<![CDATA[Matiere Focale]]> http://www.matierefocale.com/ fr over-blog.com RDF 1.0 Generator admin@over-blog.com 2004-12-19T07:56:10Z <![CDATA[Exclusif: Mek-Ouyes photographie le foetus de Richard Gere !]]> http://www.matierefocale.com/article-21321471.html [de gauche à droite: l'empereur se réveilla de mauvaises humeurs (gauche), il avait encore faim (droite)] Photographie par Mek-Ouyes.  ]]> fr 2008-07-18T09:40:12Z <![CDATA[Le Charme Subtil des Massacres Belges]]> http://www.matierefocale.com/article-21226113.html [Photo, de gauche à droite: la foule se pressant aux soldes et saluant l'ambassadeur du N.] Photographie par Mek-Ouyes.   ]]> fr 2008-07-14T13:40:19Z <![CDATA[VITAL de Shinya Tsukamoto (Japon-2004): Enfin de beaux nippons!]]> http://www.matierefocale.com/article-21210101.html (Et bien pour une fois, voici une photo directement issu du film VITAL !)   Encore une fois laissons tomber la blouse blanche et allons nous fourvoyer dans les vastes contrées de l’Est Sauvage. De tout de façon, au vu du temps pourri qui s’annonce, avons-nous réellement quelque chose de mieux à faire ? D’autant plus que nous retrouvons notre ami Shinya Tsukamoto, ami japonais de longue date que nous n’avions pas visité depuis trop longtemps, presque un an en fait et la possibilité heureuse, je m’en souviens de revoir TETSUO 2 en salle, deuxième partie donc du binôme industriel et merveilleux qui valut à notre Japonais adoré de connaître ses (courtes) lettres de noblesse internationale. Comme ses films ne sortent pas en salle, ce qui est proprement – wait for it- scandaleux, nous nous réfugierons sur ce dvd qui semble-t-il est anglais et qui propose justement un sous-titrage dans la langue de Britney Spears et de Shakespeare. Voici donc, mes petits cocos, VITAL…       Notre héros est un jeune japonais qui a malencontreusement été victime d’un accident au volant de sa voiture (l’accident a déjà eu lieu lorsque le film commence…), et qui l’a rendu, goddammit, amnésique. Le voilà donc allongé dans son lit d’hôpital sans avoir la moindre idée de qui sont les gens qui se disent être ses parents, et même incapable de dire quels sont ses goûts ou quelle est sa personnalité ! Il apprend par ses géniteurs qu’il était en troisième année de médecine, études qu’il s’apprêtait à abandonner. Par hasard (il est fasciné par la lézarde sur le placard qui renferme ses anciens livres !), il décide de reprendre ses études pour lesquelles il se montre plus que brillant, puisque le voilà au bout de quelques mois avec un niveau de troisième année et avec beaucoup plus de disposition que dans sa précédente vie. A la fac de médecine, il fait la rencontre avec une jeune fille, également ultra-brillante et réservée qui semble avoir une fascination sans limite pour le mystérieux et mutique jeune homme. Mais, la tentative de flirt ne va pas loin puisque que lui ne dit jamais un mot et semble complètement impénétrable. En tout cas, voici la 4éme année qui commence. Et le premier semestre est consacré à la dissection complète d’un cadavre. Notre héros s’avère ultra-doué. Peu à peu des souvenirs remonte à la surface. Et c’est là que les choses se compliquent : il s’aperçoit que la jeune fille médusée, avec qui il sort désormais et qui fait partie du même groupe pour la dissection du cadavre, est sans doute aussi son ancienne petite amie, morte dans l’accident de voiture qui l’a rendu amnésique. Et la jeune fille est aussi la fille qui hante des souvenirs enfouis qui ont l’air trèèèès incertains pour ne pas dire complètement inventés ! Notre héros apprend alors que le cadavre qu’il dissèque n’est autre que celui de son ancienne petite amie morte dans l’accident de voiture, suivez un peu donc, je viens de le dire. Je résume : la jeune femme est une femme de sa mémoire, sa nouvelle petite amie, son ancienne petite amie décédée, et le cadavre qu’il dissèque ! Ce sont les fans de James Ivory et de Jean Renoir qui vont être content !     Houlalala, on ne panique pas et on respire un bon coup. Ça commence très très fort avec une même image, totalement indus' (des cheminées d’usine), qui se décale et superpose à elle-même tandis qu’une sublime bande-son mélange plusieurs musiques dans un chaos qui ne l’est pas moins, indus’ ! Bon, ça va se calmer ensuite. Et les premières scènes ressembleraient presque à un film normal. C’est tout de suite très stylisé et moderniste (notamment dans les décors et les choix de cadrages), mais c’est tout de même très beau. Puis au bout de quelques minutes, on s’aperçoit que le montage narratif et opératoire est plus que simplement chic et soigné : ça transitionne à qui mieux-mieux dans une logique abstraite, la lecture d’éléments symboliques reste totalement poétique puisqu’on ne sait pas vraiment à quoi ils font références (ce qui nous laisse seuls avec nos sensations, processus qui sera répété avec des déplacements de symboliques pas si éloignés des méthodes de Julio Medem), et encore plus, on s’aperçoit que le dispositif de champ/contrechamp est complètement disfonctionnel. Pour permettre de déployer un tel dispositif, Tsukamoto fait feu de tout bois en utilisant des éléments signifiants et bougrement fulgurants sur tout le clavier de la mise en scène : formes graphiques abstraites répétées et contradictoires,  jeu construit/déconstruit de couleurs, répétitions de gestes chez les acteurs, apposition de phrases qui se répondent sans faire partie du même dialogue, transitions sonores, couleurs des décors et des objets qui se répondent dans de simples évocations abstraites, décors mutants et changeant parfois d’une scène à l’autre, exploitation des éléments de confusion présents dans le scénario, sons absents, répétitions à la chaîne d’un même plan coupé différemment, etc.... C’est un petit festival, très bien ficelé, qui n’hésite pas, très souvent à faire des choses peu appréciées du publique mais magnifiques comme des retours en arrière, des redondances, des pistes stériles, des débrayages de rythme, voire même inversion de personnages (les deux couples de parents sont complètement interchangeables, magnifique dée). La photographie est souvent belle, quelquefois très vulgaire dans les parties les plus oniriques (grotesques, même discrètement), et joue elle-même un rôle de perturbation énorme. Quand on croit que tel éclairage marque telle époque de la vie du héros on s’aperçoit alors que non, pas du tout. Bleu pour le présent, et rouge pour le passé, finissent par s’inverser, puis s’opposer selon les sentiments et les confusions du héros. Bref, Tsukamoto s’en donne à cœur joie. Pour suivre, il faut se perdre et en même rester à l’affût des logiques sensuelles et de fulgurances qui font qu’un dispositif d’éléments contradictoires et abstraits peuvent devenir un tableau sensible de la perdition et de la douleur des éléments passés ou présents, ou tout simplement du Sentiment.     Curieusement, le film n’est pas aussi abstrait que cela. La progression narrative est aussi globalement linéaire, et les éléments que je viens de décrire sont plus des éléments de brouillage. On est dans une forme moins « indus’ » que les TETSUO, mais n’empêche… Tsukamoto a peut-être réussi la quadrature du cercle. Il sait que ses films auront peut-être peu de chance de voir le jour, et il adopte une tactique simple : utiliser des sujets attractifs et simples, (presque) vendeurs, pour les déconstruire au possible ou plutôt pour les rendre très proches de ses velléités d’artiste. Le résultant est donc totalement intransigeant mais ouvert. On sent que Tsukamoto attend son heure, et proposerait plus volontiers des sujets moins balisés. Cela dit, aucune honte à avoir, tant le réalisateur japonais enfonce le clou et ne base le développement de son film que sur la mise en scène. Il ne se refuse aucune abstraction, et reste digne quelque soit le combat, plaçant haut les exigences artistiques, et traitant le public, même si ce n’est pas son public, de la manière la plus intelligente et sensible qui soit. VITAL est donc bien sûr un grand film, même si on peut préférer d’autres films du réalisateur, et il se place à mille coudées au-dessus du reste de la production, asiatique ou pas, qu’on peut trouver dans nos salles art et essai… En même temps, on le savait et ce n’est pas un scoop. Mais ça va mieux en le disant. Bill Yeleuze.          ]]> fr 2008-07-13T18:40:08Z <![CDATA[Mek-Ouyes en Irak]]> http://www.matierefocale.com/article-21113516.html [Photo: tandis que la sueur perlait sous sa nouvelle tenue de combat X14, Steve se demanda ce qu'il faisait ici, et si Colin et Taylor étaient vraiment ses amis...] Photographie par Mek-Ouyes.    ]]> fr 2008-07-09T18:10:11Z <![CDATA[Doublette 28]]> http://www.matierefocale.com/article-21036796.html [Photo: "...alors même que la fête battait son plein, il était évident qu'il serait impossible pour Jean-Séverine (à droite) ou sa jumelle sombre (à gauche) de ne pas penser à la Pile qui l'attendait sur son bureau, et Ulla (à droite) et sa jumelle sombre (à gauche) pensaient qu'il fallait les Préserver quoiqu'il en coûte, les réconforter même, malgré la dangereuse puérilité de leurs gestes respectifs et les affreuses Conséquences qui pouvaient en découler."] Photographie par Mek-Ouyes. ]]> fr 2008-07-06T23:10:12Z <![CDATA[Your shirt on my chair...]]> http://www.matierefocale.com/article-20983266.html [Photo: "...bizarrement, malgré son absence, la soirée battait son plein, et elle fut surprise de sa propre réaction devant le cortège devant elle, ne sachant au fond pas très bien s'il s'agisait là de son passé ou son futur. Il avait les ongles assez longs."] Photographie par Mek-Ouyes. ]]> fr 2008-07-04T16:05:26Z <![CDATA[PHENOMENES de M. Night Shyamalan (USA-2008): le faisan, c'est bon quand c'est abstrait !]]> http://www.matierefocale.com/article-20946066.html [Photo: "Bring Out Your Living" par Dr Devo.] Chers Focaliens, Y-a-t-il une alternative à ce soleil venant cancériser notre peau forcément douce, et aux soldes de la société occidentale consumériste ? Je dis oui, et ça s'appelle la fête du cinéma. Malheureusement, les films ne sont pas vraiment sexy, du moins en apparence, si on excepte le DIARY OF THE DEAD de George Romero dont on parlera sûrement dans ces pages un de ces quatre matins. En attendant, rattrapons avec le nouveau Shyamalan, qu'ici nous avons toujours appelé Chien Malade, avec un ton taquin mais affectueux, et je ne vois pas pourquoi ça changerait... Mark Whalberg ne chante toujours pas (plus) mais le voilà prof de science dans un lycée de New-York. Et ce matin-là, il y a comme un étrange ver dans la grande pomme. (Cette image vous était offerte par le Centre National de la Métaphore). Tout commence à Central Park quand les joggers et autres passants s'arrêtent soudain en pleine action, semblent avoir le regard vide, puis se mettent à répéter en boucle des phrases banales et incohérentes. Vous me diriez, jusque-là rien de très anormal. Certes. Le soucis c'est que dans la minute qui suit, tous ces ébahis se mettent à se suicider derechef et sans prévenir, en utilisant tous les objets qui se trouvent à leur portée. Là, c'est anormal, vous en conviendrez. Les cours sont interrompus, bien entendu, et les New-Yorkais fuient en masse. C'est ce que propose John Leguizamo, cette vieille ganache, ici prof de mathématique et collègue de Whalberg qui propose à ce dernier et à sa femme, Zooey Deschanel d'aller faire un tour dans leur famille à Philadelphie où les choses ne semblent pas avoir pris le tour macabre qu'elles ont pris à N.Y.C. Whalberg appelle sa femme Zooey, plus jeune et qui semble un peu planer à cent mille, et voilà tout ce petit monde (plus la fille de Leguizamo) qui part en train vers Philadelphie. Malheureusement les nouvelles sont très mauvaises : l'épidémie mystérieuse de suicides se répand sur toute la côte est. Les autorités avancent la piste grandiloquente de l'attaque terroriste et chimique qui débloquerait les molécules présentes dans le cerveau qui nous empêchent de nous faire du mal (sauf si vous êtes maso, mais dans ce cas-là, ça ne sert à rien de vous raisonner, je ne vous cause même pas !) et de nous autodétruire. Mouais. En tout cas, les choses vont de mal en pis puisque le train est arrêté en pleine cambrousse et que l'épidémie gagne encore du terrain. Leguizamo très inquiet de ne pas avoir de nouvelles de sa femme, part à sa recherche, tandis qu'il confie au couple pourtant mal au point Whalberg-Deschanel, la petite Kévina, sa fille. Voilà nos héros bloqués en pleine cambrousse américaine dans la zone exacte où l'épidémie progresse. Ce n'est pas gagné... Ha, quel drôle de bonhomme que ce Chien Malade... Comme disait Soderbergh en recevant sa palme d'or dés son premier long-métrage, bah, c'est pas facile et c'est même impossible à résoudre que d'avoir du succès immédiatement tout de suite. C'est également le syndrome qui touche Chien Malade, le pauvre, quicartonna jadis dés son SIXIEME SENS, et n'arrêta pas par la suite d'ailleurs. Le monsieur affectionne les sujets relativement originaux et ménageant à la fois pas mal de suspens et des intrigues à mystère un peu tordues qui bien souvent se résolvent dans des twists improbables et quelquefois séduisants. Bien. L'année dernière ou 'année avant, le petit gars avait donné déjà un peu dans le faisan en nous livrant LA JEUNE FILLE DE L'EAU, assez poussif mais tellement à côté de la plaque transitionnelle que la chose boursouflée pouvait avoir son charme malgré un casting pas toujours séduisant (dont l'ignoble machin bidule dont j'ai oublié le nom qui jouait déjà dans cet horrible film sur le vin dont j'ai oublié le nom...). Alors, avant toute chose, il va falloir que je précise un détail de la plus haute importance, et qui brouilla considérablement la lecture du film : j'ai vu PHENOMENES en v.f. Et là, les amis, permettez-moi de m'insurger, et ensuite d'émettre une remarque nuancée. Primo, ayant la chance d'être dans une métropole où il y a beaucoup de films en V.O, je fus absolument terrifié de me retrouver devant un doublage aussi promptement dégueulasse ! Voix nulloses (les gamins qui parlent avec un accent banlieue ce que, et je parie ma chemise et mon boxer,n'est très certainement pas le cas en V.O), Whalberg doublé comme Shia LaBeouf, c'est à dire comme s'il avait 22 ans, aucune nuance, patatage totale et constant pendant tout le film, traductions hallucinantes de médiocrité (avec des lignes entières incompréhensibles pour le français normal, dont un directeur d'école qui dit aux profs que les cours sont interrompus et rajoute : "Bon pensez à faire vos agendas, et à vous de vous en occupez pour quand les cours reprendront "), alors même que le moindre fan-sub est en général de bien meilleure qualité et pas avare en formules percutantes, absence de rythme totale, mixage médiocre de la V.I (version internationale : c'est la bande son du film débarrassée des dialogues quels qu'ils soient afin de fournir aux distributeurs locaux un background sonore fidèle à l'originale et permettant en principe d'y apposer la VF sans casser le mixage global), et un doublage globalement fait en trois minutes, sans aucune direction artistique, et, là aussi je parie mon boxer, fait en un temps ridiculement court par des comédiens qui découvrent le texte et ont bien décidé de s'en foutre ! On retrouve ces traits dans les films de genre en général : de moins en moins pour le cinéma fantastique, mais très souvent par exemple dans les films de collège ou les comédies du même acabit, où il est évident que la direction du doublage se fait dans la perspective suivante : "C'est de la merdre de cinéma industriel, c'est mal joué, pas la peine de se fouler". hélas, même si ces films sont des films de consommation de masse, en général ils sont très bien joués, avec des comédiens tout en débrayages et en nuances, n'hésitant pas à jouer dans des nuances fortes ou, au contraire, tout en understatement. Bref, si dans AMERICAN PIE, par exemple, ou dans VAN WILDER PARTY LIAISON, autre délicieux exemple, il s'agit d'avoir un rapport sexuel avec un gâteau, ou de remplir de semence des viennoiseries, et même si les acteurs forcent le body acting, et bien il s'agit toujours d'un équilibre et d'un  gros travail et en général, les voix ne sont ni outrancières ni surjouée, bien au contraire. Pour voir ça, il faut avoir de la bouteille, voire des films, apprécier les comédiens nuancés et chirurgicaux que sont les Américains, et aimer les paradoxes. Et encore plus considérer tous les films et je dis bien tous, même un Vin Diesel ou un Nanni Moretti comme une œuvre à part entière. Les doubleurs et surtout les gens qui produisent et dirigent les VF (car les doubleurs travaillent dans des conditions pénibles, les pauvres) devraient garder ça à l'esprit, déjà au nom de l'Art dont ils se gargarisent, et aussi au nom du respect du spectateur qui rappelons-le paye sa place entre 7 et 10 euros. Vous le savez grâce à ma fabuleuse CHARTE POUR AMELIORER LE CINEMA MONDIAL que si j'étais ministre de la Culture, j'interdirais tout de suite la VF (hihi !) non seulement pour améliorer le niveau scolaire des jeunes français, mais aussi et surtout parce regarder un film en V.F c'est comme embrasser sa copine ou son copain au téléphone ou visiter un pays étranger sans descendre du car : c'est absurde ! Malgré tout, je trouve scandaleux qu'on traite le grand public populaire avec autant de négligence et de je-m'en-foutisme. Le spectateur du Pathugmont comme celui du cinéma art et essai indépendant (ou non) à le droit à une projection nickelle (une belle copie, par exemple, ce qui ne fut pas le cas non plus ici) et à un travail irréprochable quant à la restitution du travail artistique que représente le film. Après, que ce soit un navet ou un Derek Jarman ne change rien à l'affaire. C'est une question de respect du pauvre type qui paye une fortune sa place (et qui bien souvent est privé du choix de pouvoir voir le film en V.O), et une question de respect du cinéma. Pour PHENOMENES, film sans doute difficile à doubler (j'y reviens), le travail est ouvertement médiocre et fait entre deux apéro chez Mimi, le bar du coin. Le résultat est catastrophique. Une vraie honte. Et donc cette critique devra être affinée, peut-être dans quelques temps, lors de la sortie dvd, car il a fallu toute mon expérience en matière de connaissance d'acteurs, de connaissance du cinéma américain, et en matière de connaissance des (piètres) habitudes des comédiens français, et même ma connaissance du cinéma en général (chercher des indices dans la mise en scène) pour essayer de deviner quelles pouvaient être les nuances originelles du film du Chien Malade qui justement joue sur les ruptures de tons et parfois sur l'apposition d'éléments apparemment antinomiques. Bref, cher Chien Malade, si tu lis ces lignes, fais un procès à ton distributeur ! Donc, une fois ceci posé, revenons au film, ou à ce qu'il en reste après que les petits sagouins locaux l'aient souillé de toute part (c'est du viol en fait !). Et bien, c'est là le problème. Car comme je viens de le dire, il en a fallu du talent pour ne pas tourner en bourrique et pour déchiffrer la partition. Chien Malade continue son bonhomme de chemin, et en même temps commence à emprunter sans avoir l‘air d'y toucher une autre voie bien plus étrange. PHENOMENES est effectivement assez proche de ce qu'on en dit ses détracteurs. Le suspens est très étrange. Là où le réalisateur américain avait tendance à nous prendre la main pour mieux nous mener en bateau dans des scénarios twisté à Saint-Tropez, il fait désormais quasiment le contraire. Il y a un mystère bien sûr, mais très vite on est mis sur la piste, et la bonne en plus. Ou plutôt, très vite, au bout d'un gros quart d'heure ou vingt minutes, on émet une hypothèse possible. Maintenant, quant à savoir pourquoi le phénomène en lui-même se déclenche, on n'en sera rien. D'ailleurs je note que la fable écologique dénoncée ça et là n'existe pas vraiment. N'ayant aucun élément scientifique en main, Whalberg utilise une métaphore : "on dérange la nature" qui explique les symptômes sans vraiment expliquer quoi que ce soit, bien au contraire même. La conclusion (assez maladroite et qui sent bon la décision de studio), ramène le film dans une queue-de-poisson répétitive comme l'affectionne le cinéma fantastique populaire plutôt que de marteler un quelconque message. On peut penser à un sous-message ou à une sous-métaphore écologique, mais c'est vraiment annexe. La métaphore du couple provoquant des catastrophes, naturelles ou non, est forcément beaucoup plus forte. Ce qui est très étonnant dans le film de Chien Malade, c'est le traitement, et l'étrange ton qui se dégage de toute l‘affaire. Côté mise en scène, il semble adopter une posture assez bizarre. Le cadrage n'a rien de mirifique, le découpage est assez plan-plan mais sait ménager quelques coupes bienvenues qui, notamment, mettent en avant avec habileté d'ignobles gros plans, nombreux et très mal cadrés, beaucoup trop proches qui font penser à ce fameux gag des ZAZ où les acteurs finissent par se cogner à l'objectif tellement ils sont proches de la caméra ! C'est d'ailleurs dans les premières bobines du film que la mise en scène est la plus médiocre ou la plus banale. Ensuite petit à petit, les séquences s'organisent mieux (première balade en petit groupe, la maison à la balançoire, scène chez la vieille puis enclenchement de l'hénaurme dernière scène avant la conclusion) et que la mise en scène se déploie avec plus d'assurance. Mais dans l'ensemble, on est assez proche d'un niveau "série B de base", avec ici et là quelques morceaux de bravoure assez réussis. Du côté des autres leviers de narration, que c'est étrange également! Évidemment, on voit tout de suite ce qui a pu énerver tout le monde : il ne se passe, à strictement parler, rien ou presque. Si les suicides individuels à échelle collective semblent une base alléchante, ils sont aussi splendouillets et hésitent entre détails macabres voire un poil gore dans le champ, à l'ellipse totale. La séquence la plus dans cet entre-deux est sans doute celle du chantier avec sa contre-plongée splendouillette (volontairement je pense) où Chien Malade utilise un effet numérique très gauche mais du coup assez inquiétant et grotesque, et où le reste (la réaction du chef de chantier) est monté de manière efficace. Sinon que se passe-t-il ? Rien ! Du vent dans les feuilles des arbres, des héros qui traversent des champs et encore de champs, et c'est à peu près tout car très vite on sait ce qui se passe et ce qui déclenche les fameux suicides. Le modousse operandaille de l'élément fantastique est le moins spectaculaire du monde : pas d'invasion extraterrestre, pas de cyclone ruant sur nos héros à toute berzingue, pas d'effets spéciaux impressionnants, pas de monstres, ni rien. Ici, la menace est vague, pas spectaculaire pour un sou et même comme disait la Môme Néant : A' existe pas ! Ce qui tue les gens c'est l'air, donc le vide, le rien ! Alors évidemment tout le monde est déçu. Faire un film apocalyptique avec un cataclysme qui s'appelle le rien ! Rendez-vous compte ! C'est un scandale. D'autant plus qu'au fur et à mesure, la mort spectaculaire sera hors champs ou alors montré de manière frontale mais assez sobrement (la vieille dame). Ça provoque d'ailleurs un paradoxe intéressant que la scène de la maison à la balançoire nous révèle : alors que les morts physiques sont très présentes mais très à la woualliguène en début de film, elles semblent vouloir de plus en plus se cacher, comme dans la belle idée de la séquence du revolver baladeur.Et puis, plus la mort semble avoir d'enjeu et devient insupportable en ne s'attaquant plus à la masse mais aux individus, plus elle semble se montrer frontalement et sobrement. Une thématique reliée à celle de la petite fille à qui tout le monde essaie de cacher la réalité physique de la catastrophe et qui brutalement assistera à la Mort en marche sous la forme bien plus cruelle qu'est celle du meurtre (très très bonne idée). Bref, plus on avance et qu'on se concentre sur le registre de l'intime et plus les morts ont du poids. Quel dommage que nous vivions en France, pays des doubleurs malotrus ! Car il est évident que Chien Malade, notamment dans sa direction d'acteurs mais pas seulement, joue sur la rupture de ton voire sur le mélange des genres. Les comédiens sont assez précis mais semblent régulièrement jouer du décalage ou de la bêtise outrée, passant de l'ébahissement mongolien à une plus grande sobriété. Bref, Chien Malade change tout le temps de nuance, du grotesque au juste décalé, du sérieux et sobre au décrochage presque drôle (tant que le sujet le permet) et il mêle ainsi les enjeux les plus sérieux aux séquences les plus incongrus. Les acteurs, Deschanel en tête, font tour à tour les gros yeux (presque comme dans une bd manga) ou sont simplement sobres. Et c'est là que PHENOMENES marque des points. Un sujet étrange qui opère sur le Rien. Un décalage incessant. Et plus encore une histoire dont il est particulièrement difficile de dire de quoi il parle véritablement. C'est un peu comme dans BOULEVARD DE LA MORT. Bon, ok, c'est un type qui tue les filles en voiture mais en même temps ce n'est pas ça. Ici, c'est pareil. Ok, ici il s'agit d'une catastrophe apocalyptique et en même temps non, pas du tout. Chien Malade visiblement s'amuse bien. Plus que de passer un autre sujet en contrebande, il s'amuse même à mettre directement le doigt sur les coutures et à bien mettre sous les feux des projecteurs tous les partis-pris les plus artificiels. Le train doit s'arrêter en pleine campagne (deus ex machina), et Chien Malade fournit une très belle anti-explication ! Les deux gamins débarquent dans la ballade sans prévenir et même sans qu'on les ait vus venir ! Et puis cette fabuleuse explication finale lors de a séquence finale où l'héroïne explique en voix-off (déjà c'est fort) et pendant le fondu au noir conclusif (encore mieux!), à l'extrême clôture du plan que finalement, "ça a dû s'arrêter juste avant" ! Que c'est malpoli ! Comme les corps qui se suicident sur le chantier, Chien Malade semble intéressé uniquement par la rupture, l'échafaudage et la couture visible. C'est vraiment charmant. Le film raconte quoi alors ? Je ne sais pas, mais c'est abstrait en tout cas. Et bien soutenu par une écriture très réussie : scène du revolver donc, scène du carrefour qui est aussi celle de l'immobilisation du film (très robbe-grilletien et même tarantinien ça!), très belle scène de la maison à la balançoire, magnifique idée (sans doute la plus belle) où toute la société engueule le héros et lui reproche de ne rien faire pour sauver les suicidaires, là où lui essaie, au contraire, de réfléchir pour en venir à la conclusion qu'il ne faut rien faire (ça c'est vraiment sublime!), joli mouvement dans la séquence finale chez la vieille (de sa ballade dans le jardin au dévoilement pourtant annoncé de la deuxième maison), etc.... Il y a quand même énormément de chose à manger dans PHENOMENES. Quand tout déraille, que le collectif devient absurde, est-on condamné à rester seul, seul et seul ? Peut-on construire quelque chose à plusieurs ? La vie est-elle logique ou complètement absurde et faisandée ? Peut-on devenir adulte ? Que se passe-t-il quand on est un pauvre mec et une pauvre fille et qu'on se voit confier la responsabilité du Monde ? On en fait quoi ? Difficile de mettre le doigt dessus. (Je pencherai pour ma part pour l'histoire d'un couple, le Dernier Couple ,dans tous les sens du terme, à qui l'on confie la mission de garder le Monde intact, ou encore à une hypothèse plus "film de collège" à savoir un couple qui, devant l'absurdité ambiante se demande si ça vaut le jus de continuer et à quel prix, et qui du fait entre dans l'âge adulte). En tout cas, Chien Malade n'a jamais autant prôné la rupture, et creuse encore le sillon qu'il avait tracé dans la voie de INCASSABLE. Tout le film joue sur l‘auto-persuasion et le jeu enfantin. Et si ceci se passait, ou, on dirait que tu étais un super-héros, ou, on dirait que tu avais la maladie des os de verre. Pas étonnant que tout se passe dans le vide et que tout vienne du vide. Le jeu a valeur de révélateur et de réalité. Si on dit que les choses sont comme ceci, alors c'est qu'elles sont comme ça. Quoi qu'il en soit, avec ce film étrange et faisandé, Chien Malade semble organiser lui-même son propre suicide grand public, et pousse ses envies vers le cassage du jouet qu'on lui a confié. Qu'il continue dans cette voie absurde, il finira bien par nous pondre quelque chose qui lui ressemble totalement et qui soit enfin complètement iconoclaste. La suite logique voudrait qu'il fasse un film totalement atypique, et qu'après avoir fâché tout le monde en devenant très malpoli, il soit enfin totalement libre et foufou. À suivre !   ]]> fr 2008-07-04T16:10:51Z <![CDATA[Gothic Waffle]]> http://www.matierefocale.com/article-20926461.html [de gauche à droite: ce qu'il ne faut également pas faire...] Photographie par Mek-Ouyes. ]]> fr 2008-07-02T15:15:12Z <![CDATA[The Mild Bunch]]> http://www.matierefocale.com/article-20901716.html [de gauche à droite: non, oui, ne se prononce pas...] Photographie par Mek-Ouyes. ]]> fr 2008-07-01T17:10:08Z <![CDATA[LES SEPT JOURS de Ronit et Shlomi Elkabetz (2008-Israël): Euh... pas mieux!]]> http://www.matierefocale.com/article-20853506.html (Photo: "Besoin de tout, envie de rien" par Dr Devo) On l'a déjà dit ici moult fois, dans ma bouche et dans d'autres, le stenson vissé sur la tête, mais le "delta du Mississippi brillait comme une guitare nationale" ce jour-là, comme disait le poète. Une bonne journée pour faire une balade à cheval, me disais-je in petto, expression également déjà utilisée ici, mais pas dans ma bouche cette fois. Ohlalala, il se régale, c'est la fête au cinéma. J'avançais dans une file papotante aux mille rumeurs, mais j'entendais que le discret cliquetis de mes éperons. C'est beau, sans me vanter, me dis-je à voix basse, comme si le fait de parler tout seul pouvait m'aider à conjurer les mauvais sorts à venir. Allez, hop, direction le far middle-east, et comme souvent on le dit dans ces cas-là : Yiiiiiiihaaaaaaa ! Le cinéma israélien n'a aucun rapport avec le gourou Rael, et c'est bien dommage, me disais-je tandis que moi et mon cheval urinions de concert dans les toilettes du premier étage de notre cinéma art et essai local. Si aller trimbaler ma monture et ma selle en Israël est certainement un de mes rêves, le cinéma israélien, lui, ne m'a jamais rien évoqué sinon l'ennui mortel ressenti par la vache qui voit passer un tumbleweed en rêvant de train à grande vitesse. Je me souvenais même, me rappelais-je en remettant d'un geste discret la mèche de mes cheveux vers l‘arrière alors que je commandais un sachet de Treets au distributeur automatique, je me souvenais même me disais-je du souvenir flou (paradoxe!) et de la vague odeur d'ennui putréfié qui étaient miens lors d'une séance de courts-métrages israéliens dans un festival. Une horreur... C'est simple, ça ressemble à du cinéma art et essai européen. C'est dire. Nous sommes en pleine première guerre du Golfe et en Israël (zeugma!), dans une famille qui célèbre le Shiva, tradition religieuse qui consiste à s'enfermer 7 jours dans la maison d'un défunt et de se recueillir autour de ses proches. Voilà donc les frères, les sœurs, et les proches du défunt, mort d'un arrêt cardiaque impromptu, qui se retrouvent autour du souvenir du cher disparu. On mange, on prie, on boit, et aussi on parle bizenesse. L'usine que tient l'un des frères et qui fait vivre grassement les autres est en train de péricliter. C'est la panique. De leur côté, les femmes préparent les repas. Et bien sûr, au fur et à mesure, les rancoeurs qui traînassent déjà depuis longtemps, refont surface. La vieille grand-mère, matriarche de la famille, épuisée de chagrin n'y pourra rien : ça sent le grand déballage... Ben ouais... Voilà... Bon... Le film s'ouvre sur un plan très long quelquefois interrompu et bougrement composé, autour du cercueil. Ensuite huis-clos, entre tradition religieuse et histoire de sous. On pleure pas mal, on complote, on dragouille parfois... La vie, quoi ! Alors oui, c'est en scope et en vidéo mais pour autant, même si on a vu plus laid, pas grand chose ne se passe. La photo, contaminé de blanc, est très tranquille et diffuse sans éclat ni jeu. Les dialogues omniprésents, conséquence du parti-pris théâtral du film, s'enchaînent et ne finissent plus. C'est le bon plan pour les acteurs dont la co-réalisatrice Ronit Elkabetz, ici femme cherchant une émancipation sociale. Mouais. Ils doivent s'éclater me dis-je. Montage tranquilou, peu ou pas de jeu d'axes, son minimum (à l'exclusion d'une belle guitare grasse dans un dernier plan attendu). Et un sujet d'une banalité à crever où l'on observe les déchirures d'une famille qui a tout misé sur le matériel. Traditions, matérialisme, temps modernes... La photo d'une époque comme ils disent dans les dossiers de presse. Mouais. Ça joue plus ou moins, sans hystérie, sans souffle, pépère avec une petite mention pour Hana Azoulay Hasfari, la seule à insuffler un peu de fraîcheur et de secousses dans le jeu bien balisé du projet. Petit-bourgeoisisme insoluble, deuil plus ou moins sincère, famille au bord de l'explosion... Et une mise en scène anti-baroque et surtout peu malicieuse qui renvoie la comparaison avec Bergman (présente dans le dossier de presse cette fois) à l'aimable plaisanterie de fin de banquet. Une heure se passe, puis la chose s'accélère dans le pathos qui n'est plus dégoulinant mais au contraire sobre en quelque sorte. Il n'empêche, les portes s'enfoncent une à une, les acteurs et le scénario sont roi, tandis que la mise en scène n'est jamais bondissante et peine à imposer un rythme, avec ses débrayages et ses ruptures. Le cow-boy de passage ne reprochera pas au film sa langueur mais sa cruelle absence de rythme. Famille détruite, mais famille quand même, enjeux tous évités, il faut continuer, la vie est dure, etc. Ouarf... C'est étrange mes chers petits amis, mais c'est vrai, au sortir de la longue projection où les derniers trois quarts d'heure furent effarants de lutte contre le vide sidéral que représente la solitude du spectateur qui a soif face à ce film (comme tant d'autres), outre la sensation que rien d'inattendu nous a rencontré et séduit, on se surprend à penser à quoi sert toute cette énergie dépensée: se lever tôt, prendre sa place, la payer cher, perdre deux heures, etc... La rencontre entre les deux réalisateurs et nous n'a jamais lieu. Aucune proposition esthétique nouvelle ou au moins personnelle ne voit le jour ni n s'incarne, on se regarde, lui le film, et moi le bel inconnu, mais rien ne se passe. On mange vite le dessert, on ne prend pas de café et on rentre chacun chez soi, avec ce sentiment désagréable d'une rencontre non pas ratée mais impossible. Une fois mon CV et ceux des réalisateurs posés sur la table, rien ne se passe. Une heure après, quand le corps a enfin récupéré, il ne reste plus rien, ou alors aussi peu que CLEANER dont nous parlions l'autre jour. LES SEPT JOURS n'est pire ni meilleur que le reste de la production art et essai européenne à capitaux français : c'est du cinéma d'acteurs et d'intentions, un film de créateurs d'histoires, pas très folles ou personnelles malheureusement. Un machin neutre autant cinéma que théâtre, qu'architecture, qu'opéra. Le support n'a aucune importance artistique, aucune incidence esthétique. Et au mieux, on récrit ce qui a déjà été fait. Mais qui sont l'homme et la femme derrière cette histoire, quels sont leurs points de vue de créateurs, leurs envies, leurs besoins et quelle gueule, comme dirait Johnny, a ce film.. ? C'est impossible à dire. LES SEPT JOURS est tout à fait moderne dans le sens où il colle parfaitement à la norme du film d'auteur international. Il a simplement le goût du carton. On a l'impression d'embrasser la vitre du bus. Je me rappelais en allant chercher mon cheval dans le parking souterrain après la séance de la phrase de mon vieux maître de lasso, cette plaisanterie vieille comme Hérode qui m'avait toujours fait rire : « Si ton slip te gratte, mets-le sur la tête ! » Bill Yeleuze.     ]]> fr 2008-06-29T22:10:05Z