MAC ET MOI : retour sur le film du siècle

Chers Amis,

 

Il y a quelques jours, je vous parlais d'un film méconnu, MAC ET MOI, sorti en DVD dans l'inénarrable "Kids Collection" (où l'on trouve également, on ne le rappellera jamais assez, HOBGOBLINS LES LUTINS MALEFIQUES). Bien que mon article fut détaillé et rédigé sous le sceau de la passion la plus lucide et la plus fervente, il m'a paru important de revenir sur ce film, au regard de son importance exceptionnelle dans l'histoire du cinéma.

 

Bien sûr, si vous n'avez pas lu l'article originel sur MAC ET MOI, il faut le faire avant de lire ce qui va suivre, sans quoi, vous en perdrez toute la sève. [Vous trouverez cet article dans la rubrique "MAC ET MOI: le film du siècle", rubrique que je viens de créer, au regard de l'importance de ce film dans l'histoire du cinéma. Cliquez donc ICI !]

 

 

 

L'article qui va suivre est une présentation de photos issues du film que j'ai trouvées sur un très bon site américain. Les photos sont sublimes, texturées à souhait, et elles vous donneront une idée du choc graphique que représente ce film. J'ai perdu le nom du site où j'ai trouvé ces photos, mais je vais mener mon enquête et dès que je l'aurais retrouvé, je vous tiens au courant.

 

L'article qui va suivre est une sorte de montage photos-commentaires, dans le genre aujourd'hui disparu, qu'on appelait "diaporama". A mi-chemin entre la performance, le happening (en ligne en plus, c'est très chic), et les soirées chez Tata Jeannette. Vous êtes prêts? Allez, on y va...

 

 

 

[Si vous n'avez pas lu mon article sur MAC ET MOI, la critique du film, vous allez perdre toute la saveur de ce diaporama. C'est long, mais ça se lit vite... Allez-y...Je vous aurais prévenu.]

 

 

Photo No1: "Là, c'est la planète originelle de Mac. Comme vous pouvez le constater, c'est un paysage des plus arides, et c'est une perpétuelle nuit américaine (hommage à François Truffaut, bien sûr). A l'arrière plan, on distingue une autre planète qui rappelle l'affiche d'une très bonne série B des années 80 : LE DERNIER SURVIVANT. On pourrait croire qu'il s'agit de Saturne, mais les anneaux me semblent petits. Après tout, rien ne prouve que nous soyons dans le système solaire. Clic!

 

 

 

photo No2: Ça, c'est Mac ou son père, je ne sais plus trop, allongé par terre, toujours sur la Mac-Planète. Mais que fait-il, vous demandez-vous? Ben, c'est pas hyper bien cadré, même si j'adore la texture de ces photos. En fait, il a pris une paille (ben ouais!) et l'a enfoncée dans le sol. Comme je vous le disais, Mac-Planète (dansons dessus, comme disait le poète), c'est très aride, et la famille de MAC à force de errer, elle n'est pas très en forme. Sans doute, l'ennui a-t-il aussi son influence sur leur délabrement physique. Toujours est-il que le Papa de Mac prend une paille l'enfonce profondément dans le sol (5 cm facile!) et suce un jus souterrain dont on ne connaitra jamais la nature, à moins que ce soit dit métaphoriquement plus loin dans le film. Conclusion : succion du liquide de la planète avant décrépissement total. Click!

 

 

 

photo No3 (de gauche à droite): la sonde de la Nasa, un membre de la famille de Mac en train de se faire aspirer par la sonde, un autre membre de la famille de Mac. On voit pas très bien, mais en fait, dans cette photo (sublime, qui rappelle les photographies du premier alunissage en 1969, par Kubrick, nouvel hommage...), le premier parent de Mac est déjà à moitié aspiré par la sonde, tandis que le deuxième le tient par la main. Il connaitra le même sort. A ce moment là, Mac a déjà été aspiré, et il est dans la sonde, mais là, on ne le voit pas. Click!

 

 

 

photo No4 (de gauce à droite): Michael, le grand frère de Eric, puis Eric, notre petit héros en chaise roulante, puis la maman de Eric et Michael. Remarquez, que Eric tient une cannette de Coca à la main... avec une paille! J'ai repris cette photo et je l'ai retravaillée pour mon article d'hier sur TEAM AMERICA (sur la photo modifiée d'hier, on dirait que Michael fait des reproches à sa mère, mais là, non). Photo prise la nuit, lors d'un bouchon. On distingue un girophare à l'arrière-plan, car la CIA fouille tous les véhicules, à la recherche de Mac.  Hors-champ droite : Mac est dans le coffre. Click!

 

 

 

photo No5 : Mac dans l'embrasure d'une porte. On est dans la maison où s'installe Eric, son frère et sa mère. Là, Mac a l'air souriant, mais c'est assez rare. En général, il a peur et est desespéré. On voit que le look de Mac est résolument tourné vers une esthétique "Ethiopie, milieu des années 80 - Achetez le disque du Band Aid". Dans cette partie du film, Mac est dans la maison, mais personne ne s'en est complètement aperçu en fait. Click!

 

 

 

Photo No6: Debbie, la petite voisine. Quand la famille de Eric s'installe, elle est sur le trottoir d'en face où elle a installé une cabane en forme de tipi indien, d'où le costume. Elle n'arrête pas de faire sa Pocahontas de banlieue, c'est un peu pénible, mais avec Eric, c'est une des premières à prendre conscience de la présence de Mac! Tiens, je n'avais pas remarqué, elle a un iguane sur l'oreille! Click!

 

 

 

photo No7: Eric (le formidable Jade Calegory) en fauteuil roulant (hors champ) dans une bien mauvaise posture. En suivant Mac, dont il soupçonne l'existence, il perd le contrôle de son fauteuil roulant, et dévale une pente à toute vitesse. En plus, le frein casse... Click!

 

 

 

photo No8: ...quelques secondes plus tard, c'est le drame! La pente se termine vingt mètre au dessus d'un lac. Eric chute, et son fauteuil le suit dans un soucis de solidarité. Moralité : c'est bien beau d'acheter une maison sans étage à son fils handicapé, mais encore faut-il éviter d'en choisir une en haut d'une colline! ...et au-dessus d'un lac, qui plus est... Click!

 

 

Photo No9: Loin de sa famille, loin de sa planète et considérablement affaibli sur le plan moral, Mac a du mal à faire face, et chope tous les virus qui traînent. En regardant la télé (les snorkies, en fait), il n'arrête pas de se moucher, d'où les kleenex. A moins que ce ne soit les snorkies ne le fassent pleurer... L'histoire nous laisse libre de toute inteprétation, ce qui est la marque de nombreux chefs-d'oeuvre ( 2001 L'ODYSSEE DE L'ESPACE, par exemple). Click!

 

 

 

photo No11: Le lendemain matin, dans le salon, tout est en désordre. Toutes les plantes ont été rentrées dans le living-room. Maman dit :"Qu'avez-vous fait, les garçons?!!?". (en fait c'est Mac!) Personnellement, même dans cette configuration, je ne m'explique pas la présence du cerf. Licence poétique sans doute... Click!

 

 

 

Photo 12: La CIA se doute que quelque chose de pas clair se passe dans la maison. Il est temps de faire sortir Mac. La surpise party d'anniversaire de la petite voisine est un prétexte tout trouvé. Comme ce n'est pas encore Halloween, Eric "désosse"  son vieil ours en peluche, et glisse Mac à l'intérieur, et celui-ci n'arrête pas de gigoter... Click!

 

 

Photo No14 (pas de No13, ça porte malheur) : Vite, vite, hâtons-nous de nous dépêcher et entrons dans le MacDo où a lieu l'anniversaire de la petite voisine. Ce sera la scène-clé du film... Click-Clack!

 

Et voilà, les Amis, c'est fini. Quoi, c'est tout??? C'est un scanda-hahahaha-lelelelele! Non! rendez-vous au prochain article sur MAC ET MOI!

 

Dr Devo.

 

 

Extrait du prochain épisode....

Un homme louche et mystérieux s'approche des enfants... (et de Mac, déguisé en ours).

 

A Suivre...

 

 

PS: si vous avez vu Mac il y a longtemps, ou si vous l'avez vu suite à cette série d'articles, écrivez-moi et envoyez vos impressions, vos commentaires ou vos critiques... Votre article sera publié... drdevo at matierefocale.com (je mets at à la place de @ pour pas me faire spammer!). 

 

Ecrire un commentaire - Voir les 13 commentaires
Vendredi 11 mars 2005 5 11 /03 /Mars /2005 00:00

Publié dans : MAC ET MOI : retour sur le film du siècle

(Photo: "French Touch Suicide" par Dr Devo)

Chers Cinéphiles de Tous Poils Mais Sincères,
Allez, on arrête de dire n'importe quoi, on arrête les simagrées, on arrête de chipoter. "Ouais, moi je trouve que Robbe-Grillet, c'est mieux que les films des Straub". "Un film sans échelle de plan, c'est plus un film". "La plus grande actrice du Monde, c'est Ava Gardner ou Sophie Marceau ?". "Kubrick, c'est mieux que Lynch". "Spielberg, c'est un Auteur..." On arrête. Stop. On chipote souvent sur des détails importants sur ce site, on dissèque, on analyse, on débusque les bons films dans les endroits les mieux cachés. On s'interroge sur chaque plan. On essaie de débusquer la séquence en forme de pépite d'or dans les films les plus ratés. Etc... Etc... Fini tout ça. Fini de séparer le bon grain de l'ivraie. Aujourd'hui, on plonge dans le cœur profond du cinéma, comme Martin Sheen remonte le fleuve et le champ de bataille, dans APOCALYPSE NOW. Au cœur de la forêt la plus profonde. Pour rencontrer ce qui est simplement, et de la plus ahurissante manière, le meilleur film de l'histoire du cinéma.
Tout ce que vous saviez est faux.
Il y a quelques temps, je vous parlais d'un film édité en DVD dans l'obscure mais omniprésente « Kids Collection ». Il s'agissait du film HOBGOBLINS, LES LUTINS MALEFIQUES. C'est dans cette même collection qu'est sorti le film dont nous avons l'honneur de parler aujourd'hui : MAC ET MOI, de Stewart Raffill. Evidemment, la vision de ce film se mérite, en quelque sorte. Une de fois de plus, Kids Collection présente une jaquette fallacieuse. L'affiche annonce le film NUKIE ET MIKO, film très très obscur, connu d'aucun spécialiste, et sur lequel j'ai fait des recherches, en vain. [Peut-être notre ami Le Marquis pourra mener des recherches plus fructueuses.] Bref, il ne faut pas se laisser tromper par cette affiche. Un oeil averti reconnaîtra un autre film. Sur le quatrième de couverture, on découvre un résumé qui n'a rien à voir avec le film et plusieurs photos issues de deux films : MAC ET MOI et peut-être NUKIE ET MIKO, si tant est que ce film existe. En tout cas, les photos de MAC ET MOI n'ont pas échappé à notre ami Le Marquis qui, dans une trocante bigoudène locale, trouva le précieux, et reconnut de suite le film qu'il avait entre les mains. MAC ET MOI. Un film dont il parle avec un souvenir ému, avec d'imperceptibles trémolos dans la voix. Et avec ses petits yeux embués. Le Marquis est quelqu'un d'imposant par sa stature et par sa Parole qui foudroie, toujours avec justesse. Il faut l'imaginer comme une sorte de dieu Thor (avec son marteau), toujours prêt à rétablir les vérités cachées qui sont nombreuses dans le domaine du cinéma. Et, tenez-vous bien, Le Marquis, il avait déjà vu MAC ET MOI, sur Canal+, à une époque où la chaîne cryptée passait plus de 10 films par mois, et passait TOUS LES FILMS!!!! Pas ASTERIX ET OBELIX CONTRE CESAR, pas MATRIX, pas les films que tout le monde a déjà vu 150 fois. Je passe.
Donc, Le Marquis achète le DVD de MAC ET MOI, déguisé sous le titre NUKIE ET MIKO, avec un résumé complètement mensonger en quatrième de couverture (et avec de multiples fautes de syntaxe en plus! – « La famille à s’échapper ! », la classe!). Il trouve la pépite dans une trocante au prix largement bradé et imbattable de 1.90 euros! Dire qu'il y a encore des imbéciles pour acheter DAREDEVIL à 28€! Passons. Nous glissons le DVD dans le mange-disque, et l'image (fixe) du menu nous propose deux choix : scènes ou film.
Et bien film, alors. La musique envoûtante et douce d'Alan Silvestri commence et nous emporte. Et plus rien ne sera comme avant...
Ça commence sur la planète Machin Bidule. Paysages désertiques et rocailleux, sols arides et abandonnés de toute vie qui s'étendent à l'infini. La misère. Trois silhouettes se découpent au loin. Démarche chaloupée et maladroite, silhouettes fines et malades, ils sont quatre. Deux grands et deux petits (Stan, Oliver, Laurel et Hardy ?). Non. La camera s'approche tandis que le soleil se couche sur la planète décharnée. Il s'agit de quatre créatures de l'espace. Quatre extra-terrestres. Une famille sans doute. Et ils ne font pas plaisir à voir. Grands certes, mais au look résolument éthiopien (le film est de 1988) : grandes mains décharnées, genoux chancelants, abdomen gonflé. En plus, ils n'ont pas l'air d'aller très fort. Ils ont l'air chez eux, mais paumés. Dans un geste de désespoir, le plus petit d'entre eux, rampant sur le sol, sort une paille, oui Messieurs Dames, une paille, la plonge dans le sol granuleux de la planète morte, et à grands renforts de succion, aspire goulûment quelques petites gouttes d'un liquide souterrain. Lequel? Nous verrons que la métaphore du liquide a beaucoup d'importance dans le film. J'y reviens. C'est la vérité, les Enfants, dure mais incontournable : ces créatures sont en train de mourir, au moins de soif.
Tout à coup, une lumière fine déchire le ciel désespérément vide. C'est une sonde spatiale! Elle atterrit sur la planète. Les créatures s'approchent. Sur la sonde, l'effigie du drapeau américain. Un bras articulé sort, s'empare de quelques cailloux et d'autres échantillons de poussières. Puis un autre bras articulé sort de l'engin. Les créatures ne se méfient pas et, zouh!, elles sont aussitôt aspirées ! (On verra que la métaphore de l'aspirateur a beaucoup d'importance dans le film.) La sonde redécolle. Direction : la Terre.
Cape Canavérole. US de A. 1988. Ça s'affaire drôlement dans le laboratoire sécurisé et ultra-secret de la Nasa. Les hommes en combinaisons stériles s'affairent sur la sonde, afin de récupérer les échantillons. Avec une extrême précision, les savants ouvrent précautionneusement la sonde à grands coups de dévisseuse électrique. Tout d'un coup, un bruit. Il y a quelque chose dans la sonde. Mon Dieu, mais... Ce sont des extra-terrestres! Avec leurs doigts générateurs d'énergie (on verra que, dans le film, le doigt a beaucoup d'importance), les créatures de l'espace, affolées, font sauter la sonde pour pouvoir en sortir, puis font sauter un mur pour s'échapper de la salle stérile du laboratoire, puis font sauter une porte pour s’échapper dans les couloirs de la Nasa, bientôt suivis par des dizaines de militaires sur-armés. Et puis après, les créatures font sauter les grilles électriques délimitant la base de la Nasa. Et puis après, ben..., ils s'échappent. Et là, c'est le drame! La plus petite des créatures est séparée de sa famille dans la panique qui a suivi l'évasion. Il s'échappe à travers le proche bosquet, puis tombe sur le pare-brise d'une voiture qui, dans la panique, en tamponne une autre, puis une autre. Carambolage. Police, ambulances, contrôle des voitures par la CIA, etc... Dans le bouchon provoqué par l'accident, la famille de Eric, 11 ans à vue de nez, attend calmement de pouvoir passer. Il sirote un soda, dans la voiture en attendant. Eric (Jade Calegory, formidable), c'est un petit gars sympa et gentil. Il est handicapé, certes, et il est en fauteuil roulant, mais c'est un petit gars sympa, serviable et avec de l'humour. Il y a aussi son frère (Jonathan Ward, acteur canadien francophone! Très bon.), plus grand. 17 ans, à vue de nez. Un gars sympa, serviable, et à l'écoute. Et puis il y a la maman (Christine Ebersole, formidable qu'on avait déjà vue dans DEAD AGAIN de Kenneth Brannagh, mais aussi dans MY FAVOURITE MARTIAN et MY GIRL 2 – MY GIRL 2, comment ils ont pu faire ça, la gamine meurt dans le premier???? C'est aussi la tante de Janel Moloney, qu'on a vue dans SAFE de Todd Haynes). Famille monoparentale, donc. Un travelling pudique sur une photo de famille, plus loin dans le film, suggèrera délicatement que le papa est sûrement...MORT! Passons. Une famille à la cool, donc. La petite créature parvient à se faufiler dans la voiture de la famille, et décide de voyager en clandestin, et advienne que pourra, comme dirait Mike Leigh (c'est le titre de son prochain film, qui raconte comment une famille extra-terrestre se retrouve coincée sur Terre à Manchester dans les années 60 en pleine crise de l'industrie minière et est recueillie dans une famille cockney, déjà pauvre, mais qui se sert la ceinture pour accueillir nos amis les aliens... Ours d'Or au festival de Berlin 2007). En fait, la famille de Eric (moins le papa, donc, qui est mort) déménage. Ils viennent de l'Illinois, et ont déménagé afin d'acheter une petite maison, dans un chouette quartier résidentiel (un peu comme dans POLTERGEIST ou dans E.T. pour vous donner une idée). Cette maison, la maman l'a achetée (et pas le Papa, parce qu'il est mort en fait) parce qu'elle est de plain-pied, et entièrement accessible pour Eric et surtout pour son fauteuil roulant. Sur l'autoroute, alors que toute la famille n'est plus qu'à quelques kilomètres de leur nouveau chez-eux, Eric regarde le trafic et dit : "Qu'est-ce qu'il y a comme voitures! Je sens que je vais adorer ici!". La voiture familiale quitte le highway et entre dans leur nouveau quartier. La maison est idéale, située en haut de la colline. En descendant de la voiture, la maman d'Eric engueule un déménageur noir qui jette avec violence un carton d'affaire sur le trottoir. "Hey! Vous! Qu'est-ce que vous faîtes?" "Faut m'escuser Ma'ame Daisy! Mais le cawton, il est vide!" Tout le monde rigole de rire. La vie est belle. On verra que dans le film, l'influence de Frank Capra est très importante. "Quel long voyage, dit Eric. J'ai vraiment très soif". Et il roule dans son petit fauteuil jusqu'au fridge où il prend un cola avec une paille. [L'acteur Jade Jalegory est vraiment handicapé. Il apporte une touche de réalisme et d'humanité supplémentaire à son rôle. Il a la même maladie que Stephen Hawkins.]
Revenons à la petite créature, loin de ses parents, et qui a fait tout ce voyage en clandestin. Il sort de la voiture, et explore la maison. Ça fait des gags. La télé s'allume toute seule (comme dans POLTERGEIST, encore une fois, sauf que là, c'est les Snorkies qui passent), et le grand frère aperçoit la créature uniquement quand il met des lunettes de soleil (véridique!), subtil hommage à INVASION LOS ANGELES, le pamphlet social et politique de John carpenter. La créature en fait, où avais-je la tête, s'appelle Mac, pour une raison obscure. Certains disent que ce sont les initiales de Mysterious Alien Creature, mais ce n'est pas clairement dit dans le film. Bref, la famille d'Eric et Mac cohabitent ensemble sans que personne n'ait de doute, sauf Eric qui trouve que des choses bizarres se passent. Eric fait la connaissance de sa petite voisine, du même âge que lui, et de sa grande sœur qui a le même âge que le frère d’Eric. Un jour, en croyant avoir aperçu quelque chose, Eric sort devant la maison, et suit une sorte de petite silhouette. C'est Mac! Il prend peur et se met à courir. Eric prend les roues de son fauteuil et son courage à deux mains et se précipite. Début de poursuite. OH NON! Le fauteuil s'emballe dans la descente! OH NON! Le frein du fauteuil se casse! Eric descend la colline à 100 à l'heure! Il ne peut plus s'arrêter... OH NON! Il finit par faire (je vous jure que c'est vrai!) une chute de 20 mètres et sombre dans un petit lac en contrebas. La petite voisine qui ressemble un peu, avec ses couettes, à Drew Barrymore dans E.T, mais en brune, et qui a tout vu, même Mac, appelle au secours. Dans le lac, Eric est en train de couler et de faire sa prière. Mon dieu, ce que j'ai soif, moi.
Je ne vais jamais finir cet article. J'ai été me chercher un petit coca, ça va mieux. Bon, j'en étais où? Ha oui, Eric donc est en passe de réussir à se noyer dans le lac. Sans hésiter, Mac plonge dans l'eau, pousse le fauteuil roulant et, ouf, Eric est sauvé, c'était moins une. Le docteur arrive, et Eric raconte son histoire, qu'il a vu une créature mystérieuse de l'espace (CME, c'est sûr en français c'est moins bien), mais personne ne le croit.
Scène suivante extérieur nuit devant la maison de Eric. Une poubelle bouge... Suspense. En fait, c'est un raton-laveur (je vous jure!), qu'on ne verra plus après.
Scène suivante, la maman part au boulot. Quand elle descend dans le salon, c'est le bordel. Toutes les plantes du jardin sont dans le living-room! (En fait, c'est Mac!).
Scène suivante : Eric sait que la créature est quelque part dans la maison, mais comme il a très soif, il va chercher un petit coca. Et là, il a une idée. Comme dans le Petit Poucet, il place des pailles, destinées normalement à l'absorption de coca-cola, partout dans la maison. Elles forment un chemin jusqu'à sa chambre. Tous les cinq mètres, il dispose un verre de coca-cola. Mac, tombe dans le piège, suit les pailles, vide tous les verres de coca et entre dans la chambre où Eric l'attend dans le placard (hommage à BLUE VELVET) avec un aspirateur, et aspire Mac (je vous l'avais dit). Il va chercher sa voisine et son grand frère Et tous font connaissance avec stupéfaction et avec Mac. Pour fêter ça, on débouche quelques bouteilles de coca.
Scène suivante : avant de partir au boulot, Maman découvre que le salon est super bien rangé, que le ménage a été fait dans toute la maison, et que la table du petit-déjeuner est mise. Félicitations, les garçons. (En fait c'est Mac!).
Scène suivante : un agent de la CIA demande à toute la famille s’ils n'ont pas vu quelque chose d'anormal. Ben non! Maman part au boulot. Le grand frère, Eric et la petite voisine sentent bien que la CIA n'a pas que de bonnes intentions, un peu comme dans les films de Bergman. Ils décident de planquer Mac dans un ours en peluche. Ainsi déguisé, ils passeront incognito. Comme c'est l'anniversaire de la petite voisine, ils vont tous chez Mac Donald. Ronald Mac Donald est là et fait des dessins avec les gosses de toutes les couleurs qui ont été invités. On s'amuse bien, et il y a plein de musique. Les enfants dansent et Mac aussi sous son costume d'ourson en peluche. Tout le monde mange des hamburgers, boit du coca et danse. Et puis, finalement, tout le monde danse. Hommage au DANCER IN THE DARK de Lars von Trier. Et hop, j'avais un film d'aventure et maintenant j'ai une comédie musicale! Le film s'arrête pendant cinq minutes, et tout le monde smurfe de bon cœur. Mais...
Les agents de la CIA débarquent dans le MacDo, et contrairement à tous les autres, ils n’ont pas trop envie de boire un coca. Et ils ne sont pas longs à remarquer cet ours en peluche étrange qui breakdance tout ce qu’il peut sur le comptoir (véridique!). En fait, c'est Mac! Eric voit le danger venir. Il met Mac sur ses genoux et prend ses roues à son cou. Une poursuite incroyable avec plein de cascades s'engage. Des voitures qui se tamponnent, des téléviseurs qui explosent, etc.. Tout ça, ça donne soif, et Le Marquis met le DVD sur pause, et va nous chercher un verre de coca.
Finalement, Eric, son frère, la petite voisine et sa grande sœur arrivent à s’échapper en camionnette. Mais Mac, ça ne va pas fort. Il est tout déshydraté et tout déprimé. Sa famille lui manque. Il sort de la camionnette (qui ressemble un peu au van des Bradfords dans HUIT ÇA SUFFIT) et il met ses mains dans une drôle de position un peu new-age et il se met à siffler (Do-Sol-Mi, pour ceux que ça intéresse). À des dizaines de kilomètres de là, sa famille, perdue dans le désert, l'entend et se met à siffler. Tout ça, ça donne soif à Mac qui décide de boire un petit coca. Par un subtil subterfuge que j'ai complètement oublié de vous raconter, Mac arrive à faire comprendre à ses petits amis où se trouve sa famille. On finit par retrouver la famille de Mac, mais ils vont pas fort. Ils sont presque morts. Eric leur fait boire les deux dernières cannettes de coca. Ça va mieux, mais mieux vaut être prudent. Tout le monde grimpe dans le van. Direction la ville et le mac-drive pour acheter à manger. Puis, virée au supermarket pour acheter d'autres trucs.
Mais comme on peut s'en douter, se balader en supermarché avec quatre E.Ts, ça ne passe pas inaperçu. Et là, c'est le drame. Un policier sort son revolver. Le papa de Mac attrape l'arme et sort du supermarché avec ses cannettes de coca sous le bras (véridique), un peu comme Nicolas Cage dans ARIZONA JUNIOR. Dehors, tout le monde est planqué derrière les voitures de police qui arrivent en masse. Les policiers vont sûrement tirer sur la famille de Mac. Eric proteste mais ça ne sert à rien. Les policiers sortent des lance-roquettes et atomisent la famille de Mac qui meurt dans d'atroces souffrances, sauf le petit frère de Mac qui est achevé au napalm. Eric pleure, et décide de se couper les veines. La mère, folle de désespoir est engagée comme critique de cinéma sur France 2. Le président des US de A démissionne. Générique. Un petit coca et au lit.
C'était bien, non ?
Bon, tout ce que j'ai dit est vrai, sauf les trois dernières phrases qui sont de moi et qui sont bien plus réalistes que la vraie fin ( mais Eric "meurt" quand même). À l'évidence, cette série B du cinéma américain des années 80, est un chef-d’œuvre absolu. La lumière est complètement celle de E.T de Spielberg. Le cadrage (enfin le pan & scan) est si sublime qu'on a envie de boire énormément de coca. Je vous aurais bien raconté la fin en entier mais je dois aller au Mac-do retrouver des potes.
Le plus étonnant dans ce chef-d’œuvre incontournable du cinéma mondial, qui allie à la fois film commercial et film d'auteur, c'est que Spielberg n'ait pas de procès pour plagiat! Il faut dire, et c'est très étonnant, que le film est produit par Mac Donald. Ce qui explique le titre et le fait que tous les trois minutes, les personnages s'abreuvent de coca. Peut-être que Spielberg (j'espère pour lui, même si j'aime pas trop le bonhomme dont je pense sincèrement que le E.T est un très mauvais film!) aura trouvé un arrangement avec Mac Donald, qui a dû lui céder des milliers de stock-options afin d'éviter le procès.
Il reste que MAC ET MOI est le meilleur film de l'histoire du cinéma. C'est une ode à l'enfance, et au merveilleux! Là où E.T se terminait sur un constat d'échec (humains et extra-terrestres ne peuvent pas vivre ensemble, ni même se rencontrer), MAC ET MOI prône la tolérance et l'intégration. La scène finale, et croyez-moi sur parole, je vous jure sur ma propre tête que c'est vrai, montre toute la famille de Mac prôner allégeance au drapeau américain, lors de la cérémonie officielle, devant un juge de la Cour Suprême qui fait d'eux des citoyens américains! Je vous jure que c'est vrai!!!!!!! D'ailleurs, le papa de Mac a mis un smoking bleu, et la maman une robe. Le dernier plan les montre en train de conduire une voiture et de rentrer chez eux! Puis, un carton apparaît :"On reviendra!". MA-GNI-FI-QUE!
Malheureusement, le film n'eut pas le succès escompté (c'est très étrange), ce qui est fort dommageable car un gros pourcentage sur la vente du film devait être reversé à une association caritative mise en place par Mac Donald (pour les enfants pauvres, je crois).
Rendons aujourd'hui hommage au merveilleux film de Stewart Raffill, et gageons, que, dans le futur, le film retrouve sa place au panthéon des chef-d’œuvres du cinéma, entre 2001 et CITIZEN KANE. Amen!
Passionnément Vôtre,
Dr Devo.
 
PS: je ne peux pas m'empêcher de vous parler d'un autre film de Stewart Raffill qui s'appelle WHILE YOU WERE WAITING (réalisé en 2002). Voici le résumé.
"Malgré les enquêtes et les statistiques concernant les méfaits de la tabagie, et ses effets en terme de maladie et de mortalité, on oublie souvent un élément important: les conséquences de la tabagie sur la Famille. WHILE YOU WERE WAITING explore les relations complexes entre la dépendance à la cigarette et ses effets sur les autres membres de la cellule familiale. Alors qu'il surprend sa mère qui est handicapée en fauteuil roulant [décidément, c'est sa grande obsession à Stewart Raffill), en train de chercher frénétiquement un paquet de cigarette dans le jardin (?), Paul caresse l'idée de lui faire abandonner, ou du moins de diminuer, le seul plaisir qui lui reste. Debout à la fenêtre, Paul lutte avec lui-même et essaie de comprendre pourquoi sa mère n'a jamais arrêté, malgré qu'on lui ait diagnostiqué un "emphysema " (c'est le mot anglais, je ne sais pas comment le traduire, désolé). À travers une série de flashback, Paul est obligé d'admettre qu'il n'a jamais été capable de persuader sa mère d’arrêter de fumer, et qu'il n'en sera jamais sans doute capable. Il s'aperçoit avec effroi qu'il n'a jamais tenu la main droite de sa mère. La main qui tient la cigarette. Cette main qui l'a évité toute sa vie, cette main qu'il ne tiendra jamais plus. Ce film est un regard déchirant sur la dépendance à la cigarette et sur les conséquences sur les personnes aimées dans l'entourage du fumeur."
MMMMmmmmmm... Ça a l'air bien!
 
 
Retrouvez d'autres articles sur d'autres films, en accédant à l'Index des Films Abordés: cliquez ici!
Ecrire un commentaire - Voir les 20 commentaires
Samedi 5 mars 2005 6 05 /03 /Mars /2005 00:00

Publié dans : MAC ET MOI : retour sur le film du siècle

Ô Superfocale

BUREAU DES QUESTIONS

clique sur l'image

et pose!

 

Recherche

United + Stats


Fl banniere small





 
 





 

Il y a  9  personne(s) sur ce blog
 
visiteurs depuis le
26Août 2005



eXTReMe Tracker



Notez Matière Focale sur
Blogarama - The Blogs Directory

 


statistique

Matiere Focale TV



W3C

  • Flux RSS des articles

Recommander

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés