[Photo : "Elle ne pense à lui que lorsqu'il la regarde", par le Marquis.]
Suite et fin de ce quinzième Abécédaire, un programme un peu faiblard tout de même relevé par trois films plus intéressants, à commencer par la lettre M comme…
 
THE MANSON FAMILY, de Jim van Bebber (USA, 2003)
Montré dans festivals divers en 1997 dans un premier bout-à-bout inachevé mais finalisé seulement en 2003, THE MANSON FAMILY est le second long-métrage de Jim van Bebber après un anonyme DEADBEAT AT DAWN, film de gang de la fin des années 80. Van Bebber, également réalisateur de clips (notamment pour Skinny Puppy), persiste dans un sous-genre dont il semble s’être fait une spécialité : l’adaptation de faits divers impliquant drogue et serial-killers, déjà abordés dans ces courts-métrages ROADKILL, MY SWEET SATAN et DOPER. Après John Martin Crawford, il s’attaque ici au gros morceau de sa curieuse spécialisation en développant un récit étrange et chaotique autour des méfaits de Charles Manson et de ses adeptes.
THE MANSON FAMILY divise semble-t-il l’opinion entre ceux qui lui reprochent ses entorses à la véracité des faits et ceux qui déplorent la bizarrerie ambiante assez prononcée – sans compter ceux qui ont simplement adoré le film. Sans faire partie d’aucune de ces trois catégories, je dois bien admettre que le film parvient, fort heureusement, à se démarquer du marché un peu encombré des films pseudo-réalistes tissant le portrait de divers tueurs en série, dérivés d’œuvres passionnantes comme HENRY ou son ancêtre DERANGED – lesquels peuvent s’avérer aussi maladroits et pénibles qu’ils se veulent malsains et dérangeants, voir par exemple le très mauvais LA VIE SECRÈTE DE JEFFREY DAHMER.
La relative réussite du film tient en partie à une mise en scène ne cherchant pas à verser dans l’observation clinique (belle excuse pour pondre une réalisation totalement indigente) ; Van Bebber tente une alternance de textures oscillant entre le faux documentaire psychédélique façon 70’s et les expérimentations de cinéastes comme Kenneth Anger – qu’il ne parvient jamais vraiment à égaler cependant. Le résultat n’est pas toujours très convaincant, mais rend le film dans l’ensemble assez attrayant et imprévisible. Autre aspect intéressant, le film insère des séquences contemporaines visant à mettre en perspective les événements et la personnalité de Manson en esquissant le portrait de désaxés des années 2000 affichant leur fidélité à un mouvement déviant dont l’esprit, solidement ancré dans une époque et un contexte précis, leur échappe pourtant totalement – sans compter cette séquence isolée montrant un jeune homme un peu plouc dont la subversion se résume à porter un T-shirt à l’effigie du gourou se faire sévèrement passer à tabac par des types agacés par le versant has-been de la figure de Charlie. À défaut d’être vraiment abouti, THE MANSON FAMILY sort du lot, et parvient à générer le malaise sans avoir recours aux ficelles attendues du suspense fabriqué et de la complaisance gratuite, ce qui n’est déjà pas si mal.
 
N comme… LA NUIT DE L'IGUANE, de John Huston (USA, 1964)
Possiblement émoustillés par le scandale de la relation entre Richard Burton et Ava Gardner, les distributeurs du film à l’époque l’avaient lancé dans les salles avec un slogan erroné et particulièrement stupide (« Un homme, trois femmes, une nuit ») : sans même relever le simple fait que lorsque survient la nuit en question, le personnage de Sue Lyon (deux ans après LOLITA et sensiblement dans le même emploi) a déjà été mis hors-circuit du récit, cette accroche met exclusivement en avant une tension sexuelle indéniablement présente dans le métrage, mais certainement pas au centre des enjeux du film, plus graves, plus vastes et bien plus intéressants.
Bien que je ne sois pas particulièrement un inconditionnel de John Huston (pour l’être, il faudrait aussi adorer ANNIE !) ou de Tennessee Williams (j’apprécie assez L’HOMME À LA PEAU DE SERPENT, mais beaucoup moins le trop lourdement psychanalytique SOUDAIN L’ÉTÉ DERNIER), LA NUIT DE L’IGUANE compte parmi ces films qui tiennent une place particulière dans ma cinéphilie, le genre de films sur lesquels j’éprouve régulièrement le besoin de revenir… et l’un de ces rares films que j’achète neuf dès qu’ils sont disponibles !!!
Très sensible, je suppose, à ce type de situations au cinéma : des personnages malmenés échouent dans un endroit étrange et isolé où les tensions vont se révéler, se dénouer, certains vont repartir, d’autres vont choisir de rester… Une atmosphère insolite en forme de « huis-clos ouvert », certainement à l’origine de la grande popularité du BAGDAD CAFÉ de Percy Adlon (et les gens ont tellement aimé ça qu’ils ne lui ont jamais accordé la chance de leur montrer un autre film, quelles que soient les grandes qualités de ROSALIE FAIT SES COURSES, SALMONBERRIES ou avant cela de ZUCKERBABY) ; certainement aussi ce qui fait que je m’attache à de petits films méconnus comme STRANGERS IN GOOD COMPANY de Cynthia Scott (qui n’a rien fait depuis elle non plus !). Et LA NUIT DE L’IGUANE est à mes yeux le film le plus fort et le plus abouti dans cette approche.
Finesse et vivacité de l’écriture, le scénario évite soigneusement les rives du mélodrame vers lesquelles le désespoir ambiant semblait devoir mener le récit (option fort bien relayée par l’utilisation de la musique, parcimonieuse et toujours juste) par un humour constant, sous-jacent et parfois très noir ; les passages où le vernis d’ironie se craquèle en sont d’autant plus émouvants. Et si l’humour est la politesse du désespoir, il est certain que les personnages du film en ont plein les yeux. Casting remarquable, mais on a ailleurs beaucoup complimenté Richard Burton et Ava Gardner ; je préfère pour ma part mettre en avant la performance admirable de Deborah Kerr, dont la subtilité et la rigueur m’ont évoqué les qualités d’une autre grande actrice contemporaine, Tilda Swinton. Et visuellement, le film est splendide – superbe photographie de Gabriel Figueroa. Mais bon, n’en jetez plus, il me sera difficile d’exprimer l’intensité et la force de l’atmosphère que dégage ce très beau film ou de lui rendre justice par une avalanche d’adjectifs flatteurs. Allez donc y faire un tour, et prévoyez un ou deux verres de rhum-coco.
 
P comme… LA PROCHAINE VICTIME, de Skip Schoolnik (USA, 1988)
Après ce remède contre l’amertume, LA PROCHAINE VICTIME permet de revenir à la réalité de l’Abécédaire et de son esprit « du coq à l’âne » parfois un peu violent. Va donc pour un modeste petit slasher de la fin des années 80, répondant en VO au doux titre de « Hide and Go Shriek ! ».
Introduction amorçant très faussement une tonalité réaliste à la MANIAC : un homme endosse costard et cravate, sans oublier de se mettre un peu de rouge à lèvres (ah bon), va se lever une prostituée qu’il assassine dans la foulée : soft, pas très impressionnant et insipide. Mais nous sommes sauvés, débarque alors la traditionnelle brochette d’adolescents des années 80 – les meilleurs, ceux qui n’étaient pas encore de simples extensions pour téléphones portables. Les filles d’un côté (sucrées et très vulgaires entre elles, elles veulent avoir du drôle je crois), les garçons de l’autre (lourds, gras et fiers comme des coqs, et ils ne pleurent pas), acteurs atroces et VF à l’avenant, tout ce petit monde inepte prépare activement et joyeusement une super fête pour célébrer la fin du lycée, avec l’idée qui tue, ha-ha : faire ça dans le magasin de meubles de papa après la fermeture, c’est grand, il y a des lits et c’est tranquille, il y a juste le gardien louche et tatoué qui ne cherchera sûrement pas à nous faire du mal, puisqu’il s’agit visiblement d’une fausse piste ménageant une révélation plus fracassante encore. Et hop, hélas, les voilà lancés dans une très laborieuse partie de cache-cache qui va durer trèèèèèèèès longtemps, et de temps en temps, un jeune se fait tuer histoire de justifier le titre.
Maigres petites initiatives pour sortir du lot : le tueur endosse les vêtements de ses victimes, hommes ou femmes, au fur et à mesure (une idée gentiment volée au sympathique LE MONSTRE DU TRAIN), et le décor, à peu de choses près la seule variante d’un slasher à un autre, pas formidablement bien éclairé et truffé de mannequins inquiétants (les mannequins dans les magasins vides sont toujours inquiétants) qui ne devraient faire frémir que celui qui n’a jamais vu TOURIST TRAP. Ah oui, et on applaudit chaleureusement une scène de décapitation par ascenseur étonnamment réussie et assez impressionnante, seule vraie réussite d’un film par ailleurs mollasson surtout affairé à remplir le cahier des charges du genre sans chercher à s’en démarquer d’aucune façon.
 
Q comme… QUASIMODO - NOTRE DAME DE PARIS, de Peter Medak (USA/Canada/Hongrie/République Tchèque, 1997)
Quasimodo est de retour ! Il revient promener sa bosse après le muet NOTRE-DAME DE PARIS interprété par Lon Chaney, lequel était à peu de choses près la seule qualité d’une adaptation par ailleurs assez libre du roman de Victor Hugo. Et n’allez pas croire que je suis un passionné de ce récit, mais que voulez-vous : le Q se fait rare, et le (télé)film est mis en scène par le très capable Peter Medak (LES FRÈRES KRAY, ROMEO IS BLEEDING). Bon, l’enthousiasme est quand même modéré : dans le fond, je n’aime pas beaucoup cette histoire, et la copie proposée en DVD est recadrée et en VF.
Verdict sans surprise : c’est assez mauvais. Le film, pauvrement doté, est assez cheap – au passage, je me demande pourquoi les cinéastes compensent si souvent une figuration insuffisante en y mettant des nains, à part pour me faire plaisir, je veux dire. Medak n’a pas l’air d’y croire des masses, et assure proprement ce qui ressemble fort à un minimum syndical, tout juste relevé par quelques plans insolites comme la première apparition d’un Frollo sans tête en prière… Ah, ma grand-mère me tire sur la manche et insiste pour que je lui dise qui joue qui, alors voilà : Quasimodo, c’est Mandy Patinkin, très moyen sous une tonne de latex, Frollo c’est Richard Harris, un peu éteint, et Esmeralda, c’est la jolie Salma Hayek, qui danse comme une folle pour célébrer sa propre compassion pour les moches. Et Olga Antal joue une femme dans la foule, ça te va mémé ? OK, reprenons.
Si le film n’est pas fameux et raconte une fois encore une histoire usée jusqu’à la corde, comment fait-il pour sortir du lot ? Sachant que pour le reste, tous les personnages sont développés sans développer de point de vue particulier, la caméra étant surtout focalisée sur les décors et les costumes… Là aussi, pas de surprise du chef, on se réapproprie le récit comme une bête : en gros, on nous ressert en conclusion le même happy end idiot de la version avec Lon Chaney, mais ici, on va encore plus loin, tellement on a envie de délivrer un joli message en plus de la classique beauté cachée des laids. Frollo condamne l’imprimerie naissante de Wittenberg, et condamner la liberté d’expression (fichtre, déjà ?), c’est mal, alors Quasimodo, qui est lettré et romancier, utilise la presse confisquée pour imprimer en cachette des bulletins révolutionnaires, tandis qu’Esmeralda devient une monnaie d’échange pour la liberté de la presse… Ouiiiiiiiii… Bien sûr ! Pourquoi pas ? Ben voyons ! Je vous laisse, j’ai mal à mon cerveau.
 
R comme… RATS, de Tibor Takacs (USA, 2003)
Ah ! Tibor Takacs ! Encore un qui a failli se faire un nom dans le cinéma fantastique, mais une fois n’est pas coutume, je ne vais sans doute pas déplorer qu’il ait par la suite prestement sombré dans l’anonymat télévisuel et les petites séries B fauchées… Remarqué en 1987 pour le film THE GATE, qui se distinguait bien plus par l’originalité de ses excellents effets spéciaux que par un scénario plutôt médiocre, honoré par le grand prix du grand prix à Avoriaz en 1990 pour le très mauvais LECTURES DIABOLIQUES, ce cinéaste canadien d’origine hongroise a par la suite tenté une séquelle (exécrable) de THE GATE avant d’enchaîner les petites productions anonymes, et à défaut de gagner sa place au sein des MASTERS OF HORROR, il a fini par s’acoquiner avec la splendouillette firme Nu Image, assez portée sur les films de monstres de série B tirant doucement vers le Z (parmi lesquels on peut recommander l’amusant CROCODILE de Tobe Hooper et l’hilarant SHARK ATTACK III), avec des titres alléchants mais pas vus comme MEGASNAKE, KRAKEN : TENTACLES OF THE DEEP, MANSQUITO ou encore ce RATS dont il est question aujourd’hui.
Lancé par une bande-annonce très drôle, RATS est un tout petit film cheap mais plutôt amusant, l’histoire d’une journaliste qui se fait interner sous une fausse identité pour enquêter sur de mystérieuses disparitions dans un hôpital psychiatrique dirigé par le massif Ron Perlman, à qui le rôle de méchant échappe, puisque le nœud de l’affaire, c’est un employé qui a trop regardé WILLARD quand il était petit et a sympathisé avec une horde de rats mutants, télépathes et géants, qui s’en vont manger quelques patients quand ils ont un petit creux. Comme toujours, Nu Image devrait vraiment essayer d’en faire moins et de le faire mieux – les rats infographiques font franchement mal aux yeux. Ceci dit, le film comporte aussi quelques jolis effets, se montre assez cruel et parfois très démonstratif : ça se suit agréablement, jusqu’à un final très ringard. Rigolo mais visuellement hideux et mal fagoté, RATS ferait un apéritif sympathique lors d’une soirée à thème sur nos amis les rongeurs. Allez, pour le jeu, je vous propose un programme pour la suite de la soirée : l’intéressant D’ORIGINE INCONNUE, GRAVEYARD SHIFT qui vaut bien mieux que sa médiocre réputation, KRYZAR : LE JOUEUR DE FLÛTE DE HAMELIN (un peu de culture aussi, que diable !) et pour finir, ça s’impose, LES RATS DE MANHATTAN du regretté Bruno Mattei. Bonne soirée ! Non, non, ne me remerciez pas.
 
S comme… SNAKE ATTACK, de Max Reid (Suisse/USA, 1994)
Chic, après les rats, les serpents ! Ils ont l’air énorme et féroce, ces reptiles s’agitant sur un DVD extrait de la « Monster Collection » ! Je vous arrête tout de suite et juste avant la proposition de programme pour soirée à thème sur nos amis les reptiles : on nous ment, on nous spolie ! Cet emballage (qui circule aussi sous le titre VENINS, prenez garde) dissimule un film qui n’a en réalité vraiment rien à voir avec la choucroute…
Ça s’appelle donc en réalité LA PART DU SERPENT, c’est interprété par Malcolm McDowell, Lois Chiles, Howard Vernon et Philippe Léotard (!), et c’est une espèce de psychodrame soporifique dans le milieu de l’herpétologie, qui n’est pas la science de l’herpès mais bien celle des serpents. Même pas de quoi faire frissonner la tante Gertrude un samedi en prime time, donc. On suit d’un œil morne l’évolution de ce récit construit autour d’un triangle amoureux, qui psychologise à fendre l’âme sur des enjeux profondément simplistes pendant ce qui semble durer des heures, et croyez-moi, si Joséphine ange gardien était apparue pour remettre un peu d’ordre et de bon sens à tout ce fourbi bien poussif et laborieux, on ne s’en serait pas porté plus mal. Le film présente des tonalités télévisuelles dont l’extrême frilosité empêche le film de vieillir, ou même de simplement exister. Seul point saillant de cette entreprise assommante, la musique de Patrick Moraz, possiblement la pire bande originale qu’il m’ait été donné d’entendre, et je pèse mes mots, ce qui rend certains passages assez cocasses. Sinon, comme apéritif, je propose plutôt LE REPAIRE DU VER BLANC de Ken Russell, croyez-moi sur parole, c’est sans commune mesure.
 
T comme… TRAITEMENT DE CHOC, d’Alain Jessua (France/Italie, 1973)
Vous l’avez remarqué, j’ai beau déplorer dans ses grandes lignes le peu d’inspiration du cinéma fantastique français, je suis toujours prêt à tenter une nouvelle expérience, particulièrement lorsqu’il s’agit de s’intéresser à un cinéaste sympathique comme Alain Jessua, régulièrement tenté par le genre – je n’ai pas vu LES CHIENS ni JEU DE MASSACRE, et son FRANKENSTEIN 90, vu dans les années 80, ne m’a pas vraiment laissé un très bon souvenir ceci dit.
Le sujet est sympathique et assez prometteur : Annie Girardot se rend dans un centre de thalassothérapie dirigé par Alain « Mise au point sur moi » Delon, et s’inquiète vite des malaises et des disparitions survenant au sein du personnel portugais du site ; elle va découvrir une vérité à faire dresser les cheveux sur la tête, du genre de celles qu’on croisera par la suite dans des métrages beaucoup plus aboutis comme le méconnu SOIF DE SANG de Rod Hardy ou le très intéressant (et français, cocorico) LA NUIT DE LA MORT de Raphaël Delpard (lequel comporte une scène gore et dévêtue pour Charlotte de Turkheim !).
Eh oui ! Malgré toute la sympathie que m’inspire Jessua, il faut bien admettre que son film n’est vraiment pas très bon. Le réalisateur peine à tirer quelque chose de son décor, il y a de fréquents problèmes d’axes, le découpage, le montage et le cadrage sont pauvres et maladroits, le film abuse de travellings/zooms très datés, et l’ensemble est d’une désolante platitude, à l’image d’une scène de fuite en bicyclette absurde, qui ressemble à une paisible promenade. La volonté de développer des sujets un peu originaux ne s’accompagne pas ici de celle de filmer différemment et de façon plus expressive, et c’est dommage pour ce récit pessimiste aux enjeux sociaux très radicaux, hélas dénué de personnalité et d’intensité.
 
U comme… UN NOËL DE FOLIE, de Joe Roth (USA, 2004)
… et un titre nul, qui va comme un gant à cette infecte comédie familiale. C’est l’histoire d’un couple qui, dans la mesure où leur grande fille est pour la première fois absente pendant les fêtes de fin d’année, décide de ne pas fêter Noël et de plutôt partir en croisière, pour changer. Mais le voisinage et l’entourage ne l’entend pas de cette oreille : Noël, c’est une tradition, et ceux qui ne respectent pas la tradition s’exposent aux franches hostilités. Avec ce genre de sujet, on a deux options : la charge subversive dans un style acerbe et ironique, dans le genre des meilleurs films de Danny de Vito (LA GUERRE DES ROSE ou CRÈVE, SMOOCHIE, CRÈVE !) ; ou cette option crapoteuse choisie par Joe Roth, où la timide critique des conventions sociales retourne prestement sa veste en chemin pour déboucher sur le conformisme le plus nauséabond.
Et si la première partie du film ne fonctionnait déjà pas des masses, les personnages se comportant tous comme des débiles profonds, la seconde, au cours de laquelle les enjeux sont retournés comme des crêpes (coup de théâtre, la fille revient, il faut organiser Noël en un temps record) donne carrément envie de se pendre, surtout qu’à ce stade, il reste encore largement plus d’une demi-heure de métrage. « Et là, c’est le drame ». Ce machin s’enlise peu à peu dans les digressions futiles (le cambriolage, qui ne semble là que pour atteindre la durée d’un long-métrage) et dans le sentimentalisme le plus ignoble : la solidarité se déchaîne dans le quartier (finalement, nos voisins sont si gentils), la fille chérie a trouvé l’amour pur (la famille se consolide et s’agrandit), on remarque enfin à quel point la voisine cancéreuse est malheureuse et mérite amplement les tickets pour la croisière (la maladie, c’est con), et peut-être même, je dis bien peut-être, que le Père Noël en personne, ému par cette guimauve fécale, vient faire un petit coucou le soir de Noël, clin d’œil clin d’œil, chers parents (excusez-moi, je vais me tirer une balle).
Le plus triste dans l’histoire, c’est bien que pour la première fois de ma vie, et je l’espère la dernière, j’ai ici trouvé Jamie Lee Curtis, pourtant à l’aise même dans des comédies pas fameuses, exécrable, laide et antipathique. On dira que sa présence dans cette sombre matière est due à son faible pour la nouvelle de John Grisham ici adaptée, et on passera l’éponge pour cette fois.
 
V comme… VIRGIN MACHINE, de Monika Treut (Allemagne de l’Ouest / USA, 1988)
Après cet enchaînement désastreux qui me fait regretter de ne pas avoir plutôt regardé LA NUIT DE L’IGUANE sept fois de suite, VIRGIN MACHINE vient à point nommer relever le niveau. C’est aussi l’occasion d’honorer l’intéressant éditeur K Films (j’étais moralement obligé d’acheter ce film perdu dans les étagères de mon fournisseur habituel) et de découvrir le travail de Monika Treut, dont je n’avais jamais entendu parler, fondatrice d’une boîte de production indépendante, réalisatrice de nombreux courts-métrages (VIRGIN MACHINE est son deuxième long) et collaboratrice au théâtre du talentueux Werner Schroeter.
Ce film étrange (et son intrigante affiche de type vaguement SM lesbien) semble dans ses très belles premières minutes amorcer un univers partagé entre Guy Maddin (probablement à cause de ce noir et blanc très contrasté évoquant le cinéma muet) et Patricia Rozema (excellente réalisatrice un peu perdue de vue, à qui l’on doit notamment le merveilleux LE CHANT DES SIRÈNES). En réalité, on écarte rapidement le rapprochement à Guy Maddin, le film présentant en réalité une mise en scène moins stylisée, moins ambitieuse – malgré quelques très belles échappées oniriques, et on pense bientôt davantage au cinéma de John Waters, de Jim Jarmusch ou de Percy Adlon : le film tempère son versant artistique par un certain sens de l’humour et de la décontraction.
VIRGIN MACHINE nous raconte le parcours initiatique de Dorothee (Ina Blum, lumineuse), jeune journaliste s’interrogeant sur l’amour sous toutes ses formes en se basant sur les rencontres vers lesquelles son enquête la porte, parmi lesquelles on peut notamment relever un spécialiste des hormones, Susie Sexpert et son impressionnante collection de godemichés, et surtout Ramona, psychothérapeute qui soigne ses patients du romantisme (métier utile) et exécute au cours du film un strip-tease mémorable (très belle séquence).
Sans être renversant, le film offre quelques splendides moments d’abstraction, souvent dans le rapport aux images projetées sur les écrans de télévision, et développe tranquillement une petite musique attachante et assez originale : c’est drôle, ça a du caractère et c’est vivifiant, mangez-en.
 
W comme… WILLOW, de Ron Howard (USA, 1988)
J’aimerais comprendre pourquoi, parmi les films produits par George Lucas, l’excellent LABYRINTH de Jim Henson (écrit par Terry Jones, et ça se voit !) ou le sympathique HOWARD THE DUCK de Willard Huyck se payent une réputation de sombres navets, tandis que WILLOW, quelconque, médiocre et souvent très laid, a pour sa part rencontré un joli succès et bénéficie encore aujourd’hui d’une flatteuse réputation…
L’histoire, développée sur deux heures interminables, n’est qu’un patchwork insipide d’emprunts divers (Moïse, Blanche Neige, « Le Seigneur des Anneaux »…), mais le manque d’originalité du récit aurait à la rigueur pu se reposer sur le seul divertissement émaillé de nombreux effets spéciaux spectaculaires. Mais très vite, rien ne fonctionne. Les effets spéciaux justement, parlons-en : si les animations de Phil Tippett sont très belles, on ne peut vraiment pas en dire autant du morphing alors balbutiant, le résultat (qui a atrocement mal vieilli) étant visuellement repoussant et du reste totalement dépassé six mois après la sortie du film. De plus, on nous colle dans les pattes deux lilliputiens chargés de faire rire dans les salles, qui ne sont hélas à peu près jamais drôles et justifient mal les nombreuses séquences à effets spéciaux nécessaires pour insérer deux personnages ineptes dans un scénario déjà bien filandreux.
Beaucoup plus gênantes dans le film, la laideur et la mièvrerie ambiantes. Je veux bien fermer les yeux sur la composition lénifiante de James Horner, musique à laquelle je suis quand même franchement allergique. Mais WILLOW enfile comme des perles les fautes de goût les plus puériles – voir par exemple ses changements de plans par volets latéraux accompagnés d’un bruit scintillant (« quand tu entends la cloche, tourne la page ! »). Et je ne parle même pas de cette plaie classique qu’est l’utilisation du bébé au centre des enjeux : un bébé sur-comprenant qui, comme le soleil gazouillant illuminant le monde pervers des Télétubbies, a toujours l’expression appropriée. Vous savez de quoi je parle – ALLO MAMAN ICI BÉBÉ sans la voix-off, en gros. L’horreur, quoi.
Bon, à part quelques jolis effets en image par image, on peut tout de même sauver l’interprétation énergique de Jean Marsh en reine maléfique : elle est aussi convaincante qu’elle l’était en princesse Mombi dans son film précédent, le superbe RETURN TO OZ de Walter Murch, autre bide injuste. Et bon, oui, bien sûr, le petit plus pour quelqu’un comme moi, c’est le castings de nains. C’est comme ça, je ne me l’explique pas, les acteurs nains, j’adore. Assez pour relever au premier coup d’œil quelques grands absents comme Kiran Shah ou Zelda Rubinstein. Je suis donc malgré tout content de retrouver Warwick Davis (même si je préfère le voir dans des films comme le déraisonnable ÉCORCHÉ VIF de Gabe Bartalos), le vétéran Billy Barty, et également Tony Cox (FOU(S) D’IRÈNE, BAD SANTA), Phil Fondacaro (LAND OF THE DEAD), ou dans de trop petits rôles Kenny « R2D2 » Baker, Jack Purvis (présent dans beaucoup de films de Terry Gilliam, un bon acteur, réduit ici à de la figuration non créditée) ; avec même une comédienne, Julie Peters, intéressante Sissi Spacek redux qui n’a rien fait d’autre mais qui est parfaite en épouse de Warwick Davis qui lui offre presque son scalp quand il part en mission. Bref, on reviendra une fois prochaine sur ce penchant personnel, de toute façon insuffisant pour m’amener à avoir de l’affection pour cette boursouflure familiale et mal fagotée.
 
Et voilà ! Un autre épisode s’achève, et tandis que mon esprit se tourne déjà vers la rédaction de l’épisode suivant – aurai-je le temps de le terminer avant mon séjour au royaume du Bretzel ? – je constate que cette quinzième sélection n’a dans l’ensemble pas été un très bon cru. Sans démériter, John Huston, Lars von Trier et John Waters se distinguent sans efforts. Quelques surprises (un bon film d’Albert Band !), quelques découvertes valables (Monika Treut, Paul Sarossy), un ou deux métrages honorables, beaucoup d’ennui par ailleurs, une vraie série Z (THE GAME) pour chatouiller les perplexités, et un gros coup de gueule pour l’infect NOËL DE FOLIE.
 
Le Marquis
[Photo : "Le Berceau de la Vie", par le Marquis.]
 
LA NUIT DE L’IGUANE
EPIDEMIC
DESPERATE LIVING
VIRGIN MACHINE
I BURY THE LIVING
KILLING ANGEL
THE MANSON FAMILY
HIDDEN
FUNERAL HOME
LOVE WILL TEAR US APART
BACKSTAGE
JANIS ET JOHN
TRAITEMENT DE CHOC
LE CHOC DES MONDES
WILLOW
QUASIMODO – NOTRE DAME DE PARIS
RATS
LA PROCHAINE VICTIME
AMERICAN NIGHTMARE
THE GAME
SNAKE ATTACK (LA PART DU SERPENT)
UN NOËL DE FOLIE
 
Bande-annonce de l’épisode 16 : Alors que dans l’arène un tueur en série lave un dinosaure à l’éponge, l’Europe court à sa perte absolue aux abords d’un lac hanté par une innocente et laide créature une dernière fois séduite par le simiesque bretteur à la tête d’un commando lancé aux trousses d’un extra-terrestre familier aux testicules protéiformes. Qu’a-t-il fait pour mériter tant d’acharnement ? Il a fait du patin à glace avec un ours blanc dans une contrée de ploucs dégénérés, tous les mêmes, en volant son tour à une petite fille pourtant si gentille, qui s’est consolée en laissant une accorte veuve l’emmener errer dans un supermarché.
 
Pour accéder à la première partie de cet article, cliquez ici.
 

Retrouvez d'autres articles sur d'autres films, en accédant à l'Index des Films Abordés : cliquez ici !

[Photo : "Pourvu qu'elle soit douze", par le Marquis]

ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback
Mardi 7 août 2007

recommander publié dans : Chroniques de l'Abécédaire
[Photo : "Punaise !", par Le Marquis, d'après I BURY THE LIVING]
 
C’est l’été, il fait enfin beau, les râleurs doivent trouver autre chose à dire et à faire que de pester sur la pluie, en ce qui me concerne, peu importe : la rédaction retardataire se poursuit activement, et avec elle le visionnage des sélections d’épisodes ultérieurs, où je trouve toujours de quoi adorer ou détester, pendant que le Dr Devo, que d’autres accusent de négliger la prédominance du sacro-saint scénario, se voit reprocher de n’aimer que les histoires au cinéma. Comme d’habitude, mais c’est aussi le jeu, il faut s’exposer aux reproches les plus contradictoires en fonction de l’œuvre défendue ou critiquée, nous sommes incultes ou élitistes, nous parlons trop de technique ou pas assez, mais la roue tourne, c’est l’été, il fait beau. Et c’est, comme toujours, en toute subjectivité que je vous livre en pâture la sélection de l’épisode 15, en attaquant par la lettre A comme…
 
AMERICAN NIGHTMARE, de Jon Keeyes (USA, 2002)
Alors qu’ils fêtaient Halloween au cœur d’une forêt éloignée, une bande de jeunes est massacrée par une tueuse démente contre laquelle l’un d’entre eux avait commis l’imprudence de témoigner. Un an plus tard, c’est encore Halloween, et c’est encore une bande de jeunes, mais ce n’est plus une forêt, c’est un bar, et dans le bar, qui diffuse une émission de radio sur les phobies, la même tueuse démente sirote un alcool quelconque en écoutant nos fiers adolescents étatsuniens révéler leurs peurs les plus secrètes. Et si je les tuais en fonction de leur peur respective, se dit alors la tueuse démente, ça serait sympa, et ça ferait sûrement un très bon film en plus…
« Acclamé par la critique américaine », affirme la jaquette du DVD, sans se démonter, mais en prenant naturellement la sage précaution de n’en citer aucune. Difficile pour moi d’acclamer ce slasher laborieux qui se veut complexe et malin mais ne fait que compiler des idées volées à d’autres films comme HALLOWEEN, copieusement mis à contribution, ou encore TERREUR SUR LA LIGNE. Le film joue de toutes ses petites forces sur la carte de la cinéphilie, mais en oublie de soigner le récit, mouvementé certes, mais pas une seule seconde crédible ou même intéressant, qui emballe vite fait mal fait une conclusion en queue de poisson. La photographie d’une grande laideur et une VF atroce n’arrangent rien à l’affaire, et à part une morte qui cligne très fort des yeux et la présence pour les connaisseurs de Brinke Stevens et Debbie Rochon, cet AMERICAN NIGHTMARE ne présente pas le moindre intérêt ; le spectateur sera donc bien inspiré de lui préférer le documentaire homonyme et excellent réalisé par Adam Simon – disponible, je le rappelle, sur l’édition 2 disques du bon JEEPERS CREEPERS.
 
B comme… BACKSTAGE, d’Emmanuelle Bercot (France, 2005)
Je suis un peu plus curieux en découvrant ce film qui avait laissé le Docteur D. assez perplexe (cliquez sur le titre pour lire son article – enfin, si vous le voulez, je ne commande pas.) Je suis à vrai dire globalement de son avis : le sujet (stars et idolâtrie) est séduisant, et l’ouverture du film, qui fait se succéder le pastiche d’un concert de Mylène Farmer (sinistre, mais pas beaucoup plus que les vidéos de l’original…) et le tournage d’un simili-« Fan de » qui tourne au désastre personnel et télévisuel. La situation est à la fois glauque et un peu comique, et lorsque la jeune fan un rien désaxée (Isild Le Bescaud, bonne idée) se lance aux trousses de sa chimère, on se frotte les mains en s’attendant au pire, et en le souhaitant presque, naturellement.
Le film ne parvient hélas pas à tenir ses promesses à mon sens. Emmanuelle Seigner gère solidement un rôle pourtant bien chargé en clichés, le scénario comporte des portions intéressantes et bien construites, mais le film est trop long (près de deux heures), pas très bien cadré (étrange travail d’Agnès Godard, froid, terre à terre, blafard et privilégiant les gros plans, ce qui relève probablement d’une volonté de la part de la réalisatrice, mais le résultat n’est pas très réussi), et si les intentions sont bonnes, le film s’avère tiède, visuellement faible et surtout, surtout, totalement dénué de point de vue, ce que ne laissait pas présager sa belle introduction. Des choses arrivent, d’autres pas, mais dans le fond, c’est une fois de plus un pur film de scénario et un film d’acteurs de plus dans une production nationale qui en est déjà bien encombrée. Ça peut se voir par curiosité, mais le film n’est également pas autre chose qu’une curiosité, assez anodine. Pour information, un remake serait en préparation aux Etats-Unis. Le film a beau être perfectible, les remakes américains ont cependant la fâcheuse tendance à simplifier le propos à l’extrême : pas certain que l’idée soit brillante, donc…
 
C comme… LE CHOC DES MONDES, de Rudolph Maté (USA, 1951)
Quelques mots sur cet ancêtre de DEEP IMPACT produit par le sympathique George Pal (et officieusement par Cecil B. DeMille), surtout pour en dire que le film est terriblement daté et désuet, moins par ses effets spéciaux d’époque – plus attachants et vivants que bien des séquences en images de synthèses d’aujourd’hui – que par son écriture sentencieuse et très ampoulée : voix-off biblique, longs bavardages entre scientifiques, et quelques micro-mélodrames assez maladroits, notamment lors du tirage au sort déterminant les personnes admises à bord de la fusée quittant la Terre condamnée pour un hypothétique nouveau monde (la planète Zyra – dans la constellation Zaïus ?), lequel se concrétisera de façon assez désastreuse sous la forme d’un ignoble matte-painting dans le style calendrier des PTT, qui fit dit-on le désespoir de George Pal à qui il avait été imposé par le studio. À part ça, un remake serait en préparation aux Etats-Unis – c’est une impression, ou les studios américains n’ont jamais autant produit de remakes que ces dernières années ?
 
D comme…DESPERATE LIVING, de John Waters (USA, 1977)
Après PINK FLAMINGOS et FEMALE TROUBLE, je découvre avec grand plaisir le 3e titre de la collection John Waters, excellente initiative de Metropolitan/Seven7, complétée par les films POLYESTER et HAIRSPRAY (dont un remake, etc.). DESPERATE LIVING se distingue des films précédents par l’absence notable de David Lochary et surtout de Divine : chacun avait sa place ménagée dans le casting original, mais le premier est mort d’une overdose avant le début du tournage, et le second était retenu par des engagements au théâtre.
Le film n’en souffre pas cependant, d’autant plus que les autres habitués de Waters répondent présent et sont fantastiques : la grassieuse (sic) Edith Massey et Mary Vivian Pearce, respectivement reine et princesse d’un royaume chaotique et putride, Mink Stole dans un de ses meilleurs rôles, Susan Lowe incroyable en lesbienne capable de se faire greffer un pénis par amour (ou de l’arracher et de le jeter aux chiens en voyant la réaction horrifiée de sa dulcinée), sans compter la présence de la sympathique Liz Renay (décédée en janvier) et de l’énorme Jean Hill dans son seul rôle étoffé chez Waters (elle apparaît brièvement dans POLYESTER et dans A DIRTY SHAME).
Tout ce petit monde donne vie à une forme de décalque perverti du conte, particulièrement réussi. Waters y consolide une écriture de plus en plus rigoureuse, tout en laissant s’exprimer librement son versant subversif, d’autant plus intéressant – et furieusement drôle – que la subversion chez Waters relève moins d’une démarche contestataire et démonstrative que d’un élan spontané mêlant l’humour et la noirceur, la dérision et une réelle et sensible affection pour ses personnages, qu’il ne juge jamais, qu’il ne fige pas dans des stéréotypes même extrêmes, mais dont il étale avec une joyeuse complaisance les déviances, la naïveté, la cruauté… Paradoxe d’un film (et d’une œuvre) aussi trash et agressif qu’il est chaleureux et, à sa façon très particulière, assez touchant.
 
E comme… EPIDEMIC, de Lars von Trier (Danemark, 1987)
Ce second métrage extrait de la trilogie Europe, qui succède à THE ELEMENT OF CRIME et précède EUROPA, est sans doute le moins populaire des trois films, probablement parce qu’il se démarque de deux films maniéristes et visuellement somptueux par une esthétique plus sèche et un scénario plus abstrait – ce qui n’empêche pas le film, que Lars von Trier a souhaité réaliser avec un budget très restreint, d’être d’une très grande beauté plastique.
Le film parle de deux scénaristes qui, après avoir perdu le script sur lequel ils planchaient (« Le commissaire et la putain », probable allusion aux personnages principaux de THE ELEMENT OF CRIME), se lancent dans un nouveau scénario, l’histoire d’un médecin idéaliste qui répand une épidémie en Europe en cherchant à la combattre, sans se rendre compte que leur fiction contamine peu à peu la réalité. Le titre de ce nouveau scénario, « Epidemic », malicieusement accompagné de son ®, s’inscrit en lettres rouges sur l’écran, qu’il ne quittera plus : la fiction dont traite le film de Lars von Trier est ainsi constamment désamorcée, et dans le même mouvement, ce titre perpétuellement affiché circule immuablement d’un plan à un autre, du parcours des scénaristes au récit qu’ils développent, suggérant également le thème de la contamination.
EPIDEMIC mêle à une poésie sombre d’abord localisée dans les passages relevant de la fiction (l’histoire du médecin) à un humour noir qui évoque le ton de la future série L’HÔPITAL ET SES FANTÔMES, et de ce point de vue, le film se distingue aussi des autres titres de la trilogie par son sens de l’humour plus affirmé et plus ouvert (voir la fameuse séquence de la dissection d’un tube de dentifrice). Superbe photographie en noir et blanc, alternant deux textures, l’une assez réaliste et sans fioritures, l’autre (celle de ce qui relève de la fiction dans la fiction) plus expressive – et souvent splendide.
À l’image de ce thème classique de Wagner, toujours brutalement interrompu à l’apogée de son élan lyrique, le film suit un mouvement étrange, où le cauchemar succède soudain à une peinture ironique et distanciée du travail d’écriture cinématographique, l’alternance faisant petit à petit naître un malaise jusqu’à ce que la constante de la trilogie, l’hypnotisme, vienne tisser un lien surprenant et assez inquiétant entre les deux univers – séquence d’hypnose que n’aurait certainement pas reniée Zulawski, et qui débouche sur une conclusion admirable, amorce superbe et impressionnante de l’apocalypse. Passionnant.
Et en complément de programme, il faut souligner la présence du moyen-métrage de Lars von Trier, IMAGES OF A RELIEF, superbe brouillon de THE ELEMENT OF CRIME et de EUROPA.
 
F comme… FUNERAL HOME, de William Fruet (Canada, 1980)
Après l’épisode central de l’incontournable trilogie de von Trier, voici maintenant une autre trilogie, fortuite et hasardeuse, puisque ce n’est pas moins de trois films extraits du coffret « 50 Chilling Classics » qui complètent la sélection de cet épisode 15. FUNERAL HOME est le premier désigné par l’ordre alphabétique, et comme pour les autres films composant le programme de ce coffret, il est libre de droit et peut être légalement téléchargé sur le site « Public Domain Torrents » en cliquant ici.
Réalisé par William Fruet, réalisateur surtout dévoué au petit écran, également auteur d’un SPASMS qui aura fait les grandes heures de la défunte 5 (hommage au passage à Mr. Bourret), FUNERAL HOME est un petit film délassant et agréable à regarder, réalisé avec une efficace neutralité esthétique. Seul gros problème : après un démarrage très classique, le film s’installe dans un développement correct, sans bavures et parfaitement banal, pas inventif une seule seconde, et pour cause ! Ce que semblait amorcer l’introduction, le film s’y lance tête baissée : c’est un radical plagiat du PSYCHOSE d’Alfred Hitchcock, tout juste relevé par quelques éléments dérivés du slasher alors naissant : agréable, sympathique, mais plagiat quand même, de la voiture de la victime plongée dans le lac à cette révélation dans la cave éclairée par la lumière vacillante d’une ampoule qui se balance. Et un de plus, Norman ! Mouis… Autant revoir l’original, non ?
 
G comme… THE GAME, de Bill Rebane (USA, 1984)
Second film extrait de la boîte aux 50 découvertes, THE GAME (également inconnu sous le titre THE COLD, et téléchargeable ici) est aussi le premier des films signés Bill Rebane (il y en a plusieurs dans le coffret, des heures d’amusement en perspective !) que le hasard de la programmation me permet de découvrir.
Et c’est l’occasion de rendre hommage à Bill Rebane, sachant qu’il est préférable de le faire avant de parler de son film. Sa carrière, qui s’étend de 1962 à 1987, a entièrement été dévouée au cinéma fantastique, auquel il a vraiment donné de sa personne en assumant souvent, en plus de la mise en scène, le scénario, la production, la photographie, le montage, les décors, la musique, le son et sûrement même le café-crème. Au total, dix longs-métrages à son actif (dont quatre dans le coffret : prochainement donc, THE DEMONS OF LUDLOW, THE ALPHA INCIDENT et THE CAPTURE OF BIGFOOT), de MONSTER A-GO-GO à BLOOD HARVEST, son titre de gloire étant peut-être, qui sait, pour ce que j’en dis, THE GIANT SPIDER INVASION. Sauf que chacun de ces films se traîne la réputation de série Z frôlant l’amateurisme touchant. Fauché et pas doué, Rebane aura au moins compensé par la productivité, la constance et la persévérance, ce qui lui vaut bien un tabouret dans le Panthéon du cinéma bis, non ?
Et THE GAME ? Ah, oui… Euh… Bon. Avec pour accompagnement le son d’une boîte à musique, le narrateur lance un hasardeux « Il était une fois trois millionnaires… », lesquels, riches et désœuvrés, se divertissent en proposant à neuf personnes un jeu se déroulant dans leur propriété, et confrontant les invités à leurs peurs et à leurs phobies. Mais le jeu semble mal tourner cette fois-ci. Et je dis bien « semble », parce qu’après la sortie des millionnaires en boîte de nuit, séquence à hurler de rire, je n’ai strictement rien compris à ce dont le film pouvait bien vouloir parler…
Dans ce foutoir monté à la serpe et sonorisé façon Scooby-Doo (avec piccolos et rires démoniaques qui font « Muh-hu-hahahahahahaha »), rien ne semble avoir le moindre sens. Exemple : un couple fait trempette dans une piscine, soudain un requin les attaque, le couple marche tranquillement dans la forêt, pendant ce temps-là, les autres sont dans le jacuzzi et il y en a un qui fait de la musique avec une chanteuse qui était là. Perpétuellement incohérent et solidement installé dans un rythme au point mort, THE GAME semble écrit au fur et à mesure, voire en filmé-monté par moments, mettant bout à bout de superbes séquences dans des couloirs où il se passe des choses (ou peut-être rien). Le « style » de Rebane explose littéralement à l’écran lors d’un plan sidérant : un travelling suit un personnage en fuite, puis la caméra revient en arrière à son point de départ et attend, attend, et hop ! quand l’assaillant lancé aux trousses surgit, le travelling recommence. Mamma mia, ça c’est du cinéma ! Et le narrateur lui-même finit par jeter l’éponge en fin de course, avouant qu’il est bien incapable d’expliquer ce qui se déroule à l’écran. Probablement le métrage le plus nébuleux vu en 2006 : moi, je dis que ce n’est pas rien.
 
H comme… HIDDEN, de Jack Sholder (USA, 1987)
Petit classique un peu oublié de la série B et grand prix surévalué du festival d’Avoriaz en 1988 (PRINCE DES TÉNÈBRES de Carpenter ou ANGOISSE de Bigas Luna sélectionnés cette année là étaient tout de même largement plus intéressants), HIDDEN est un peu le titre de gloire de Jack Sholder, le seul de ses films à avoir véritablement rencontré un succès populaire – on lui devait précédemment un slasher paraît-il assez réussi (ALONE IN THE DARK) et la première séquelle des GRIFFES DE LA NUIT, LA REVANCHE DE FREDDY, film conspué et généralement pointé comme la pire des suites tournées, ce qui me semble assez injuste – film étrange, très belle musique de Christopher Young, sous-texte gay très prononcé (une option absurde et souvent franchement drôle), atmosphère décalée, le résultat m’a toujours semblé faire preuve de bien plus de personnalité que les fades épisodes 4, 5, 6, à suivre. Mais par la suite, Sholder s’est enlisé dans les productions télévisées et dans les séries B de piètre qualité comme le très mauvais WISHMASTER II, en plus d’avoir contribué à la mise en scène à plusieurs mains parfois gantées (Walter Hill, Francis Ford Coppola) du désastreux SUPERNOVA.
Plus proche dans sa forme du film policier (orienté « buddy movie ») que du fantastique pur, HIDDEN recycle à tour de bras avec cette histoire de parasite extra-terrestre prenant le contrôle de ses hôtes successifs, mais le fait sans la moindre prétention, et ne vise pas au-dessus du pur divertissement, mélange d’action et d’humour assuré avec une belle efficacité. Ce malfaiteur de l’espace, qui transite d’un corps à un autre sous la forme d’une répugnante limace arachnéenne, est un hédoniste simplet, amateur de Ferrari, qui s’empare de tout ce qui éveille sa convoitise sans trop se soucier de l’état de santé de son hôte involontaire. Il est pris en chasse par un bon gros flic de série B (Michael Nouri) accompagné d’un agent du FBI un peu louche et lui aussi très amateur de belles voitures (Kyle McLachlan, c’est donc sûrement un film Lynchien, ha-ha), en réalité un autre extra-terrestre habitant un corps humain, mais qui lui, comme il est gentil, circule d’un corps à un autre sous la forme d’une jolie lumière toute dorée et scintillante comme la rosée.
Bref, c’est du récit simple et direct, aux lignes claires, correctement emballé même si Sholder s’essaie dans une des scènes finales à un ralenti DePalmesque un peu foireux. HIDDEN ose même un petit soupçon d’ambivalence dans l’assez joli plan final, un instant élégant, juste et pas trop appuyé qui termine le film sur une note assez positive et attachante. Ça se regarde agréablement.
 
I comme… I BURY THE LIVING, d’Albert Band (USA, 1958)
On aborde maintenant le troisième et dernier extrait du coffret des 50 surprises, de très loin le plus intéressant, une excellente surprise de la part d’Albert Band, papa de Charles et comme son fils très attaché au cinéma de série B tirant parfois vers le Z, dont on retient surtout le cocasse et aimablement ringard ZOLTAN, LE CHIEN SANGLANT DE DRACULA.
Excellente surprise, car cette petite série B, qui démarre tranquillement, se montre au fur et à mesure que le film progresse tout à fait à la hauteur de son sujet pour le moins curieux : le nouveau gardien d’un cimetière découvre qu’en plantant une épingle sur les concessions réservées sur le plan du cimetière, il peut provoquer à distance la mort de leur détenteurs : il s’en rend compte par hasard, procède à quelques essais avant d’acquérir une certitude et développe peu à peu une certaine perversité devant la possibilité qui lui est offerte de régler d’un geste simple contrariétés et inimitiés.
Platement réalisé dans sa première partie, même si le soin porté à certains cadrages met déjà la puce à l’oreille, I BURY THE LIVING fait un peu penser à certains films de Roger Corman comme UN BAQUET DE SANG : le développement est sombre, ironique et mine de rien assez social, même si le rythme y est sans doute moins vif, moins percutant. Mais en cherchant à poursuivre cette étrange tentative visant à faire naître l’effroi d’un plan punaisé sur un mur, Albert Band parvient à développer une atmosphère et surtout une esthétique étranges, structurées autour des étranges motifs géographiques formés par le plan du cimetière. Les bonnes idées fusent dans l’écriture (la découverte des effets des punaises en fonction de leur couleur), de même que les effets et la composition des plans s’avère de plus en plus soignés. Le film aboutit dans sa dernière partie à une réelle originalité, et le résultat semble assez audacieux pour l’époque. La séquence finale est admirable, et à vrai dire, je n’en revenais pas de voir le réalisateur de ZOLTAN frôler l’abstraction pure en fin de course dans cette scène fulgurante qui pourrait vraiment séduire les têtes chercheuses de l’Institut Drahomira (voir THE RALLY 444).
Sans être renversant dans son propos – le récit lui-même n’ayant rien d’extraordinaire, I BURY THE LIVING vaut largement le détour pour la singularité de ses expérimentations esthétiques, et comme la vie est bien faite et que le film est libre de droits, vous pouvez le télécharger, c’est permis et très officiel, en cliquant ici.
 
J comme… JANIS ET JOHN, de Samuel Benchetrit (France/Espagne, 2003)
Seconde visite du paysage cinématographique français avant la prochaine et dernière d’une sélection marquée par le chiffre 3, décidément, avec le dernier long-métrage tourné par Marie Trintignant, excellente comédienne, avant son décès, film par ailleurs réalisé par son époux Samuel Benchetrit – et n’attendez pas de moi des commentaires sur l’affaire « Marie a tout pris ».
Casting bizarre et sujet casse-gueule au programme. Christophe Lambert y interprète un homme un peu simplet suite à un trip au LSD dont il n’est jamais vraiment sorti, vivant sur sa fortune familiale dans l’attente du retour de Janis Joplin et de John Lennon, persuadé qu’ils sont bien vivants et qu’ils feront un jour un album ensemble. Sergi Lopez, assureur véreux avec des problèmes financiers jusqu’au cou, sent l’arnaque facile, et décide de grimer son épouse (Marie Trintignant) et un acteur raté (François Cluzet, très à l’aise dans cet emploi, ha-ha) afin de les faire passer pour les idoles du neuneu, histoire de pouvoir lui soutirer le contenu de son compte en banque.
Montage survolté et voix-off fiévreuse de Sergi Lopez, JANIS ET JOHN amorce un démarrage en fanfare qui flaire l’enlisement au premier tournant du récit. Le film tente de fournir de petits efforts de mise en scène « à l’américaine », qui portent essentiellement sur les transitions et les montages musicaux, et au passage, on peut se demander pourquoi de tels efforts (filtres, ambitieux mouvements de caméra) sonnent toujours aussi faux et artificiel dans ce type de productions, mais dans le fond, le film repose sans grande surprise de tout son poids sur son casting, au point qu’on se dit que le cinémascope est bien décoratif et inutile si c’est pour filmer aussi platement des pages et des pages et des pages de dialogues en champs-contrechamps.
Pour le reste, le film passe franchement à côté d’un sujet ludique et amusant dont il ne retient que les enjeux et les thèmes habituels, prévisibles, usés et dénués d’originalité, un peu dans le fond à la façon de BACKSTAGE, qui n’osait pas lui non plus embrasser son sujet et préférait le tenir soigneusement à distance, solidement ancré dans les clichés scénaristiques et esthétiques les plus éculés, sans vraiment l’assumer. Le personnage de Christophe Lambert reste quasiment inexploité, le faux John Lennon est rapidement mis hors-circuit (mais Cluzet revient à temps dans la dernière partie pour mettre le film par terre), et on se concentre de préférence sur la crise du couple Lopez/Trintignant et sur la soif de liberté et d’indépendance de celle-ci. Sans être excessivement mauvais, JANIS ET JOHN préfère prudemment s’installer dans la platitude et dans la banalité, sans pour autant échapper à quelques dérapages vers les douces contrées du ridicule, bien qu’elles soient moins fréquentes que prévu. Pas très captivant, tout ça…
 
K comme… KILLING ANGEL, de Paul Sarossy (Angleterre, 2001)
L’éditeur « La Fabrique de Films », par le biais duquel j’avais découvert en compagnie du Dr Devo l’intéressant JERICHO MANSIONS, nous permet de faire une nouvelle découverte assez attachante avec cet étrange KILLING ANGEL, titre français un peu trop fade ceci dit, qui ne vaut pas le titre original Mr. IN-BETWEEN.
Il s’agit du premier film (et le seul à ce jour) de Paul Sarossy, chef-opérateur notamment pour Atom Egoyan sur les très beaux EXOTICA et LE VOYAGE DE FÉLICIA, et pour être honnête, il souffre d’ailleurs parfois des tics classiques du premier film : des tics visuels principalement, effets optiques et astuces de montage qui ne sont exploités que sur leur seul versant formel, mais Sarossy n’évite pas non plus un certain nombre de clichés esthétiques (Londres suintant, sophistication un peu gratuite) et narratifs, avec un penchant un rien prononcé pour les coïncidences utiles et / ou symboliques (mort du vieil homme à l’épicerie, braquage, voisinage inattendu…) qui forcent parfois le trait d’un scénario un peu maladroit.
Ces réserves émises, il faut cependant souligner que le résultat reste captivant, original et très attachant. Doté d’un casting solide (excellents acteurs au physique plutôt éloigné des clichés), Sarossy s’attaque à un sujet affreusement banal (la crise d’un tueur à gages confronté au dilemme moral et à des sentiments imprévus), non sans éviter un certain nombre de poncifs, mais il parvient pourtant à donner à son film une atmosphère particulièrement séduisante et singulière, en introduisant dans son récit des éléments étranges qui poussent le film jusqu’aux limites d’un fantastique impalpable et parfois assez troublant, scindant l’univers développé en deux mondes distincts, l’un quotidien et terre à terre, l’autre gothique et irréaliste, et en plaçant le personnage de ce tueur à gages, possiblement payé de ses services par des shoots du sang de son sinistre employeur, à l’exacte frontière entre ces deux mondes.
Il en ressort une personnalité qui gagnerait certainement à s’affiner et à s’affirmer, mais qui donne à ce film une saveur atypique, séduisante et vénéneuse, d’une noirceur assez radicale. Et si le résultat n’est pas sans défauts, il trouve malgré tout un équilibre surprenant, et trotte longtemps dans la tête après la vision du film, ce qui est toujours très bon signe. Recommandé, donc.
 
L comme… LOVE WILL TEAR US APART, de Nelson Yu Lik-Wai (Chine, 1999)
Produit par Stanley Kwan, LOVE WILL TEAR US APART se donne pour objectif de dépeindre le quotidien d’immigrés de la Chine populaire à Hong-Kong quelques temps après la rétrocession. Les nombreux personnages de ce film elliptique marqué par la photographie très « nouvelle vague chinoise » sont intrigants et solidement campés, dévoilant à l’écran leur désarroi, leur désœuvrement, leur désenchantement ou leurs illusions dans une série de saynètes pointant les travers de la fusion disharmonieuse, sexe, junk-food, néons, argent, télévision, clochards, prostituées, prolétaires, fêlures diverses, vies brisées, et le problème de communication d’un territoire où existent plusieurs langues. Bref, un torrent d’observations justes et parfois touchantes et probablement quelques wagons d’intentions louables.
Malheureusement, le film dure près de deux longues heures d’un récit flottant et d’une grande platitude visuelle, et j’avoue m’y être prodigieusement ennuyé, avec le vif sentiment que le film aurait parfaitement pu durer une heure de plus, ou mieux encore, s’être terminé une heure plus tôt. Le constat sec et détaché, pourquoi pas, mais la forme est trop morne et trop relâchée pour développer la moindre atmosphère. Insipide.
 
Voilà pour aujourd’hui ! Plein de mauvais films et le meilleur titre de la sélection à mes yeux dans la seconde partie de cet article.
 
Le Marquis
 
Pour accéder à la seconde partie de cet article, cliquez ici.

Retrouvez d'autres articles sur d'autres films, en accédant à l'Index des Films Abordés : cliquez ici !

[Photo : "Bizarre Bizarre", par le Marquis]

ajouter un commentaire commentaires (3)    créer un trackback
Lundi 6 août 2007

recommander publié dans : Chroniques de l'Abécédaire
[Photo : "Crime of the Element", par le Marquis]
Suite et fin de l’épisode 14, avec un taux sensiblement plus élevé de bons films. L'article étant trop long, les deux premiers titres (M, N) ont été reportés dans la première partie (lien ci-dessous) : nous commençons donc par un film en P comme…
 
LA PRINCESSE SUR LE POIS, de Boris Rytsarev (Russie, 1976)
Après la déconvenue de l’infect HANS CHRISTIAN ANDERSEN ET LA DANSEUSE, on tente une nouvelle fois de découvrir une adaptation des écrits inspirés (et adultes, bordel !) de l’écrivain danois, en touchant du bois pour que l’esprit de l’auteur et l’inspiration soient au rendez-vous de ce projet assez curieux, le conte adapté, qui n’est merveilleux que dans sa forme, étant particulièrement court : le russe Rytsarev va donc devoir considérablement rallonger la sauce, et comment va-t-il s’y prendre ?
Tout simplement en envoyant le prince en panne de princesse à la recherche d’une dulcinée de sang noble avec laquelle convoler, occasion de délayer la sauce à travers trois sketches d’inspiration très inégale : la première princesse est une idiote orgueilleuse qui finit le nez dans la boue, la seconde est une princesse cruelle envoûtée par un troll, la troisième est une esthète à la recherche du prince le plus inspiré dans le domaine artistique de son choix. Le dénouement, vous le connaissez si vous avez lu le conte, le prince rentre la queue entre les jambes chez ses royaux parents, pour tomber amoureux d’une princesse aux origines douteuses, mais qui fait preuve du bleuté de son hémoglobine en dormant très mal sur des légumes verts.
Mauvais film hélas ! L’humour russe est lui aussi très balourd, particulièrement lorsqu’il se pique de donner dans la fable morale, la bande-son est constamment bercée par les tubes de Vivaldi (pénibles Quatre Saisons trop présentes dans les prisunic et autres fast-food pour ne pas taper sur le système), et la mise en scène, engoncée dans son déballage de décors et de costumes, est franchement relâchée, le montage notamment laissant vraiment à désirer, à moins de fondre d’amour pour les grossières erreurs de raccords et pour les plans gelés juste assez pour avoir le temps de faire mal aux yeux au début de chaque nouvelle séquence.
On relèvera quand même le troisième segment (les auditions artistiques), de très loin le plus réussi ou le seul qui le soit vraiment, d’une ironie assez savoureuse, et qui comporte une scène de pantomime intéressante, le seul passage (bien trop bref) rendant un peu justice à l’humour et à l’univers d’Andersen. Ça ne pèse pas bien lourd dans un ensemble poussif et assez moche, il faut bien l’avouer…
 
R comme… LES REVENANTS, de Robin Campillo (France, 2004)
On tourne définitivement le dos au merveilleux plombé des plaines de Russie pour se lancer sans respirer dans un nouvel exercice d’équilibrisme dans le registre du fantastique made in France. Dans quelle section du fantastique français le film de Campillo (monteur du correct QUI A TUÉ BAMBI ?) va-t-il s’inscrire ? Dans le bon gros film de genre qui veut se faire plus américain que les américains ? Ou dans le fantastique propre et intellectuel qui voulait tant se faire appeler « cinéma de l’étrange » à l’époque glorieuse du lent et cocasse naufrage du défunt festival d’Avoriaz ? Plutôt dans la seconde, vous l’aurez deviné par vous-même, et on entre dans ce film en tâchant de ne pas se fermer d’emblée à la tentative, car ce serait agir purement par réaction, et être réactionnaire, c’est très mal.
Les morts reviennent sur terre, donc, et comme ils sont bien éduqués, ils ne semblent pas vouloir dévorer le contenu de la boîte crânienne de leurs proches, juste rentrer chez eux et retrouver un semblant de normalité… un semblant seulement, car ils adoptent des comportements singuliers, un étrange détachement à ce qui se passe autour d’eux. La réinsertion va être bien difficile, donc. Postulat étrange et assez irréaliste, voire symbolique – Campillo élude totalement la sortie des tombes, qui évoque fortement celui de la piètre série LES 4400 créée la même année, série au démarrage séduisant et intriguant, et au développement simpliste et franchement lassant.
Campillo pour sa part préserve son métrage du sentimentalisme de la série américaine, et maintient la part fantastique de son récit dans ce postulat de départ abstrait, gratuit et un rien opaque, sans jamais chercher à le justifier ou à l’expliciter, ce qui est une assez bonne initiative. Par contre, il n’échappe hélas pas au psychologisme un peu trop appuyé, soulignant trop souvent des enjeux explicites (le deuil vécu comme une crise mondiale) par des dialogues démonstratifs plus que par des idées de mise en scène. Visuellement irréprochable (très belle photographie), le résultat est aussi très froid, s’applique à faire sens tout en manquant cruellement d’expressivité – malgré des efforts manifestes, qui payent parfois. Au final, LES REVENANTS paraît quand même bien scolaire et appliqué, dénué d’audaces, vaguement constipé à force de retenue. Typiquement du fantastique pour ceux qui n’aiment pas le fantastique en somme, on y touche du bout des doigts, avec un excès de prudence, une trop forte volonté de signifier qui étouffe trop souvent l’implication, la neurasthénie des non-morts étant petit à petit un peu contagieuse.
Reste qu’il faut tout de même souligner le soin porté à la confection de ce film curieux et figé : quelques petites trouvailles visuelles intéressantes, une atmosphère parfois efficace (caméras infrarouges, ballons-sondes), quelques belles séquences isolées (l’enfant au balcon) dans un ensemble trop timoré pour vraiment fonctionner.
 
S comme… SUSPICIOUS RIVER, de Lynne Stopkewich (Canada, 2000)
Dommage, Lynne Stopkewich ! Remarquée pour son étonnant et nécrophile KISSED, la cinéaste canadienne aura bien vite sombré dans l’anonymat télévisuel après l’insuccès de ce SUSPICIOUS RIVER toujours interprété par l’étrange Molly Parker. Et dans la mesure où le DVD, pourtant francophone, ne propose à l’acheteur qu’une VO non sous-titrée, inutile de dire que ce film captivant, « dans l’esprit de TWIN PEAKS » nous informe Télérama (rapprochement comme d’habitude totalement erroné et superficiel, les lynchiens de prairie ont encore frappé, peut-être émoustillés par la présence fugace de l’acteur Don Davis figurant dans le casting de la série en question), ne risque pas de toucher grand-monde !
Climat étrange et oppressant pour ce film singulier construit autour du personnage d’une jeune femme, Leila (excellente Molly Parker, donc) se prostituant au bénéfice de la clientèle du motel où elle assure la réception. Stopkewich évite avec soin les clichés du type « enfer de la prostitution » en esquivant adroitement une approche réaliste et surtout un scénario à thèse. Le mot clé ici semble être Opacité. L’ambiance feutrée distille une tension, un désir et plus encore un mystère, un trouble profond renforcé par la façon qu’a la cinéaste d’embrasser la seule perception de son personnage principal, sans jamais chercher à tisser un regard objectif, moral, démonstratif, sur les événements auxquels elle est confrontée. La séquence du viol au début du film risque d’ailleurs de faire grincer des dents par le malaise que dégage cet étrange et dérangeant consentement de Leila, pourtant révélateur d’une quête intérieure que celle-ci ne parvient pas encore à identifier mais à laquelle elle s’abandonne. Au risque de s’exposer peu à peu au piège, à la violence, à la peur, à la trahison terrifiante de la dernière partie, terrifiante parce que la confusion de Leila contamine une mise en scène subtile, subjective. La conclusion du film est en ce sens remarquable, peut-être parce qu’elle ne choisit pas l’option très à la mode du twist psychologisant à deux balles : la compréhension, l’acceptation d’un élément introduit avec finesse dès le début du film, d’une étonnante délicatesse, tellement plus intense et émouvante que ces révélations assénées avec une lourdeur qui cherche si souvent à flatter l’intelligence du spectateur tout en le prenant pour un mal-comprenant. Le film ouvre ainsi une porte à son personnage, lui fait franchir une rivière et la libère sans occulter l’aspect symbolique de la séquence, sans le souligner au marqueur non plus. SUSPICIOUS RIVER éreinte les clichés attendus, ne tourne pas le dos à la part trouble de l’opacité, et y trouve une justesse touchante, une véritable singularité.
 
T comme… TOXIC AVENGER IV : CITIZEN TOXIE, de Lloyd Kaufman (USA, 2000)
Bien, la délicatesse et le tact, c’est fait. Passons maintenant à un plat plus orgiaque. La quatrième aventure de Toxie, le super-héros emblématique de la firme Troma, fait vraiment plaisir à voir : même si le personnage a acquis au fil des ans une réputation culte et populaire à la fois, au point de générer une série animée pour enfants, son créateur Lloyd Kaufman est bien loin d’avoir mis de l’eau dans son vin, et ce CITIZEN TOXIE assume avec bonne humeur une effarante vulgarité, un irrespect absolu, gore, débile et psychotronique franchement réjouissant : la férocité subversive n’a elle non plus pas été émoussée.
Autant certains Troma comme ATOMIK COLLEGE (CLASS OF NUKE ‘EM HIGH) ont le délire un peu poussif empesé par de gros problèmes de rythme, autant cet opus, en ne se donnant aucune limite dans le mauvais goût, enfonce l’accélérateur sans jamais décoller la pédale du plancher. Suite à un attentat dans une école pour « enfants différents » (le Lars von Trier des IDIOTS a certainement dû apprécier), Toxie est projeté dans un univers parallèle tandis que son double maléfique Noxie fait des ravages à Tromaville : le blanc devient noir, le bon devient mauvais, le montage alterné se fait aider du splitscreen et le bon goût se fait la malle. Casting de super-héros, mamie rendant l’âme dans un spectaculaire jet d’urine, porno gay 70’s où le gouvernement américain encule littéralement le Tiers-Monde, bad guy grimé en noir et livré en pâture au Ku Klux Klan, langue des signes revue et visitée, et j’en passe, le résultat est potache et assumé, gratuit et corrosif, débile et à hurler de rire, visuellement inepte et d’une belle vivacité.
Dommage que l’édition, comme toutes celles de la collection Troma (copies recadrées et de qualité vraiment douteuse), soit à ce point salopée par Sony – un des pires éditeurs DVD sur le marché. Mais il ne faut cependant pas passer à côté de cet opus sympathique, que sa liberté de ton et de confection rend presque anachronique : c’est une authentique série B d’une bonne santé insolente à une époque où le cinéma bis ne semble plus avoir sa place nulle part. Recommandé.
 
U comme… UNE CHAMBRE POUR QUATRE, de Jordan Brady (USA, 2002)
Rien à dire par contre de ce produit parfaitement anonyme et insipide – bonjour le contraste ! – qui n’a pour argument de vente que son casting – c’est un peu léger, doux euphémisme. Road-movie soporifique, marivaudage sage et convenu, encéphalogramme plat, et la vive impression de regarder un sitcom même pas désagréable, juste invisible et totalement dénué de talent ou de personnalité. Et c’est, dans le fond, le prototype de ce qui se fait de pire au cinéma : ce n’est même pas de la nullité, c’est juste une tiède médiocrité sans la moindre aspérité.
 
V comme… LE VAGABOND DE TOKYO, de Seijun Suzuki (Japon, 1966)
On termine cette sélection sur une note très positive avec ce film étonnant qui pourrait être au polar ce qu’a été SIX FEMMES POUR L’ASSASSIN au policier européen : Suzuki (ÉLÉGIE DE LA BAGARRE), avec cette histoire d’homme de main d’un gangster retiré des affaires qui tente de le protéger des rivaux cherchant à le dépouiller, adopte les codes et clichés du film de yakuzas, ceux qui m’ont même ennuyé dans le DEAD OR ALIVE de Miike, pourtant extrême et iconoclaste, pour mieux les malmener, les détourner, les disloquer par le biais d’une mise en scène formaliste assez impressionnante.
Narration accidentée, décors monochromes, stylisation, abstraction, l’ensemble surpasse aisément ses apparences de simple polar psychédélique. La structure du film est magnifique, et presque entièrement construite autour d’éléments occultés (ellipses vertigineuses, sans parler des séquences de confrontation – chaque affrontement s’interrompant brutalement à son apogée). Le montage s’adonne dans le même mouvement à des collages audacieux, fonctionnant par associations/appositions poétiques et assez virtuoses. Le récit mafieux ne devient que le prétexte à une expérimentation surprenante à l’artificialité assumée et revendiquée – séquences chantées, filtres obliques placés dans des décors nus, une obsession formelle qui évoque parfois la sensibilité d’un Ken Russell. Et je suis personnellement toujours assez admiratif lorsqu’un cinéaste parvient à balayer mes réticences en abordant d’une façon aussi originale et inventive un genre pour lequel je n’ai a priori pas la moindre attirance.
 
19 films visionnés, dont 9 au moins valent le détour : c’est donc presque du 50/50, on a connu mieux, on a connu pire, c’est à votre tour de découvrir !
[Photo : Le Marquis, d'après ELEMENT OF CRIME] 
ELEMENT OF CRIME
LE VAGABOND DE TOKYO
SUSPICIOUS RIVER
MESSIAH OF EVIL
NOTRE HISTOIRE
L’HOMME DE LA RUE
INTÉRIEURS
TOXIC AVENGER IV
LES DÉSASTREUSES AVENTURES DES ORPHELINS BAUDELAIRE
CRAZY KUNG-FU
LES REVENANTS
AMERICAN PARTY
LA PRINCESSE SUR LE POIS
UNE CHAMBRE POUR QUATRE
KILLER INSTINCT
LA LÉGENDE DE LA MOMIE II
GRANNY
FIRESTARTER II
BEYOND THERAPY
 
Et comme Zorro tient toujours ce qu’il promet, je vous propose comme ça, gratuitement, le Palmarès du meilleur et du pire visionné dans le cadre de l’Abécédaire au cours de l’année 2006. Comme ce fut le cas l’année dernière, mes propres habitudes de visionnage me tiennent le plus souvent éloigné des salles obscures, et m’amènent donc à vous faire part du meilleur – et du pire – de ce que j’ai vu cette année à domicile : trop peu de films vus sur grand écran, je n’ai donc pas même de quoi fournir un « top 10 ». Je relève tout de même du très peu que j’ai vu en salles les superbes TIDELAND et BUBBA HO-TEP, avec une petite tape sur la tête de Christophe Gans et des frères Quay pour les encourager à faire mieux.
Émanant de la télévision que je ne regarde à peu près jamais, le must se partagerait entre la redécouverte du MUPPET SHOW saison 1, celle de KINGDOM (L’HÔPITAL ET SES FANTÔMES) et Koh-Lanta. Sans oublier, bien évidemment, l’extraordinaire soirée passée devant VISU.
 
Les acteurs doivent aussi être flattés par nos préférences ? Tiens. C’est idiot, les seuls acteurs auxquels je pense spontanément sont les pires – Guy Boyd dans LA MACHINE À EXPLORER LE TEMPS, Sharukh Khan dans DEVDAS et KUCH KUCH HOTA HAI, Craig T. Sheffer dans LE PETIT CHAPERON ROUGE, et le zozo de MAGIC WARRIORS, Angus MacFadyen… Bon, concentrons-nous un peu…
La meilleure actrice cette année ? Je pense que le choix de Deborah Kerr s’impose, puisque trois de mes films favoris ont été édités en DVD cette année – LES INNOCENTS, LA NUIT DE L’IGUANE et LE NARCISSE NOIR.
Le choix du meilleur acteur s’impose tout aussi naturellement : la découverte des premiers longs-métrages de John Waters porte Divine à la plus haute place.
 
L’avantage certain, en constituant un best of des films visionnés dans le cadre des Chroniques de l’Abécédaire, c’est qu’en proportions, j’ai sans doute vu une plus grande quantité de très bons et de très mauvais films. Mon choix concernant les mauvais élèves exclue les nanars, dont les éléments les plus drôles ou les plus intéressants (car il n’y a pas que de mauvais films dans le lot), et pointe plutôt les films qui ont eu le don de, vraiment, m’énerver. Quatre sections donc, pour un palmarès, c’est somme toute très logique, réparti par lettres de l’alphabet – certains cinéastes pourront donc avoir la fierté de savoir que leur film est ce que j’ai vu de meilleur cette année dans les productions commençant, par exemple, par la lettre… Le lien pour chaque titre renvoie vers l’épisode de l’Abécédaire correspondant, ou, si le film n’a pas encore été chroniqué (ou l’a été très brièvement), vers l’article du Dr Devo. Les titres sans liens seront développés dans les tout prochains épisodes.
 
A comme…
Le meilleur : A HISTORY OF VIOLENCE de David Cronenberg (USA / Allemagne, 2005)
Le pire : À TON IMAGE d’Aruna Villiers (France, 2004)
Mention spéciale : AMERICAN WAY de Maurice Phillips (Angleterre / USA, 1986), AU SERVICE DE SATAN de Jeff Lieberman (USA, 2004)
Rayon Z : L’AUTRE ENFER de Bruno Mattei (Italie, 1980)
 
B comme…
Le meilleur : BLOODY BIRD de Michele Soavi (Italie, 1987)
Le pire : BEYOND THERAPY de Robert Altman (USA, 1987) – aucun respect pour les morts, tsss.
Mention spéciale : BLUE HOLOCAUST de Joe d’Amato (Italie, 1979) – très beau film.
Rayon Z : BLOOD DOLLS de Charles Band (USA, 1999), BLOODGNOME de John Lechago (USA, 2004), LE BAISER DU DIABLE de Georges Gigo (France / Espagne / Andorre, 1975)
 
C comme…
Le meilleur : LE CHÂTEAU DANS LE CIEL de Hayao Miyazaki (Japon, 1986)
Le pire : COLD AND DARK d’Andrew Goth (Angleterre, 2005)
Mention spéciale : THE CUBE de Jim Henson (USA, 1969), qui pourrait être l’ancêtre de VISU, une petite merveille dont je vous parlerai prochainement.
Rayon Z : LA COMTESSE NOIRE de Jess Franco (France / Belgique, 1973), joli film.
 
D comme…
Le meilleur : DO THE RIGHT THING de Spike Lee (USA, 1989)
Le pire : DAYDREAM BELIEVERS de Neill Fearnley (Canada / USA, 2000)
Mention spéciale : DESPERATE LIVING de John Waters (USA, 1977)
Rayon Z : rien, l’inintéressant DEAD MEAT ne mérite pas cette mention.
 
E comme…
Le meilleur : La trilogie « Europe » de Lars Von Trier (Danemark, 1984-1991) – THE ELEMENT OF CRIME, EPIDEMIC, EUROPA
Le pire : rien d’excessivement mauvais en E !
Mention spéciale : EXOTICA d’Atom Egoyan (Canada, 1994)
Rayon Z : L’ÉTALON ITALIEN de Morton Lewis (USA, 1970)
 
 
F comme…
Le meilleur : FEMALE TROUBLE de John Waters (USA, 1974)
Le pire : FLESH de Paul Morrissey (USA, 1968)
Mention spéciale : LA FIN ABSOLUE DU MONDE de John Carpenter (USA, 2005), et FRAGILE de Jaume Balaguero (Espagne, 2005), lequel aurait mérité une sortie en salles.
Rayon Z : LA FURIE DES VAMPIRES de Leon Klimowsky (Espagne / Allemagne, 1971)
 
G comme…
Le meilleur : GHOST WORLD de Terry Zwigoff (USA / Angleterre / Allemagne, 2001), le meilleur film en G bien qu’il ne casse pas la baraque non plus.