout cas, j'aurais carrément choisi la noirceur anarchique du refus de jouer (ceux qui ne voient pas, après visionnage, la fin que j'envisageais avec Malone, qui la refuse donc, peuvent m'envoyer un mail et je leur expliquerai ; impossible d'en dire plus ici sans dévoiler quoi que ce soit).

Mine de rien, donc, Malone signe ici ce qui pourrait être assez largement son meilleur film, pas le plus mauvais, en tout cas, de la série MOH. En attachant de manière déterminée son film à l'univers du conte (d'une manière plus premier degré que son aîné, mais qui rappelle la belle utilisation qu'en avait fait Wes Craven dans LE SOUS-SOL DE LA PEUR), Malone a choisi une option symbolique, marquée, mais largement travaillée, qui place son film sous le sceau d'une intelligence certaine, et d'une volonté de faire du cinéma personnel (plus qu'un SICK GIRL par exemple, c'est curieux). Deux séquences surnagent largement dans ce film de fort belle tenue, et font penser que 1) Malone en a largement sous le pied et hésite encore à lâcher complètement les chiens, et 2) s'il continue comme ça, il pourrait faire extrêmement mal ! Cerise sur le gâteau, les comédiens sont formidablement choisis. On retrouve une Lori Petty vieillie,  fardée, gothique mais aussi naturelle et précise. Bien que son personnage soit haut en couleur, elle refuse finalement tout pathos du syndrome "Maman du Petit Juju", choix subtil. L'idée géniale a été de lui associer un acteur pas glamour, un type que personne n'aurait choisi pour figurer à ses côtés : William Samples (excellent). Le couple fonctionne fabuleusement, et ce choix gonflé se révèle des plus pertinents.
On a hâte de voir Malone retourner aux affaires et au long-métrage, car à continuer dans cette nouvelle voie qu'il se trace, il peut gagner, avec un peu moins de timidité encore, des territoires exquis. Il faudra en tout cas surveiller le bonhomme. FAIR-HAIRED CHILD, quoi qu'il en soit, est peut-être la plus belle surprise de cette série. [Ce qui ne m'empêche pas de préférer les épisodes de Carpenter, Argento et Landis !]

Chaudement Vôtre,

Dr Devo.

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Dimanche 30 juillet 2006

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(Photo : "Naughty Bits" par Dr Devo)



AVANT-PROPOS
Comme chaque année, et aussi surprenant que cela puisse paraître, nous allons largement ouvrir nos pages à la dernière grande émission politique et religieuse de la Télévision : KOH-LANTA.
Chaque semaine, nous ferons un rapport subjectif mais détaillé de l'émission. Certains seront surpris de trouver de telles choses ici. Pour que les choses soient bien claires, nous détestons tous la Télé-Réalité, très sincèrement. Par contre, KOH-LANTA est pour nous une source inépuisable de questionnement moral, de portrait de la France en marche, etc. Regarder KOH-LANTA, c'est voir du DOGVILLE ou du MANDERLAY en "direct".
 Par son approche documentaire (peut-être la seule valable) et par la puissance des situations évoquées, l'émission nous paraît être sans équivalent.

Pour en parler, on accueille notre spécialiste : Le Shériff.
Amusez-vous bien.

Dr Devo.




Des dizaines de noms au générique, un réalisateur (FRANCOIS ROBIN) secondé par une demi-douzaine d'assistants, une bande-son réglée au dixième de seconde, pas de doute, l'été sera chaud. Sous la canicule, la couette ou près de la cheminée, la Une nous propose un nouvel opus, du plus grand des feuilletons de nos étés : KOH-LANTA est de retour, Allelujah ! Une année de silence, les aisselles de la belle CLEMENCE en pointillé, quelques après-midi de F1 par-ci par-là, seules quelques séquelles éparses ont jalonné sans grande cohérence ce trop long hiver. Le sieur Proctoman, rappelez-vous, avait flairé le nom de la dernière survivante, nous attendons donc sa prophétie. Les plus curieux ont bien appris que ce serait aux VANUATU, qu'il y aurait un realcyclone, et que DENIS BROGNIART a même emmené toute sa famille sur place. Mais qu'en est-il de la plainte déposée contre la prod' pour mise à mort illicite des bénitiers, fameux coquillages à la chair goûteuse ? Oui, l'émission est attendue au tournant par ses opposants, comme par ses inconditionnels. Je ne vais pas utiliser le terme d'aficionados, ces sauvages tuent des taureaux ! Ami focalien, amie focalienne, tu peux être surpris(e) par l'existence d'un article sur une telle émission, télévisée qui plus est. Sache que le Docteur t'autorise une petite descente dans l'enfer vert de la Real tv, prends ça comme une simple cure homéopathique.

Prégénérique, lumière style USHUAIA, en moins clinquant. Un chapelet d'îles Mélanésiennes. Evocation et survol du volcan MARAO, le vrai maître des lieux. Les Dieux ont déserté, semble-t-il, la contrée. La voix off, DENIS BROGNIART, le grand-prêtre : "Nous sommes sur les terres d'un peuple rude et courageux qui a longtemps terrifié les navigateurs" ; la situation est posée par le Conteur longiligne, 16 métropolitains intrus vont devoir se frotter à la vie sur les îles, au bout de quarante jours, un seul sortira du désert. La musique semi-ethnique, qui nous revient de très loin, gagne en puissance, oui, nos cœurs peuvent entrer en communion. Présentation des seize, en quelques secondes ; nous aurons bien le temps de nous familiariser avec eux ! Beaucoup de citadins et montagnards dans le casting, pas de Camarguais ou de Marais-Poitevin, sans doute trop favorisés par atavisme.

Les aventuriers se transmutent en naufragés lorsqu'ils dégringolent du modeste cargo rouillé qui les a menés à quelques encablures de la grand'île. L'équipage local sous-payé, qu'on imagine pirates lors des temps de disette, regarde se matérialiser sous ses yeux un équipement de survie dont il ne pourra jamais bénéficier : deux belles embarcations auto-gonflées destinées à symboliser le passage du monde quotidien aux péripéties. Sauts de l'ange pour se jeter à l'eau, voilà c'est fait, le Destin est en marche. Il ne se lasse jamais, celui-là.

Les intrus accostent après que le doyen JEAN-CLAUDE, Antillais senseï karateka, ait été sauvé de la noyade. Accueillis par les moustiques dans la mangrove, les naufragés pataugent et atteignent, maculés de boue dermoprotectrice, cette apparition d'un mètre-quatre-vingt-quatorze qui les divise en deux groupes (manque un éclair ici, à mon avis) :
Les seniors, les MOSSO, les Rouges VS les juniors, les TANA, les Jaunes. On reprend le schéma de la saison dernière, pourquoi pas ; il semblerait que les épreuves aient davantage évolué.
Le groupe divisé et affaibli, la première épreuve de confort se présente aussitôt. Les équipes doivent passer des obstacles, se hisser sur une corde à nœuds et s'y maintenir cinq secondes. J'attends avec impatience une hypothétique novellisation en Bd, pour voir comment les scénaristes pourraient mettre en lien toutes les péripéties ! Perches en bois, cordages, fanions, eau saumâtre, inégalé ! CATHERINE a du mal en apnée ; personne ne se moque. Elle vient de Marseille, soutient l'O.M (splendouillet plan dans les tribunes), elle est heureuse car elle a tout ce qu'elle veut dans la vie. Le compte à rebours est lancé, tictac, le vernis va bientôt craquer, ma cocotte ! RAHAN, son pagne et son collier. Pas besoin de crocos ou de tyrannosaure, on y croit plus qu'aux tigres de Vendée. Les cris des naufragés alternent avec la voix off qui se complaît en explications et observations, ludiquement pertinentes et dramatiquement amusantes. Le texte est travaillé, c'est visible ; et c'est d'autant plus réussi que le montage est couplé à la voix. C'est de l'art, y'a bon ! Les moments de "silence" sont dédiés à la musique (percus, cordes et synthé), classiquement dramatique, sans excès, elle reste légèrement en retrait au final. Voilà pour l'épreuve.
Trop difficile, elle est transformée après cinq tentatives en épreuve de course, entre deux champions. ALAIN, pompier volontaire "droit dans ses bottes", meunier dans la Marne, taciturne et patient, un mec bien quoi ! Tictactictac… Grands cris juvéniles, bousculade et gerbes d'eau, les Tana, représentés par FRANCOIS-DAVID (allez, FD…) l'emportent et empochent trois allumettes.
Après 25 mn, pirogue au sec sur l'île dévolue à chacune des équipes. Successions de séquences alternées, la narration n'est pas linéaire, ni chronologique (ça sert de regarder les maillots des filles). J'en retiens que les MOSSO ont repéré MAMA, mystique sociable aux chaussettes paranogéniques (qui donc avouera avoir délibérément "saboté" ses chaussettes lors de la nuit ?) ; c'est le seul point de tension révélé, pour l'instant. "MAMA a paniqué", déclare NATHALIE. Un Conseil se prépare toujours le plus tôt possible.

Chez les TANA, FD reporte le feu au lendemain, GAELLE, contremaître, suit son avis. SEBASTIEN, chef d'entreprise haut-normand, réserve sa sagacité pour les confessions "reality", histoire de ne pas trop se décaler du groupe. Celui-ci souffre de son inorganisation et de son indécision. Le fil rouge entre ces séquences est le Bernard-Lhermitte, mollusque decapode dont les pinces n'épargnent ni les Jaunes, ni les autres.
Le deuxième jour, épreuve d'immunité, pour désigner l'équipe qui devra se présenter au Conseil, et donc devra éliminer un de ses membres. Beau parallèle littéraire off entre le cycle éruption-fertilité et l'élimination-immunité. Après repérage du parcours, les Mosso décident une lenteur tactique qui leur permet une accélération finale décisive. Victoire un peu étrange, on leur permet de passer par le tunnel des adversaires !
Au troisième jour, le Conseil se tient dans un lieu historique, où s'est scellée, il y a trois cents ans, l'unité des peuples Mélanésiens. Sans doute contre les envahisseurs Européens. Maintenant qu'ils sont sages, on va vous en montrer quelques-uns, patientez un peu.
Questions choisies pour mettre mal à l'aise, confessions arrachées, la "question" est une boucherie. NICO "maximaculpa" s'en veut d'avoir perdu. Les votes au flambeau : c'est la jolie KARINE qui part, trop douce et sensible selon certains. Annonce du prochain épisode, Lord JIM approche, 80km de diamètre, il vient récupérer vos âmes. "Tous aux abris !" Splendide. Superbe séquence pré-apocalyptique, j'ai la chance d'en posséder un enregistrement, je ne m'en lasse pas. Je crois que l'épisode 2 sera un grand grand moment.
Par expérience, je sais que le survivant n'est pas dans la liste citée plus haut. Je parie sur EMILIE. Et toi ?

Le shériff.
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Jeudi 27 juillet 2006

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En rouge et noir (Le Marquis)

Ça va mal. Sur un laboratoire caché aux confins de la planète Sheita, les Stressos procèdent à une horrible expérience, visant à élaborer un virus mortel. Et attention, cette expérience semble bien valoir la présence des grands pontes, puisque Koménor, Volkor et Furia sont présents, assistés par un médecin et par une laborantine horrifiée. Et hop ! Un petit groupe de prisonniers sont gazés dans un violent éclair rouge, tandis que le montage place en insert un bref plan de Furia qui, curieusement, a rarement eu l’air aussi triste – bien qu’il s’agisse plus probablement d’un relâchement passager de la comédienne que d’un soudain élan de compassion. « L’expérience a réussi, s’exclame le médecin : quelques bouffées de ce gaz les ont tués ! » Quelques bouffées, quelques bouffées, il en a de bonnes, lui, on se serait cru dans un sauna turc… Bref, l’affaire est grave, les Stressos se lancent joyeusement dans la guerre bactériologique, qui est amorcée sur le champ, destination Belda. Cette mission délicate est confiée à Gorgon, surhomme monocorne équipé d’une jolie lame rétractile qui apparaît et disparaît avec un gracieux son de piccolo. En marge de ce fourbe complot, la laborantine, Leira, se rebelle en son fort intérieur, et décide en son fort extérieur de dérober le virus, son antidote et un lazérolabe pour « sauver l’univers », passe-temps louable, je trouve.
S’échappant donc du Cosmosaur en marche vers Belda (sauf qu’il vole), Leira est prise en chasse par une escadrille, et comme elle n’a jamais fait école de pilote interstellaire, son vaisseau est en flammes lorsqu’elle aborde les rivages de Belda (sauf que c’est une planète), et semble dangereusement proche de se détacher des ficelles qui le font évoluer, ficelles dont je souligne qu’elles ont rarement été à ce point visibles.
 
En contrebas, Ryu et Ayato ne chôment pas en l’absence de missions définies, et s’entraînent avec entrain au lancer de canif sur des assiettes lancées par leur sous-fifre velu, le brave Siman. Le jeu consiste, quand l’assiette prend son envol, à sauter en l’air et à trinquer à trois mètres au-dessus du sol avec les lames (tchin-tchin, ou devrais-je dire tjapon-tjapon ?). Dans la fougue de son excitation, Ayato a encore du mal à se contrôler, et l’admet courageusement lui-même : « J’ai lancé un peu trop tôt… » Mais son compagnon Ryu n’est pas dégoûté et l’encourage à réessayer en lui prodiguant ses conseils, car, le souligne-t-il avec son insupportable rire suffisant, « j’ai toujours raison ! » Ceci dit, il faut lui reconnaître que ça marche, ce qui satisfait autant l’élève que son maître, qui s’exclame : « Allez, j’ai une idée ! Je te paie un déjeuner à tout casser ! »
Ils devront hélas se contenter d’un sandwich acheté à la supérette du coin, car c’est à ce stade palpitant du récit que vient s’écraser non loin de là le vaisseau de Leira – et décidément, qu’ils ont de la chance, nos valeureux héros : tout événement déterminant se produit toujours à quelques centaines de mètres de l’endroit où ils s’exercent, mangent, dorment et font tout ce qu’un héros fait de son quotidien. Ayato va donc voir ce qui se passe pendant que Ryu fait les courses au Leader Price du coin, et découvre une Leira mal en point qui a juste le temps de lui confier la mallette contenant virus et antivirus avant que n’interviennent les malveillants Stressos menés par la toujours très cuissardée Furia, qui a retrouvé son sourire mauvais. Dans le bref combat qui s’ensuit, la montre à quartz-talkie-walkie toute neuve d’Ayato, avec laquelle il bidouillait depuis quelques épisodes, est cassée. Chose rare, Sidéro se lance bravement dans la mêlée en bombardant les soldats de ses deux seins jaunes amovibles et explosifs bonnet C, avant de se mesurer à Furia, qui l’abîme d’un cruel coup sur la tête. Entre le robot et la montre, j’espère que l’équipe du San Ku Kaï est solidement assurée.
De leur côté, étonnés de ne pas voir revenir Ayato, Ryu et Siman partent à sa recherche sur le lieu du crash, et secourent Sidéro, sans vraiment croire que leur attachant petit gadget ait réellement pu se battre. Mais d’Ayato, point de traces.
Le jeune homme s’est enfui avec Leira, et est secouru par Jil (j’aurais pu écrire « Gilles », mais ça ne fait pas aventures de l’espace, je trouve), un jeune bédouin comme il en pullule dans le 15e Système Solaire. Jil est très fier de son gros pistolet qu’il exhibe à un Ayato réservé mais curieux, et les conduit chez Lisa, une amie de Leira. C’est vraiment une très bonne idée, mais la maison est hélas vite cernée par Furia et sa troupe. Alors que Lisa voit son hospitalité payée par une contamination express, Leira supplie Ayato de s’enfuir par la porte de derrière, ce qu’il fait, car il est primordial qu’il apporte le virus et son vaccin au laboratoire de Belda – et là, elle n’a pas tort, car les lazérolabes ont déjà commencé leurs survols au-dessus des villages environnants, laissant derrière eux une traînée de fumée rouge mortelle. Abandonnée entre les mains des Stressos, Leira est en mauvaise posture. Furia profite de sa faiblesse pour lui recouvrir le visage de son slime protéiforme dépilatoire rose, qu’elle applique aussitôt sur le sien pour lui voler son identité. Et qu’advient-il de Leira, mystère ! On entend bien Furia dire « Je n’ai plus besoin de cette traîtresse, je ne veux plus la voir, j… », mais le montage coupe sa réplique avant la conclusion, et si Sidéro était présent dans la régie, il proférerait sans doute un cinglant « Malpoli ! Malpoli ! »
Lorsque Jil découvre Lisa malade à crever, il est un peu contrarié, et l’est encore davantage quand Leira/Furia lui fait croire qu’Ayato est un assassin, et qu’il est responsable de la propagation du virus. Regrettant amèrement de lui avoir montré son pistolet, Jil se lance à sa poursuite, et il va lui falloir courir vite, car de son côté, livré à lui-même avec une mission pour lui tout seul, Ayato trotte. Trotte, Ayato, trotte. Regarde Ayato trotter. Il tombe sur un village contaminé dont la population bédouine jonche le sol de ses ressortissants agonisants, et réalise qu’il est lui-même affecté par le virus. Un flash-back de sa première rencontre avec Leira l’amène soudain à réaliser que quand elle lui disait : « Tiens, prend cette mallette, elle contient le virus et son antidote », elle voulait en fait lui dire que la mallette contenait un antidote. Aaaaaah ! Un antidote !!! Bon sang mais c’est bien sûr ! Pas de temps à perdre : trotte, Ayato, trotte comme le vent ! Il court toujours, mais désormais, il sait pourquoi.
Plus au nord, à bord du Cosmosaur, Koménor fait son rapport, équipé de sa panoplie complète : cape sonore, sabre ornementé et chapelet, pourquoi pas. Le roi Golem XIII vient s’enquérir par micrâne interposé de la progression de ce projet de « Contamination de l’Univers par la Maladie » (CUM). On fait aller. « Et les flacons volés, ont-ils été retrouvés ? » « On y travaille d’arrache-pied », répond Volkor, à la place de son supérieur Koménor, ce qui semble exaspérer ce dernier (le personnage ou l’acteur, le mystère reste entier).
Sans transition, plan sur Jil, qui met enfin la main sur un Ayato hors-champ et le braque de son pistolet, sa fierté : « C’est toi qui les a tués ! » Ayato bondit d’un saut dans le plan pour s’écrier « Même pas vrai ! », ce qui évite astucieusement de tourner un contrechamps. Bang ! Bang !, rétorque Jil en tirant à bout portant sur Ayato. Il le manque ! (S’il ne lance pas trop tôt, Jil semblerait tirer un peu trop à gauche.) Ayato s’enfuit sur une distance de cinq mètres avant de tomber nez à nez avec Gorgon et Furia : il est cerné ! Mais la mascarade a assez duré, Furia tombe le masque exfoliant et jette aux pieds d’Ayato et d’un Jil consterné une capsule de fumigène rouge viral.
Ayato et Jil ont-ils péri dans les volutes empoisonnés du virus Stressos ? Non, car si c’est comme ça, Ayato aussi peut lancer des fumigènes, et toc. Et il ne s’en prive pas, profitant du petit pouf de fumée blanche pour s’enfuir avec Jil dans une carrière non loin de là. Mais Jil s’écroule, il ne peut aller plus loin. Ayato l’empoigne vigoureusement et lui crie : « Allez, sois un homme ! » Jil gémit, transpire, halète d’une voix rauque, mais Ayato réalise soudain que son jeune compagnon d’infortune n’est pas submergé par le désir : il est contaminé par le virus CUM ! Jil s’attache à convaincre Ayato de poursuivre une nouvelle fois son chemin en abandonnant derrière lui un comparse mal en point : Trotte, Ayato, trotte ! « Moi, je ne compte pas ! » « Il a raison », se dit en voix-off un Ayato bien volage, « et si je réussis, il sera sauvé ! » Avant son départ, Jil, dans un dernier souffle, lui offre son pistolet : « tu es le seul à qui je veux bien le donner ! » Long échange de regards – ils ont eu un moment, là, non ? Peut-être, mais il est terminé : trotte, Ayato, trotte !
Dans la série, il y a aussi Ryu et Siman, qui ont passé une majeure partie de l’épisode à chercher Ayato en marge du récit, et en vain. « Mais où il est ? » Soudain, un souffle féerique. Soudain, une douce mélodie jouée au piano synthétique. L’Azuris surgit majestueusement d’entre les cieux, et la si douce, si divinement blonde Eolia apparaît, implorant Ryu et Siman de sauver Ayato. « Merci pour lui ! », rétorque Siman, qui laisse à cet instant transparaître ce que lui, son glabre compagnon et nous-mêmes pensons tout bas : les villageois peuvent crever le CUM aux lèvres, il faut sauver Ayato. Parce que ça ne fait pas des heures qu’on le cherche partout, non non, on est là, assis sur notre derrière à éplucher des clémentines en chantant « Fernando ». Rien de nouveau sur Belda ou ailleurs, Ayato est le petit préféré de la déesse aux cheveux d’or. Allons, pas de mauvais esprit, continuons à chercher.
Et Ayato trotte, trotte, trotte encore, Marathon Man de l’an 70 du Calendrier Spatial se ruant sans le savoir vers une embuscade Stressos. Affaibli par le virus CUM, Ayato est sur le point de recevoir le coup fatal de la lame piccolo de Gorgon, quand la main de celui-ci est soudain stoppée par la réception douloureuse et impromptue d’une étoile ninja. « Qui a osé ??? », s’offusque-t-il. « C’est moi ! Et je vais même oser te battre ! », s’écrie fièrement Ryu grimé en Staros, qui a retrouvé la trace de son disciple après avoir rencontré un Jil faible mais bien disposé. Furieux, Gorgon regarde à ses pieds pour constater qu’Ayato a disparu ! « Mais où il est ? » Là-bas, tout en haut de la falaise, quelle vitesse fulgurante, Ayato en costume de Fantôme lui répond : « Ici ! Je descends ! ». Ce qui me plonge dans perplexité la plus complète : pourquoi alors est-il monté là haut ? Juste pour lui dire qu’il redescendait ? C’est un style…
S’ensuit une brève bagarre finale, occasion rêvée pour Ayato Fantôme et Ryu Staros d’inaugurer la technique du lancer de canif travaillée au début de l’épisode sur la personne de Gorgon, qui n’a que le temps de… Ah, non, il ne dit rien, il explose. Furia aussi, mais de rage, encore une journée foutue.
Notre épisode 15 s’achève dans le recueillement. Cette mystérieuse ellipse qui avait si grossièrement coupé la parole à Furia a donc été fatale à la pauvre Leira, qui a sacrifié sa vie pour le bien de tous, blablabla, etc., amen. Lisa est guérie, c’est super. Jil aussi, et Ayato lui rend son pistolet : merci mais non merci, je repars avec Ryu, Siman et Sidéro (lui-même sidéré de s’être fait appeler « Tonto », son nom dans la version originale, au détour d’un dialogue). Je ne sais pas pour vous, mais ce que j’en dis, c’est : vivement la suite.
 
Le Marquis
 
Il faut te battre pour mettre à jour les archives, Ayato.
 
Episode 2 : Les Ninjas
Episode 4 : Le Camp
Episode 6 : Le Roi Golem
Episode 8 : Du sang froid
Episode 11 : Princesse
Episode 12 : Le grand combat
Episode 13 : Le Miracle
Episode 14 : L’agent secret
 
Affaire classée (Le Marquis)
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Lundi 17 juillet 2006

Recommander - Publié dans : Lucarnus Magica


[Photo : Wentworth Miller, ici au premier plan, n'a vraiment pas de chance : pété de thunes, un boulot en or, ultra-beau gosse, sensibilité exacerbée, et en plus un cerveau de génie ! A l'arrière plan, Dominic Purcell (dans le rôle de Lincoln), son frangin de série.]


Chers Focaliens,
 
Comme vous le savez, nous parlons de temps en temps de télévision sur ces pages, ce qui est bien paradoxal à vrai dire, car parmi tous les collaborateurs de Matière Focale, il faut bien le dire, nous sommes bien peu, sinon aucun, à regarder régulièrement la chose. Nous avons consacré une série de 13 articles, déjà, et ce n'est pas terminé, à la série expérimentale japonaise SAN KU KAI, la série qui explique le totalitarisme aux enfants. L'été dernier, et ce sera encore le cas dans quelques semaines, nous consacrerons un article par semaine à l'émission formidable KOH-LANTA, la seule émission politique digne de ce nom sur les petits écrans, et qui fait également office de magazine religieux et théologique. [Evidemment, ces remarques sont faites dans un absolu premier degré. Nous ré-expliquerons tout cela le moment venu.]
 
Par contre, vous l'aurez remarqué, nous n'avons jamais parlé de séries télés contemporaines. Et allez, on peut vous le dire, moi, j'ai un peu de mal avec ces séries. J'ai certes regardé pas mal LES SOPRANOS, plutôt sympathique d'ailleurs, et je n'ai découvert la saison 1 de 24 HEURES que cette année ! [Ouais, ça se regarde...] Il y a une raison à cette semi-désaffection. Je suis admirateur sans borne de CHAPEAU MELON ET BOTTES DE CUIR, série évolutive dont j'apprécie absolument chaque saison (et non pas seulement celles ou apparaît Emma Peel, car il y a des choses sublimes avant et après la dame), même la dernière, dite NEW AVENGERS, généralement décriée par les fans pur jus. Alors que cette série m'ennuyait à mourir lorsque que j'étais enfant, maintenant, adulte, je les regarde quasiment sans cesse. Il faut bien le dire : pour moi, THE AVENGERS, c'est du cinéma, fait à la télévision certes, mais c'est du cinéma. La mise en scène est en général très gourmande, et bien plus riche que ce qu'on voit, encore aujourd'hui, en salles.
Inconsciemment, donc, CHAPEAU MELON... a placé la barre très haut, et bien souvent, le reste me semble fade. Il y a eu de superbes choses plus récemment : TWIN PEAKS bien sûr, et PARKER LEWIS NE PERD JAMAIS. [Je note que MALCOM IN THE MIDDLE (MALCOM en VF), marche un tout petit peu sur les pas de son aîné Parker !] Mais bon, il faut s'y résoudre, la série étant devenu un business ultra-lucratif, impliquant des moyens très importants, elles se sont multipliées, mais sans que cela ne m’émeuve outre mesure.
 
Jusqu'à ce que... De retour d'un voyage récent aux USA, Bernard RAPP me parla d'un drôle de truc qu'il avait vu à la télé là-bas. Intrigué, je demande à l'Ami Américain (qui m'avait déjà magnétoscopé la série MASTERS OF HORROR), un fan du site, s'il serait possible de me faire des copies de la chose. Et grâce lui soit rendue, j'ai pu voir cet objet merveilleux qu'est PRISON BREAK ! Halleluyah !
 
Michael Scofield est un gars dans la petite trentaine (ou juste avant) qui n’a vraiment pas de chance : il est un brillant architecte, il a un appartement grand comme un hangar, il gagne très bien sa vie, il est super beau gosse, etc. N'en jetez plus, la cour est pleine. Tout va bien, merci. Il apprend néanmoins que son frère Lincoln, qui est plus âgé que lui et dont le parcours est nettement plus chaotique (deals et délinquances), est condamné à la chaise électrique pour meurtre. Les preuves sont accablantes (une vidéo de surveillance montrant Lincoln abattre la pauvre victime notamment) et le procès ne traîne pas. Dans un mois, Lincoln sera exécuté. Michael va voir son frère et lui pose une simple question, tout simple, à savoir : est-ce vraiment lui qui a tué cet homme... Ce à quoi le grand frère aussi simplement : non !
Bien. Michael n'insiste pas. Et quelques jours plus tard, il essaie de cambrioler une banque ! Oui, lui, le gars à qui tout réussi. Le garçon a une idée en tête. Il cambriole la banque en prenant le plus de temps possible afin d'être bien sûr d'être arrêté ! Et ça marche. Michael passe en comparution immédiate au tribunal, et il est condamné à 5 ans de prison ferme. Il est enfermé dans le même centre pénitencier que son frère.
Lorsque les deux frangins se rencontrent au parloir, vous pouvez imaginez que Lincoln est furieux de voir son petit frangin à qui tout réussi derrière les barreaux. Michael lui explique alors que... le cabinet d'architecture pour lequel il travaille a construit une partie de la prison ! Les yeux de Lincoln s'illuminent tout de suite. Il demande à son cadet : "Tu as vu les plans alors ?". Ce à quoi, très flegmatique, Michael répond : "Mieux que ça !". Il enlève sa chemise pour montrer alors l'énorme tatouage qui lui couvre le dos, le torse et les bras, tatouage complètement exubérant et très dense, avec cartes de poker, serpents, femmes à poil, aigles, slogans, etc. Lincoln s'aperçoit alors que l'énorme tatouage n'est rien d'autre qu'une version stylisée, codée et donc indétectable du plan de la prison dans ses moindres détails, même les plus techniques.
Michael a un plan pour délivrer son frère, et il sait parfaitement comment on peut sortir de l'établissement pénitencier !
 
 
Il faut bien le dire, même si vous avez compris que les séries me détendent et me font passer éventuellement un bon moment sans plus (en quelque sorte), PRISON BREAK se distingue du lot, et pas qu'un peu. Il faut avouer également que les Américains sont des gens très habiles en la matière. Et pas seulement parce que nous, Français, sommes complètement nuls dans le même domaine. [À part, peut-être, les DOCUMENTS INTERDITS, série sans équivalent au monde et tout à fait scotchante, dont je vous parlerai très certainement un de ces quatre.]
24 HEURES a un principe de base tout à fait original, du moins sur le papier, idéal pour le format série, et son rôle principal (Kiefer Sutherland) est très bien tenu. LES SOPRANOS, malgré un genre rebattu au cinéma, est absolument consciencieux et d'une fort belle facture en ce qui concerne le casting qui, chose rare, est parfait de A à Z.
PRISON BREAK néanmoins place la barre nettement au-dessus. Et c'est dans son système de fonctionnement que la série se démarque.
Les scénaristes américains sont assez habiles. Ils ont un art consommé en ce qui concerne la compétence de "donnage des cartouches", expression que je viens de forger pour vous. Je m'explique. Des rebondissements, il y en a. On les garde consciencieusement, et on les place avec minutie. Parallèlement, il y a toujours des zones d'ombres dans l'intrigue, dans le passé des personnages, ou dans l'identité des personnages mystérieux. Et là aussi, on éclaire petit à petit, en général très lentement au fil des épisodes, ces fameuses zones d'ombre. Là aussi, on sait où placer ces révélations, on sait en user avec parcimonie, histoire de faire monter la pression et l'addiction chez le spectateur. LES SOPRANOS font ça très bien (malgré la relative décontraction de la série), ou encore LA CARAVANE DE L'ÉTRANGE (je préfère le CARNIVALE original ! Belle série très bien soignée, avec un formidable casting de luxe : Clea Duvall, Adrienne Barbeau, Patrick Bauchau, Michael Anderson). C'est un art que de savoir donner des cartouches à son spectateur : ni trop peu, sans quoi il ne peut que s'accrocher à la narration au risque de s'ennuyer ou de juger que tout cela avance trop lentement, ni trop, sans quoi on diminue l'addiction et on risque de nuire à la crédibilité de la série ou de rendre les épisodes suivants bien fadasses. Et pour ça, donc, nos amis Ricains, ils sont balèzes. C'est une question de dosage, et c'est une question de slowburn encore une fois, c'est-à-dire de rendre haletants et brûlants des événements qui, à notre goût, avancent trop lentement... Ça swingue, quoi !
Et bien mes petits amis, tous ces repères, vous allez vite les oublier avec PRISON BREAK, qui utilise une tactique complètement différente. Là où les concurrents utilisent cet art de la parcimonie haletante, cette série fait le contraire, et le résultat est ahurissant. PRISON BREAK donne tout, PRISON BREAK est aussi calculateur que les autres, certes, mais lâche les chiens constamment, et donne des cartouches à foison ! C'est bien simple : là où les autres lessives ménagent un bon cliffhanger par épisode, PRISON BREAK rebondit d'un événement formidable à peu près toutes les cinq minutes, et même parfois moins. Le suspense est complètement phénoménal, au point d'être absolument immonde ! Et je vous assure (même s'il va falloir me croire sur parole, car je ne vous dévoilerai rien) qu'on fait des bonds sur son siège, qu'on se lève devant son poste, en général cinq ou six fois par épisode. Et sans exagérer en plus. PRISON BREAK a un sujet suffisamment riche et original (et loufoque encore une fois) pour se permettre une générosité jusque-là inédite ! Et si la série, qui a bien marché aux USA, devait faire école, et bien, je vous assure qu'on assisterait alors à un véritable chamboulement dans la façon d'écrire ces choses-là. On passerait comme je l'ai dit à la tactique inverse.
Un sujet original donc. Un modus operandi (ça faisait longtemps !) iconoclaste. Et un personnage principal hors du commun mine de rien, qui, allié au contexte et à l'intrigue de départ, permet les folies logiques les plus débridées... Dur d'en dire plus sans donner d'exemples, dur d'en dire plus sans rien dévoiler... Mais je peux vous mettre l'eau à la bouche d'une autre manière, par la petite porte [Pour une série se déroulant dans une prison, c’est une démarche logique ! NdC].
Disons le tout de suite, contrairement à CHAPEAU MELON..., PRISON BREAK, comme tous ses petits camarades, ne révolutionnera pas le langage cinématographique. C'est absolument soigné. La lumière, un peu métal pour moi, est rigoureuse, le découpage en général est habile, etc. Mais à quelques plans près (très beaux), c'est du carré. La direction artistique est tout à fait admirable, et il y a beaucoup de moyens déployés. Bravo.
Par contre, vous l'aurez compris, le scénario est... époustouflant ? Fabuleux ? Je ne sais pas quel mot convient le mieux, mais c'est une merveille. C'est très précis, généreux et d'une habileté complètement monstrueuse, et là pour le coup, moi qui en général me bats contre le Tout-Scénario, je dois l'avouer, on n'est plus dans la construction habile, on est dans une cathédrale. Je n'ai jamais vu ça !
Non seulement, tout cela est bien fichu, non seulement les auteurs sont d'une générosité inédite comme je l'ai dit plus haut, mais en plus, les gars ont réussi à presser le citron jusqu’à la dernière goutte et à exploiter quasiment tout le matériau à leur portée. Et encore mieux que ça : ils ont fait preuve d'un sens du courage et de l'iconoclasme, et là je pèse mes mots (surtout quand on connaît les enjeux commerciaux colossaux de ces séries), absolument FA-BU-LEUX ! [Sweetie darling… NdC] Tomber sur un sujet malin comme un singe, c'est très bien. Construire un suspense gigantesque et quasiment constant, c'est impressionnant. Mais PRISON BREAK fait encore mieux en poussant son principe dans des extrémités inédites. Les scénaristes de la série, sur ce point précis, font preuve d'un courage authentique. Plusieurs fois en effet, ils mènent leur histoire dans des recoins qui sont, en fait, des points de non-retour. C'est-à-dire qu'au lieu de distiller sagement les révélations, ils font au moins quatre ou cinq fois dans la saison exploser la série. Et ça les amis, je n'avais, ni de près ni de loin, jamais vu ça ! Les gars n'hésitent pas à prendre des risques narratifs énormes afin de casser leur jouet le plus possible. C’est-à-dire que ces gars-là, manifestement doués, avaient de quoi faire avec ce matériau plusieurs saisons, en gérant de manière pépère les événements. Mais plusieurs fois dans les 22 épisodes, et bien ils décident de tout casser et de faire faire à la série des virages en épingles, en général complètement terrifiants ! Je m'arrête là et vous laisse découvrir la chose. Mais je crois que c'est sur ce dernier point que PRISON BREAK est le plus étonnant, et de très, très loin.
Pour le reste, on est dans un bel écrin. Les comédiens sont vraiment très bons. Certes, quelques uns sont un peu plus fadasses, comme l'avocate et amie de Lincoln, le fils de ce dernier, l'avocat qui les aide, etc. Mais pour le reste, c'est du billard, c'est du caviar. Peter Stormare, plus vulgaire que jamais, vient là en vedette américaine, et remplit sa mission les doigts dans le nez. Stacy Keach, habitué des séries télé (MIKE HAMMER, quel prozac !), signe là un rôle très beau, et on se dit qu'il est bien dommage que ce comédien n'ait pas eu une meilleure carrière. Il est excellent et il a une sacré bouteille, si j'ose dire. Dominique Purcell, petit à petit, s'avance rigoureusement dans le rôle de Lincoln, et sait mettre en valeur son frangin de héros. Bien, bien.
Par contre, on est dans le luxe cosmique et dans le sur-fin total avec d'abord Robert Knepper, dont on a déjà croisé la tronche de second couteau ici et là, dans le rôle de T-Bag, l'ignoblissime fouteur de merde, homosexuel, pédéraste, et quasiment nazi ! Un superbe rôle, joué les doigts dans le nez !
Michael est joué par Wentworth Miller, inconnu au bataillon, et là les cocos, c'est encore mieux, c'est la sur-classe ! C’est merveilleux. C'est du miel ! Mesdames, oubliez les fadasses Brad Pitt et autres Clooney branchouilles. Miller a de la chance. Il a rencontré là un rôle d'une grande richesse. Son personnage est fabuleux. Je crois qu'il ne donne pas un seul coup de poing de la série. Ce type, c'est l'intelligence pure. Et c'est aussi grâce à ce personnage hors norme que toute la série fonctionne. Évidemment, pour faire s’évader son frangin, Miller a un plan très détaillé, mais la vie en prison n'est faite que d'aléas et de pression sociale, et à chaque pas fait en avant vers la sortie, il y a un écueil imprévu. Miller, qui joue ici un personnage quasiment surdoué, doit se faire joueur d'échec, et il doit préparer ses parades avec deux coups d'avance à chaque fois, ce qui, vous l'imaginez, nourri encore plus un suspense déjà très fort ! Et bien, comme si cela ne suffisait pas, Wentworth Miller est complètement délicieux en tant qu'acteur. Non seulement le personnage est passionnant, mais en plus les créateurs de PRISON BREAK ont fait preuve d'un sacré nez en embauchant le garçon qui, haut la main, fait tenir toute la série sur ses neurones (je brûle d'envie de vous donner un détail fabuleux... Mais non, il faut que résiste). Si le reste ne vous a que mollement convaincus, allez-y pour lui. [Ensuite, vous verrez que cet article était bien en dessous de la vérité !]. Il est assez rare de voir, au cinéma comme à la télé, un cerveau pur se débattre, et vous allez voir, ce type-là nous scotche constamment.
Peu de faiblesses. Une façon de faire opposée à la concurrence. Un sujet bougrement original. Un casting soigné, et un héros über alles (ce qui ne l'empêche pas de connaître les pires difficultés ; ce type n'est pas surpuissant, il est juste intelligent au possible !). Un scénario complètement fou. Que demande le peuple ?
J'ai eu la chance de voir la série d'une traite quasiment. Mais déjà, le suspense de PRISON BREAK, sa force d'écriture, en faisait une expérience très douloureuse pour mes nerfs ! J’imagine que lorsqu'on découvre la chose à la télé, lorsqu'on doit attendre une semaine entière jusqu'au prochain épisode, on doit tout bonnement avoir envie de se suicider ! Je vous conseille, en attendant que la série passe, de faire du yoga ou de vous mettre à l'archerie zen. Ou alors prévoyez une cellule de soutien psychologique.
 
La série débarque à la rentrée sur M6 (qui mettra sûrement là-dessus une VF bien pourrie aux petits oignons, historie de bien détruire le jeu nuancé des comédiens, mais bon...).
 
Je n'ai qu'un mot à vous dire pour septembre : bon courage, les gars !
 
Bisous.
 
Jubilatoirement Vôtre.
 
Dr Devo.
 
PS : Je vous imagine déjà vous tordant de plaisir sur votre petit canapé. C’est comme faire des gratouilles à un chat. Rien que ça, rien que cette image, est une sublime récompense qui vaut très largement les efforts et le temps passé sur cet article !
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Mardi 23 mai 2006

Recommander - Publié dans : Lucarnus Magica

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