Matiere Focale
[Photo : "All the soaring days in our lives" par Dr Devo, d'après une photo de PARANOID PARK]
Chers Focaliens, La rentrée presque fin novembre ! Pourquoi pas ? Je suis de retour, faites passer le mot. Oui bon, ben alors, oui, les éléphants sortent du cimetière, la foule des spectateurs avides aussi. La masse semble avoir soif, ce qui nous fait au moins un point commun. Van Sant, le loulou de la classe, bon élève qu'ils disent, ce qui est plutôt vrai, même s'il vaut mieux regarder dans ses cahiers de brouillon consciencieusement noircis que dans les devoirs sur table, car Gus c'est chic, now and always. Le garçon est en orbite en sorte, en sorte de Laïka forcément besogneuse et tant mieux (ce prénom de femme, ce prénom communiste). En tout cas, la transmission est toujours intéressante, à un film près peut-être (non, je ne pense pas à WILL HUNTING, moins personnel mais bien troussé), et cela même en dépit de cette vieille peau d'ELEPHANT, qui peinait, peut-être, à notre bouche du moins, à s'incarner durablement. L'expérience c'est bien, le baiser c'est mieux. Mais pas de rancune, le couvert est toujours bon, qu'on y mange des nouilles ou du surfin. Résumé des épisodes précédent : PSYCHO (superbe projet, bien sûr : la forme bon sang, la forme !!) et LAST DAYS défendu ici en position du rieur couché car nous pensions qu'il s'agissait d'une comédie à accent tragique. Avec limite là aussi, mais bon... Ça valait mieux, toute proportion gardée et analogiquement, que le BROKEN FLOWERS de l'ami Jarmush en quelque sorte. Quoique... Tout cela, notamment se discute. Étant plus Ohio que Iwo Jima, je replonge, me dis-je, à la faveur de la vague rumeur pré-sortie et post-Cannes, médaille en chocolat à l'appui (Prix du Soixantième Anniversaire, pour l'ensemble de son œuvre ! Ah bah bravo le concours !!!!). Plus pachyderme once again qu'autre chose, disent-ils... Pas grave en fait, j'y vais bien sûr. Gabe Nevins est lycéen d'environ 17 ans. Sa passion, c'est le skate-board. Le reste, c'est la vie douce et calme qui coule, nébuleuse, à moins que cela n'ait été différent avant ? Comment savoir ? Sur un cahier, il commence l'écriture de notes intitulées "Paranoid Park", du nom d'un terrain de skate, vaguement underground, et servant aussi de squat où toute la communauté roulettes se retrouve. Un beau matin, alors qu'il est en cours de physique, Gabe se fait convoquer dans les bureaux administratifs du lycée afin d'être interrogé par Daniel Liu, inspecteur de police qui enquête sur la mort peut-être accidentelle, ou pas du tout, d'un vigile près d'une voie ferrée longeant Paranoid Park. Un témoin aurait vu un gamin suspect se débarrasser d'un skate ensanglanté, et donc tous les skatters du lycée sont interrogés. Procédure usuelle. Gabe continue d'écrire et de revenir sur les circonstances qui l'ont amené à aller rouler à Paranoid Park. La douceur tiède et lourde de l'existence l'entoure, et l'amène à divaguer, à moins que ce ne soit son écriture et son cahier qui prennent vie. Le cœur est un chasseur solitaire. La vie semble proche, et l'indéniable solitude du monde s'approche à pas feutrés. Tout d'un coup, un ange apparaît et l'invite au cinéma...
Après le carton de MICHAEL CLAYTON, enfin, le goût du carton qui envahit la bouche à la vision de ce film, PARANOID PARK propose quasiment le contraire. Outre le beau cadre du premier plan (le générique), merveilleux 1.37 (si vous ne voyez pas le film dans un ciné équipé, vous verrez le film en 1.66 ou 1.85, et à ce moment là, n'y allez pas. Renseignez vous auprès de votre projectionniste.), nous sommes surpris. PARANOID PARK sera sans doute le contraire de l'homogène ELEPHANT. Ici, place à la cassure, à la cicatrice, à la couture devrais-je même dire, à la frankensteinisation de l'existence, forcément multiple (ce que Robbe-Grillet appelle les vérités avec petit v, en opposition à la Veritas avec grand V), où la quiétude n'est jamais là, mais où, surprise et trahison magnifique de Van Sant, la douceur sera partout. Pas une douceur sucrée, pas une douceur confortable à la tendance certaine et art-et-essai habituelle (le fameux doux-amer qui fait vendre tant de films médiocres, à la grande satisfaction du grand public art-et-essai), non. Plutôt une tendresse plus qu'une douceur en fait. Celle qui accroche, qui frotte un peu, tel le bisou barbu (geste sublime mais qui pique un peu), fameux syndrome lui aussi sublime. Ici ça ne glisse pas, ça frotte peau à peau, entre vous et lui, si j'ose dire. Le sentiment recherché n'est pas le confortable, mais la distance douloureuse mais tendre qui se glisse entre vous et le monde, et entre Vous (grand V, vous remarquerez) et Ça (pas le "ça" psychanalytique, ça n'a rien à voir, mais Ça, avec grand Ç, c'est-à-dire la vérité multiple). Pas de violence non plus, ceci dit, pas physique du moins, mais pas une douceur lisse. America, one point. Bon, l'annonce est claire dès le départ, et le pont du générique le prouve, Van Sant propose deux choses : un vrai film de collège et son application de la théorie du remake (voir PSYCHO) en quelque sorte. Ici, le son est presque maître de la maison. D'abord ce générique presque sorti de SUEURS FROIDES, puis à suivre divagation musicale en français (!) de collage musical hétéroclite et poétique qui annonce très bien les règles du jeu. Au long du film, musiques années 60 classiques, métal, rêveries électroniques presque enoesques, etc... De la collure, je vous dis, de la collure. Le cinéma, je le répète, c'est l'art du ciseau et du scotch. Dans la scène de la voiture (putain de cadrage, comme dirait Blier), c'est dit clairement, presque de manière drôle d'ailleurs, et de façon encore plus touchante, bouleversante même. Le récit avance par tracé en forme d'hélice évolutive (les retours en arrière n'en sont pas vraiment, quitte à revenir différemment, presque de manière rashomonesque, sur certains plans, mais attention, et c'est une des merveilles du film, sans changer de point de vue par exemple. C'est vérités, pas Veritas !!!! Sublime construction, intelligence sensuelle du cerveau qui amènent la confusion et la beauté des sens à laquelle, rajouterais-je in petto, il faut toujours être attentif. Plutôt que de voir un énième ELEPHANT comme le prédisait la rumeur, même la rumeur "spectatresque" (décidément la rumeur est TOUJOURS à côté de la plaque), ici rien à voir, mais alors rien. On peut rapprocher le film d'autres objets, mais pas à ça. Et l'espèce d'application du remake, comme j'en parlais plus haut, est une application interne au film lui-même. Remake n'est pas le bon mot, et Van Sant utilise ses répétitions de différentes manières, très variées et très riches que je ne voudrais surtout pas vous dévoiler. Mais on est, et la scène de la voiture est pour ça encore une fois primordiale, dans la superposition de sentiments simultanées : le rire, le tragique, la solitude, la mystique, la douceur, puis la tendresse. S'il faut voir certains plans plusieurs fois, c'est qu'ils sont racontés plusieurs fois, ou alors c'est qu'un plan ne suffit pas par exemple pour dire à la fois la peur et le rire. Alors on répète le plan et on en change les paramètres. Il y aura un seul clin d'œil extérieur au film, celui qui convoque de manière totalement incongrue mais sublimissime (et quelle clairvoyance) le CARRIE de Brian de Palma, que Van Sant se réapproprie et détourne avec un tact bouleversant. [Sur ce point : que fait la Critique ? Ils sont où, bon sang ? Qu'ils restent simples et s'occupent du film, rien que du film, et laissent les dossiers de presse à l'extérieur !] On notera donc : réutilisation d'images à brut (en croupe, pourrait-on dire) ou au contraire modifiées par le son et le montage, diverses sensibilité à l'œuvre (dont le film de collège ou le policier), superposition impressionniste et en forme de révolution déviante de la narration traçant les formes d'une ressort, en colimaçon pour ainsi dire. Tout le reste n'est que magnificence : photo de folie et étalonnage de furieux par un Christopher Doyle enfin sorti du système Wong Kar Wai, et re-prouvant là l'étendue diverse de son talent, cadres à tomber mais pas souvent, vraiment tout le temps, parti-pris formel (35mm, 8mm, vignettage de l'image dans certains plans en grand angle), etc. Ce n'est pas le scénario qui fait avancer et comprendre et ressentir le film mais bien la mise en scène. Et c'est toujours mieux comme ça : quelle précision et quelle ouverture laissées au spectateur dans la réception des sentiments, dans la précision chirurgicale des idées dont très peu passent par le dialogue... Si on veut du fond (et pas des sentiments généraux, je parle de sentiments et de réflexion grandioses), il faut que la forme soit 1) irréprochable, et 2) expérimentale. Le son est sublimissime, peut-être le plus beau de l'année avec celui d'un autre film de montage sublime qu'est LE DIREKTOR de Lars Von Trier : variation dans le plan ou la scène des niveaux de volume, sous-mixage, décalage, équalisation et mixage très beaux. Là encore, c'est le partie pris du collage et la puissance de la coupe, la fulgurance de la coupe même, qui prédomine comme dans ses 5 ou 6 façons de monter les ralentis par exemple : une fois ralenti avec décalage léger du son, des fois avec recalage en cours du son, ou alors avec le son d'origine, et le tout avec des vitesse de ralentis très différentes !!! Toutes les combinaisons sont permises. Décors à couper le souffle, direction artistique rigoureuse et construite. C'est du billard. Et que dire, comment décrire, le résultat final ? Peut-être en écrivant ceci : maîtrise absolue du rythme (et dieu sait que le film est court pourtant). Ce sont des outils simples au service d'une épure qui ne cherche pas à écraser le spectateur sous le poids de l'Admiration Obligatoire Standard ou de la déférence autoritaire et arrogante. C'est la fulgurance. Le cinéma, ou plutôt un film, c'est une créature de Frankenstein, un collage de sens (comprendre sensualité). il faut que le plan et la séquence vibre, que ça tremble, que ça donne à toucher, ce que nous avait très bien expliqué Bruno Dumont, du reste. Le travail de critique est dès lors inutile. Ce métier ne sert à rien. Chaque plan, ou plutôt chaque collage de deux plans (1+1=3, nous disait fort justement Godard) provoque un sens possible, et par conséquent aucun plan n'est illustratif ou explicatif. C'est ça aussi la fulgurance. Exemple simple avec les acteurs : la fille qui joue l'ange (tous les acteurs sont au top, mais alors elle !!!! Elle est HA-LU-CI-NAN-TE : Lauren McKinney qu'elle s'appelle !). Rappelez vous de sa copine Rachel, qu'on ne voit qu'une fois (scène du supermarché et de l'invitation au cinéma). Au passage, vous avez vu la précision de la coupe et des points de montage. Cette Rachel a les mêmes yeux que la copine de Gabe (le personnage de Jennifer) et le travail de fulgurance, justement, va être d'amener le gros plan sur Rachel dans le découpage global, le faire jaillir comme élément de rupture dans le jeu d'axe et d'échelle de plans. Faut que ça vibre !!!! [Et là, le fond peut exister et trouver une légitimité autre que purement mélodramatique, et avec précision en plus : Rachel et Jennifer auraient pu presque se ressembler mais elles sont opposées ! Ce sont des contraires (je signale que l'idée est renforcée par le maquillage acnéique de Rachel et de Lauren McKinney). On pense tout de suite à la conversation (merveilleuse) dans le bar avec Lauren : il devrait y avoir plus que ça, plus que le simple jeu girlfriend/boyfriend (Gabe parle là de sa relation avec Jennifer, sa copine "officielle"] Du coup, voir Rachel, c'est comprendre l'importance de Lauren. Ça devrait être elle. [Je crypte ici un peu mon propos pour ne pas trop dévoiler de choses ou en imposer aux lecteurs de cet article !] Autre jeu très simple, et c'est la scène la plus bouleversante du film, la fabuleuse ballade en vélo et en skate ! Observez le son et voyez comment la dernière ligne de texte est mise en valeur ! C’est pour ça que l'émotion passe, c'est ça que j'appelle la fulgurance ! À cause du montage sonore, vous allez pleurer en une seconde, à cause d'une seule petite phrase, sans en faire des caisses ! C'est le nœud du film. Et puis tout bêtement dans le premier dialogue avec Gabe et Lauren, voyez les coupes et les renversements d'axes par rapport aux dialogues. Voilà ! Ça c'est du champ/contrechamp. Et bien ça, ça devrait le minimum syndical. Le cinéma, c'est ça. Le reste, c'est de la sociologie, de la psychanalyse, de l'histoire, de la cuisine ou de l'architecture. Ou de la critique cinématographique. Et tout ça, ça ne sert à rien. Le cinéma n'est rien d'autre qu'un système de correspondance sensuelle (pouvant amener une réflexion intellectuelle) entre des éléments disparates qui se font échos. Pour monter deux plans ensemble, il faut être sur que ces deux plans n'ont rien à voir et qu'il n'ont jamais été montés ensemble. PARANOID PARK est le minimum que nous méritions. Le reste c'est de la gnognotte ! This goddamned starving life !
Bisous ! Précisément Vôtre, Dr Devo. PS : Dès le début, dès qu'on voit sa tête, bizarrement j’ai pensé que le vigile ressemblait à George Romero. PS 2 : Soukourov, Von Trier, et ce film...Comme par hasard... Retrouvez d'autres articles sur d'autres films, en accédant à l'Index des Films Abordés : cliquez ici !
Jeu 25 oct 2007
13 commentaires
Dites, Dr Devo, votre mise en garde concernant le format de projection du film est quelque peu effrayante. Vous n'auriez pas, par hasard, une liste (enfin, un seul suffira !) des cinémas parisiens qui projettent le film en 1.37:1 ? (J'ose même pas imaginer rentrer dans un cinéma Gaumont ou Mk2 et demander à parler au projectionniste...)
Merci !
Merci !
Emma - le 25/10/2007 à 21h46
Je pense, cher Orloff que tu veux dire que les decors ne sont montrés que de manière partielle ce qui est totalement juste du reste. parce que de la profondeur de champs, il y en a quand même pas mal. Quant à moi, je troubve qu'au contraire c'est ici que Van Sant s'est séparé des scories et des tics. Le film me parait bien supérieur à ELEPHANT.
Emma, en ce qui concerne le 1.7 c'est un format repérable. S'il n'y a pas trop monde à la caisse, demande à la caissière de se renseigner aupres du projectionniste: ça va lui prendre 10 secondes le temps du coup de fil. Seconde tactique prend ton ticket, et va en salle. Le format 1.37 est tres facile à repérer d'autant qu'on le voit peu, c'est quasiment carré. Si l'image te semble plus rectangulaire demainde à te faire rembourser.
Ici, dns le cinéma Pathugmont du coin, il vait fait une avant première en 1.85!!! Pour assurer le coup, essaie de trouver une salle où il diffuse des vieux films ou des reprises ou des films d'animation. Là ils ont sûrement du 1.37. ceci dit si j'étais toi, si tu as des habitudes dans les grands circuits, j'irais entre deux seances quand les caissières sont pas debordées...
Ceci dit, dans les grands circuits de Paris, sans doute sont ils équipés... En tout cas, ce la te permettrait de profiter du son numérique ce qui est aussi un avantage. De totue façon si le film est en 1.85, ça va se voir aussi d'une autre manière. l'image 1.37 passée en 1.85 est très rognée dans sa hauteur. Et comme les sous-titres en 1.37 sont plus haut sur l'image, il va ya voir pasmal de têtes coupées si c'est le cas. Le cadrage du film est à tombr par terre, et donc tu devrais le voir. Si l'image est carré d toute ffaçon tu es dans le format!
Dr Devo
PS: je pense à un truc. Passe un coup fil à ton cinéma et demande leur carrément! Et tiens nous au courant!
Dr Devo - le 26/10/2007 à 01h35
Je veux juste réagir (pour l'instant car je n'ai pas encore vu le film) au forum des cahiers du cinéma : comment as-tu pu t'empêcher de répondre aux messages de "jerzy pericolosospore" ? Il me vient quelques termes très peu courtois pour qualifier l'esprit de son discours et la personnalité qui semble apparaître derrière ce tissu de quelque chose qui ressemble presque à de la haine, sous forme de masturbation intellectuelle ridicule...
Je suppose que tu as du réfléchir à ce qui est écrit, d'une façon ou d'une autre, et une réaction m'a paru appropriée... Bien sur il ne s'agit pas de prouver que tu as raison, mais... mais je ne sais pas ! Il n'y a peut-être rien à répondre mais ma dévotion irraisonnée à Matière Focale me donne des envies terroristes quand je lis des choses comme ça.
Je suppose que tu as du réfléchir à ce qui est écrit, d'une façon ou d'une autre, et une réaction m'a paru appropriée... Bien sur il ne s'agit pas de prouver que tu as raison, mais... mais je ne sais pas ! Il n'y a peut-être rien à répondre mais ma dévotion irraisonnée à Matière Focale me donne des envies terroristes quand je lis des choses comme ça.
Max - le 26/10/2007 à 01h35
Merci de la réponse, Dr Devo !
Je suis ok pour repérer le format (je suis cadreuse !), mais je n'ai pas encore mes petites habitudes dans les salles parisiennes. Précisément, je ne me sentais pas de tenter le coup puis de demander un remboursement. Mais après tout, tu as raison, pourquoi pas ? (Et puis de toute façon, s'ils ne comprennent pas, je leur expliquerai que c'est une hérésie de couper l'image de Chris Doyle! Non mais franchement !)
C'est vrai que la question demeure : qui, des multiplexes ou des petits cinoches de quartier est le plus susceptible d'être équipé pour le 1.37...?
Je vous tiens au courant !
Je suis ok pour repérer le format (je suis cadreuse !), mais je n'ai pas encore mes petites habitudes dans les salles parisiennes. Précisément, je ne me sentais pas de tenter le coup puis de demander un remboursement. Mais après tout, tu as raison, pourquoi pas ? (Et puis de toute façon, s'ils ne comprennent pas, je leur expliquerai que c'est une hérésie de couper l'image de Chris Doyle! Non mais franchement !)
C'est vrai que la question demeure : qui, des multiplexes ou des petits cinoches de quartier est le plus susceptible d'être équipé pour le 1.37...?
Je vous tiens au courant !
Emma - le 26/10/2007 à 22h40
J'ai vu le film dans une salle Gaumont parisienne (Opéra 1er) et le film n'était pas projeté au 1.37. C'est étrange parce que je n'ai remarqué aucun défaut sur le haut du cadrage, les étrangetés sont plutôt sur les côtés, par exemple dans la première scène avec le père où ce dernier est bizarrement décadré sur la gauche.
Je pense que G.V.S a fait deux versions au montage, peut-être même en y pensant dès le tournage. (C'est faisable, à l'époque de la VHS Cronenberg faisait ses films pour le 1.85 mais les tournait au 1.37, pour fournir une version "télé" sans rognage.)
Autre étrangeté: dans la version que j'ai vu, le flic ne parle pas du témoin qui a vu Alex jeter la planche ni du relevé d'ADN. Ce dialogue qu'on entend dans la bande-annonce est-il monté dans la version que vous avez vu? Ce serait marrant qu'il y ait effectivement deux versions avec des différences de montage.
Jean
Je pense que G.V.S a fait deux versions au montage, peut-être même en y pensant dès le tournage. (C'est faisable, à l'époque de la VHS Cronenberg faisait ses films pour le 1.85 mais les tournait au 1.37, pour fournir une version "télé" sans rognage.)
Autre étrangeté: dans la version que j'ai vu, le flic ne parle pas du témoin qui a vu Alex jeter la planche ni du relevé d'ADN. Ce dialogue qu'on entend dans la bande-annonce est-il monté dans la version que vous avez vu? Ce serait marrant qu'il y ait effectivement deux versions avec des différences de montage.
Jean
Jean - le 27/10/2007 à 10h47
Merci jean pour les precisions...
alors le flic parle de la planche et de l'adn dans la version salle que jai vue. C'est lors de la première conversation mais dans le "remake" comme je dit apres la rupture de ton, avant quil ne lui passe sa carte, quand la conversation est moins douce est plus stressante que le debut tres courtois du dialogue (y a une rupture de ton).
Le père et la mére sont cadrés pour qu'on voit quasiment pas leur visage, à l'exception d'une conversatoion dans la dernière partie avec le père. Dans le premier plan, on voit son corps et pas sa tête. Gabe, le héros et decalè sur la gauche. Un bon plan tres symptomatique du film c'est les plans repétés lors de la ballade en voiture (avec les musiques différentes). J'en parle dans l'article. Là le héros est cadrè presque totalement à droite mais il n'est pas dans le con bas à droite non plus! On voit les vitres côté droit et gauche du plan, et aussi la vitre du pare-brise arrière, mais il y a de l'ai au dessus de la tête du personnage.
Ce qui m'étonne c'est de faire une version 1.85 pour la télé! je vois pas l'intérêt parce que justement le format 1.37 est celui qui passe naturellement le mieux à la téloche, avec un rognage très infime, vu que le 137 est tres proche du 4/3 (format 1.33)...
Question pour toi Jean: y avait -il des bandes noires (des zones de non-image) sur l'écran, ou l'image couvrait elle toute la hauteur de l'écran? le sous-titre t'as paru haut ou plutôt à hauteur normal?
Lelouch fait d'excelent double cadre (et prevoyant le montage le saligaud!!!. Quand il tourne en scope il sait aussi où sera son cadrage 1.33 dans l'image pour le passage télé mais c'est le seul qui sait faire ça quasiment... Mais c'est possible.
C'est bizarre cette histoire de 1.81... Allez l'enquête continue!
Merci à vous!
Dr Devo
Dr Devo - le 27/10/2007 à 12h08
Bon, les amis, on a un peu résolu l'affaire du format de PARANOID PARK.
L'anecdote me vient d'un projectionniste et ami qui travaille dans ma région, et le bienheureux dispose dans sa cabine d'un très bel objectif 1.37, ce qui n'est pas le cas de tous les cinés. Parfait donc pour projeter PARANOID... Sur le projecteur qui passe le film, la tourelle (l'endroit où sont placés les objetcifs) ne peut porter que deux objectifs. Et traditionnelllement, cet ami n'enlève jamais l'objectif 2.35 (format scope) car le 2.35 est, sur cet appareil, très très dur à régler, une vraie horreur.
PARANOID... étant en 1.37, ce projectionniste décide de passer la pub avant le film en 1.37! C'est pas trés catholique mais à l'écran ça donne une image en entier avec des bandes noires au dessus et au dessous de l'image, soit une image assez petite pendant la pub, mais bon... Au moins le film passe dans le bon format...
Un petit groupe de spectateurs (3 ou 4), s'est portant plaint que l'image du film était bien carré et pas large du tout (bah ouais, c'est ça le 1.37: une image presque carrée), et que les pubs etaient minuscules! Le patron du cinéa vent de la chose et décide illicio de passer le film de Van Sant en 1.66! C'est à dire avec une image rognée en bas et en haut, et surtout en détruisant le cadrage magnifique de Christopher Doyle. Du coup, les pectateurs ont l'impression de voir un téléfilm et plus la merveille de cadre dont ej vous parle dans l'article!
Le projectionniste décide que ça ne se passera pas comme ça et qu'on peut pas bousiller un film et son cadrage au prétexte de passer les pubs dans le bon format!!! Il appelle donc le distributeur de PARANOID... avec son patron, histoire de prouver à celui-ci que le film ne doit se projeter que en 1.37.
Reponse du distributeur: la copie a été tirée exprés pour pouvoir passer en 1.66! Et soit disant Van Sant aurait prévu un double cadrage à la Lelouch, comme nous évoquions la vhose plus haut, ici, dans ces mêmes commentaires!
Alors, bien sûr, la théorie du double cadrage ne tient pas! La preuve, quand on passe le film en 1.66 le film est complétement laid! [¨Par exemple, nda s les séquences en 8mm sur la piste de skate on voit en général ni le skate ni la tête du skatteur! C'est classe!] Le film n'a jamais été double-cadré, et en général quand on fait ça (ce qui est vraiment très dur à faire) c'est pour que le film puisse passer à la télé avec un beau cadre dans une image rognée: c'est très rare, très difficile à faire au tournage, et surtout ça n'a aucun intérêt pour un film en 1.37, car 1.37 est à peu prés la proportion de l'écran de télé! l'argument ne tient donc pas!
En fait voilà ce qui s'est passé: PARANOID comme beaucoup de film américain est tourné plein cadre! C'est à dire que l'image enregistrée lors du tournage est très grande, et plus grande que l'image projetée en salle. Sur la pellicule, si opn regarde un photogramme plein cadre (full frame en anglais), on voit donc une image avec beaucoup plus de chose, que cette même image telle qu'elle apparait à l'écran. Le spectateur ne s'en apperçoit pas bien sûr.
Le distributeur du film et c'est là que je veux en venir conseille donc aux exploitants (avec un argumentatif un peu fumeux quand même) de passer le film en 1.66. "Et ne vous en faites pas, Gus Van sant a prévu les choses comme ça!"
Ben ouais!!! En tout cas, c'est quand même gonflé: que le distributeur conseille de projeter dans un cadrage inadéquate qui rogne énormément l'image, c'est fort! Rappelons le, PARANOID PARK en 1.66, c'est HI-DEUX!
Alors avec un argumentatif comme ça, on imagine que beaucoupde salels doivent passer la chose en 1.66, puisque le distributeur lui-même l'encourage en cas de problème! Un bel exemple d'intégrité artistique!
[Ils n'avaient cas tiré des copies compensées! C'est à dire tiré en 1.85 mais dont une partie de l'image contient du noir (sur les côtés) comme avait fait le staff de Kubrick pour EYES WIDE SHUT, ce qui permet de projeter un film en 1.85 mais avec un rendu en salle 1.37!]
Dieu merci, notre ami-projectionniste a finit par faire entendre la raison à son patron: il reprojette donc le film en 1.7 avec le bel objectif qui va avec, et tant pis si c'est les pubs passent un poil miniaturisées! Aprés tout quand on paye 7 ou 8 euros la place, c'est quand même le film qu'on vient voir!!
Dr Devo.
L'anecdote me vient d'un projectionniste et ami qui travaille dans ma région, et le bienheureux dispose dans sa cabine d'un très bel objectif 1.37, ce qui n'est pas le cas de tous les cinés. Parfait donc pour projeter PARANOID... Sur le projecteur qui passe le film, la tourelle (l'endroit où sont placés les objetcifs) ne peut porter que deux objectifs. Et traditionnelllement, cet ami n'enlève jamais l'objectif 2.35 (format scope) car le 2.35 est, sur cet appareil, très très dur à régler, une vraie horreur.
PARANOID... étant en 1.37, ce projectionniste décide de passer la pub avant le film en 1.37! C'est pas trés catholique mais à l'écran ça donne une image en entier avec des bandes noires au dessus et au dessous de l'image, soit une image assez petite pendant la pub, mais bon... Au moins le film passe dans le bon format...
Un petit groupe de spectateurs (3 ou 4), s'est portant plaint que l'image du film était bien carré et pas large du tout (bah ouais, c'est ça le 1.37: une image presque carrée), et que les pubs etaient minuscules! Le patron du cinéa vent de la chose et décide illicio de passer le film de Van Sant en 1.66! C'est à dire avec une image rognée en bas et en haut, et surtout en détruisant le cadrage magnifique de Christopher Doyle. Du coup, les pectateurs ont l'impression de voir un téléfilm et plus la merveille de cadre dont ej vous parle dans l'article!
Le projectionniste décide que ça ne se passera pas comme ça et qu'on peut pas bousiller un film et son cadrage au prétexte de passer les pubs dans le bon format!!! Il appelle donc le distributeur de PARANOID... avec son patron, histoire de prouver à celui-ci que le film ne doit se projeter que en 1.37.
Reponse du distributeur: la copie a été tirée exprés pour pouvoir passer en 1.66! Et soit disant Van Sant aurait prévu un double cadrage à la Lelouch, comme nous évoquions la vhose plus haut, ici, dans ces mêmes commentaires!
Alors, bien sûr, la théorie du double cadrage ne tient pas! La preuve, quand on passe le film en 1.66 le film est complétement laid! [¨Par exemple, nda s les séquences en 8mm sur la piste de skate on voit en général ni le skate ni la tête du skatteur! C'est classe!] Le film n'a jamais été double-cadré, et en général quand on fait ça (ce qui est vraiment très dur à faire) c'est pour que le film puisse passer à la télé avec un beau cadre dans une image rognée: c'est très rare, très difficile à faire au tournage, et surtout ça n'a aucun intérêt pour un film en 1.37, car 1.37 est à peu prés la proportion de l'écran de télé! l'argument ne tient donc pas!
En fait voilà ce qui s'est passé: PARANOID comme beaucoup de film américain est tourné plein cadre! C'est à dire que l'image enregistrée lors du tournage est très grande, et plus grande que l'image projetée en salle. Sur la pellicule, si opn regarde un photogramme plein cadre (full frame en anglais), on voit donc une image avec beaucoup plus de chose, que cette même image telle qu'elle apparait à l'écran. Le spectateur ne s'en apperçoit pas bien sûr.
Le distributeur du film et c'est là que je veux en venir conseille donc aux exploitants (avec un argumentatif un peu fumeux quand même) de passer le film en 1.66. "Et ne vous en faites pas, Gus Van sant a prévu les choses comme ça!"
Ben ouais!!! En tout cas, c'est quand même gonflé: que le distributeur conseille de projeter dans un cadrage inadéquate qui rogne énormément l'image, c'est fort! Rappelons le, PARANOID PARK en 1.66, c'est HI-DEUX!
Alors avec un argumentatif comme ça, on imagine que beaucoupde salels doivent passer la chose en 1.66, puisque le distributeur lui-même l'encourage en cas de problème! Un bel exemple d'intégrité artistique!
[Ils n'avaient cas tiré des copies compensées! C'est à dire tiré en 1.85 mais dont une partie de l'image contient du noir (sur les côtés) comme avait fait le staff de Kubrick pour EYES WIDE SHUT, ce qui permet de projeter un film en 1.85 mais avec un rendu en salle 1.37!]
Dieu merci, notre ami-projectionniste a finit par faire entendre la raison à son patron: il reprojette donc le film en 1.7 avec le bel objectif qui va avec, et tant pis si c'est les pubs passent un poil miniaturisées! Aprés tout quand on paye 7 ou 8 euros la place, c'est quand même le film qu'on vient voir!!
Dr Devo.
Dr Devo - le 01/11/2007 à 08h37
Moi je l'ai vu dans des conditions proche du massacre, en 1.66 (avec le haut de l'image qui était projetée au plafond, on est pas au futuroscope, merci) avec une mise au point a la ramasse, c'est un vrai scandale.
Norman Bates - le 04/11/2007 à 13h57
Etant moi-même projectionniste pour un petit cinéma, je me suis laissé abusé par le format de projection. Comme expliqué ci-dessus, les americains tournent souvent en plein cadre, sans cache. L'image a alors une forme quasi-carrée, à savoir 1.33. Soit une image encore plus haute que le 1.37 evoqué ici. Cette technique permet ensuite une exploitation télé facile, le format télé traditionnel etant le 4/3. Pour le passage cinéma, on privilégie le 1.85 pour avoir une image large, ce format est donc généralement appelé 1.85 américain.
Dans le cas du Gus Van Sant, habitué au format 1.37 avec ses 3 derniers films produit par la chaine HBO, le format n'est pas d'emblée evident quand on prepare la copie. L'image presente les caracteristiques du 1.85 américain (plein cadre à couper à la projection) et les sous-titres, indice ultime du projectionniste conscienceux, ont été placés trés haut sur l'image, en vue d'une exploitation en 1.66 (voir 1.85). Donc, maintenant que je projette le film en 1.37, les sous-titres sont quasiment au milieu de l'image (disons au 1/3 pour pas exagerer). D'où l'incomprehenssion du public. En fait, c'est la maison de production/distribution MK2 qui est a blamer dans cette histoire, puisqu'ils ont décidé qu'il serait plus simple de proposer une copie uniformisée en 1.66 pour tous.
Dans le cas du Gus Van Sant, habitué au format 1.37 avec ses 3 derniers films produit par la chaine HBO, le format n'est pas d'emblée evident quand on prepare la copie. L'image presente les caracteristiques du 1.85 américain (plein cadre à couper à la projection) et les sous-titres, indice ultime du projectionniste conscienceux, ont été placés trés haut sur l'image, en vue d'une exploitation en 1.66 (voir 1.85). Donc, maintenant que je projette le film en 1.37, les sous-titres sont quasiment au milieu de l'image (disons au 1/3 pour pas exagerer). D'où l'incomprehenssion du public. En fait, c'est la maison de production/distribution MK2 qui est a blamer dans cette histoire, puisqu'ils ont décidé qu'il serait plus simple de proposer une copie uniformisée en 1.66 pour tous.
Dr Tran - le 14/11/2007 à 19h21
J'aime aussi cette manière qu'il a de filmer sans profondeur de champ (métaphore de la vision d'Alex dans sa bulle) mais de tout de même chercher à redonner un sens au monde (par l'écriture).
Moins enthousiasmant, à mon sens, que Gerry ou Elephant, c'est néanmoins un film intéressant.
PS : Ravi de voir que c'est le grand retour!