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[Photo : "Pourvu qu'elle soit douze", par le Marquis]
Recommander - Publié dans : Chroniques de l'Abécédaire
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[Photo : "Bizarre Bizarre", par le Marquis]
[Photo : "Elle va en voir de toutes les couleurs", par le Marquis]
[Photo : d'après Camilla Carr dans NE REFERMEZ PAS MA TOMBE, par Le Marquis]
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[Photo : d'après NE REFERMEZ PAS MA TOMBE, par Le Marquis]
[Photo : "Et surtout la santé", par Le Marquis]
[Photo : "Un jour tu me briseras le coeur", Valérie Lemercier, par Le Marquis]
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[Photo : "13 est le prochain", par Le Marquis]
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["Qu'est-ce qu'un artiste ?", Divine dans FEMALE TROUBLE, par le Marquis]
[Photo : "Le Maléfique Lapin de la Toussaint", par le Marquis]
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[Photo : "De quoi faire du potache", par le Marquis]
[Photo : "Papilles Oculaires", par Le Marquis]
Bonjour à tous et à toutes, et à toi aussi.
Bien calme, le site, depuis quelques jours… Que voulez-vous, le travail, le travail… Mais restons calmes, cette passade n’est en rien le signe d’un quelconque essoufflement, de mon côté, les visionnages se poursuivent avec entrain, avec la perspective de vacances prochaines illuminées par la visite attendue du Dr Devo en personne. Quels films ai-je vu depuis ma dernière intervention ? C’est un secret, petits curieux.
Mais avant de poursuivre, je peux juste préciser que les séries TV, interludes bien pratiques, progressent de leur côté à vitesse réduite mais certaine. Curieux, cette frénésie récente pour les séries TV, vous ne trouvez pas ? Je n’y porte aucun jugement, d’autant plus que je passe à côté de la plupart d’entre elles, et n’y voyez aucun mépris. Mais à la base, je ne suis jamais très attiré par la fidélisation sur la petite lucarne, TWIN PEAKS et CORKY ayant en leur temps fait exception – oui, CORKY, j’assume, que dis-je, je revendique. Ce n’est donc pas vers les modes du moment que mes papilles oculaires (?) me portent : après avoir achevé le visionnage (un tantinet laborieux) de la première saison d’AU-DELÀ DU RÉEL (1963, c’est dire si je suis à la page !), dont je tâcherai de vous parler un jour prochain, je viens de boucler celui de L’HÔPITAL ET SES FANTÔMES de Lars Von Trier, dans la plus grande des frustrations d’ailleurs, puisque cette merveille s’achève en queue de poisson pour cause de non-reconduction du programme et de décès d’un de ses acteurs principaux, Ernst-Hugo Jaregaard. Misère, je ne saurai jamais vers quel mystère cet ascenseur conduit la pauvre vieille Mme Drusse ! Tant pis, on fera travailler l’imagination… Reste que les deux saisons de cette série me semblent vraiment incontournables : c’est captivant, c’est inquiétant, c’est émouvant, c’est prodigieusement drôle. Le coffret sorti en début d’année, agrémenté d’un bon documentaire sur le cinéaste et d’un clip à hurler de rire, vaut très largement l’investissement : entre un PRISON BREAK et un LOST, si vous n’en avez jamais fait l’expérience, je vous recommande vivement de faire le détour. Mais nous avons un mouton sur la planche et nous y revenons de ce pas, avec un film en A comme…
ALICE N'EST PLUS ICI, de Martin Scorsese (USA, 1974)
Tiens, Scorsese… En voilà un dont je n’ai jamais vraiment su quoi penser. Sympathique, cultivé, du talent, un penchant pour les expérimentations relativement audacieuses dans le cadre du cinéma de studios (voir LES NERFS À VIF), un autre pour les films de mafieux (LES AFFRANCHIS), genre qui ne me passionne pas vraiment et ne me touche que dans des œuvres qui parviennent à aller au-delà de leur sujet (KING OF NEW YORK de Ferrara, LES FRÈRES KRAY de Peter Medak) ; et quelques réussites, petites (À TOMBEAU OUVERT, AFTER HOURS) ou grandes (TAXI DRIVER, porté par la superbe musique de Bernard Herrmann). Pourtant, et cela semble d’autant plus s’affirmer ces dernières années (THE AVIATOR), ce qui me frappe surtout, c’est le peu de cohérence et de constance d’une carrière en dents de scie à laquelle manque peut-être une unité, une véritable identité – quel fil se tisse entre MEAN STREETS, LA DERNIÈRE TENTATION DU CHRIST et CASINO, je n’ai jamais su le distinguer. Bref, Scorsese est un réalisateur que j’apprécie au coup par coup, un peu, beaucoup ou pas du tout, sans vraiment associer à son nom une image, une émotion spécifique, le résultat dépendant trop souvent de son inspiration personnelle, de son entourage artistique ou tout simplement de son scénariste. Et allons-y pour la formule, je pourrais presque l’évoquer comme le Renny Harlin intellectuel : pas d’univers, pas de réelle identité, juste une petite personnalité et un grand savoir-faire qui tape (parfois) dans le mille.
Avec ALICE N’EST PLUS ICI, nous revenons sur la première partie de sa carrière, et les premiers pas dans ce film s’avèrent séduisants et d’une indéniable puissance ; l’introduction de ce métrage réaliste et mélancolique est par contraste totalement irréaliste et visuellement splendide : hommage désuet au MAGICIEN D’OZ, aux tonalités ocres, instantané de l’enfance d’Alice, moment en suspension, onirique, brutalement balayé par un effet sonore déstabilisant qui nous plonge, des dizaines d’années plus tard, dans le quotidien de la même Alice, aspirante chanteuse dont la carrière n’a jamais existé, oubliée dans le mariage avec un ours mal léché. Le décès de son mari est pour elle l’occasion de tenter une dernière fois sa chance et de partir avec son fils pour réaliser son rêve : aussi fauchée soit-elle, elle s’entête à ne chercher que des emplois de chanteuse…
Le film bénéficie avant tout de la performance admirable d’Ellen Burstyn dans le rôle principal, et ne reviendra plus par la suite sur des audaces stylistiques comparables à sa superbe introduction – ce qui est sans doute ce qu’il y avait de mieux à faire : cette saillie présente une puissance évocatrice, oscillant entre l’émerveillement, la nostalgie et le malaise, dont le souvenir porte le film et rend parfaitement crédible l’entêtement d’Alice, la force obsessive de son ambition. Loin des boursouflures esthétiques auxquelles Scorsese nous a habitués, ALICE N’EST PLUS ICI trouve donc un équilibre dans un style un rien hésitant qui développe pourtant, par son montage nerveux, par ses cadrages dynamiques, une alternance particulièrement efficace de rythmes vifs, lents, lourds, emportés… Le scénario, qui ne sort jamais vraiment d’un registre aussi sensible que prévisible de chronique douce-amère, de road-movie mélancolique, est attachant et soigné, mais trouve principalement sa force dans la justesse de ses interprètes (dont Kris Kristofferson, Diane Ladd, Harvey Keitel et une toute jeune Jodie Foster dans un petit rôle de garçon manqué). Si vous n’êtes pas spécialement disposés à vous contenter d’une jolie histoire qui tire à la ligne, (vous avez raison, et) vous serez surtout sensibles à la finesse de cette mise en scène sobre qui parvient à tirer d’un récit potentiellement mélodramatique et lénifiant une atmosphère volontairement instable, déséquilibrée, chaotique et attachante. Bon film.
B comme… BLIZZARD, LE RENNE MAGIQUE DU PÈRE NOËL, de LeVar Burton (Canada / USA, 2003)
Ah ! Burton, quel cinéaste ! Et quel plaisir que de retrouver une fois de plus son univers si attachant, l’enfance, le rêve, les choristes, la neige, tout ça quoi ! Ah, euh, pardon, je vous parle de LeVar, pas de Tim, hein, nous sommes bien d’accord ?
Derrière ce titre redoutable se cache un film pour enfants effectivement en partie influencé par Burton (Tim), LeVar semblant avoir décidé d’assumer pleinement son patronyme pour œuvrer dans une voie similaire, bien qu’il s’efforce, soyons justes, de s’en distinguer un minimum, ne serait-ce que par son attachement aux normes classiques de l’imaginaire usuel – je doute fort que Tim B. se soit un jour intéressé à une reconstitution fidèle, conforme et dénuée d’ironie du village du Père Noël, du moins si j’en juge par la vision qu’il nous en offre dans L’ÉTRANGE NOËL DE MONSIEUR JACK de Henry Selick.
Allez, avouez, combien d’entre vous consacreraient du temps à la vision d’un film de ce type, sans parler dans faire l’acquisition, ne serait-ce que pour deux euros comme ce fut mon cas ? C’est toujours le même principe qui me guide, celui de varier les plaisirs et les déplaisirs, de ne pas écarter un film pour son sujet, son genre, sa provenance ou le public qu’il vise – même si, comme tout le monde, j’ai tout de même mes limites, je les espère aussi ténues et localisées que possible. Et comme la transposition du merveilleux au cinéma est un sujet auquel j’ai déjà travaillé par le passé, j’ai une raison de plus de m’intéresser à des films de ce type, bien que le concept du Père Noël, d’aussi loin que je m’en souvienne, est resté à mes yeux bien davantage représentatif d’une démarche mercantile s’infiltrant en sous-marin dans les ménages épris de pseudo-traditions culturelles que d’un quelconque sens du merveilleux. (Rappelons, et ce n’est qu’un exemple, que nous devons le concept de père noël tel que nous le visualisons aujourd’hui à une publicité de la firme Coca-Cola !).
L’histoire ? Oh, vous allez voir, elle est jolie, très jolie et avec des couettes. La petite Jessie est effondrée : un déménagement va la séparer de son meilleur ami, et la musique du film nous informe que c’est très triste. Inconsolable ? Faut voir… Sa tante (Brenda Blethyn) décide quand même de la dérider en lui racontant l’histoire (oh, elle est jolie, vous allez voir !) d’une amitié impossible entre Blizzard (voix de Whoopi Goldberg, qui fait décidément tout et n’importe quoi), renne magique du Père Noël © donc, doté de divers dons magiques (dont une fascinante « navigation empathique » !) et une fille passionnée de patinage artistique… Au début, Jessie n’en a rien à carrer de l’histoire de Blizzard, mais petit à petit, PRINCESS BRIDE, blablabla, etc., ad lib.
Allons, rangeons un instant le cynisme au placard, et mettons brièvement entre parenthèses notre détestation atavique du gros con distributeur de joujoux : mieux vaut ne pas être allergique au sirop. Dans le genre qui est le sien, BLIZZARD fonctionne gentiment par moments. C’est visuellement correct (LeVar Burton ne charge pas trop la mule, ha-ha), la photographie est très acceptable et la plupart des effets spéciaux sont de très bonne tenue, notamment les séquences de vol, parfois très belles. Totalement dénué d’originalité (sans mentionner, donc, un imaginaire fondé sur des bases bien pauvres), le moins qu’on puisse en dire, c’est que ce n’est pas du Jim Henson. L’avantage, c’est que ce n’est pas non plus SANTA CLAUS, l’atroce long-métrage de Jeannot Szwarc que tout le monde s’efforce d’oublier. Sans éclats, fonctionnel, le film fait son boulot sans trop faire mal aux yeux, et ne trouve au fond ses propres limites, radicales ceci dit, que dans ses élans (ha-ha) de sentimentalisme glaireux, un peu trop appuyés pour ne pas faire grimacer de douleur, notamment dans sa conclusion stupide et antipathique qui commet l’erreur impardonnable de confondre en fin de course la fiction avec l’histoire racontée dans la fiction. « Mais alors, cette petite fille, c’était toi Tata ? », vous voyez le genre. Ce genre de conclusions me semble toujours plus qu’imbécile : c’est une erreur fondamentale, à peu près aussi aberrante que de vouloir farcir une dinde avec sa propre fiente pour la rendre plus succulente à la cuisson.
C comme… LE CLOWN DE L'HORREUR, de Jean Pellerin (Canada, 1998)
Après le renne tendre et généreux, voici le clown meurtrier, autour duquel s’est construit un petit slasher méconnu doté d’un joli casting et d’une réputation flatteuse. Les clowns effrayants ne sont pourtant pas bien nouveaux au cinéma, même s’ils ont rarement fait l’objet de films très aboutis : on pense par exemple à OUT OF THE DARK, réalisé par Michael Schroeder, également à l’œuvre sur GLASS SHADOW dont il est question ci-dessous, un film pas très réussi qui vaut surtout le coup d’œil pour la présence dans un petit rôle de Divine dans son minuscule et tout dernier rôle ; à l’adaptation sous forme de mini-série de ÇA de Stephen King, mauvais téléfilm qui ratait constamment le coche et dans lequel Tim Curry, habituellement étincelant, était très décevant, la faute à une conception idiote et réductrice de son personnage ; au fond, en dehors de quelques silhouettes inquiétantes égarées dans des films dont ce n’est pas le sujet, le meilleur souvenir dans cette forme de sous-genre reste le KILLER KLOWNS FROM OUTER SPACE des frères Chiodo, épatante série B parodique et prodigieusement inventive.
Mais revenons donc à ce CLOWN DE L’HORREUR, présenté dans une assez belle copie en VOST et dans un format 1 :33 non recadré. Les conditions sont réunies pour apprécier à sa juste (et modeste) valeur un film soigneusement composé, bénéficiant d’une très belle photographie caractérisée par une utilisation judicieuse et parfois très efficace de la profondeur de champ. Une diva est assassinée par un clown dans la loge de l’opéra où elle vient de livrer sa dernière prestation. Quinze ans plus tard, sa fille (Sarah Lassez, violée dans THE BLACKOUT et dans NOWHERE) et ses camarades d’une classe d’art dramatique dirigée par Margot Kidder décident d’investir l’opéra désaffecté afin de le restaurer et de lui rendre son prestige passé, avec l’accord de son propriétaire Christopher Plummer. Bien entendu, le clown dément semble ne pas avoir quitté les lieux, et tout ce petit monde va vite en faire les frais.
Rien d’original donc, et passée une introduction assez belle, le métrage s’oriente vite vers le slasher classique – mais d’assez bonne qualité au demeurant. Le réalisateur Jean Pellerin semble avoir beaucoup apprécié le cinéma italien, puisqu’il place régulièrement des allusions au film OPERA de Dario Argento. Mais il n’a pas oublié non plus le BLOODY BIRD de Michele Soavi, ici très largement mis à contribution, un peu trop d’ailleurs (plagiat de la séquence des cadavres disposés sur scène et du magnétophone à bande). Mais d’une façon générale, le scénario n’est qu’un tissu d’emprunts de ce genre, auxquels on peut ajouter des titres moins connus comme POPCORN ou CURTAINS. C’est donc la forme qui prédomine, et c’est une chance qu’elle soit aussi attrayante. Dommage que l’adjonction totalement inutile d’un élément fantastique (les visions de Sarah Lassez), argument qui ne débouche strictement sur rien du reste si ce n’est une dernière partie un peu tirée par les cheveux, vienne déséquilibrer à la fois le récit et la mise en scène, très efficace, mais trop impersonnelle, le film ayant principalement l’attrait de ses propres références. Agréable, sans plus.
D comme… 2 GARÇONS, 1 FILLE, 3 POSSIBILITÉS, d’Andrew Fleming (USA, 1994)
Le sujet est inscrit dans le titre : lors d’une rentrée universitaire, trois étudiants sont amenés à partager un logement sur le campus – un macho fêtard (Stephen Baldwin), un jeune à l’homosexualité encore refoulée (Josh Charles) et une superbe jeune femme (Lara Flynn Boyle), qui va naturellement tomber amoureuse du gay, lequel est lui-même attiré par son colocataire qui pour sa part n’est pas indifférent aux charmes de, etc. On est donc, une fois de plus, face à un « film de college », genre fréquemment visité sur ce site (voir SLACKERS ou LES TRONCHES par exemple), et qui est loin de provoquer chez moi le même enthousiasme, ou du moins, pas systématiquement – contrairement au Dr Devo, je n’aime pas AMERICAN PIE, pour n’en citer qu’un. Ce qui ne m’empêche pas de reconnaître les caractéristiques et le potentiel d’un genre à part entière, bien qu’il soit typiquement américain, et donc assez peu reconnu dans nos contrées (malgré quelques tentatives d’imitation redoutables du type SEXY BOYS), et même d’avoir beaucoup de sympathie (COLLEGE ATTITUDE) ou parfois d’estime (LES LOIS DE L’ATTRACTION, ou le superbe RUSHMORE, à mes yeux le meilleur travail de Wes Anderson) pour une partie de ces films – mais une partie seulement : je reviendrai prochainement sur mes propres réserves à l’occasion de SLACKERS et d’AMERICAN PARTY (VAN WILDER, PARTY LIAISON), préférant glisser pour le moment sur ce point de vue.
Pourquoi ? Sans doute, tout simplement, parce que le film d’Andrew Fleming m’a semblé assez réussi – je n’aurais peut-être pas fait l’effort d’y jeter un œil si mes collègues ne m’avaient pas promis un très bon film, et j’avoue honnêtement que je n’en attendais pas grand-chose. D’autant plus que Fleming ne m’avait jusqu’alors pas impressionné par ses talents de cinéaste avec des films comme PANICS ou encore, avec toujours un pied dans le film de college, THE CRAFT (DANGEREUSE ALLIANCE), film médiocre qu’il faut tout de même faire l’effort de voir pour la très belle performance de la trop rare Fairuza Balk.
Attention : je ne suis pas en train de dire que 2 GARÇONS, 1 FILLE, 3 POSSIBILITÉS est une merveille de mise en scène, loin de là : la réalisation n’a d’autre qualité que celle d’être fonctionnelle dans un registre purement illustratif. Mais les comédiens font un excellent travail, et apportent beaucoup de spontanéité au récit. Plus encore, la sexualité, qui dans ce genre de film est toujours omniprésente mais dans une approche assez creuse et parodique, est ici abordée de façon frontale, non sans parfois une certaine gravité ; le film traite de l’érotisme, de la sensualité, avec un indéniable tact, qui parvient &a