Matiere Focale


(Photo : "La Lalala Lala Laa, la Nymphe du Cinéma" par Dr Devo)


Chers Focaliens,   Ça sent la polémique dans les commentaires sur LE CAÏMAN de Nanni Moretti, la belle, la franche polémique, et c'est très bien comme ça ! Malheureusement, ça fait déjà deux fois que j'essaie de poster un commentaire aux réponses qui me sont faites, et par deux fois Matière Focale a mangé ma réponse. Je n'avais qu'à la copier avant de l'envoyer, grand maladroit que je suis ! Bien fait pour moi !   Ceci dit, je vais apposer à cet article quelques réflexions sur l'Italien flamboyant. Oui, effectivement, Berlusconi est représenté plusieurs fois de différentes manières dans le film, mais ceci me semble être tout simplement imposé par la narration ! Trois fois, on imagine le personnage (dans trois contextes différents) et donc on a droit à trois représentations. Tout bêtement. Quelles conclusions en tire Moretti ? Quasiment rien. Certes, il y a des déclarations d'intention, dans les interviews de Moretti notamment, mais la question de la représentation reste vraiment sur le papier. En aucun cas elle ne s'exprime à travers un langage filmique.   Deuxièmement, oui oui oui, Pierrot a raison, ici, on loge à la même enseigne les films de Duras et les films de college américains ! Nanni Moretti semble faire la même chose. Bon, en admettant qu'on partage lui et moi la même idée, on me permettra ici de garder quand même mon avis sur le film. Ce n'est pas parce qu'on a une idée originale en commun que son film en est meilleur.   Enfin, sur la question de la représentation du réel, il faut absolument revoir, par exemple, les films de Ken Russell (LES DIABLES notamment, et les biographies du réalisateur anglais) ou encore le superbe WALKER d’Alex Cox. Là, oui, il y a pluralité de représentations, uniquement par la mise en scène d'ailleurs, et là, oui, il y a des perspectives qui se créent. Et des perspectives réelles, des mises en relief et des questions qui innervent le film dans sa mise en scène, et ne se contentent pas d’une continuité dialoguée. Je note également que dans ces films, qui abordent des sujets autrement plus compliqués que l'ascension de Berlusconi, on ne reste pas sur le plancher descriptif des vaches descriptives !   Encore une fois, je suis très étonné, je ne m'y habitue pas, quant aux réactions que suscite l'anecdote sur JOURNAL INTIME. C'est une question de forme, pas de fond ! Que Moretti n'aime pas Lynch et McNaughton n'a aucune espèce d'importance dans l'affaire. Ce qui est primordial et dégoûtant, c'est que Moretti mente à son spectateur, le manipule et ne lui donne pas la possibilité de réfléchir sur cette question ! C'est de la propagande pure et simple. Et c'est d'une malhonnêteté extraordinaire. Pierrot a tout à fait raison quand il dit que Moretti est comparable à Woody Allen dans le sens où il incarne des "alter ego" de lui-même (euh...). C’est juste. Mais dans le cas de cette affaire, c'est faux ! D’abord, la scène est nettement au premier degré. Deuxièmement, et c'est plus important encore, Ciment racontait dans le Casque et l'Enclume, à l'époque, que Moretti, dès sa sortie de la salle, s'était juré de rapporter l'anecdote dans son prochain film ! Stricto sensu ! Cette scène est donc clairement exprimée de manière véridique, c'est quasiment un témoignage documentaire ! Je pense que si Oliver Stone, par exemple, crachait de la même manière, c'est-à-dire en manipulant la vérité des films, sur Tavernier et Moretti, en disant qu'ils font des films fascistes ou révisionnistes, le tollé serait énorme. Ceci dit, nombre de personnes dans mon entourage, quand je leur rapporte l'anecdote de JOURNAL INTIME, ne sont pas non plus absolument scandalisés ! Ce qui me sidère...   Enfin, le cinéma n'est-il pas un art ? Certes, Moretti utilise un support audio et visuel pour faire son CAÏMAN, et c'est heureux, car c'est un bon moyen pour faire un film quand on y pense ! Ceci dit, est-ce encore du cinéma si aucun des outils du langage spécifique du médium n'est utilisé ? Pas de montage signifiant, pas de jeu sur le son (à aucun moment quand même, en près de deux heures !), pas de cadre, pas de photo, aucun jeu sur les axes... Qu'est-ce qui différencie un téléfilm pour ménagère comme en diffusait M6 il y a quelques années, l'après-midi (du genre "Ma fille de 17 ans est droguée et lesbienne : Mon Combat Pour Cherry") de ce CAÏMAN ? Les deux s'inspirent du réel, mais est-ce assez ?
Si un critique d'art nous faisait un article sur une expo en ne parlant que des sujets des tableaux ? Et si un critique de musique nous parlait d'un opéra en évoquant uniquement le livret ? C'est comme les fourmis de 4000 kilomètres, ça n'existe pas, ça n'existe pas. Sauf dans le milieu du cinéma, aussi bien d'ailleurs chez les spectateurs que chez les critiques. Réduire un film à sa continuité dialoguée ou à son scénario, voilà ce qui me semble "paresseux", pour reprendre le terme de notre ami Nemo (que je salue au passage !). L'adjectif accolé à mon article, qui ne cherche qu'à parler de cinéma, et qui n'a pourtant pas peur, on l'a prouvé largement sur ce site, de parler des histoires et des récits, me paraît pour le coup extrêmement discourtois ! [Je dis ça en toute cordialité et sans animosité... En gentleman quoi !] Est-ce un tel péché que de vouloir de la Poésie, et de l'Art tout simplement ? Est-ce si grave d'exiger qu'un film utilise la grammaire cinématographique, et ne se contente pas du mélange d'une vague captation et d’une transcription du récit uniquement héritée de la littérature ?
LE CAÏMAN est autant un film qu'un opéra ou une BD... Les amateurs de littérature me pardonneront de réciter cette phrase de Greenaway : "Si vous voulez raconter des histoires, écrivez un livre !" Drôle de phrase, d'autant plus drôle que Greenaway, en plus, raconte aussi des histoires ! À suivre...
Tiens, LA REVUE DU CINÉMA n°2 est sortie ! Chic ! Tirée à un billion d'exemplaires, on la trouve dans toute la galaxie, enfin, dans toute la France en tout cas, chez les meilleurs marchands de journaux. Rappelons qu'il s'agit d'un bimestriel dans lequel j'ai le bonheur d'écrire ! Deux nouveautés à signaler dans ce numéro. Contrairement aux précédents, les articles que j'ai écrits sont inédits et ne sont pas parus sur ce site. Et deuxièmement, je garde le meilleur pour la fin : Le Marquis y a écrit un sublimissime, complétissime et long article sur SILENT HILL, absolument soufflant. Pour ma part, je continue ma sélection des 52 meilleurs films de tous les temps, et je parle notamment de V POUR VENDETTA et KLIMT. Sans me vanter, ce dernier article est révolutionnaire ! J'espère qu'il est intéressant, d'une part. Mais surtout, il révolutionne la critique de Cinéma ! Je crée par cet article un nouveau courant critique, rien que ça, courant qui n'a aucun équivalent connu (enfin de moi, ni de mes proches !). Un article scandaleux et délicieux ! [Un dossier sur Jean-Luc Godard aussi...]
Ce n’est pas du teasing, ça ?   Bien, ça se passe chez nous en Amérique. Un groupe de cinq jeunes, trois garçons et deux filles, quitte le campus pour se rendre en voiture (et donc en co-voiturage) à une rave-partie quelque part dans la brousse américaine, sur une ancienne base militaire. Ils s'arrêtent à une station service/motel/restaurant. Puis repartent, mais doivent y revenir (vous verrez pourquoi). Quand ils repassent à la station, elle est déserte, et tout semble avoir été abandonné sur place. La route est vide et semble même coupée. Et comble du comble, la voiture refuse de redémarrer ! Voilà nos 5 loulous coincés dans le désert, dans un lieu aussi hospitalier que le motel Bates ! Ils s'installent pour la nuit. Quelques phénomènes étranges se produisent. On sait, nous spectateurs, que ça ne va pas être une partie de plaisir, car nous avons déjà compris que quelqu'un ou quelque chose rôde dans les parages et aime bien faire de la sculpture sur gens ! Même si on sait que cette explication ne suffit pas et qu'il y a encore plusieurs Langlois sous France Roche, la nuit s'annonce drôlement mouvementée... Ça va saigner !   Ah ben en voilà, un petit slasher des familles ! Chic ! Sans conteste, comme disait le poète, ce n’est pas du Ronsard, c'est de l'Amerloque ! [Ce qui est bien avec cette formule, c'est qu'elle peut servir à 95% des films américains !] Le petit groupe de jeunes que nous allons suivre, on les a déjà vus mille fois. La petite bimbo des familles en taille basse et bottines (mais sans string, Google, mange Google, comme on le verra, bien entendu), le petit con malin et branchouille super smart, son pote Kurt Cobain Jr. qui doit sûrement faire du skate (pas vraiment en fait, c'est l'autre qui fait du skate...), et, nouveauté, le puceau intelligent et sensible, mais ici aveugle (pour lui, le skate c'est foutu...). Enfin, la conductrice du groupe, la fille pas conne avec la tête sur les épaules, super sympa, et "réaliste". Bah... C'est du terrain connu quand même, et en moins de cinq minutes, on peut dire qui ne se fera pas charcuter et sera encore debout en fin de film, et dans quel ordre les autres vont se faire massacrer !   Ça débute très bien. Une petit saynète introductive, drôlement bien découpée et superbement écrite, avec le sort funeste d'une famille en panne sur la route 666 ! Bon sang, que c'est brusque et précis, me dis-je. Là, contrairement à certains cinéastes, suivez mon regard, on sait utiliser les axes, et pas qu'un peu. Le Papa qui sort des buissons est délicieusement interrompu par le point de montage, ce qui m'a fait hurler de terreur intérieurement. [Ça m'a rappelé ce plan superbe, horriblissime mais absolument sans effet spécial, que j'avais vu dans BLAIR WITCH II, où une des filles sortait au petit matin de sa tente pour aller faire un brin de toilette près du lac. Elle se lève, marche vers le lac, et sans que rien ne l'annonce, elle commence a rentrer carrément dans l'eau. C'est... tout ! Et c'est effrayant au possible. Rien que par cette petite action, on sait que le film a dérapé et que quelque chose de vraiment pas normal se passe. Comme si la projection déraillait... C'est toujours payant. Ici, le montage est assez rigoureux pour que ce soit encore pire !] Fichtre ça commence bien. Photo bizarre, mise en scène sèche et précise.... Cette scène se termine en plus sur un effet sanglant ostensiblement numérique, dont l'artificialité est très dérangeante tellement elle joue franco ! Dès la scène suivante, ça se calme. La lumière redevient conventionnelle, le cadrage est gentiment banal, ni laid ni beau. Le scénario présente les personnages ultra-balisés, le montage est pépère. Ce sera comme ça quasiment tout le film, en apparence du moins.
Malgré tout, sous ses aspects battus et rebattus, REEKER a été pour moi une expérience de cinéma absolument délicieuse, et qui m'a même mis en immersion complète. Le film joue, en même temps qu'il se dessert lui-même (et vivre ce paradoxe de manière aussi forte, c'est quelque chose de peu commun), des poncifs qu'il utilise. Et au final, on sait qu'on a flirté avec l'Ennui tout proche, qu'on a senti son souffle tiédasse sur notre nuque tout le temps... mais sans qu'on y  sombre vraiment, et sans jamais qu’il nous quitte vraiment non plus ! Le film, au rythme lent pour finir, pourrait durer deux heures ou trois heures ou 45 minutes... Ou deux jours ! Cela aurait été délicieux également. La première impression en sortant fut celle d'un no man's land temporel complètement dépaysant.
Et puis il y a le reste. Et là, le film est passionnant de perplexité. Que s'est-il passé dans la tête du réalisateur Dave Payne ? À qui son film va plaire ? Trop balisé pour les iconoclastes et pour les fans hardcore de fantastique, trop lent, trop mou et largement trop expérimental et bizarre pour les lecteurs de Mad Movies (qui apparemment doit avoir aimé puisque le film fait la couverture du dernier numéro) ; trop mal fichu pour un producteur, etc. REEKER est un drôle d'objet. Il va être ici très difficile de parler précisément sans vraiment vous gâcher l'éventuel plaisir. Payne joue la carte du faux plat, et non pas celle de la saillie rythmique et maîtrisée de JEEPERS CREEPERS, auquel certains ont pensé en voyant REEKER (Bernard RAPP, notamment). Le film est-il raté ? Probablement. Le film est-il réussi ? Sûrement. Mais dieu que c'est passionnant. On est en plein cinéma, et malgré l'aspect simplement soigné du film dans sa généralité (avec de chouettes exceptions), Payne finit par faire un film qui ne ressemble qu'à lui. On est en territoire usé jusqu'à la corde! Oui mais...
La gestion des personnages fantomatiques/victimes est complètement gratuite et illogique. [Illogisme qui sera partiellement expliqué, mais qui, même dans ce cadre, ne sera pas justifié complètement.] Leur ordre d'arrivée, les endroits où ils apparaissent, sont complètement absurdes. Pourquoi insister tant (et dieu sait si ça marche !) sur le personnage cul-de-jatte qui lui, au contraire de ses collègues fantômes, n'a aucune utilité dans le scénario ? Pourquoi remontrer l'enfant alors qu'on n'en fera rien ? Et pourquoi également la maman, qui non seulement ne servira à rien dans le scénario, mais ne sera même pas (et ça c'est très fort et très beau) vue par les personnages eux mêmes. [Un des héros ouvre la porte de la pièce où elle se trouve et ne la voit même pas ! Sublime !] Que peut justifier le parti pris de l'odeur dans le film ? [Le tueur arrive dans le plan par l'odeur,  ce qui se matérialise par un effet un peu pourri de déformation sur toute la surface du plan ! Il faut oser ! Remarque, ça cache de manière cinématographique un effet spécial tout numérique qui aurait été sinon sûrement très laid !] Pourquoi Payne s'attache à tellement baliser le contexte, alors qu'il n'expliquera rien ? Comment peut-il passer aussi vite sur le twist final ? Pourquoi Michael Ironside (très bon et très singulier une fois de plus !) ? Et le dealer ?   Je ne peux rien dire de plus, malheureusement. Il y a deux choses qui me serviront d'exemple. La phrase clé du film (sur la crainte de la mort) qui arrive comme un cheveu sur la soupe lors du final, et à la vitesse de la lumière en plus. Le mouvement est juste poétique, et la réalité du film dérape. C'est beau. Et puis, la fameuse scène des toilettes, qu'on sent venir des années-lumière à l'avance, et qui est scotchante. Rythme lent, très bon découpage. Effet de rembobinage (elle sort, mais elle retombe, mais elle ressort, mais elle retombe, ad lib). Utilisation gratuite du papier toilette qui ne deviendra même pas un élément gag ou de suspense, mais reste juste une chose injustifiée, un mouvement abstrait. Et en plus de ce rythme lent, Payne fout une grosse baffe à la musique qui est priée de bien se tenir et de mettre ses coudes sur la table, alors même que c'est la scène clé de son slasher.  Elle est priée d'aller voir ailleurs, ce qui rend la scène très anormale et très anxiogène. [La fille assez antipathique ou fadasse s'incarne immédiatement quand elle entre dans les toilettes, c'est très curieux...] Ce qui me fait dire avec Bernard RAPP que le film, pourtant américain à 100%, réfute complètement la sacro-sainte règle de la Justification de TOUS les éléments, qui prévaut pourtant, et à chaque fois, sans exception, dans ce type de production. En cela, REEKER est peut-être le premier film américain de genre et de série B (grand public) à large dominante européenne. Et ce n’est pas le moindre de ses charmes. [Il y a quelques exceptions, notamment chez David Schmoeller et son fabuleux TOURIST TRAP, mais c’est tellement rare…] Ajoutez à cela un casting aux physiques de seconde main (Tina Payne, beauté prognathe et next-door, dans le rôle de Gretchen ! Zut alors !), et vous obtenez un film improbable et complètement ovniesque, mais qui paradoxalement, dans sa lutte avec la matière et dans sa persévérance à tracer son chemin bizarre, nous fait palper physiquement la matière Cinéma. C'est stupéfiant.   Bizarrement Vôtre,   Dr Devo.   PS : C'est bizarre, dit un policier, c'est le troisième accident de la journée ! Que dire aussi du dernier plan (carrément mal fagoté par contre) ? Ne rend-il pas étrangement réel le reste ? Tiens, je fais un vœu pour la fée clochette : si je peux choisir un seul réalisateur à interviewer pour ce site, ça pourrait être Dave Payne !   Retrouvez d’autres articles sur d’autres films en consultant l’Index des Films Abordés : cliquez ici !
Mer 7 jun 2006 14 commentaires
Bonjour, merci d'abord d'avoir réagi à mon intervention.
Sincèrement désolé si vous m'avez trouvé "discourtois", ce n'était pas le but, vraiment ; acceptez donc mes excuses. Je n'aime pas la polémique, souvent vaine, et lui préfère le débat, vif si possible, à mon avis plus fructueux (vous me direz, la frontière est mince, mais bon, elle existe...). Quelques précisions s'imposent alors, sur cette page, forcément, meme si ce n'est pas la plus appropriée, mais tant pis.
Evidemment le terme "paresseux" ne désignait pas votre personne (ça va de soi) mais pas non plus votre activité de critique. Ce serait mal venu, étant donnée votre prolixité.
En revanche, je crois qu'il existe une paresse de spectateur, paresse du regard, si vous voulez, que tout le monde (moi, oui, en tout cas) a expérimenté à un moment ou à un autre (certains "l'expérimentent" plus que d'autres, mais bon...). Tout spectateur de cinéma (pareil pour les lecteurs, auditeurs, etc., etc.), et pas seulement l' "expert", cinéphile ou critique, a un role actif face au film, qu'il ne fait pas que consommer (bon là on est d'accord, non ?). Chaque bon film requiert un travail spécifique, exige une réinvention du regard. Parfois on n'a pas envie, on n'est pas dedans, ce n'est pas ce travail qu'on a envie de faire. Cela ne veut pas dire que le film est mauvais, mais qu'on n'a pas fait l'effort nécessaire. C'est ce que j'appelle la paresse, voilà. Et en ce sens-là, je vous trouve toujours "paresseux" devant Le Caiman. Quand vous dites que "la question de la représentation reste sur le papier", "qu'elle ne s'exprime pas à travers un langage filmique", je vous réponds non, non et non ; vous vous contentez de remarquer, je vous cite que "Trois fois on imagine le personnage (dans trois contextes différents) et donc on a le droit à trois représentation. Tout bêtement.", sans vous demandez quel sens peut avoir cette triple représentation (pourquoi pas toujours le meme acteur ? Pourquoi pas toujours Moretti ?), si Moretti n'essaie pas de penser quelque chose en "langage filmique", c'est à dire en l'occurence à travers le corps des acteurs (c'est pas du "langage filmique" ?), eh ben là encore je trouve que vous refusez l'obstacle. En un sens, je pourrais reprendre vos mots, et vous accuser de "discourtoisie" envers "Le Caiman", que vous jugez bien trop cavalièrement.
J'ajoute que je ne suis pas un fan idolatre de Moretti ; dites ce que vous voulez de "La Chambre du fils", je m'en fous complètement.
Je vous remercie en tout cas pour ce vivifiant petit débat, peut-etre pas terminé (j'avais d'autres choses à vous dire sur la question du "sujet" de l'oeuvre, mais hélas le devoir m'appelle...)
Au plaisir de vous lire, et de converser à nouveau avec vous. A bientot.
Nemo - le 07/06/2006 à 17h27
Ha bah mon cher Nemo, j'avais bien compris que nous étions entre gentleman de bonne naissance et je m'en rejouis, ne vous excusez pas.
Ben oui, d'accord ok, il ya trois statut à Berlu dans le CAIMAN, mais je trouve qu'uaucune idée claire ne s'en dégage..; (et pas par la mise en scène mais par le scénario en plus, mais cela vous l'avez fort bien compris, je vais pas rajouter une louche atomique de mauvaise foi!).

ha je vois que vous/tu as des choses à dire sur le "sujet" des films. C'est marrant on en parlait l'autre jour avec un foclaien célèbre (Bernard RAPP pour le denoncer) à propos de THE RALLY 444!

J'ai hate de vous lire! Et je vous salue bien bas! Poil au débat!

Dr devo
Dr Devo - le 07/06/2006 à 18h12
J'ai beau détester le cinéma de Moretti, je trouve au contraire que les échanges "pour/contre" (pour faire court) ont sur ce film été particulièrement courtois et agréables à lire, loin des commentaires et/ou courriers d'insultes auxquels nous sommes parfois confrontés ici. Bravo donc aux intervenants, quels que soient leurs opinions : lorsque les avis sont énoncés, comme c'était le cas, de façon aussi argumentée et surtout cordiale, on ne peut que les respecter !
Le Marquis - le 07/06/2006 à 18h15
Pas vu le Moretti, que perso j'apprécie plutôt, sans le placer dans les génies. Autant l'égo et son maitre Woody m'insupportent, autant chez Moretti je supporte, affaire d'affinités, et c'est tout. Bien sur le prince c'était Joao Monteiro, mais là on est chez les génies du 7eme art, ça ce passe mieux.

Pour ce qui est des films politiques, voir Peppermint Candy, de Lee Chang dong, l'histoire de la Corée à l'envers.
Le repassant - le 08/06/2006 à 09h55
Et "Kroustaliov ma voiture" , de Alexei Guerman, sur la fin de Staline.
Le repassant - le 08/06/2006 à 11h21
Bonjour,

Je vous lis depuis un certain temps sans intervenir. Je saisis l'occasion pour deux raisons :

1. Merci de défendre Reeker, malmené injustement par l'ensemble de la presse française - à l'exception de Mad Movies. Ma toute petite critique sur FilmDeCulte, écrite en urgence, a bien honte devant votre analyse.

2. J'achèterai LA REVUE DU CINÉMA quand je serai riche! Je découvre aujourd'hui chez mon marchand de journaux (qui ouvre le dimanche, cet homme est fou à lier) le numéro deux dont vous vantez les mérites dans ces colonnes. Je feuillette, apprécie le format livre de poche, me réjouis de constater que, après PANIC, une nouvelle revue singulière parvienne à trouver sa place en kiosque. Je passe donc en caisse, équipé du cher petit bouquin. Et j'en découvre alors le prix, la mâchoire traînant sur le sol poussiéreux (oui, j'en rajoute) : 19,50€!!!

J'avoue, à cet instant, l'objet a bien failli me glisser dans la poche et moi, me précipiter hors de l'échoppe, flics au cul, sirènes de le vent et tutti quanti. Mais comme j'avais autre chose à faire de ma journée, j'ai reposé l'ouvrage à sa place, fort marri.

Mes amitiés à vot'dame.
Guillaume Massart - le 11/06/2006 à 12h29
Les Rares fois où je me suis balladé sur filmdeculte, j'ai trouvé que les critiques étaient tout à fait honnêtes! [Surtout à mes yeux qui trouvent que la critique dans son ensemble est bien souvent médiocrissime.] j'ai le souvenir de gens qui mettaient les mains dans le cambouis! Et c'est rare. Je dis ça bien sûr sans volonté de flatter le lecteur que vous êtes.

Oui, oui, je suis d'accord LA REVUE DU CINEMA est vraiment un onbjet de luxe, et à mon sens extrêmement chère! je suis d'accord. Malheureusement, vous pensez bien, cher Guillaume, que je n'ai aucun pouvoir sur ces choses-là... Par contre, il est évident que je vais transmettre ces remarques au redacteur en chef et responsable du projet... je ferais tout remonter!
j'ai ha^te de savoir ce que vous en pensez, cependant.

Dr devo.
Dr Devo - le 11/06/2006 à 12h46
Tout à fait d'accord. Il est dommage qu'une revue qui affiche sa volonté d'ouverture soit vendue à un prix aussi prohibitif, d'autant plus que le prix à tout de même augmenté de près de 5 euros (!!!) entre avril et juin... Bimestriel ou pas, c'est un produit de luxe, ce qui est plutôt en décalage à mes yeux tant avec son projet que dans son format. Curieux.
Le Marquis - le 11/06/2006 à 13h39
ce qui n'enlève rien à l'éventuelle qualité de la chose, mais c'est vrai: c'est hors de prix. Pour ce prix, PANIC (autres moyens je pense, et donc autres facilités) propose un dvd en plus et il tereste encore 11,50 € en poche!
c'est dommage. Notamment par ce que le Dr et le marquis ont bien bossé! Très bel article sur Marquis sur Silent Hill (très long, très complet), et article terroriste du Dr! Du grand art!
Mr Mort - le 11/06/2006 à 13h51
Surtout qu'à partir de 7 euros, les gens considérent un mag comme couteux mais alors là, quasiment 20 euros ça fait 4 bons DVD ou 5 bouquins de poche.
Isaac Allendo - le 11/06/2006 à 14h20